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Historia religiosa, XXVI (P. G., LXXXII

même une opposition formelle. Les uns persistaient à croire que la prohibition de V Exode s'imposait au peuple chrétien; d'autres étaient frappés de la ressemblance que le culte des images offrait avec l'idolâtrie, et craignaient toujours que l'un ne conduisît à l'autre. Les païens, en effet, au reproche que leur adressaient les chrétiens d'adorer le bois ou la pierre, répondaient que l'idole matérielle n'était pour eux qu^une image qui leur rappelait la divinité invisible à qui s'adressaient en réalité leurs hommages : « Nec simulacrum nec daemonium colo. sed effigiem corporalem eiusrei signum intueorquam colère debeo*. » Les controversistes chrétiens n'admettaient pas cette défaite, car, en supposant. qu'elle excusât des philosophes raffinés, on ne pouvait vraiment prétendre que le vulgaire entendît ainsi le culte des idoles. Ils montraient, en tout cas, que la pente était glissante de la considération philosophique de l'idole à son culte grossier, et que la plupart vraisemblablement n'en évitaient pas le danger. Mais, en ce faisant, on le voit, ces controversistes émettaient forcément des réflexions qui n'allaient pas seulement contre le culte païen des idoles, mais aussi contre le culte chrétien des images : « Ducit enim, et affectu quodam infimo rapit infirma corda mortalium formae similitudo et membrorum imitata compago... Quis autem adorât vel orat intuens simulacrum qui non sic afficitur ut ab eo se exaudiri putet, ab eo sibi praestari quod desiderat speret ^ ? » Ces observations, qui sont de saint Augustin, l'ont fait considérer par quelques auteurs comme un adversaire du culte des images. Non,

\. Ap. Augustin., Enarratio in iisahn. CXHI, sermo II, 4 {P. L., XXXVII, 1483); cf. 3; Macarius 3Iagnes, 'Anov-oiTixoç, IV, 21 (édit. Blon- DEL, p. 200 ; PiTRA, Spicil. solesni., I, 317, 318).

2. S. Augustin, Enarr. in psalm. CXIII, sermo II, 1, 5; cf. Epùt. Cil, 20.

il ne Test pas, parce que ce n'est pas ce culte qu'il a en vue dans les passages que j'ai cités; mais il est certain qu'il parle d'une manière générale et que Ton peut, de ses paroles, tirer un argument contre ce culte ' .

D'autres oppositions étaient plus directes et aussi plus radicales. La plus connue est celle du concile d'Elvire tenu en 305 ou 306, dans son canon 36 : « Placuit picturas in ecclesia esse non debere, ne quod colitur et adoratur in parietibus depingatur- . » On s'est demandé quelles raisons précises ont inspiré ce canon, et si le concile, en le portant, a obéi à une véritable antipathie pour les images, ou s'est simplement préoccupé de prévenir des abus ou des profanations possibles. La première hypothèse s'accorde mieux avec le caractère généralement rigoriste de ses décisions, et avec le texte même de sa défense. Le concile ne veut pas d'images dans les églises, parce qu'il voit une sorte d'opposition entre la sainteté et la majesté des mystères de la foi (quod colitur et adoratur] et les productions plus ou moins amollissantes de l'art humain^. En tout cas, sa prohibition a été limitée à l'Espagne, et ne s'est pas — nous l'avons vu par Prudence — soutenue longtemps.

Après l'opposition du concile d'Elvire, il faut signaler celle d'Eusèbe de Césarée, fondée plutôt sur l'Ecriture et la théologie. Eusèbe a eu l'occasion de s'expliquer clairement sur cette question dans sa réponse à la sœur

1. Le point de vue de saint Augustin serait aussi, d'après M. Duchesne (De Macario Magnete et scriptis eius, Paris, 4877, p. 32-3*), celui de Macarius Marnes dans son 'ATroxpiTixô;. De fait, Macarius ne croit pas qu'il soit licite de représenter les anges, créatures spirituelles : mais, tout en condamnant le culte des idoles, il ne s'attaque pas à la vénération chrétienne des images (édit. Blondel, p. 214, 215).

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