‹ Histoire des dogmesChapitre 348 sur 426 · L. Bréhier, op. cit., p · texte numérisé non relu

L. Bréhier, op. cit., p

3. Théophane le dit formellement {Chronique, ad ann. mundi G21o, col. 812); mais l'histoire du renégat Béser, telle qu'il la raconte, n'est pas bien sûre.

qu'il fut lié de bonne heure avec un petit groupe d'évêques très décidés contre les images. Leur chef était l'évêque de Nacolia, Constantin; et après lui, on nomme l'évêque de Claudiopolis, Thomas, et l'archevêque d'Éphèse, Théodose, fils de l'ancien empereur Tibère II, qui passait pour le conseiller de Léon \

C'est en 726 que Léon publia contre les images son premier édit^. Nous n'en connaissons pas exactement le contenu ^ : la destruction des images y était certainement impliquée. Mais, si l'empereur avait pensé que ses ordres s'exécuteraient aisément, il s'était trompé. A Constantinople, on massacra l'officier qui tentait de renverser l'image du Christ ornant le vestibule du palais impérial. La Grèce et les Cyclades se soulevèrent et, proclamant empereur un certain Cosmas, équipèrent une flotte qui vogua vers Constantinople, mais fut anéantie le 18 avril 726. En Italie, l'insurrection fut générale. Dans le centre et le nord-est encore soumis à Byzance, les fonctionnaires furent chassés ; les duchés delà Vénétie et de la Pentapole firent défection; l'exarque fut bloqué dans Ravenne. et la Campanie ne put être réduite à robéissance"*.

Nous sommes moins bien renseignés sur ce que fut en Orient la résistance ecclésiastique dans ces premiè-

\. Les deux premiers personnages sont connus par des lettres du patriarche Germain de Constantinople (Mansi, XIIF, 100, 105, 108). Sur Théodose v. Mansi, XII, 967.

2. Léon était devenu empereur et fondateur d'une nouvelle dynastie en 716. Tous les auteurs s'accordent à louer ses qualités militaires et administratives. Mallieureusement, comme beaucoup des empereurs de Byzance, il voulut gouverner à la fois l'Église et l'Empire. BatriXeù; xai iepETjç £itj.i était une parole qu'on lui prêtait (Mansi, XII, 975).

3. En tout cas il ne piescrivait pas uniquement, comme on l'a dit autrefois sur la foi d'une traduction latine de la vie de saint Etienne le Jeune, de placer les images plus haut dans les églises. Cette même Vie suppose que l'empereur manifesta directement et de vive voix sa volonté dans une assemblée du peuple: ce détail est vraisemblable : ).6yov TToteTcrÔat, dit Théophane.

4. V. le Liber ponti ficalis, conlempoiain des faits, I, 404,403.

res années de l'hérésie ; et il ne semble pas d'ailleurs que, jusqu'en 729 ou 730, LéonTIsaurien se soit préoccupé d'obtenir la sanction doctrinale de ses mesures par Fépiscopat. Mais, en 730, il prétendit obliger le patriarche Germain à souscrire à la condamnation des images. Germain, qui plusieurs fois déjà avait blâmé cette condamnation, s'y refusa, donna sa démission {7 janvier 730), et peu après mourut étranglé. Son successeur, le syncelle Anastase, céda aux exigences de Léon, et son exemple entraîna probablement un certain nombre d'évoqués. Quelques-uns, nous Pavons dit, n'avaient pas besoin de l'être : ils avaient dû, dès la première heure, approuver les vues iconoclastes du souverain.

Il y avait cependant, en Occident, un évêque qu'il était plus difficile d'atteindre que le patriarche de Constantinople, et dont l'adhésion importait au plus haut point : c'était le pape. Mais l'empereur put s'apercevoir de suite qu'il n'en obtiendrait rien. Grégoire II (715-731), tout en rendant à Léon le service de lui conserver ses possessions en Italie, avait méprisé ses premières promesses comme ses colères et, à la lettre intronistique d'Anastase, avait répondu par une menace de déposition si le patriarche ne s'amendait ^ On sait aussi qu'il écrivit à l'empereur pour tâcher de le ramener à de meilleurs sentiments. Ses lettres sont perdues^ et, en tout cas, elles furent inutiles. Son successeur Grégoire III (731-741) ne fut pas plus heureux, mais ne fut pas moins ferme. Quatre fois, il tenta de faire passer à l'empereur, par la voie régulière, des

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