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CHAPITRE XI

§ 1. — Les sources de la foi. La Trinité.

Le défenseur du culte des images contre Léon l'Isaurien devait être aussi le dernier des grands représentants de la théologie grecque dans le haut moyen âge. De cette théologie saint JeanDamascène — né vers la fin du VII® siècle, mort vers Tan 749 — a donné la Somme et comme la formule définitive, à laquelle les siècles suivants n'ont ajouté ni changé que fort peu. A cause de cela, et parce qu'il s'est largement servi, dans l'exposé de la doctrine chrétienne, des données philosophiques, on l'a comparé quelquefois à saint Thomas d'Aquin. C'est lui faire trop d'honneur. 11 ne possède ni la fécondité du docteur latin, ni sa puissance à débrouillerles problèmes déjà nombreux et compliqués que pose une scolastique jeune et active. Au viii^ siècle les questions et les controverses tendaient bien plutôt à s'épuiser dans l'Eglise grecque, et saint Jean — si

1. Saint Jean Damascène est cité ici d'après l'édition de la Patrologie grecque, tora. XCIV-XCVI, Travaux : J. Langen, Johannes von Damaskus, Gotha, 1879; K.Hull, Die Sacraparallela des Johannes Damascenus,Leipzig, 1897. J. H. LcpTON, StJohn of Damascus, London, 1883. D. Ainslee, Johii of Damascus, 3« édit., London, 1903. V. Ermom, Saint Jean Damascène [Vendée chrétienne), Paris, 190*. J. Bilz, Die Trinitaetslehre des M. Johannes von Damaskus, Paderborn. 1909.

l'on excepte sa polémique sur les images — n'a point orienté vers des problèmes nouveaux l'esprit de ses contemporains. Le Damascène est surtout un compilateur qui a su résumer en un ouvrage méthodique, dans une langue ferme et précise, les longs écrits des Pères ses prédécesseurs ; mais c'est d'ailleurs un compilateur fidèle, renseigné, vigoureux, et qui s'est assimilé d'abord les enseignements qu'il reproduit. On n'a guère fait, après lui, que le répéter.

Son ouvrage capital est La source de la science^ IlriY"^! Y'^^^^s***?-. divisé en trois parties dont la dernière, De fide orthodoxa, est la principale ^ Souvent présenté comme un ouvrage à part, le De fide orthodoxa contienttoutela théologie de l'auteur, théologie dont il a d'ailleurs étudié certains points plus importants dans des écrits spéciaux.

Saint Jean relève bien haut l'autorité de l'Ecriture (iv, 17)^, et reproduit, d'après saint Epiphane, le canon de l'Ancien Testament, les livres de la Sagesse et de V Ecclésiastique exclus. Son canon du Nouveau Testament concorde avec notre canon actuel. Mais, en dehors de l'Ecriture, il admet, à la suite de saint Basile, comme règle de foi, des traditions non écrites venues des apôtres, des coutumes de l'Eglise que l'on doit accepter et qui font loi : « Celui qui ne croit pas suivant la tradition de l'Eglise catholique... est un infidèle^. » Quant à la philosophie, il en fait une estime telle, et il en regarde la connaissance comme si importante pour le dogme chrétien qu'il la mêle

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