‹ Histoire des dogmesChapitre 367 sur 426 · p. G., xciv · texte numérisé non relu

p. G., xciv

2. Toutes les références, sauf indication contraire, se rapportent au De fide orthodoxa.

3. 'O yàp [AYl xarà ti^v TrapàSocriv t^ç jcaeoXtxrj; 'ExxXYjaca; ut- (jTeûwv.. dcTiKTToç £(7f.v [Dcfide orth., IV, 10, col. 1128; cf. IV, 16 -.De imagin., Or. I, 23; II, 16).

constamment à son exposé doctrinal, et a consacré la première partie de la Source de la science à expliquer, sous le titre de Capitula philosophica — plus brièvement Dialectica — les catégories d'Aristote et les quinque çoces ou universaux de Porphyre dans Vlsagoge^ . C'est dire que saint Jean ne dépend pas tellement d'Aristote qu'il n'ait fait dans sa pensée, à l'exemple de Léonce de Byzance et de saint Maxime, ses maîtres, une bonne part au néoplatonisme. Il proclame d'ailleurs qu'en matière de foi ce ne sont pas les philosophes mais les Pères qu'il faut écouter-, et il n'hésite pas à abandonner ou même à corriger Aristote, dès que celui-ci lui paraît émettre des opinions inconciliables avec le dogme. 11 laisse aux hérétiques de le suivre aveuglément comme « un treizième apôtre », et de préférer cet « idolâtre » aux écrivains inspirés ^.

L'enseignement sur Dieu du De fide orthodoxa est calqué manifestement sur celui du Pseudo-Aréopagite et de saint Maxime. De Dieu nous pouvons savoir qu'il est : son existence, dont nous avons une connaissance en quelque sorte innée, se démontre par la mutabilité des créatures, par la conservation, le gouvernement du monde, par l'ordre et l'harmonie du cosmos (i, 3). Mais ce que Dieu est xax' oOtyiav xai ouariv, nous ne saurions le comprendre ni même le savoir. Si nous en parlons, c'est pour dire ce que Dieu n'est pas plutôt que ce qu'il est, car aucun des attributs positifs que nous lui donnons, et dont nous tirons le concept du créé, ne lui convient formellement, pas même l'être. Non pas que Dieu ne soit pas ou ne soit rien, mais parce qu'il estau-

1. Voir spécialement ce qu'il dit dans Fon& icientiae, prolog., col. Dialectica, 3, col. :>33.

'2. Fons scientiae, prolog., col. :>2S.

.3. Contra iacobitas, 10 (col. 1M1).

dessus de tout ce que nous pouvons affirmer de lui, et au-dessus de l'être comme du reste (i, 4).

De ces hauteurs philosophiques, saint Jean en vient cependant à l'exposé trinitaire chrétien. S'il fait précéder ce qui regarde les trois personnes divines de ce qui regarde Dieu en général', il pose cependant, ainsi que faisaient les Grecs, avant tout le Père comme principe de la divinité et source des deux autres personnes : ô ITaTyjp TTYiY':?! xai aiTta utou xai àyiou TrvsujAaTOç^. A cause de cela et uniquement en tant que son principe (xaxà xo aiTiov), le Père est plus grand que le Fils ^. Mais la génération passive et le fait de procéder n'emportent d'ailleurs dans le Fils et le Saint-Esprit aucune infériorité de nature^.

Il ya donc en Dieu trois personnes parfaites, complètes en soi et subsistantes, qui ne sont point des parties d'une substance unique, mais quipossèdentchacune toute la substance divine. Il ne faut donc point dire que la substance divine est de trois hypostases (Ix uTroutaaewv) mais en trois hypostases (sv uTcoaTdtJsai) '^ L'auteur remarque qu'au point de vue de la distinction des hypostases, la comparaison de la lumière qui est produite par le feu n'est pas exacte, parce que la lumière, simple propriété du feu, n'a pas hors de lui de subsistance propre^.

Les personnes en Dieu sont certains modes de subsister (rpoTToi TÎjç uTrap^stoç) ^ de la substance divine, modes qui s'opposent essentiellement l'un à l'autre, et expriment les relations entre elles des personnes qu'ils constituent (orjXojTixoc TÎiç Tipo; àÀXr,)va a'/^iazoi^)^. Ces trois

Page 1