LES PERES GRECS DU V^ AU VIP SIECLE
qui font encore bonne figure dans la théologie grecque et qui en sont alors, avec Anastase le Sinaïte (f peu après 700) ' et avant saint Jean Damascène, les représentants les plus glorieux, saint Soplironius de Jérusalem (-j- 638) 2 et surtout saint Maxime le Confesseur (t 662) 3.
C'est en fonction de la doctrine christologique, on le voit, que s'est développée, du v^ au vii^ siècle, toute cette littérature théologique grecque. Un seul auteur fait exception, le Pseudo-Denys TAréopagite ^. Son attitude dans les questions débattues de son temps a été assez ambiguë pour que les monophysites puissent s'en prévaloir et les orthodoxes la défendre. Mais l'intérêt de ses livres est ailleurs. Il est dans la tentative faite par l'auteur, d'une part, pour introduire dans l'explication des croyances chrétiennes les enseignements et les procédés néoplatoniciens, ceux de Proclus y compris, — d'autre part pour donner un exposé rigoureux de la théologie mystique, et la souder étroitement à la théologie ecclésiastique, dont elle ne paraît être, dans son système, qu'une interprétation plus haute. Œuvre singulièrement puissante, malgré les obscurités et les puérilités qui la déparent, et qui a influencé dans une large mesure toute la théorie de la mystique chrétienne. Saint Maxime en fit le commentaire, et le moyen âge, qui ne douta pas que ces