‹ Histoire des dogmesChapitre 402 sur 426 · p. L., XCVni,4249 et suiv · texte numérisé non relu

p. L., XCVni,4249 et suiv

2. Sources :1» Les écrits d'Élipaud(P. L., XCVI),tle Félix d'[JrgeI(î62c?.)

Charlemagne : il n'en fut pas de même de l'hérésie adoptianiste dont il faut maintenant parler.

Au moment où elle prit naissance, l'Espagne se trouvait divisée entre trois dominations. Au centre et au sud les Maures en possédaient la plus grande partie, avec Cordoue pour capitale. Au nord-ouest se trouvait le petit royaume indigène d'Oviedo; au nordest, les deux marches de Navarre et de Gothie faisaient partie du royaume franc de Charlemagne.

C'est sous la domination maure que vivait le premier instigateur delà nouvelle erreur, Elipand, archevêque de Tolède, vieillard hautain, opiniâtre et d'une rare violence de caractère. Il est difficile de dire comment il fut amené à professer l'adoptianisme : les origines de cette hérésie sont pleines d'obscurité : on y reviendra plus loin. Peut-être cependant est-il loisible de dire dès maintenant que la controverse soutenue vers 782 par Élipand contre l'évêque Migetius ne fut pas étrangère aux fausses opinions qu'on lui a à lui-même reprochées dans la suite. Migetius est peu connu'. On sait seulement qu'entre autres singu-

et des évêques espagnols leurs partisans (id., CI). On trouve dans les ouvrages d'Alcuin et d'Agobard notamment une masse de citations d'écrits perdus de Félix. 2" Les écrits de leurs adversaires, Heterius et Beatus (P. L., XCYI), de Paulin d'Aquilée {id., XCIX), d'Alcuin {id., C, CI) et d'Agobard {id., CIV). 3° Les actes des conciles qui se sont occupés de cette affaire (Maksi, XIII); les lettres des papes Hadrien, Léon m et de Cliarlemagne qui y ont rapport (les notes donneront les références), et les chroniques du temps, surtout les Annales d'Egiuhard {P. L., GIV). — Travaux : La plupart sont anciens ou sont compris dans les histoires complètes des dogmes et des hérésies. On pourra surtout consulter : J. Bach, Die Dogmengeschichte des Mittelalters, Y\^ien, 1873, I, 102-146, qui cite abondamment les textes. Hefele-Lfxlercq, Histoire des conciles, III, 2. G. Dubois, De conciliis et theologicis disputationibus apicd Francos, Carolo Magno régnante, habitis, Alençon, 1902. P. Vuilleumet, Élipand de Tolède, Brignais, 1911.

4. Les seules sources sur lui sont : d° la lettre qu'Élipand lui adressa avant 782 (P. L., XCVL 8o9-8G7) ; 2« une leUre d'Élipand à l'abbé Fidelis, octobre 785 {id., 918, 919); 3'' la lettre d'Élipand et des évoques espagnoisaux évêquesde Gaule, d'Aquitaine et d'Austrasie (îcf,, CI,l32l-

larités, il identifiait dans la Trinité le Père (incarné) avec David, le Fils (incarné) avec l'homme Jésus, et le Saint-Esprit (incarné) avec l'apôtre saint Paul. Élipand.qui lui fait ce reproche', a dû, par réaction, insister de son côté sur la distinction en Jésus des éléments divin et humain, et en venir sans doute à compter dans le Verbe incarné deux filiations et virtuellement au moins deux fils de Dieu, l'un fils naturel, le Verbe éternel, l'autre fils adoptif, l'homme. De fait, on trouve dans la lettre qu'il adresse à Migetius des phrases qui contiennent déjà tout l'adoptianisme, et qu'un nestorien aurait signées, celle-ci par exemple : « Personam veroFilii non eam esse (credimus) quam tu asseris Patri et Spiritui sancto aequalem esse, quae facta est ex semine David secundum carnem in novissimo tempore, sed eam quae genita est a Deo Pâtre sine initio temporis, quae ante assumptionem carnis dixit per prophetam . Ante colles ego parturieba?'^. » Cette lettre est antérieure à 782.

Il est probable qu'Elipand chercha à répandre son opinion, et rencontra des oppositions.il écrivit alors à Félix, évêque d'Urgel, dont le siège, dans la marche de Gothie, se trouvait soumis à Charlemagne. Félix était savant, et Ton vantait son habileté. Il abonda dans le sens d'Élipand, et approuva la doctrine de Jésus-Christ fils adoptif de Dieu seulement, en tant qu'homme, tandis qu'il est, comme Verbe, fils naturel de Dieu^. Non seulement il l'approuva, mais il s'en déclara le champion et la répandit dans la Septimanie

4331) ; 4"» la lettre d'Hadrien (de 785) aux évêques espagnols (id., XCVni, 374 e». suiv.); 5^ une leltrede Saùl de Cordoue à Alvare, en 862 (Florez, Espana sagrada, XI, p. 166). On trouvera ces documents analysés dans Hefele-Leclercq, Hist. desconc, ni, 2, p. 985 et suiv.

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