‹ Histoire des dogmesChapitre 46 sur 426 · Synodicon orientale, p. 551 et suiv. V. Labourt, p · texte numérisé non relu

Synodicon orientale, p. 551 et suiv. V. Labourt, p

3. Thomae Edesseni tractatus De nativitate Doraini nostri Christi, édit. J. Carr, Romae, 1898. On remarquera cependant que, dans ce traité, la formule Deus crucifixus atque mortuus est toujours écartée (traduct. p. 36).

4. Cet Henana était accusé par les nestoriens d'être chaldéen, origéniste, et hérétique au point de vue de l'incarnation. Son cas devint l'occasion, pour le catholicos Sabriso, de renouveler l'erreur de Théodore de Mopsueste sur l'inexistence du péché originel et l'état primitif d'Adam {Synodic. orieiit., i^. 459; Labourt, p. 279;.

son corps, économiquement, par l'union suprême et indissoluble ». Mais le catholicos se refuse à dire que Dieu est mort, que Marie est mère de Dieu, et il parle simplement d'union prosopique ^ . Il est manifeste pourtant qu'il admet en Jésus-Christ l'unité de personne.

Cest aussi ce que professe Babaï le Grand, abbé d'Izla (569-628), dans son traité De iinione qui fixa la dogmatique officielle de l'Église perse ^. Babaï ne veut pas de la communication des idiomes, c'est-à-dire des propriétés entre les deux natures, mais il admet « l'échange des noms », c"est-à-dire qu'il admet que l'on attribue au Christ considéré après l'incarnation et dans ses deux natures, les actions, passions et propriétés de chacune des natures. Ainsi, on ne dira pas que Dieu est mort, mais bien, à cause du TcpoawTrov de l'union, que le Fils de Dieu a été livré pour nous, le mot Fils désignant ici le Verbe incarné. La nature (kiand) est prise par Babaï dans le sens abstrait : c'est l'élément commun qui existe dans les hypostases particulières, et qui comprend toutes celles de la même espèce. — h'hypostase [qnoumà] est la substance concrète et singulière : « On appelle hypostase, dit Babaï, la substance (oùffia) singulière, subsistant dans son être unique, numériquement une et séparée de beaucoup [d'autres], non en tant (ivi individualité, mais en tant qu'elle reçoit chez les êtres créés, raisonnables et libres, des accidents variés, de vertu ou de crime, de science ou d'ignorance, et chez les êtres privés de raison, également des accidents variés, par suite de tempéraments contradictoires ou de toute autre façon. » — Quant à la personne iparsopd). elle est « cette pro-

4. Synod. orient., p. 434. 455; L.vr.ouuT, p. 27"; Wigp.am, p. 275. 2. Ce traité est inédit. Des extraits en ont été donnés par M, Labourt {op. cit., p. 280 et suiv.}. à qui j'emprunte ce que j'en dis ici.

LE NESTORIANISME. 59

prié té de l'hypostase qui la distingue des autres », ce par quoi deux hypostases de même nature et espèce, Pierre et Paul par exemple, se distinguent entre elles. Pierre et Paul, en effet, ont même nature; tous deux — et ils ont encore cela de commun — sont des hypostases, c'est-à-dire des substances concrètes, existantes ; mais l'hypostase de l'un n'est pas celle de l'autre : elles ont chacune leur propriété singulière qui en fait des personnes distinctes : « Et, parce que la propriété singulière que possède l'hypostase n'est pas l'hypostase elle-même, on [appelle] personne ce qui distingue. » Si, dans la pensée de Babaï, cette propriété singulière n'est pas l'existence à part soi ()caô' iauTov), elle ne peut être que l'ensemble des accidents variés dont il a donné plus haut des exemples ; et ainsi l'on pourrait dire que la personnalité, d'après lui, n'est autre chose que l'ensemble des caractères accidentels dont l'hypostase est le substratum substantiel, et par où elle se distingue des autres hypostases. Cette notion serait bien superficielle et peu exacte.

Quoi qu'il en soit, on comprend que, pour Babaï et pour tous ceux qui, avec lui, identifiaient l'hypostase ou qnoumâ avec la substance concrète, avec la nature existante et réelle, il était impossible d'admettre, dans le Christ, une union hypostatique, puisqu'il s'en serait suivi l'unité de substance et de nature. C'est ce que disait déjà Nestorius. Babaï repousse donc l'union hypostatique, et s'en tient à l'union prosopique. Il y a en Jésus-Christ deux natures [kiané], deux hypostases (qnoumé) et une personne (parsopd) ' . Quant aux expressions antiochiennes &' adhésion.

1. La théologie nestorienne admettant par ailleurs qu'il y a dans la Trinité trois qnoumé, trois hypostases au sens cappadocien du mot, on voit d'ici la confusion.

inhabitation, assomption, pour caractériser l'union, Babaï les accepte toutes, mais il les croit encore insuffisantes pour traduire le mystère de l'incarnation : « On doit parler à la fois d'habitation, d'adhésion unitive et prosopique. Cette union ineffable se fait suivant tous ces modes et au-dessus d'eux. »

L'orthodoxie nestorienne ainsi définie par Babaï ne se développa plus sensiblement. On voit, par la profession de foi rédigée par les évêques en 612 ^ , que le Geotoxoç était toujours écarté et, par l'histoire du catholicos Isoyahb II (628-643)-, qu'il était considéré comme un blasphème. La théologie du catholicos Timothée I (728-823) n'ajouta aucun élément nouveau à ce qui vient d'être exposé ^.

§ 6. — La christologie de saint Cyrille *^.

Saint Cyrille a été contre le nestorianisme le principal champion de l'orthodoxie. Les orientaux cependant l'ont combattu, et d'autre part, les grands monophysites, Dioscore, Timothée, Sévère, Philoxène ont revendiqué son autorité en faveur de leur doctrine. Il est donc d'une souveraine importance de se former une idée exacte de son enseignement christologique, et de voir comment il a pu se faire que cet enseignement, proclamé orthodoxe par les conciles, ait pu être invoqué par les dissidents comme contraire aux décisions du concile de Chalcédoine.

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