Mansi, VI
ipsenovit et voluit' ». Ces derniers mots sont vagues, mais les premiers écartent l'idée que le Verbe se soit lui-même transformé en la chair, et qu'il n'ait pas pris sa chair de la Vierge. Ils écartent même l'idée d'une fusion du Verbe et de la chair en une nature mixte, car cette fusion ne se serait pas produite sans un changement dans la nature du Verbe. Reste donc l'idée d'une divinisation de la chair prise de Marie, divinisation qui l'aurait plus ou moins transformée en la nature du Verbe. Une erreur analogue était certainement soutenue par quelques esprits au temps d'Eutychès. Dans son Eranistes, écrit vers 447. Théodoret, au dialogue I, Inconfusus, fait expliquer par l'interlocuteur monophysite la façon dont il entend l'unité de nature en Jésus-Christ, et cette explication est la suivante : « Je dis que la divinité est demeurée ^ce qu'elle était], et qu'elle a absorbé l'humanité », à peu près comme l'eau de la mer dissout et absorbe une goutte de miel qui y serait tombée ; non pas, ajoute Ihérétique, que l'humanité ait été anéantie dans son union avec la divinité, mais parce qu'elle a été changée en elle : oôx à'^avifffjiov T^; Xr,^6£icririç cpuffEcoç 'ki'(0\t.Z'i ^ àXXà Tr,v sïç ôeotvjtoç ouffiav (xETaêoXrjv^. Il se peut qu'Eutychès ait conçu les choses de cette façon ^. Mais on comprend que la négation de la consubstantialité de la chair de Jésus-Christ avec la nôtre ait ouvert le champ à toutes les hypothèses, et que Théodoret ait pu accuser Eutychès de nier l'incarnation ex virgine ^, et saint Léon le soupçonner de docétisme''. Si l'humanité de Jésus-Christ en effet n'était