‹ Histoire des dogmesChapitre 74 sur 426 · Mansi, VII · texte numérisé non relu

Mansi, VII

•'*. La voir dans Mansi, VU, IIG; Haiin, § 146.

L'EUTYCHIANISME. 95

nimement un seul et même Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ, complet quant à la divinité, et complet quant à l'humanité, vraiment Dieu et vraiment homme, [composé] d'une âme raisonnable et d'un corps, consubstantiel au Père selon la divinité, et consubstantiel à nous selon l'humanité, semblable à nous en tout hormis le péché ; engendré du Père avant les siècles selon la divinité et, selon l'humanité, né pour nous et pour notre salut dans les derniers temps de la Vierge Marie, mère de Dieu : un seul et même Christ, Fils, Seigneur, Fils unique, en deux natures, sans mélange, sans transformation, sans division, sans séparation ; car l'union n'a pas supprimé la différence des natures : chacune d'elles a conservé sa manière d'être propre, et s'est rencontrée avec l'autre dans une unique personne et hypostase. [De même, Jésus-Christ n'a pas été] partagé ou divisé en deux personnes, mais il n'y a qu'un seul et même fils. Fils unique. Dieu Verbe, le Seigneur Jésus-Christ, selon que les prophètes jadis [nous l'ont annoncé], que le Seigneur Jésus-Christ nous Ta enseigné lui-même, et que le symbole des Pères nous l'a transmis i. )>

Cette formule n'offrait pas sans doute l'ampleur d'exposé de la lettre du pape, et, sur l'activité propre aux deux natures, était moins explicite; cependant,

1. ^En6\}.zvoi Toîvuv toTç àyîoiç uaTpàaiv eva xai tôv aùxov ô[j.oXoYeïv yîov TOV xûptov ':^[xc5v 'Iriaoùv Xpiaiov crujj.ç(ov(i); ôcTtavrï; £xStSacrxo[JLev, xéXetov TOV aÙTÔv èv ôeoTrixi xai TsXetov tôv aùx&v âv àvôpWTTOTYjTi, Oebv àXriSœç xat àvôpwTtov àXïiOca; tôv aÙTov, èx ^■oyri^ loyiv-rjc, xai atoixaroç, ôfxooudiov Tô) TiaTpl xaTa tiqv ÔeÔTTQTa, xai ôfxooijciov tôv aÙTÔv yifJLtv xaxà T-?iv àvôptOTCoTyiTa, xaxà irâvTa Ô[jloiov rjixïv x<*>pU «[xapTiaç- Trpô aitovtov (jL£v £x Toù TïaTpo; yty^^ribhza xaxà Tr)v ôeÔTTjTa, ètc' scxcctcov ôè Ttov :?i(ji.£pâ)v TOV aOtbv ôi' Yi{Jiâç xai Stà t/jv YjjxeTÉpav ctoTyipîav èx Mapjaç T^; TiapQévou ttî; ôeotoxou xaxà Tr)v àvôptOTroTYiTa, ëva xat tôv aÙTov XpiffTOV, ulov, xupiov, (xovoyevïj, èv S-jo cpuaeatv àauyx^Tco;, àxpÉTt- Ttoç, àôiaipsTCûç, àxwptoTwç yvtoptJ[6[X£voV oOoajjLou r?i; Ttiv çuoewv ô'.açopàç avy]py](i,£vy); o'.à tyjv £vto<7tv, fftDÇop.£vy]; oè fiôcXXov ■zra lôtÔTyjxo; Tvi; éxaxépa; çOaeto; xai eiç sv Tipoo-tonov xai {xiav uTrodTadtv cuvTpE'/oO- <>r)ç, o-jx et; ôûo rcpoffWTxa (jLEpi^ojxsvov r; 6iaipoù[X£vov, cûX eva xat tôv a'jTÔv ulov xat ixovoycvi^ , ôeov Xôyov, xOptov 'Irjc-ouv Xp'ffTÔv xaOaTiep àv(o9£v ol Tipoç^Tat Txepl a-jToO xai aÙToç T^ipià; ô x-jpto; 'IridoO; XptaToç £^£7raî6£u<re xai to tôv TiaTÉpcov iriaïv irapaSéocoxe <jutji.éo/.ov. ■ — On remarquera que le texte des actes actuels porte èx Sûo çûffecov au lieu de èv 60o çu(7£(tiv. Mais cette dernière leçon est sûrement la vraie. Cf. Hahn, loc. cit., p. 166, note 34; Hefele-Leclercq, II, 2, p. 723, note 1.

elle coupait court à toute ambiguïté et donnait satisfaction aux légats, qui, d'ailleurs, avaient concouru à sa rédaction. Elle fut souscrite par trois cent cinquantecinq signataires.

A ses décisions sur la situation des personnes et sur les questions de foi le concile ajouta enfin des canons disciplinaires ^ Le plus important et le seul qui nous intéresse ici est le xxviii^, qui donnait au patriarche de Constantinople le second rang après le pape dans PEgiise, et rangeait sous son autorité les diocèses du Pont, de l'Asie proconsulaire et de la Tlirace, dont les métropolitains devaient être sacrés par lui'-.

Ces travaux terminés, le concile écrivit au pape ^ pour lui exposer ce qui avait été fait, et lui demander d'approuver surtout le canon xxviii contre lequel le légat Lucentius avait protesté comme contraire aux prescriptions de Nicée et attentatoire aux droits des métropolitains susdits^. Le pape fit un peu attendre sa réponse : certains actes d'Anatolius l'inquiétaient, et il était bien résolu à repousser le canon xxviii. Mais, apprenant que son silence était interprété par les adversaires du concile comme un désaveu de ses décisions, il adressa aux évêques qui y avaient pris part la lettre cxiv, du 21 mars 453, dans laquelle il déclare approuver personnellement ce que le concile général — c'est le nom qu'il lui donne — a décidé sur la foi

1. On les rapporte à la quinzième session, mais on n'est pas sûr du moment précis où ils furent votés.

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