LES PERES GRECS DU \' AU VIP SIECLE
orthodoxes, de leur côté, ne restèrent pas en retard, et saint Maxime d'abord ^ , puis les légats présents au concile de 680 ^ produisirent à leur tour des dossiers patristiques en faveur du dyothélisme. Tous ces faits montrent surabondamment Fimportance qu'avait prise, depuis le v^ siècle, la preuve tirée des Pères considérés comme docteurs et comme organes de la tradition ecclésiastique.
Quanta la philosophie, on peut dire que, dans cette même période du v^ au vii° siècle, son influence alla grandissant, et que Tusage que l'on en fit dans la théologie devint plus fréquent à mesure que les questions controversées exigèrent des analyses plus subtiles et des raisonnements plus serrés. Théodoret parle assez légèrement des philosophes anciens en général : il ne croit guère à leur vertu ni même à leur originalité intellectuelle^. Saint Cyrille en fait plus de cas et. dans sa réfutation de Julien, s'autorise volontiers de Platon, de Pythagore et de Plotin''. Mais dans l'œuvre de Léonce de Byzance, la philosophie tient une place énorme : elle en forme la partie la plus neuve. Et la même disposition se retrouve dans les écrits de saint Maxime^. Cette philosophie, toutefois, n'estplus, d'une façon aussi marquée, celle de Platon ou de Pythagore. Depuis la fin du v^ siècle une évolution se produit qui tend à allier d'abord, puis à substituer chez les théologiens l'influence d'Aristote à celle de Platon. Cette évolution est due, je l'ai dit, au besoin ressenti d'une dialectique plus sévère. Le platonisme ainsi combattu,