‹ Histoire des dogmesChapitre 98 sur 426 · p. L., LXVI, 14 et suiv · texte numérisé non relu

p. L., LXVI, 14 et suiv

2. Le diacre romain Anatolius avait consulté le diacre Ferrand de Cartilage, qui a\ait répondu ne voir aucune difficulté à l'admettre (P. L., LXVII, 889 et suiv.).

3. P. L., LXVi, 17 et suiv., 20 et suiv. Les lettres sont du 2i mars

4. M. Harnack {Lehrb. der DG.. II, p. 416) parle de ces formules comme d'un nouvel hénotique. C'est beaucoup dire. Le fait que des occidentaux et des africains les acceptaient marque bien qu'elles n'entamaient en rien l'autorité du concile de Clialcédoine.

5. Sur cette affaire des Trois chapitres en général, v. L. Duciiesne,

les avances à l'égard des dissidents. En 531 S des conférences se poursuivirent, sur ses ordres, à Gonstantinople, entre un groupe d'évêques orthodoxes et un groupe d'évêques monophysites, pour tâcher d'amener une entente-. Elles sont restées célèbres par la mention, qui y fut faite pour la première fois, des écrits de saint Denys l'Aréopagite, dont les sévériens invoquèrent l'autorité. Hypatius d'Ephèse, au nom des orthodoxes, contesta immédiatement l'authenticité de ces écrits. Comment, dit-il, si ces ouvrages étaient authentiques, n'auraient-ils pas été connus et cités par les anciens Pères, notamment par saint Cyrille^? Les conférences n'aboutirent à aucun accord '^. Mais Justinien ne fut pas découragé par cet insuccès, et, fortement influencé par sa femme Théodora, monophysite dévouée, il fit venir à Constantinople Sévère

Vigile et Pelage, dans la Revue des questions historiques, t. XXXVI (1884). A. Knecht, Die Religions Politik Kaiser Justinians I, Wùrzburg, 1896. A. DE Meissas, Nouvelles études sur l'histoire des Trois Chapitres, dans les Annales de Phil. chrétienne, 1904. G. Glaizolle, Justinien, son rôle ilans les controverses, Lyon. 1905.

1. Ou 533 selon d'autres auteurs. Comme ces conférences paraissent avoir duré un temps considérable, une année et plus, les deux dates sont conciliables.

'2, En voir la relation très abrégée dans Ma>si, Mil, 817 et suiv.

3. Col. 821. L'auteur de ces ouvrages, que l'on n'a pu sûrement identifier encore, écrivait probablement vers la fin du v« siècle. Il semble avoir appartenu au parti des sévériens, mais du reste s'être peu intéressé aux controverses ciiristologiques du temps. On ne trouve chez lui ni la formule [J-ia çOat;, ni la formule ôOo «pudsi?. Le Verbe, ou plutôt Jésus simple s'est composé (auvsTÉÔTq) sans changement et sans confusion (àvaXXa'.wxtôç xai àcvyyyziix;) avec une humanité complète. Il était vraiment et entièrement homme (xax' oùo-îav 6),y]v à'/rfiCiç àvÔpcûTxo; wv) ; mais cependant, tout en étant homme, il était au-dessus de l'homme. « Il n'opérait pas en Dieu les choses divines, ni les choses humaines en homme, mais il nous présentait une nouvelle opération théandrique d'un Dieu devenu homme » (àvopcoôévTo; 6cO-j xa'.vyjv Tiva Tr,v ôeavoûtxriv âvipYSiav f|jj.ïv TtEUOAiTSuixévoç). Ces derniers mots occasionnèrent plus tard bien des commentaires (v. De divin, nominibus, I, g 4; II, 10: Epist. IV ad Caium, P. G., III, 592 A, 648, 649, 1072;.

4. Un seulévêque monophysite, Philoxène de Doliche, se laissa gagner.

lui-même (534-535). C'était une imprudence. Son résultat le plus clair fut que le nouveau patriarche de Constantinople, Anthime, choisi par les soins de Théodora pour succéder à Épiphane en 535, tourna complètement au monophysisme, et entra en communion avec Théodose d'Alexandrie. On allait à un nouveau schisme, sans l'énergie du pape Agapit. Prévenu par le patriarche Éphrem d'Antioche, et obligé de venir à Constantinople à l'occasion de l'invasion des Goths en Italie (535), Agapit força Anthime à démissionner et lui donna pour successeur Mennas (535-552). 11 mourut lui-même presque aussitôt après; mais la réaction chalcédonienne se continua pendant quelque temps, et l'on put croire un instant le péril monophy site écarté. Il durait toujours tant que vivait Théodora, et que Justinien ne renonçait pas à son envie de dogmatiser.

Cette envie reçut d'abord un aliment, par suite d'un réveil des doctrines origénistes dans certains couvents de Palestine. Le mouvement avait pris quelque importance et, vers 537, deux origénistes de marque, Domitien et Théodore Askidas, avaient été nommés respectivement évêques d'Ancyre et de Césarée de Cappadoce. Le patriarche Pierre de Jérusalem pensa qu'il fallait agir, et sollicita l'empereur de condamner, avec Origène, les erreurs professées sous son nom. Sa requête fut appuyée par l'apocrisiaire Pelage, le futur pape, qui se trouvait alors à Constantinople. Rien ne pouvait plus agréer à Justinien. Un long mémoire sortit de sa plume en 543, comprenant une lettre contre Origène suivie de vingt-quatre extraits du Périarchoriy et dix anathématismes contre le grand docteur et ses opinions fausses * . 11 n'était pas bien

J. Mansi, IX. 488-533; P. G., LXXXVI, 1, col. 94^;-989. Je ne m'étendrai

clair qu'Origène eût soutenu, en fait, toutes les erreurs que lui attribuait Tempereur. Mais il importait peu. Un synode lvôr]uLooGa s'empressa d'adhérer à la condamnation portée contre lui, et les deux évoques origénistes, Damien et Théodore, qu'on avait cru embarrasser, en firent autant.

Seulement ils avisèrent et, afin de détourner de l'origénisme l'attention deJustinien, ils lui suggérèrent, dit Libérât', de faire condamner Théodore de Mopsueste, Théodoret et Ibas, soupçonnés de nestorianismo et tout particulièrement détestés des monophysites. Cette condamnation, disaient-ils, ferait sur les dissidents la meilleure impression et ne leur laisserait, surtout après l'acceptation des formules scythes, aucun prétexte de refuser la communion des orthodoxes : l'unité religieuse serait enfin réalisée.

Cette raison avait quelque chose de spécieux, et il est bien vrai qu'en renonçant au voisinage un peu compromettant de Théodore, de Théodoret et d'Ibas, les orthodoxes rendraient plus inexcusable l'obstination des hérétiques. Aussi Justinien tomba-t-il immédiatement dans le piège qu'on lui tendait. Dès 544, il publiait un édit dont quelques phrases seulement se sont conservées-. Il comprenait deux parties : une

pas sur cette affaire d'origénisme dont l'importance est très secondaire, et qui n'intéresse que médiocrement l'iiistoire des dogmes. On pourra consulter sur le tout F. Diekamp, Dieorigenistischen Streitigkeiten im sechsten Jahrhundert,yiùnsier. iSd9;tiEFFXE-LhctEncQ, Hist. des conc.,U,% p. 1182etsuiv.; et le résumé de F. Prat, OriV/é?je, Paris, 1907, Introduction. — En 552, Théodore de Scythopolis. obligé de souscrire aux dix anathématismes. dut en ajouter trois autres, condamnant un amalgame d'idées origénistes et du panthéisme de Bar Sudaili, connu sous le nom d'isochristisme [Libellus deerror. Origenis. P. G., LXXXVI, 4, col. 232-'236). Plus tard encore, peut-être au V« concile général de 553, les évêques condamnèrent, sur la demande de Justinien, quinze autres propositions analogues (en voir le texte dans Maxsi. IX, 395; Hefele, loc. cit., p. 1191 ; Hahx, § 175). Mais il est à remarquer qu'ils ne les attribuent pas à Origène.

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