ORGE PERLÉ
Hordeum décortication, Hordeum perlatum, Fructus vel semen Hordei; Orge mondé ou perlé ; angl. , Pearl Darley ; allem., Gerollte Gerste, Gerstegraupen.
Origine i>ota nique . — Hovdcwu distichuïïi L. L Orge commune est probablement indigène de l’Asie tempérée occidentale, mais elle est cultivée, depuis des temps très-reculés, dans l’hémisphère nord. En Suède, sa production s’étend jusqu’au 08°, 38 de latitude nord ; sur la côte de Norwége, elle s’étend jusqu a Attenfjord, par 76 degrés de latitude nord ; en Laponie, elle réussit même jusqu’à une altitude de 270 à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer. Dans plusieurs des vallées méridionales des Alpes suisses, elle mûrit à 1 500 mètres, et dans l’Himalayaà 3 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. Dans les Andes équatoriales, où elle est très-cultivée, elle s’élève jusqu’à une altitude d’au moins 3 300 mètres. Aucune autre céréale ne peut être cultivée sous des climats aussi
différents.
D’après Bretschneider (1), l’Orge est comprise parmi les cinq céréales qui, d’après les historiens chinois, furent semées par 1 empereur Shcn- Nung, qui régnait 9700 ans environ avant Jésus-Christ, mais elle ne fait pas partie actuellement des cinq sortes de graines qui sont employées dans la cérémonie du labour et de l’ensemencement célébrée tous les
ans par les empereurs de la Chine.
Théophraste connaissait bien les diverses sortes d Orge (KpiO-q) et parmi elles, celle à six rangs ( hexasticlion ), qui est représentée sur les monnaies frappées à Métapontum (2), en Lucanie, entre le sixième et
le deuxième siècle avant Jésus-Christ.
Strabon et Dioscoride, au premier siècle, parlent de boissons prepa-
(1) On Chinese llotanical Works, etc., Foochow, 1870 7, 8.
(2) Métapontum est situé dans la plaine qui s’étend entre les rivières BradanoetBasento dans le golfe de Tarente.
rées avec l’Orge, qui, d’après Tacite, étaient même alors familières aux tribus germaines, comme on sait qu’elles l’étaient à une époque plus reculée encore chez les Grecs et les Egyptiens. L’Orge est mentionnée, dans la Bible, comme plante cultivée en Egypte et en Syrie, et. doit avoir constitué, chez les anciens Hébreux, un article important d’alimentation, à en juger d’après la quantité accordée par Salomon aux serviteurs d’Hiram, roi de Tyr, en 1015 avant Jésus-Christ. Le tribut d’Orge payé au roiJotham par les Ammonites, en 741 avant Jésus-Christ, est aussi exactement rappelé. Les anciens avaient l’habitude d’enlever le tégument dur de l’Orge en faisant rôtir les fruits qui faisaient partie de leur alimentation.
Préparation. — Pour l’usage de la médecine et pour l’alimentation des malades, on emploie l’Orge à l’état naturel, mais on la prive plus ou moins complètement de son enveloppe crustacée. Pour cela, on emploie des meules spéciales, horizontales, entre lesquelles on fait passer les grains, et qui sont disposées de façon à enlever les téguments sans attaquer les grains eux-mêmes. On désigne, en Angleterre, les grains qui n’ont été que partiellement dépouillés de leurs téguments sous le nom d 'Orge à l’Ecossaise. Lorsque, par une opération plus longue et plus minutieuse, les téguments ont été complètement enlevés, on donne à l’Orge le nom à’ Orge perlé.
Description. — L’Orge perlé se présente en grains presque sphériques ou un peu ovoïdes, longs de 4 millimètres environ, à aspect farineux, souvent rendus un peu jaunâtres par les débris de téguments qui persistent à la surface et dans le sillon profond qui parcourt chaque grain. Sa saveur est amylacée et son odeur est semblable à celle de tous les autres grains de céréales.
Structure microscopique. — L’albumen constitue la partie importante du grain d’Orge; il est formé de grandes cellules parenchymateuses, à parois minces, qui, sur une section transversale, paraissent disposées en rangées rayonnantes à partir du sillon et être plutôt allongées dans cette direction que parallèlement au grand axe du grain. Dans le voisinage du sillon seulement, les cellules de l’albumen sont plus étroites. Les grandes cellules qui forment la plus grande partie de son parenchyme sont polygonales ou ovales, tandis que la couche extérieure est formée de deux, trois ou quatre rangées de cellules pressées les unes contre les autres, à peu près cubiques, munies de parois épaisses et riches en gluten. Cette zone, large d’environ 70 millièmes de millimètre, est revêtue par un tégument brun extrêmement mince
auquel succède une couche épaisse de 30 millièmes de millimèlic en\ivon, formée de très-petites cellules très-serrées, tabulaiies, grisâties ou jaunâtres. Dans le sillon, cette enveloppe propre du fruit offre une apparence un peu spongieuse.
Dans quelques variétés d’Orge, le fruit est constitué uniquement par les tissus que nous venons de décrire; mais dans la plupart, il existe aussi des écailles formées en majeure partie de longues cellules fibreuses, à parois épaisses, disposées sur trois ou quatre couches concentriques et constituant une zone très-dure. Sur une section transversale, cette couche forme une enveloppe cohérente, épaisse de 33 millièmes de millimètre environ. Ces cellules, examinées sur une coupe longitudinale, ne présentent qu’une cavité capillaire dont les parois sont ondulées d’une façon toute particulière et épaissies par des dépôts secondaires.
Les cellules à gluten, variant beaucoup dans les différents fruits de céréales, offrent des caractères suffisants pour les distinguer avec certitude. Dans le froment, par exemple, elles forment une seule couche ; dans le riz, elles sont disposées en couche double ou simple, mais elles sont allongées transversalement. Le tissu intérieur de 1 albumen de l’Orge est rempli de gros grains d’amidon, irrégulièrement lenticulaii «■>, mélangés de grains globuleux, extrêmement petits. Les premiers ont de 20 à 35 millièmes de millimètre, les seconds ont I, 2 ou 3 millièmes de millimètre de diamètre ; il en existe un grand nombre ayant des dimensions intermédiaires. Les couches concentriques sont visibles dans les gros grains humectés d’acide chromique dissous dans 100 parties d eau.
3 La couche décrite comme composée de cellules à gluten est remplie de granules extrêmement petits de matière albuminoïde (gluten) qui, sous l’influence de l’iode, se colorent en jaune foncé. Ces granules, qui dans l'Orge mondé destiné à l’alimentation sont d’une haute importance, ne sont pas confinés dans la couche à gluten ; les cellules à amidon en contiennent aussi en faible proportion. Dans la zone étroite du tissu plus dense qui du sillon s’enfonce dans l’albumen, on trouve ega emen des dépôts de principes albuminoïdes, comme le prouve la belle coloration jaune que prend le contenu des cellules sous 1 influence de
1 1 Les" cellules à gluten, membrane embryonnaire de Mége-Mouriès, contiennent aussi, d'après les recherches faites sur le pain (I) par ce eluraiste en 1856, delà Cêréaline, principe alhummo.de soluble dans 1 eau,
(,) Il s'agit a du blé, pas de l'orge ; nous supposons que la eonslUnlion el.imique des deux fruits est semblable.
qui détermine la transformation de l’amidon en dextrine, en sucre et en acide lactique. Dans les parois de fruit, épiderme, épicarpe et endocarpe, du froment, Mége-Mouriès a trouvé un peu d’huile volatile et une matière extractive jaune, à laquelle, ainsi qu’à la céréaline, est due l’acidité du pain fait avec de la farine contenant le son.
Composition chimique. — L’Orge a été soumise à des analyses soigneuses par un grand nombre de chimistes, et plus spécialement par Lermer (I). Les grains contiennent habituellement de 13 à 15 pour 100 d’eau ; après dessiccation, ils abandonnent à l’éther 3 pour 100 d’huile grasse et des proportions insignifiantes de principes tanniques et amers résidant surtout dans les enveloppes. Lermer a trouve en outre dans les grains entiers, 63 pour 100 d’amidon, 7 pour 100 de cellulose, 6,0 pour 100 de dextrine, 2,5 d’azote, une petite proportion d’acide lactique et 2,4 pour 100 de cendres.
. Les analyses de Poggiale (1856) indiquent à peu près la même composition : eau, 15; huile, 2,4; amidon, 60; cellulose, 8,8; principes albuminoïdes, 10,7 ; cendres, 2,6 (2).
. La Protéine ou matière albuminoïde est formée de différents principes dont la plupart sont insolubles dans l’eau. La portion soluble est en partie coagulée par l’ébullition, en partie maintenue en solution : 2,5 pour 100 d’azote, et comme ci-dessus, répondraient à environ 16 pour 100 de matières albuminoïdes. La partie soluble paraît être contenue dans les cellules à amidon, dans le voisinage des cellules à gluten qui contiennent la portion insoluble.
Les cendres contiennent, d’après Lermer, 29 pour 100 d’acide silicihque ; 32,6 d’acide phosphorique ; 22,7 de potasse ; et seulement 3 7 de chaux. D’après Salms-Horstmar, le fluor et le lithium sont des principes constituants indispensables de l’Orge.
L’huile fixe de l’Orge est, comme l’a prouvé Hanamann, en 1863 un composé de glycérine, soit avec un mélange d’acide palmitique et d acide launque, soit, moins probablement, avec un acide gras parti-
L acide Hordéique de Beckmann, obtenu, en 1855, par la distillation e Orge avec l’acide sulfurique, est probablement de Vacide Launque.
' L-intner, en 1868, a montré que l’Orge contient aussi une petite quantité de Cholestérine. L’orge maltée perd 7 pour 100; elle contient alors 10 à
(I) Wittstein, Vierteljahvenchr. fürprakt. Pharm., 1863, XII, 4-23
Kü.ixem"nx ï)lillcïATî 'n 1 Zeilsc,»W fi* analytische C hernie, 1872 60.
ixuiiNLMANrt, Deutsche c/lêrmsche Gesellscftdft, 187G, 1385. ’ U
12 pour 100 clc sucre produit aux dépens de l’amidon. Avant le maltage, on n’y trouve pas de sucre, mais seulement de la dextrine.
Usages. — L’Orge n’a aucune importance comme médicament. On prescrit parfois sa décoction comme tisane émolliente. On fait également usage d’un extrait aqueux de malt.
(a) Los Ilorcleum !.. ( Généra , n. 9G) sont des Graminées delà tribu des Triticées, à épillets uniflores, réunis par trois, les deux latéraux étant d’ordinaire stériles. Chaque épi Uct est muni de deux glumes linéaires-lancéolées, terminées par une arête subulée. Les deux glumelles de chaque fleur sont herbacées, l’inférieure concave, terminée par une arête, la supérieure bicarénéc. L’androcée est formé de trois étamines. L’ovaire est velu au sommet. Les deux écailles sont entières ou munies d’un lobe latéral ; elles sont d’ordinaire velues ou ciliées. Le fruit est velu au sommet, oblong, sillonné sur l’une de ses faces, adhérent aux glumes, rarement nu.
L 'Hordcum distichum L. ( Species , 12b) est une Graminée à tiges ordinairement solitaires ou peu nombreuses, hautes de CO à 90 centimètres, dressées, creuses, sauf au niveau des nœuds qui offrent une cloison transversale pleine. Les feuilles sont alternes, engainantes, munies d’une ligule, linéaires, larges, planes, avec une gaine glabre. Chaque tige est terminée par un seul épi dense et épais, comprimé latéralement, souvent penché. L’épi est formé d’épillets réunis trois par trois et disposés sur six rangs, dont quatre déprimés constitués par les épillets males et deux saillants formés par les épillets hermaphrodites et fructifères. Chaque groupe d épillets offre en effet un épillet médian, sessile, fertile et deux épillets latéraux courtenient pédoncules, stériles. Chaque épillet est constitué par une seule fleur, hermaphrodite dans l’ épillet médian, mâle dans les deux latéraux. Chaque épillet otire extérieurement deux glumes linéaires-lancéolées, insensiblement atténuées au sommet en une arête subulée, et étroitement appliquées contre la fleur. Cette dernièie offre deux glumelles : l’une inférieure, concave, munie d’une seule nervure médiane, saillante dans le dos ; elle est entière au sommet, mutique dans les fleurs mâles, prolongée dans les fleurs femelles en une arête robuste, dressée, plus longue que l’épi; l’autre glumelle, supérieure, est plus aplatie et muuie de deux nervures longitudinales, carénées. En dedans des deux glumelles sont deux squamules membraneuses, obtuses. L’audrocée est formé de trois étamines a filets grêles, indépendants, à anthères bifides aux deux extrémités, fixées au filet par le milieu du dos, biloculaires, introrses, versatiles, déhiscentes par deux.fentes longitudinales. Le gynécée est formé d’un ovaire supère, uniloculaire, atténué à la base, velu au sommet, surmonté de deux stigmates subterminaux, plumeux, à poils simples, sortant sur les côtés et vers la base de la fleur. La loge ovarienne contient un seul ovule anatrope, inséré dans l’angle interne, ascendant, à micropylc dirigé en bas et en dehors. Le caryopse organisé comme dans le reste de la famille est oblong, coin exe sur la face externe, concave et parcouru par un sillon longitudinal au niveau de la face interne. Il est poilu au sommet et couvert par les glumelles auxquelles il adhèi e.
D’autres espèces d’Orge sont cultivées sur une grande échelle : L'Hordeum hexasticon L. ( Species , 12b) ou Orge à six rangs, Orge d'hiver, Orge carrée, Escourgon, se distingue par un épi hexagonal, dont les épillets tous également développes sont disposés sur six rangées verticales; YHordeum vulgare L. (Species, 12o) a egalement tous les épillets fertiles et disposés sur six rangs, mais, à la maturité, deux rangs sont moins saillants que les quatre autres. [Trad.]
ESSENCE D’ANDROPOGON.
Oleum Andropogonis, Oleum Gramiriis Indici ; angl., Indian Grass OU.
Origine botanique. — Parmi les nombreuses espèces d'Anclropogon (1) qui possèdent des feuilles riches en huile essentielle, les suivantes fournissent l’essence d’Andropogon du commerce : t° Andropogon Nardus L. (2). - C’est une herbe haute, lorsqu’elle est en fleur, de Im,80 et davantage, très-cultivée à Ceylan et à Singapore pour la production de l'Essence de Citronnelle.
2 A. citratus DC. (3). C’est une grande herbe glauque, connue seulement à 1 état de culture, et ne produisant que très-rarement des fleurs. On la cultive à Ceylan et à Singapore pour la production d’une huile essentielle nommée Essence de Verveine ou Essence de Mélisse indienne ( Lemon Oïl, Grass Oïl). On la trouve aussi communément dans les jardins de l’Inde, et elle n’est pas rare dans les serres des jardins anglais. A Java, on lui donne le nom de Sireh.
3 A. S c /menant lias L. (4). — C’est une herbe du nord et du centre de l’Inde, h feuilles arrondies ou légèrement cordées à la base, fournissant, par distillation, l’essence connue en Angleterre sous le nom de
Basa Oïl, Od of Ginger Grass , ou Oil of Géranium (Essence de Gérauium).
Historique. - Les propriétés aromatiques de certaines espèces d’ Andropogon étaient bien connus de Rlieede, de Rhumphius et d’autres anciens écrivains qui se sont occupés de l’histoire naturelle de l’Inde. Des 1717, on connaissait, comme curiosité, une essence distillée du Sireh d’Amboine (o), mais c’est seulement à une époque récente que I huile essentielle de ces plantes est devenue un objet de commerce avec l’Europe. L’essence d’Andropogon est mentionnée par Roxburgh, en 1820, comme ayant été importée à Londres pour la première fois
(1) Le major général Munro a étudié ii notre demande les caractères botaniques des „nlC!S°d01!an eS d’Andropogon et examiné un grand nombre d’échantillons en notre {lossessmn Les synonymes que nous donnons dans nos notes ont été établis par lui.
-) A. Martini Thwaites, Enumeratio plantarum Zeylaniæ, nec aliorum.
( J A. citratum A. P. DG., Catalogua plantarum horti botanici MonspeUensis, 1813 •
ifrr t0WALLICH’ PlanL asiaL rariores> 1832> III, t. 280; Roxbuugh, Flora in- .. ’ ,, ’ ’ ’ fluant aux observations, mais non pour ce qui concerne la diagnose.
9«n- i EN1E;NATy arr^n de Ccls, 1803, l. 89 ; A. Martini Roxu., Flora indica. 1820 I Pachn°des Trinius, Species Graminum, 1830, III, t. 327 ; A. Calamus aromaicus Royle, Illustrât, of Bot. of Himalayan Mountains, 1839, t. 97.
[O) Ephemeridès Naturæ Curiosorum, 177, cent, v-vi, append., 187.
vers l’année 1832. L'introduction de l’essence de Citronnelle est beaucoup plus récente. L’essence de Géranium , nommée en hindoustam 1 Usa ka tel , a été signalée pour la première fois, d’après AVaring(P,
en 1823, par le docteur N. Maxwell.
Production. — Les Andropocjon Nardus et citratus sont cultivés
dans les environs de Galle et à Singaporc, et souvent ensemble. On les distille séparément, leurs huiles essentielles étant considérées comme tout à fait distinctes, et ayant une valeur différente. A Ceylan on les coupe, pour la distillation, à toute époque de l’année, mais surtout en décembre et en janvier. Dans la propriété de Persévérance, à Gaylan, Singapore, qui appartient à M. John Fisher, 930 acres sont consacrées à la culture des herbes aromatiques et d’autres plantes pour la production d’huiles essentielles. En 1863, la fabrication ne s’effecluait que sur une petite échelle, mais elle a été tellement fructueuse, qu’il s’y fabrique aujourd’hui 200 livres de diverses essences par jour. Ces essences sont celles de Citronnelle, de Verveine, de Patchouli, de Muscade, de Macis, de Poivre et d’Ajowan (voy. 1. 1, p. 542); on y cultive aussi la
Menthe (2).
On distille de l’essence de Géranium à Khandesh, dans la Présidence
de Bombay. Celle qui est produite dans le district de Nim.âr,dans la vallée de la Nerbudda est parfois désignée sous le nom d Essence de Verveine de Nimâr ( Grass OU of Nimâr ). Nous ne possédons pas de renseignements particuliers sur cette distillation, qui doit cependant être effectuée sur une grande échelle.
Description. — Les essences indiennes d’Andropogon sont plus légères que l’eau et n’agissent pas sur le papier de tournesol. Elles sont très-odorantes, et possèdent une odeur mélangée de rose et de citron. L’essence de Verveine est colorée en brun doré foncé; son odeur ressemble à celle de la Verveine odorante des jardins, L>ppia cilnodora H. B. K. L’essence de Géranium dont la coloration varie du jaune verdâtre pale au brun jaunâtre, possède l’odeur du Pélargonium Radula . it. La couleur de l’essence de Citronnelle est jaune verdâtre clair. Les fabriques de Winter, à Ceylan, et de Fisher, à Singapore, jouissent d une grande réputation pour l’excellence de leurs produits qui sont généralement indiqués par leurs noms dans les catalogues des
composition chimique. - Stenhouse (3) examina, en 18*4, 1 essence
m pharmacopœia of India, 68,465.
2 Straits Settlements Blue Book for 1872, Singapore, 1873, . b.
(3) Mem. of Chem. Soc., 1845, II, 122.
d 'Andropogon citratus qui lui avait été donnée par Ghristison sous le nom d Essence de Naniur (ou N un/h') . L’échantillon était d un jaune foncé, et apparemment déjà ancien, car, lorsqu on le mélangea avec de 1 eau et qu’on le soumit à la distillation, il abandonna près de la moitié de sa masse d’une résine fluide, tandis que l’huile qui distilla était incolore. Après rectification par le chlorure de calcium, elle se montra formée d’un hydrocarbure mélangé avec une petite proportion d’une essence oxygénée. Cette dernière ayant été décomposée par le sodium, puis de nouveau rectifiée, on fit une seconde analyse qui montra qu’elle était isomérique de l’essence de térébenthine.
Une essence d’Andropogon, provenant, autant que nous pouvons le supposer, de la même espèce, a été examinée par l’un de nous (F.). Saturée d’acide chlorhydrique sec, elle ne fournit aucun composé cristallin, mais lorsqu’on traita ensuite le liquide par de l’acide nitrique fumant, des cristaux, d’un composé Gt0H16,HCl, se sublimèrent dans la partie supérieure du vase. Nous avons observé que les essences des Andropogon Nardus et Citratus donnent des composés solides lorsqu’on les agite avec une solution saturée de bisulfite de sodium.
Gladstone a trouvé, en 187 ”2, que l’essence de citronnelle était composée surtout d’une huile oxygénée qu’il a nommée Citronellol (1) et qui se sépare par distillations fractionnées en deux portions : l’une bouillant entre 202° et 205° G.; l’autre bouillant entre 190° et 202° G. Le poids spécifique de la première, à 20° G., était de 0,8749, et celui de la seconde 0,8741. La composition des deux est indiquée par la formule C‘°H160.
Commerce. — L’accroissement du commerce des essences d’Andropogon est bien indiqué par les chiffres suivants : en 1864, l’exportation de Y Essence de Citronnelle faite par Geylan 'fut de 622000 onces, valant 8230 livres sterling. Dans le Livre Bleu de Ceylan ( Cexylan Dlue Book), publié à Golomba en 1873, les exportations de l’année 1872 sont décomposées de la façon suivante : à destination du Royaume-Uni, 1 163074 onces; de l’Inde anglaise, 5713 onces; des Etats-Unis, 426470 onces; au total : 1 595 257 onces (2).
Il a été exporté de Ceylan, pendant la même année, 13515 onces
(1) Le nom de Citronellol est appliqué par Wright (1874) à une fraction d’essenco qui entre en ébullition à. 210° C et à laquelle il attribue la composition C10H18O ; par une ébullition prolongée, elle perd H1 20. [F. A. F.]
(2) 11 faut y ajouter « 248 dozens et 33 packages » do la même essence expédiée aux Etats-Unis. L’once vaut 288/3.
I1IST. UES DnOGl'ES, T. II.
;;/,s GRAMINÉES.
d essence A Andropogon citratus {OU of Lemon Grass ) ou Essence de Verveine qui coûte plus cher que les autres et est produite en moindre quantité , plus de la moitié était destinée au Royaume-Uni. Nous n’avons pas de statistique relative à l’exportation de ces deux essences laite par Singapore, où nous avons déjà dit qu’elles sont maintenant fabriquées en grande quantité.
Dans le document officiel, Report on thè External Commerce oj Rom- - Imy, publié en 1867, nous trouvons que, pendant l’année finissant le 31 mars 1867, il fut exporté de cette ville 4 1 643 livres d’essence d’Aradropogon Schœnant/ius (Ginger Grass OU, ou Rüsa OU) ou Essence de Géianium, destinées au Royaume-Uni et aux ports de la mer Rouge.
Usages. — Les essences d’Andropogon sont très-estimées dans l'Inde contre le rhumatisme ; on les emploie en applications externes. L’essence d 'Andropogon Schœnant/uis passe pour stimuler la pousse des cheveux. On administre parfois ces essences à l’intérieur comme carminatives, contre les coliques, et l’on prescrit l’infusion des feuilles de Citronnelle comme diaphorétique et stimulant. En Europe, et en Amcîique, les essences d Andropogon ne sont employées que par les parfumeurs et les fabricants de savons (1).
L emploi le plus important qui soit fait des essences d’Andropogon oonsiste dans la falsification de 1 essence de Roses, dans la Turquie d’Europe. L’essence dont on se sert pour cette fabrication est celle de l’Aradropogon Schœnanthus L. (voy. t. 1, p. 475) et il est assez curieux de remarquer que les nomshindoustanis de cette essence ont une désinence qui rappelle le nom de la Rose. Ainsi, sous les dénominations de Rusa, Rowsah, Rosa, Rose ou Roshé {A), elle est exportée en grande quantité de Bombay, à destination des ports de l’Arabie, probablement surtout de Jidda, d où elle est transportée en Turquie par les pèlerins mahométans. En Arabie et en Turquie, elle porte le nom d'Idris Yàghi , tandis que dans les districts producteurs d’essence de Roses, elle est connue, du moins parmi les Européens, sous le nom d 'Essence de Géranium ou Essence de Palmarosa. Avant de la mélanger à l’essence de roses on la soumet à une certaine préparation, qui consiste à l’agiter avec de l’eau acidulée avec du suc de citron, puis on l’expose au soleil et à l’air. Par
(1) Les feuilles des grandes espèces odorantes d 'Andropogon sont employées dans l’Inde pour fabriquer des toitures de chaume. Les bestiaux les mangent avec avidité, et leur chair et leur lait se parfument de leur arôme.
(2) Cinquante caisses, contenant environ 2 250 livres, importées de Bombay, furent mises en vente sous le nom d’ « Essence de Roses » dans une vente publique par un commissionnaire en drogues de Londres le 31 juillet 1873.
celte opération, qui a été récemment décrite par Baur (1), l’essence perd son arrière-odeur pénétrante et acquiert une coloration jaunepaille claire. Les différences optiques et chimiques qui existent entre l’essence de Géranium ainsi raffinée et l’essence de roses sont faiblçs et ne permettent pas de reconnaître un mélange dans lequel n’entre qu’une petite quantité de la première.
Falsification. — Les essences d’Àndropogon préparées par les indigènes de l’Inde sont assez fréquemment mélangées d’une huile grasse.