‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 114 sur 124 · ALGUES · texte numérisé non relu

ALGUES

structure microscopique. — Sur une section transversale, la plante se montre formée d’un tissu lâche, formé de grandes cellules vides, enveloppé par une zone corticale épaisse de 30 à 70 millièmes de millimètre et constituée par de petites cellules remplies de granulations globuleuses d’amidon qui ont de 1 à 3 millièmes de millimètre de diamètre, et sont si pressées, qu’elles paraissent former au premier abord une seule masse dans chaque cellule. Dans les plus grandes cellules, les granulations d’amidon sont fixées aux parois; elles ne présentent pas dans la lumière polorisée la trace caractéristique des grains d’amidon. Les parois épaisses des cellules offrent une stratification bien distincte, surtout après qu’on les a humectées d’acide chromique. Sous l’influence d’une solution d’iode dans l’iodure de potassium, elles prennent une coloration brun foncé, mais les grains d’amidon qui abondent aussi clans le cystocarpe prennent la teinte bleue caractéristique de l’amidon.

Composition chimique. — La drogue donne, d’après O’Shaughnessy, 54,5 pour 100 de gelée végétale ; 45,0 d’amidon; 18,0 de fibres ligneuses (cellulose?) ; 4,0 de mucilage, et 7,5 de sels inorganiques.

L’eau froide enlève le mucilage qui, après une concentration convenable, peut être précipité par l’acétate neutre de plomb. Bouilli pendant quelque temps dans l’acide nitrique, ce mucilage produit de l’acide oxalique et des cristaux microscopiques d’acide mucique, solubles dans l’eau bouillante mais se précipitant pendant le refroidissement. En faisant bouillir une partie de la drogue dans 400 parties d’eau, on obtient un liquide épais qui donne des précipités transparents avec l’acétate neutre de plomb et l’alcool, comme le Carrageen. Avec 50 parties d’eau, il se produit une gelée transparente, insipide, dépourvue de visquosité, fournissant de l'acide mucique quand on la traite par l’acide nitrique. Les réactifs microchimiques ne révèlent pas dans la plante de principes albuminoïdes.

Quelques chimistes ont considéré la gelée extraite par l’eau bouillante comme identique avec la pectine ; mais cette opinion demande a être prouvée. Payen (4) la nomme Gelose, et la trouve composée de : carbone, 42,77; hydrogène, 5,77, et oxygène, 54,45 pour 100. La gomme arabique contient : carbone, 42,42; hydrogène, 6,41, et oxygène, 54,47 = CllH“Ou. La gelose de Payen donne une consistance gélatineuse à 500 parties d’eau. On l’extrait par 1 eau bouillante de la plante préalablement épuisée à l’eau froide légèrement acidulée (2).

(1) Comptes rendus Ac. sc., 1859, XLIX, 521 ; Pliarm. Journal, 1860, I, 470, 508.

(2) La gelose, môme à l’état humide, n’est que peu susceptible de changement, et la

Les sels inorganiques du Sphærococcus lichenoides consistent, d’après O’Shaughnessy, en sulfates, phosphates et chlorures de sodium et de calcium, sans iode ni brome. Cette algue desséchee à 100° C., nous a donné 9,15 pour 100 de cendres.

Usages. — On a recommandé le Sphærococcus lichenoides aromatisé et sucré, comme médicament adoucissant, et comme aliment léger pour les convalescents.

Dans l’archipel Indien et en Chine, on emploie pour faire des gelées, et pour un certain nombre d’autres usages, d’immenses quantités de cette algue et de quelques autres espèces (I).

gelée faite par les Chinois avec le Splierococcus lichenoides , et mangée par eux comme confiture peut être conservée sans inconvénients.

(1) Consultez : Martius, Nenes Jahrb. f. Pharm, Bd., IX, Mttrs 1858. — Cooke, Pharm. Journ., 1860, I, 504.

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