ALGUES
CHONDRUS CRISPUS.
FucUS hernies ; Mousse d'Irlande, Mousse perlée, Carrageen (3) • an»! r
Iris/i Moss ; «Hem., Fnorpcltany ,^Irlündische^Moos^Perbnoos. Cana^ecl> ’
Origine botanique. - Chondrus crispus Lyngbye (Fucus crispus L ) — C est une algue de la famille des Ploridées, abondante sur les rochers du littoral de l’Europe depuis le cap Nordjusqu’à Gibraltar et sur les cotes orientales de l’Amérique du Nord.
Historique. Le Carrageen fit son introduction dans la médecine en Angleterre, en 1831, et bientôt après attira l’attention en Allemagne. 11 n a jamais été admis dans la Pharmacopée de Londres ni dans la Pharmacopée anglaise, et il n’est que peu estimé par les médecins.
Description . - On recueille la plante entière. A l’état frais, elle est molle et cartilagineuse ; sa coloration varie du vert jaunâtre au pourpre
(1) De l'ergot de Froment et de ses propriétés méd ., thèse, Montpellier 1862
(2) Etude sur l’Ergot du Diss, Alger et Paris, 1863 ; Journal de PI, arm., ’l 86S *1 4/, 4
(3) Carrageen est un mot irlandais qui signifie mousse des rochers. Nous apprenons d un etudiant irlandais qu’on devrait, pour plus d’exactitude, l’écrire Carraigccn.
livide ou brun pourpré, mais après lavage et, exposition au soleil, elle devient blanche ou jaunâtre, et lorsqu’elle est sèche, elle est ridée, cornée et translucide. La base est un petit disque aplati; il s’en élève un thalle de 10 à 15 centimètres de haut, à lige grêle, subcylindrique, étalé en éventail, découpé en segments cunéiformes de diverses tailles, aplatis ou plissés, tronqués, émarginés ou bifides au sommet.
La fructification consiste en tétraspores et en cystocarpes qui ne s’élèvent que peu au-dessus de la substance du thalle et forment do petites protubérances verruqueuses.
Dans l’eau froide, le Carrageen se gonfle, reprend ses dimensions primitives, et acquiert une odeur distincte de varech. Quand on le fait bouillir dans Î20 ou 30 fois son poids d’eau, il forme, en se refroidissant, une gelée pâle, fade.
structure microscopique. — Le tissu du C hondrus crùpus est formé de cellules globuleuses ou allongées, à parois épaisses. Les couches superficielles des deux faces des lobes du thalle constituent une sorte de tégument qui se sépare facilement sur les coupes microscopiques. La partie interne ou médullaire est constituée par un tissu beaucoup moins serré et formé de cellules plus grandes. Les larges cavités de ce tissu contiennent une matière mucilagineuse, granuleuse, qui se colore en violet clair sous l’influence de l’iode. Dans l’eau, les parois cellulaires se gonflent et forment une masse gélatineuse, dans laquelle on ne peut bientôt plus distinguer aucune cellule (1). A l’état frais, les cellules contiennent aussi des granulations de chlorophylle imprégnées d’une matière rouge nommée Phyco-êrythrine ; mais par le lavage et l’exposition à 1 air, ces matières colorantes se séparent ou s’atténuent beaucoup, et on ne les voit plus dans la drogue commerciale.
Composition chimique. — Les principes constituant du Carrageen sont ceux qu’on trouve dans les algues marines, du moins en ce qui concerne le mucilage. Ce dernier est insoluble dans une solution ammoniacale de^ cuivre (réactif de Schweizer) ; sous l’action de l’acide nitrique fumant, il fournit, comme la gomme, une grande quantité d’acide mucique. Le mucilage de Carrageen, comme plusieurs autres corps semblables, retient énergiquement les matières inorganiques. Après avoir été trois fois dissout dans l’eau et autant de fois précipité dans l’alcool, il nous a présenté encore la même quantité de cendres que la drogue brute elle-même, c’est-à-dire plus de 15 pour 100. Le mucilage parfai-
(1) L’alcool, la glycérine et les huiles grasses sont les liquides les plus convenables pour l’observation microscopique de cette drogue.
A LG U IÎS.
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lement soc est une substance cornée, flexible, de couleur grisâtre, qui se gonfle rapidement dans l’eau, en formant une gelée qui est précipitable par l’acétate neutre de plomb.
D’après Blondeau (1), le mucilage de Carragcen contient 21 pour 100 d’azote et 2,5 de soufre ; mais nous sommes en mesure de considérer ces résultats comme erronés. Nous n’y avons pas trouvé de soufre et seulement 0,88 pour 100 d’azote. La drogue elle-même ne nous a pas donné plus de 10,12 pour 100 d’azote. Quand on traite par la potasse de minces tranches de la plante et qu’on les laisse, après les avoir lavées, pendant vingt-quatre heures au contact d’une solution d’iode dans l’iodure de potassium, elles se colorent en bleu foncé. Cependant on ne trouve pas d’amidon dans cette algue (2). Enfin, on peut citer, à propos du Carrageen, le Fucusol, liquide huileux, isomérique dufurfurol, qu’on obtient en faisant bouillir les algues avec de l’acide sulfurique dilué.
Commerce. — On recueille la plante sur les côtes ouest et nord-ouest de l’Irlande. Sligo passe pour être un dépôt considérable de celte algue. On la récolte aussi en certaine quantité sur les côtes du Massachusetts, où l’on a adopté un procédé systématique de préparation (3). On importe parfois de Hamburg un Carragaen de qualité supérieure.
Usages. — La décoction mucilagineuse et la gelée de Carrageen constituent des remèdes populaires contre les affections pulmonaires et quelques autres maladies, mais on recherche surtout ces préparations pour l’alimentation (4).
On emploie parfois le Carrageen pour engraisser les vaches et les veaux, et sous le nom d ’Alga marina, pour rembourrer les matelas. Son mucilage sert pour épaissir les couleurs employées dans la teinture du calicot et pour coller le papier et le coton. En Amérique on 1 emploie pour coller la bière.
Substitutions. — Le Gigartina mammillosa J. Ag. (Chondrus mammillosus Grev.) est recueilli indistinctement avec le Chondrus crispas » Il se distingue surtout de ce dernier parce que la portion aplatie du thalle est munie de tubercules élevés et pédonculés portant les cystocarpes. Il possède les mêmes propriétés.
Le Gigartina acicularis Lamour., espèce commune sur les côtes de
(1) Joum. de Pharm., 18G5, II, 159.
(2) Traité par l’acide sulfurique dilué, le Carrageen fournit un sucre încnstallisable, dépourvu de pouvoir rotatoire. [F. A. F.]
(3) G. II. Bâtes, in Pharm. Joum., 1870, XI, 298.
(4) H faut manger une livre de gelée faite avec cette algue pulvérisée pour prendre une demi-once de matière solide sèche.
France et d’Espagne, à branches cylindriques et grêles, est parfois recueilli en même temps que le Chondrm cnspus. Daim on, qui l’a étudié en 1874, affirme qu’il est moins soluble dans l’eau bouillante que le véritable Carrageen.
De petites quantités d’autres algues marines se trouvent parfois mélangées au Chondrus crispas par suite de la négligence des collecteurs.
SPHÆROCOCCUS LICHENOIDES.
Al g a zeylanica, Fucus amylaceus; angl., Ceylon moss, Jajfna Moss.
Origine botanique. — Sphærococcus lichenoides Agardh ( Gracillaria lichenoides Grev., Plocciria candida Nees). — C’est une algue colorée en pourpre clair ou verdâtre, de la classe des Floridées. Elle se trouve sur les côtes de Ceylan, de Burma et des îles Malaises (1).
Historique. — Le Spæhrococcus amylaceus est depuis longtemps employé par les habitants de l’archipel Indien et de la Chine. Il est probablement une des plantes décrites par Rumphius (2) sous le nom d ’Alga coralloides. A notre époque, il a été porté à la connaissance des médecins européens par O’Saughnessy (3).
Description. — Telle qu’elle se trouve dans le commerce, la plante est blanche et opaque ; elle a été privée de sa coloration par la dessiccation au soleil et à l’air ; elle est formée de tiges filamenteuses cylindriques, ramifiées, larges de 2 millimètres et longues de 3 à 1S centimètres ou davantage. La plupart des tiges portent de nombreuses branches simples ou divisées elles-mêmes en ramifications secondaires et tertiaires, terminées par une pointe courte. Lorsqu’on la mouille, elle augmente un peu de volume et devient plus translucide. Elle offre fréquemment des fruits blanchâtres, globuleux ou mammiformes (cystocarpes). Elle est un peu friable, et facile à pulvériser après dessiccation à 100° G. Elle est dépourvue de saveur et d’odeur, et diffère en cela de la plupart des algues marines.
(1) La Pharmacopœia of India de 1868, cite le Sphærococcus confervoülcs Ag. (Gracillaria Ghev.), plante de l’océan Atlantique et de la Méditerranée, assez abondante sur les cé tes de Bretagne, comme. fournissant une partie de la drogue dont nous parlons ici. Cependant, les échantillons que nous avons examinés étaient très-différents du S. lichenoides et ne contenaient pas d’amidon.
(2) Hcrb. Amboin., VI, lib. xi, c. 56.
(3; Indian Jauni, of Med. Science, Calcutta, mars 1834 ; fini y ni Dispcmatory, 1841,
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