SEMEN CONTRA
Sanlonlca ; Flores Cinæ; Semen Cinæ (t); Semen Santonicæ ; Semen Zedoariæ; Semen Contra; Semcn Sanction; Semencine, Barbutine ; angl., Wormseed; allem.. Wurmsamen, Zilwersamen.
Origine botanique. — Arlemisia marithna , var. a. Stechmcinniana Besser (2) ( Artemisia Lercheana Karel, et Kiril., in Herb. Kew et Mus. Brit. ; Arlemisia marithna, x ar. a, pauciflora Weber, quoadLEDEBOUR, Flor. Ross , II, 570) .
Les Artémises delà section Seriphidium offrent une grande diversité de formes (3). Elles ont été l’objet d’une étude attentive de la part des botanistes russes Besser (1834-1835) et Ledebour (1844-1846), dont les recherches ont eu pour résultat la réunion d’un certain nombre d’espèces supposées sous le nomLinnéen d' Arlemisia marithna. Cette plante est très-répandue, à l’état sauvage, dans l’hémisphère nord de l’ancien monde, surtout dans les terres salines. On la trouve dans les marais salins des Iles-Britanniques, sur les côtes de la Baltique, de la France, de la Méditerranée et dans les terres salines de la Hongrie et de la Pologne. De là elle s’étend vers l’est et couvre d’immenses espaces dans le sud de la Russie, les régions voisines de la mer Caspienne, la Sibérie centrale, jusque dans la Mongolie chinoise. La variété particulière qui fournit au moins la majeure partie de la drogue est une petite plante frutescente, aromatique; elle se distingue par ses capitules très-petits,
(1) De l’italien Semenzina, diminutif de Semenza , graine.
(2) W. S. Besser, in Bull, de la Soc. lmp. des Natural. de Moscou, 1834, VII, 31. — Il existe dans l’Herbier du Jardin royal de Kcw un échantillon de la plante en question, étiqueté de la main de Besser, aveo une note indiquant qu’on l’a recueilli pour l’usage médical. Cet échantillon ressemble tout à lait au Semen Contra du commerce russe et allemand. Cette remarque s’applique aussi îi un' échantillon d ’ Artemisia Lercheana Karel, et Kiril. , qui existe dans le même herbier.
(3) « Si alicP Arlemisia) multum variant, Serip/ûdiu inconstantia l'ormarum omnes superan t...» Besser.
dressés, ovoïdes, enveloppés d’un invo lucre dont les bradées sonl obtuses, oblongucs, les plus intérieures étant scarieuses. La tige se termine par un panicule thyrsoïde couvert de capitules. Les localités danlesquelles croit cette plante sont : le voisinage du Don, les régions que traverse le Volga inférieur, près de Zarepta et de Zaritzyn, et tes déserts
de Kirghiz.
La drogue consiste eu petits capitules non épanouis. On la recueille en grande quantité, ainsi que nous en a informé Bjôrklund, en I8G7, dans les vastes plaines ou steppes de Kirghiz, dans la partie nord du Turkestan; on en recueillait autrefois près de Zarepta, riche colonie allemande établie dans le gouvernement de Saratov, mais, d’après des informations directes reçues récemment (187-2), il paraît qu’on ne tardera pas à ne plus en trouver dans cette région.
Le marché du Semen Contra est la grande foire de Nishnei-Xovgorod. d’où la drogue est expédiée à Moscou, à Saint-Pétersbourg et dans l’Europe occidentale-.
On trouve le Semen Contra dans les bazars indiens. Nous en avons reçu de Bombay un échantillon qui ne diffère nullement, par la forme, de la drogue russe, mais est un peu velu et mêlé de pédoncules tomeu- Leux. 11 est probablement apporté .dans l’Inde de l’Afghanistan et de Gabul (•!).
Wilkomm (2) a décrit récemment, comme plante mère du Semen
Contra, une Artémise qu’il nomme Artemisia Chia. Elle avait été obtenue dans le Turkestan par le professeur Petzholdt ; il la tenait des personnes qui recueillent la drogue. L’échantillon que nous a gracieusement communiqué le professeur Wilkomm possède des capitules qui ne diffèrent de ceux du commerce que par des écailles moins nombreuses.
Historique. — Plusieurs^ espèces d 'Absinthium sont mentionnées par Dioscoride. L’une d’elles, qu’il nomme ’Aéavôtcv OaAft'sc.sv ou Xéptscv. a de très-petits capitules et croît en Cappadoce. Il l’indique comme un remède utile contre les ascaris et les lombrics. On peut à peine douter que ce soit le Semen Contra des modernes. Il désigne l’autre espèce sous le nom de Savtivtcv, parce qu’elle croît dans le pays des Santones, en Gaule, (la moderne Saintonge), et affirme qu’elle ressemble au Sépiesv par ses propriétés.
Dans une épitre sur les vers intestinaux, attribuée à Alexander Tral-
(1) L’ Artemisia n° 3201, lierb. GrifTllli, Afghanistan, de l’herbier de Kow, a des capitules qui ressemblent précisément à ceux de la drogue de Bombay.
(2) Bot . /rit., 1er mars 1S72; Pharm. Jour» ., 23 mars 1372, 7<i2 (extrait).
lianus (1), qui pratiqua la médecine à Rome, avec grand succès, au sixième siècle, l’emploi de Y Absintluum marinum (OaXa esta à^ivOv;), est recommandé contre les ascaris et les vers ronds.
Le Semen Sanctum vel Alexandrinum est mentionné comme vermifuge pour les enfants par Saladinus, vers 1450, et par Ruellius, Dodonæus, les Bauhin et d’autres naturalistes du seizième siècle. Son ancienne réputation s’est pleinement conservée chez les modernes et l’on emploie encore beaucoup cette drogue, particulièrement sous la forme de Santonine.
Description. — Lesbons échantillons de la drogue consistent, presque exclusivement, en capitules entiers, non épanouis, si petits qu’il en faut environ 90 pour faire le poids de 0 centigrammes. Dans les échantillons moins purs, on trouve un mélange de capitules, de pédoncules et de fragments de petites feuilles pennées. Les capitules sont elliptiques ou oblongs; ils ont à peu près un quart de centimètre de long, sont colorés en jaune verdâtre lorsqu’ils sont frais, et deviennent bruns à la longue. Ils se développent isolément, moins souvent par paires, sur de courts pédoncules, et sont entourés d’environ 18 écailles oblongues, obtuses, concaves, étroitement imbriquées*. Get involucre est très-rétréci à la base, à cause de la brièveté plus grande des écailles inférieures. Les capitules sont quelquefois mélangés d’un petit nombre des feuilles supérieures de la tige, qui sont courtes, étroites et simples. Par suite de la compression, les capitules sont un peu anguleux (2) et munis d'arêtes produites par les nervures médianes saillantes des écailles de l’invo* lucre. La partie moyenne de chaque écaille est couverte de petites glandes jaunes, sessiles, qui manquent sur les bords transparents et scarieux. Ges derniers sont marqués de fines stries et tout cà fait glabres'; à l’état jeune, la nervure médiane porte un petit nombre de poils lai* lieux, incolores, mais a la maturité, le capitule tout entier est lisse et presque glabre (3). Les fleurs sont au nombre de 3 à 5 ; elles offrent, dan? le bouton, une corolle ovoïde, glanduleuse dans le bas, un peu plus longue que l’ovaire, qui est dépourvu d’aigrette.
Le Semen Contra, écrasé entre les doigts, exhale une odeur forte et
fl) Contenu dans un ouvrage de Dieronyinus Mercurialis, intitulé : Variarum Lectionum libvi quatuor ., Venet., 1570.
.ij La macération dans l’eau qui rétablit la forme naturelle des capilules indique que ces angles n’existent pas sur la plante fraîche.
(-1) Cependant il ne faut pas attacher une trop grande importance à ce caractère ; car, ainsi que le lait remarquer Bosser, « periclinii squama; in uno loco tomento brevi plus minus vc-canæ, in aliis nudæ, imo nitidæ. »
COMPOSÉES
agréable, semblable à celle du Gajeput et du Camphre; son goût est amer et aromatique.
Composition chimique. — Le Semen Contra donne environ 1 pour 100 d’une huile essentielle qui a une odeur et un goût caractéristiques. Elle bout à 175 degrés C. Elle est constituée, en grande partie, d’après les recherches de Kraut (1862-1863) par le Camphre de Cincehene de Hirzel,C'°H180, qui, distillé, abandonne facilement HsO. Cette partie de l’huile se résout ainsi en G10H18 et en eau. Cette dernière trouble l’huile préalablement déshydratée. L’hydrocarbone n’a pas d’action sur la lumière polarisée, mais l’huile brute est faiblement lévogyre. Cette dernière contient peut-être, dans le principe, un hydrocarbone différent, isomérique, la Cynœbene d’ilirzel, Cinene ou Cynene de Volckel.
L’eau qui distille entraîne avec elle des acides volatils de la série grasse et aussi (comme dans le cas de 1 Anthémis nobilis) de 1 acide Angélique.
La substance à laquelle le Semen Contra doit son action remarquable sur le corps humain (1) est la Santonine C'5H,80:|. Elle fut découverte, en 1830, parKahler, pharmacien à Düsseldorf, qui publia sur elle line c'ourte notice dans Y Arùhiv der Pharmacie de Brandes (XXXIV, 318 . Aussitôt après, Auguste Alms, commis pharmacien h Penzlin, dans le grand duché de Mecklemburg-Schwerin, sans avoir connaissance de la découverte de Kahler, obtint la même substance et lui donna le nom
de Santonine. Alms la recommanda pour la pratique médicale, en montrant qu’elle constituait le principe anthelmintique du Semen Contra ('2). La Santonine représente de 11/2 à 2 pour 100 de la drogue, mais paraît diminuer beaucoup de quantité après l’épanouissement des fleur.-. On l’extrait facilement à l’aide du lait de chaux ; quoiqu’elle ne soit pas acide
et qu’elle soit peu soluble dans l’eau, même bouillante, elle est susceptible de se combiner avec les bases. Elle est inodore ; son goût est amer. Il est surtout sensible lorsqu’elle est dissoute dans le chloroforme ou
l’alcool (3). ....
La Santonine forme des cristaux rectangulaires, aplatis, incolores ;
m La santonine affecte la vision de telle sorte, que les objets paraissent vus à travers un voilejkune. Les autres effets sont rappelés par Stillé (Therapeutics and Mat, Med.,
11 \l) Le mémoire d'Alms étant contenu dans le même journal ^
Kahler (et aussi dans le vol. XXXIX, 190), l’indépendance des deux decouvertes
bl(3)é^f Solubilité facile dans 3 ou 4 parties de forme rend so., «***»
aisée lorsqu’elle est mélangée avec du sucre, comme dans les pastilles de Santonu
lorsqu’on les expose à la lumière du jour ou bien aux rayons bleus ou violets, mais non aux autres couleurs du spectie, ils piennent une teinte jaune et se divisent en fragments irréguliers. 11 n’est pas démontre que ce changement d état, qui se produit meme sous 1 eau, 1 alcool ou l’éther , soit accompagné d’aucune altération chimique. Cependant Sestini, en 1865, a affirmé que la San tourne jaune, Photo- Santonine (1), possède une composition différente, C23H3406, et un point de fusion inférieur. La Santonine se comporte, lorqu’on l’expose à la lumière, comme YErythrocentaarine. G27H'2i03. Cette dernière a été retirée, à l’aide de l’éther, de l’extrait alcoolique de Y Erythræa Centaunum et de quelques autres Gentianacêes. Méhu, en 1866, a montré que les cristaux incolores de cette substance prennent, lorsqu’on les expose à la lumière du soleil, une belle couleur rouge, sans subir aucune altération chimique. Les solutions colorées de ce corps dans l’alcool ou le chloroforme fournissent la substance primitive. Avec des précautions convenables on peut sublimer la Santonine sans l’altérer.
D’après les recherches d’Hesse (1873), la Santonine paraît être l’anhydride d’un corps cristallisable qu’il nomme cicicle Santoninique , Cl3H2"Ol. Lorsqu’on chauffe cet acide à 120° G., il se décompose en Santonine et en eau. Cannizzaro et Sestini (1873) ont montré que lorsqu’on chauffe la Santonine avec un alcali, on peut la convertir en acide Santonique , substance isomérique de l’acide santoninique, mais qui ne se décompose pas, comme ce dernier, sous l’influence de la chaleur, en santonine et en eau.
Le Semen Contra contient, indépendamment des deux corps que nous venons de décrire, de la résine, du sucre, une graisse cireuse, des sels de calcium et de potassium et de l’acide malique ; choisi avec soin et desséché, il nous a donné 6,5 pour 100 de cendres riches en silice.
Commerce. — Ludwig, de Saint-Pétersbourg, a établi, pour l’importation du Semen Contra dans cette ville, les chiffres suivants : en 1862, 7400 quintaux ; en 1863, 10500 quintaux ; en 1864, 11 400 quintaux. La drogue avait été apportée des steppes de Kirghiz par Semipalatinsk et, par Orenburg.
Usages. — Cette drogue est employée exclusivement pour ses propriétés anthelminthiques, en partie sous forme de santonine. Elle possède une efficacité spéciale pour l’expulsion de l’Asca?vs lumbncoideSi
(t) Coite substance vient d’être reconnue comme un éther diélhylique de l’acide sanliniquc. [P. A. F.]
niST. uns drogues, T. U. a
COMPOSE liS.
Los Armoises (Artemisia L., Généra, lJf5) sont des Composées de la tribu des Anthémidées, à involucre formé d’un petit nombre dérangées de bractées; h réceptacle convexe, dépourvu de paillettes; à fleurs toutes tubuleuses, celles de la circonférence très-grêles et ordinairement femelles, celles du centre hermaphrodites ou quelquefois stériles. Les fruits sont des urbaines cylindriques, obovales, dépourvus de côtes et d’angles et terminés par un disque étroit.
Dans V Artemisia marilima L. ( Species , 1 180) les capitules sont disposés en gloinérules, en épis ou en panicules d’épis ou de grappes. Les feuilles sont à peu près nues, blanches ou couvertes de poils laineux blancs, bipinnatiséquées, à segments linéaires ou filiformes.
La variété A. Sleclimanniana (Besser, iu Bull. Soc. imp. des nalur. de Moscou, VII, 31 . — A. pauciflora Stechm.; A pulchella Gmkl.) se distingue par : ses capitules cylindriques disposés en panicules fastigiés, thvrsoïdes ; ses feuilles radicales pennées, à sept-neuf folioles subdivisées en segments rapprochés comme dans les feuilles eaulinaires inférieures. « Ilujus sembla colligunt circa Sarcptam pro Pharmacopœis sub nominc seminuin Cinœ s. Cynœ teste CL Czerniagevio. Saltem sat sunt graveolentia ». [T rad. |
RHIZOME D’ARNICA.
Radix Amicæ ; ang!., Arnica Root-, altéra., AmicawurxeL
Origine botanique, — L 'Arnica rnonlana L. est une plante vivace qui Croît dans les prairies des régions septentrionales et centrales de 1 hémisphère nord, mais ne s’étend pas jusque dans les Iles-Britanniques. Dans l’Europe occidentale et centrale, elle habite les montagnes, mais, dans les pays plus froids, elle descend dans les plaines. Dans les régions élevées, comme l’Asie et l’Amérique arctiques, on trouve une variété particulière de cette plante qui se distingue par des feuilles étroites, presque linéaires; elle a reçu le nom d 'Arnica angustifolia Vahl; mais l’existence de formes transitoires nombreuses prouve son identité avec V Arnica montana ordinaire d’Europe (a).
Historique. — Les anciens botanistes, notamment Matthiolus, Gessucr, Camerarius, Taberuæmonlanus et Clusius connaissaient l’Arnica et avaient quelques notions sur ses propriétés médicinales. Il paraît avoir constitué, en Allemagne, un remède populaire, à une période reculée, mais il ne fut introduit dans la médecine officielle que vers 1712, sur la recommandation de Johann Michael Fehr, de Schvvcinfurt, et de quelques autres médecins. Mais, au point du vue de l’éloge du remède nouveau , tous ces écrivains restent bien en arrière de Collin, de Vienne. Ce dernier (I) pensa avoir trouvé dans l’Arnica un remède eu-
(1) Arnic.r, in febribus et uliis morbis putridis vires (in A nui mcdici de Stôrck el Collin, ed. nov., Amstel., 1779, 111, 133),
histoire des drogues dorigine végétale. i «j
ropéen possédant toutes les propriétés du quinquina. Entre ses mains, les fièvres disparaissaient par son emploi, et de 1771 à 1774 plus de mille malades de l’hôpital de Pazman furent guéris de fièvres intermittentes à l’aide d’un électuaire fabriqué avec les fleurs d’ Arnica ! Des résultats aussi heureux ne purent être obtenus par les autres médecins.
L’Arnica (herbe, fleurs, racine) avait sa place dans la Pharmacopée de Londres de 1788, mais il tomba bientôt dans un tel oubli que Woodville, en 1790, dit qu’il n’a pu se le procurer chez aucun droguiste de Londres. Dans ces dernières années, il a acquis de nouveau une certaine notoriété populaire et s’emploie, en applications externes, sous forme de teinture, pour prévenir la formation des taches noires qui succèdent aux contusions. En Angleterre, on le prescrit rarement à l’intérieur.
Description. — La racine d’Arnica des pharmacies consiste en morceaux de souches minces, contournés et colorés en brun foncé ; ils ont de 2 à 5 centimètres de long et émettent, parleur face inférieure, un grand nombre de racines simples, filiformes qui ont de 7 à 10 centimètres de long ou davantage. Ces fragments portent, d’ordinaire, des restes delà rosette de feuilles caractéristiques , ovales, coriaces, munies de 3 à S nervures, ciliées sur les bords et un peu pubescentes sur la face supérieure. Leur odeur est agréable, aromatique, herbacée, et leur goût est un peu âcre.
structure microscopique. — Sur une section transversale, la souche offre une large moelle entourée d’un cercle ligneux épais. Dans la partie interne de la couche corticale sont de larges canaux à huile qui correspondent aux faisceaux fibro-vasculaires. On ne voit dans le parenchyme ni grains d’amidon, ni inuline, ni oxalate de calcium. Les racines offrent une structure différente, mais contiennent aussi des canaux à huile.
Composition chimique. — Plusieurs chimistes se sont efforcés d’isoler le principe actif de l’Arnica. Bastick a décrit, en 1851, une substance qu’il avait retirée, en petite quantité, des fleurs, et qu’il nomma Arnicine. Il dit qu’elle possède des propriétés alcalines, qu’elle n’est pas volatile, qu’elle est faiblement soluble dans l’eau, davantage dans l’alcool et l’éther ; lorsqu’elle est neutralisée par l’acide chlorhydrique, elle forme un sel cristallin.
L’arnicine, extraite par Walz, en 1861, des fleurs et de la racine de I Arnica, est une substance différente; elle soprôsente en masse amorphe,
COMPOSÉES
jaune, d’un goût âcre; elle est faiblement soluble dans l’eau ; très-soluble dans l’alcool et l’éther et se dissout aussi dans les solutions alcalines. L’acide Ijannique et l’eau la précipitent de sa solution alcoolique. Walz assigne àsonarnicine la formule G20H!l0Ol et d’autres chimistes, G35Hi40\ On n’a pas démontré encore que l’arnicine soit un glucoside, quoiqu’elle soit décomposée par les acides dilués.
Sigel (I) a retiré de la racine sèche d’ Arnica environ 1/2 pour 100 d’huile essentielle et 1 pour 100 de la racine fraîche. L’huile de cette dernière a pour poids spécifique 0,099 à 180° G. La composition de cette huile est représentée par la formule C°H90. On a trouvé qu'elle était constituée par un mélange de différents corps, dont le principal est l 'éther diméthylique de Thymokydroquinone. L’eau de laquelle l’huile se sépare contient de Y acide Isobutyrique et probablement aussi un peu A’ acide Angélique et d’ acide Formique; mais on n’y trouve ni l'acide capronique ni l’acide caprylique qui ont été signalés par Walz.
La racine d’ Arnica contient de Ylnuline que Dragendorff a retirée dans la proportion de 10 pour 100.
Usages. — L’Arnica est surtout employé, sous forme de teinture, dans la médecine populaire, contre les meurtrissures et les engelures. On l’administre, parfois, à l’intérieur, comme stimulant et diaphorétique.
Falsification. — On a récemment constaté (2) la falsification de 1 Arnica à l’aide de la racine du Geum urbanum L., plante herbacée, commune, de la famille des Rosacées. La racine de cette dernière est plus épaisse que le rhizome de l’Arnica ; elle a de 50 à 75 millimètres de diamètre ; c'est une racine véritable, couverte de radicules sur toutes ses faces, et d’une saveur astringente. Les feuilles du Geum sont pennées et tout à fait différentes de celles de l’Arnica.