ENCENS AMÉRICAIN OU COMMUN
Cette substance, connue des droguistes anglais sous le nom de Cornmon Frankincense ou Gum Thus, est constituée par la résine qui se concrète spontanément sur la tige des Pins, dans les forêts américaines, ou elle est nommée Scrape. Elle correspond au Galipot ou Barras des Français, qui autrefois ôtait utilisé à sa place.
J C’est une résine semi-opaque, un peu molle, jaune pâle, à odeur de Térébenthine. Elle est, en général, mélangée de feuilles de Pm, de
(1) Annual Statement of the Tracte of the U. K. for 1S72, 53, oO, GO, -10.
fragments de bois et d’autres impuretés, de sorte qu’il est nécessaire de la purifier avant d’en faire usage. Conservée pendant quelque temps, elle devient sèche et cassante ; sa coloration se fonce et son odeur devient plus douce. Sous le microscope, elle offre une structure cristalline due à V acide Abiétique, qui la constitue en majeure partie. Elle est importée d’Amérique dans des barils, mais en quantité insignifiante et seulement pour l’usage des droguistes. Parfois, cependant, on la distille comme la Térébenthine commune. La résine de Pin sèche, dont le Common Frcinkincense (. Encens commun ) est le type, émet, lorsqu’on la chauffe, une odeur agréable qui, autrefois, la faisait employer dans les églises anglaises a la place de l’oliban, dont le prix est beaucoup plus élevé. Aujourd’hui, on ne l’emploie guère qu’eà la fabrication de quelques emplâtres.
(a) Les Pms (Pinus L., Généra, 879)sont des Conifères, de la tribu des Abiétinées, sous-tribu des Pinées, à fleurs monoïques ; à chatons mâles formés de bractées qui portent chacune deux anthères ; à cônes femelles formés d’écailles épaissies au sommet; chacune de ces écailles porte près de sa base deux fleurs réduites à un ovaire renversé, dicarpellé, uniovulé (1 ) ; ces fleurs produisant deux fruits secs, indéhiscents, ailés.
Le Pinus sylvestris L. ( Specics , 1418) est un arbre élevé, à tronc cendré ou rougeâtre, terminé par une tète de feuillage arrondie ; à rameaux presque verticillés, ascendants. Les feuilles sont reunies deux par deux sur de petits ïameaux très-grêles et très-courts, disposés en spirale sur les branches, pouvant au premier abord facilement passer inaperçus, et recouverts d’écailles scarieuses qui s’élèvent comme une gaine autour de la base des feuilles. Les écailles qui recouvrent les bourgeons sont très-pressées les unes contre les autres, flmbriées-ciliées, lancéolées atténuées, jaunâtres et sèches. Les feuilles sont geminees, c est-a-dire réunies deux par deux et très-rapprochées par la base, où elles sont retenues en contact par la gaine, écartées l’une de 1 autre vers le haut et plus ou moins étalées. Elles sont rigides, longues de 2 à 6 centimètres ou plus, rarement de 7 â 8 centimètres, larges de moins de 2 millimètres, à demi cylindriques, creusées en
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de 6 a 8 m, II, mètres et larges de 3 à 4 millimètres, colorés en jaune-orange. Ils sont
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Fig. 244. Pinus sylvestris.
CONIFERES.
réunis en épis denses, serrés, ovales-coniques, disposés latéralement à la partie inférieure des rameaux de nouvelle formation, qui s’allongent pendant leur épanouissement et produisent de jeunes feuilles.
Chaque chaton nulle est formé d’un axe central sur lequel sont disposées en spirale de nombreuses écailles rétrécies et presque stipitées à la base, orbicu- 1 ai res au sommet, lisses et concaves en dessus, convexes sur la face inférieure, et renflées de chaque côté de la ligne médiane pour constituer deux loges antliériques collatérales, subglobuleuses, uniloculaires et déhiscentes chacune par une fente longitudinale. Les grains de pollen présentent au moment de la fécondation des phénomènes très-remarquables qui les ont fait comparer au prothalle mille des cryptogames vasculaires, mais qui u’ont encore été étudiés que d’une façon imparfaite (1). Les fleurs femelles sont également disposées en chatons portés par le môme pied que les mâles, mais terminaux, solitaires ou réunis par deux ou trois ; à l’état jeune, ils sont ovales-globuleux, portés par un petit rameau de la même longueur que le cône et recourbé vers le sol ; à l’état adulte, ils sont subsessiles, pendants, coniquesohlongs, un peu obtus au sommet, longs de 3 à 6 centimètres et larges de 2 à 4 centimètres ; verts à l’état jeune, il deviennent bruns à la maturité. L’axe principal du chaton femelle porte d’abord de petites bractées foliacées, disposées en spirale, et destinées à rester toujours très-courtes et rudimentaires ; puis, dans l’aisselle de chacun de ces appendices foliaires se développe un axe secondaire qui s’aplatit bientôt et produit deux fleurs ; cet axe se développe beaucoup plus par la partie située au-dessus des fleurs que par la partie située à leur niveau et «au-dessous d’elles, de sorte que les fleurs se renversent de façon à avoir leur sommet dirigé en bas, et se trouvent finalement situées de chaque côté de la ligne médiane de la face dorsale du rameau qui les porte et vers la base de ce rameau. Ce dernier, en s’allongeant, s’est fortement aplati et étalé de façon à constituer une écaille ligneuse, dure, plus large et plus épiiisse au sommet qu’à la base, et terminée dans le haut par une «apophyse aphatie ou élevée et pyramidale, et un peu recourbée. Toutes les écailles florifères sont étroitement appliquées les unes contre les autres et imbriquées. Au moment de la maturité des fruits, elles s’écartent et permettent la chute de ces derniers. Chacune des deux fleurs femelles portées par les diverses écailles du cône est dépourvue de périanthe, et constituée par un ovaire dont l’existence, autrefois niée, a été bien démontr ée par M. B«aillon en 1860. L’ovaire est formé de deux feuilles carpellaires connées d«ans une grande partie de leur étendue, mais indépendantes au sommet, de. façon que l’ovaire reste ouvert dans sa partie supérieure ; son ouverture est bordée de deux petites saillies stigmatiques qui répondent «aux extrémités des feuilles carpellaires, et en partie bouchée par une goutte d’un liquide visqueux, destiné à retenir les grains de pollen, et sans doute à les nourrir pendant leur germination. Par suite du renversement subi par la fleur pendant l’accroissement de 1 axe écailleux qui la porte, l’orifice de l’ovaire se trouve dirigé en bas. Dans sa cavité, existe un seul ovule orthotrope, dépourvu de membrane d’enveloppe. Autrefois on considérait l’ovaire comme l’enveloppe de l’ovule. Le fruit qui succède à chacune des fleurs est un achaine ov«ale-oblong, aplati, à péricarpe dur, sec, luisant, noirâtre, entoure d’une aile membraneuse trois ou quatre fois plus grande que lui-même. Le fruit contient une seule graine renfermant un albumen huileux et un embryon droit, situé dans l’axe de l’albumen, à peu près aussi long que ce dernier, et formé d’une radicule courte et de deux cotylédons multipartites. [Trad.]
(1) Voyez J. Sachs, Botan., trad. fr., 592.
Lo Pinus Laricio Poiiiet ( Dict . encyclop., V, 339) est un arbre à cyme à peu près pyramidale, s’élevant parfois jusqu’à une hauteur de 30 mètres et au delà, à tronc droit, recouvert d'une écorce fauve, crevassée ; à branches verticillées, étalées horizontalement ou se relevant vers l’extrémité. Les feuilles sont géminées, plus ou moins étalées, semi-cylindriques, parfois contournées, vertes, rigides, longues de 9 à 10 ou de 12 à lo centimètres, larges de 1 à 2 millimètres. Les écailles des bourgeons sont lancéolées-atténuées, fimbriées-ciliées sur les bords. Les chatons mâles sont épais, longs de lo millimètres, larges de 5 à 6 millimètres, peu nombreux sur chaque épi, étalés, droits ou recourbés. Les écailles anthérifères sont suborbiculaires, denticulées. Les chatons femelles sont solitaires ou en verticilles de deux à quatre, les plus jeunes, ovales-globuleux, portés par un pédoncule plus court qu’eux, droit et étalé ; les adultes, horizontaux, subsessiles ou sessiles, ovales ou ovales-coniques, terminés en pointe, longs de b à 7 centimètres et larges de 3 centimètres près de la base. Les écailles fructifères sont noirâtres en dessous, munies dans le haut d’une apophyse subrhomboïde, ombiliquée et d’une carène transversale élevée, avec la face supérieure convexe et l’inférieure obscurément carénée en long. Les fruits sont petits, ovales, convexes sur les deux faces, munis d’une aile deux à quatre fois plus grande qu’euxmèmes.
Le Pinus Pinasler Solander (in Ait., fJorl. Kew, éd. 1, III, 367), vulg. Pin maritime, est un arbre de 18 à 24 mètres de haut, à écorce rougeâtre, cendrée ou jaunâtre, à cyme à peu près pyramidale, à rameaux verticillés, étalés ; à écailles des bourgeons larges, ovales-lancéolées, atténuées-acuminées, réfléchies dans le haut, longuement fimbriées-ciliées sur les bords. Les feuilles sont géminées, entourées à la base d’une gaine courte, lâche, jaunâtre; elles sont épaisses, rigides, plus ou moins étalées, demi-cylindriques, à peine scabres sur les bords, mucronées, vertes, lougues de 12 à 20 centimètres et larges de 2 millimètres. Les chatons mâles sont oblongs, obtus, un peu allongés, réunis en grand nombre en un épi épais, oblong. Les écailles anthérifères sont suborbiculaires, denticulées. Les cônes femelles sont solitaires ou verticillés par deux, quatre ou plus rarement, cinq à sept. A l’état jeune, ils sont ovales ou oblongs, étalés ou dressés, portés par un rameau plus court qu’euxmémes ; à l’état adulte, ils sont portés par un rameau court et épais, pendants, oblongs-coniques, obtus au sommet, longs de lb à 19 centimètres, larges de 7 a 8 centimètres. Les écailles fructifères sont munies d’une carène transversale saillante, d’une apophyse élevée, pyramidale, blanche, aiguë, d’un ombilic large, comprimé, aigu, piquant, droit ou un peu recourbé. Les fruits sont ovales ou oblongs, convexes sur les deux faces, et munis d’une aile obtuse et tronquée dans le haut, trois ou quatre fois plus grande qu’eux.
Le Pinus auslralis Michaux (Ârbr., I, 62, t. 6) est un arbre haut de 18 à 21 mètres, a cyme étalée, a rameaux étalés, horizontaux ou relevés à l’extrémité ; à feuilles ternées, très-longues, grêles, rapprochées à l’extrémité des rameaux, étalées ou pendantes, comprimées-triquètres, scabres sur les bords, mucronées, longues de 2b à 3b centimètres, larges de 1 millimètre et demi, entourées à la base de gaines assez longues, circinées au sommet. Les cônes femelles sont pendants, coniques-cylindriques, obtus, courbés ou presque droits. Leurs écailles sont munies d’une apophyse un peu élevée, pyramidale, à ombilic large, proéminent, surmonté d’une pointe courte et recourbée. Les achaines sont ovales, convexes sur les deux faces, entourés d une aile oblongue près do trois fois plus grande qu’eux.
Le Pinus Tœda L. ( Species , 1419, ex parte) a, comme l’espèce précédente, des feuilles ternées, longues de 16 à 20 centimètres, à peine larges de 1 millimètre et
CONIFERES.
demi, rigides, dressées ou subétalées, comprimées, triquètres, un peu geabres sur
les bords, courtement mucronées. Les chatons milles sont longs, cylindriques-obtus, droits ou un peu courbés, réunis en fascicules subcapités. Les écailles anthérifères sont suborbiculaires, crénelées-ciliées. Les chatons femelles sont verticillés par deux ou cinq, sessiles, étalés, ou subhorizontaux, ovales-oblongs, un peu obtus. Les écailles sont munies d’une apophyse un peu comprimée, pyramidale, et d’une caréné transversale aiguë, d’un ombilic mucroné, à pointe droite, aiguë, piquante. Les fruits sont ovales, convexes sur les deux faces, entourés d’une aile large. [Tiud.]
{b) Dans un jeune rameau de Pinus sylvestris on trouve, de dehors en dedans, comme l’indique la figure 245, représentant la coupe transversale d’un rameau de deux ans : 1° une couche épidermique a, qui peut avoir disparu et être remplacée par un petit nombre de couches de liège ; 2° un parenchyme cortical épais, 6, formé de grandes cellules irrégulièrement polygonales, à parois claires et minces. Dans cette zone, sont contenus de nombreux canaux sécréteurs ayant la structure que nous .avons déjà trouvée dans le Garcinia Morella (voyez tome I, p. 166, fig. 57), les Balsamodendron, etc., c’est-à-dire formés par des méats intercellulaires très-dilatés, constituant un canal parallèle à l’axe du rameau, et bordé de plusieurs couches de cellules sécrétantes. En dedans du parenchyme cortical, se trouve le liber, c, dont les faisceaux sont
séparés les uns des autres par des rayons médullaires qui se prolongent dans le bois, et sont formés d’ordinaire chacun d’une seule rangée de cellules allongées radialement. Chaque faisceau libérien est formé dans toute son épaisseur d’éléments uniformes, allongés parallèlement à l’axe du rameau, à contour presque quadrangulaire , à parois minces, molles et claires. Une couche de cambium d sépare le liber du bois ; ses cellules sont quadrangulaires, à parois minces. Le bois e est formé de faisceaux séparés par des rayons médullaires à uue seule rangée de cellules allongées radialement. 11 est composé uniformément de fibres ligneuses à ponctuations aréolées, à contour polygonal et à parois épaisses, à cavité plus large dans la zone extérieure qui est de la seconde année que dans la zone interne qui répond à la première année. Cette dernière
Fig. 24o. Pinus sylvestris.
Coupe transv. d'un rameau de deux ans.
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Fig. 246. Pinus sylvestris.
Canal sécréteur à une seule couche do cellules sécrétantes.
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