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DUC ET PAIR DE F R A JY C E

SEPTIEME DUC D UZES.

Né en 1675, Jean Charles de Crussol fut baptisé le 9 février à Paris, à l'église royale et paroissiale de Saint- Germain l'Auxerrois.

Son parrain fut messire Jean de Pardaillan, comte de Parabère, marquis de La Mothe Saint-Théré, premier baron d'Armagnac, lieutenant général pour le roi au gouvernement du haut Poitou.

Sa marrainefut la duchesse d'Uzès, née d'Apchier (1).

Il était à peine âgé de dix-huit ans, lorsque, par la mort de son frère aîné Louis, tué à la bataille de Nerwinde, il devint premier duc et pair de France, colonel du régiment de Crussol Infanterie et gouverneur des provinces de Saintonge et Angoumois (2).

Il prêta serment de fidélité au roi devant le parlement de Paris, en qualité de duc et pair de France, le 18 avril 1694 (3). Il s'empressa de suivre les traditions de sa famille et marcha sur les traces de son glorieux frère en allant combattre les ennemis de Louis XIV. Ils étaient nombreux alors et rendaient au grand roi les maux qu'il leur avait faits. Après des revers mêlés de quelques succès, la paix fut signée à Riswik, en 1696. Le duc d'Uzès profita de la cessation des hostilités pour

(1) Archives ducales. Layette 7.

(1) M. Inventaire, page 14.

: Id. Id. page 6.

se marier avec Anne Hypolithe de Grimaldi, fille de S. A. S. Louis, prince de Monaco, duc de Valentinois, pair de France, chevalier des ordres du roi (1). Sa mère était la sœur du duc de Gramont (2).

La noce se fit chez la duchesse de Lude, veuve en

Le contrat de mariage de Jean Charles de Crussol avec MIle de Monaco ava il été signé Le L7janvier 1696, au château de Versailles, en présence et du consentement du roi. du prince Louis dauphin de France, du duc de Bourgogne, du duc d'Anjou, du duc de Berry , du duc Philippe d'Orléa us, frère unique du roi et de la duchesse Charlotte Palatine du Rhin, de Philippe d'Orléans, duc de Chartres et de Valois, et de la duchesse née Françoise de Bourbon, légitimée, et de leur fille Charlotte d'Orléans, de la duchesse de Toscane née d'Orléans, de la duchesse de Guise ùèe d'Orléans, du prince de Bourhon-Condé, prince du sang, pair et grand maître de Franco, duc d'Enghien et de Châteauroux, lieutenant général pour le roi en sa province de Bourgogne et Bresse, et de la princesse née princesse Anne Palatine de Beausiver, du prince Louis, duc de Bourbon, prince du sang, pair et grand maître de France, el de La princesse née Françoise de Bourbon, légitimée de France, de la princesse Anne de Bourbon, légitimée de France, veuve du prince Louis de Bourbon, prince de Conty, prince du sang et pair de France, de Louis de Bourbon, prince de Conty. pair de France, et de sa fille Anne Louise de Bourbon, du duc du Maine, légitimé de France, colonel général des Suisses et Grisons, gouverneur et lieutenant général pour Sa Majesté, en Languedoc, et de la duchesse née Bénédicte de Bourbon, de la duchesse de Verneuil, comme aussi

(1) Archives ducales, inventaire, page 81. Monaco et ses princes, tome n, page 28.

(2) Mlle de Monaco avait te tabouret à la cour, parce qu'au mariage de M"e de Valentinois, en 1688, M. le Grand avait obtenu le rang de prince étranger, pour M. de Monaco el ses enfants.

premières noces de ce galant comte de Guiche, frère aîné du duc de Gramont (1).

des seigneurs et dames ci-après nommés savoir, du côté du futur : de la duchesse douairière d'Uzès née d'Apchier, de Charles de Crussol, comte d'Uzès. d'Antoine de Gondin, chevalier, marquis d'Antin, seigneur du duché de Bellegarde, menin de Monseigneur et mestre de camp et armées du roi, et de la marquise née de Crussol, du chevalier Le Tellier. marquis de Barhézieux. conseiller du roi en tous ses conseils, secrétaire d'Etat et des commandements de Sa Majesté, commandeur el chancelier de ses ordres, et de la marquise née d'Aligre, du chevalier Louis de Crussol, marquis de Florensac. maréchal de camp et armées du roi, oncle du futur, el de la marquise née de Sansterre, de la duchesse douairière d'Elbeuf née de Monthaut, du duc de la Rochefoucauld, prince de Marsillac, pair et grand veneur de France, chevalier des ordres du roi, grand maître de la garde robe de Sa Majesté. d'Henri de la Rochefoucauld, abbé de Sainte-Colombe, du duc François de la Rochefoucauld et de la duchesse née Le Tellier, du comte de Pardailhon el de Parabère, lieutenant général des armées du roi et de la province du Poitou, du comte et de la comtesse de Tonnerre, du duc de Langres, du marquis d'Aligre, du marquis et de la marquise de l'Aigle, de Françoise de Grignan, marquise de Vibraye. d'Henri d'Orléans, marquis deRothelin, du chevalier de Lamoignon, marquis de Basville, conseiller du roi en tous ses conseils et son premier avocat général au parlement ; et de la part de la future : du prince Antoine de Grinialdi. duc de Valentinois, frère de la future, et delà duchesse née princesse Marie de Lorraine, de l'abbé de Monaco, du duc de Gramont, pair de France chevalier des ordres du roi, souverain de Bidache, gouverneur et lieutenant général pour le roy en son royaume de Navarre et pays de Béarn, du marquis d'Est, de Philibert d'Est, cousins germains de la future, du duc de Guiche,

(!) Mémoires de Sainl-Simon, tome xi, page 334.

A l'occasion de ce mariage Ja ville d'Uzès délibéra : « d'envoyer une députation du maire et du premier consul à Paris, pour féliciter le duc et la duchesse de leur mariage, offrir à celle-ci une somme de 100 livres, œs assurer tous les deux de la joie et de la satisfaction que la ville ressent, et combien elle est reconnaissante de la protection que M. le duc ne cesse d'accorder en toute occasion à la ville et qu'il voudra bien continuer. »

Cette délibération fut envoyée au duc d'Uzès, qui s'empressa d'y répondre par la lettre suivante :

Paris, lu février 1696.

J'apprends, Messieurs, que vous avez pris une délibération dans l'hôtel de ville pour envoyer deux députés me faire des compliments sur mon mariage. Je vous sais tout le gré possible de votre bonne volonté el je soi- très contenl de la disposition où vous êtes de me donner eu cette occasion des marques de votre zèle et do votre attachement pour ce qui me regarde, mais comme ce voyage ne pourrail se l'aire sans grands frais, j'en dispense volontiers la communauté; il me suffit d'avoir connu sa lionne intention. Vous pouvez assurer de ma pari tous les habitants qu'ils trouveront toujours en moi un appui solide et que je n'aurai jamais rien de plus a cœur que de Leur témoigner par des effets sensibles l'envie que j'ai de leur plaire.

Je suis, Messieurs, avec beaucoup d'estime,

Tout a vous, le due d'Uzès. I

cousin germain maternel, de la duchesse de Noailles née

de lioll 1IK ill Ville, (le la duchesse de ( I nielle liée île \"( >;i illes.

du comte de Gramont, chevalier des ordres du roi, grand oncle, de Louis de Lorraine, comte d'Armagnac, pair et grand écuyer de France, gouverneur pour le roi du \ d'Anjou, el de la comtesse, du prince el de la princess Henri de Lorraine, du duc île Praslin, pair de France, che-

I i Registre des délibérations de la ville d'Usés, année II

A quelque temps de là, en 1698, ayant appris le départ de Paris du du duc et de la duchesse pour se rendre a Uzès, la ville délibère « d'envoyer une députation de dix personnes escortées de trois valets de ville au comté de Crussol, pour leur présenter les devoirs de la ville, offrir cent pistoles d'or à Mme la duchesse, faire assembler tous les corps de métiers de la ville pour se rendre en armes auprès du duc et de la duchesse, après avoir choisi leurs capitaines, et faire une réception telle qu'on la fit en 1667 à M. le comte et à Mme la comtesse de Crussol, suivant les usages anciens. »

En effet, on fit venir des musiciens d'Avignon, des arcs de triomphe furent dressés dans les rues de la ville, etSubleyras (1), enfant du pays, devenu plus tard un

varier désordres du roi, et de la duchesse née du Halloirs, du duc de Noailles, pair de France, chevalier des ordres du roi, capitaine de la première compagnie des gardes du corps de Sa Majesté, de Louis Anthoine de Noailles, archevêque de Paris et pair de France, du chevalier de Noailles, chevalier du Bain, grand'eroix de l'ordre de Saint- Jean-de- Jérusalem, du marquis et de la marquise de Noailles, du comte de Noailles d'Ayen, du marquis de Feuquières et de la marquise née de Mouchy d'Hocquicourt.

L'hôtel d'Uzès était rue Saint -Thomas -du -Louvre, paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois.

(1) Pierre Subleyras, né à Uzès en 4659, de Dominique Subleyras, vitrier et peintre de bâtiments, lut d'abord enfant de chœur de notre église cathédrale, at ayant de bonne heure montré d'heureuses dispositions pour le dessin, son père le plaça chez un peintre à Avignon.

Il mourut à Uzès où il avait été employé par les particuliers riches à décorer dbS appartements. Les deux maisons où on peut le mienx juger sont, un petit salon voûté du pavillon du Jardin, appelé la Malarte, appartenant autrefois au baron de Fontarèclies, près de la maison occupée aujourd'hui par M. Gaston Vincent, et la maison Coq, près des

célèbre peintre, fut employé à faire les armes ou blasons du duc et de la duchesse, ainsi que des emblèmes ou

devises (1). Les députés se rendirent au comté de Crussol, mais ayant appris que le duc et la duchesse étaient à Valence, ils allèrent dans cette ville.

Le duc et la duchesse ne tardèrent pas à venir à Uzès, où tout se passa comme de coutume avec beaucoup de solennité et d'enthousiasme.

On profita du séjour du duc et de la duchesse d'Uzès pour régler les honneurs qui leur étaient dus dans la cathédrale Voici ce que contient la délibération prise à ce sujet par la majorité du chapitre, suivant acte reçu Me Boucarut, notaire à Uzès :

« 1° Le prévôt, ou en son absence le plus élevé en dignité, avec un autre chanoine, va recevoir M. le duc et Mme la duchesse à la porte de l'église, pour leur présenter de l'eau bénite » ;

« 2° On leur prépare des agenouillards recouverts de tapis, lorsqu'ils assistent à la messe et à l'office dans le sanctuaire du côté de l'évangile, environ un pan au dessus des places de MM. les chanoines » ;

« 3° L'assistant donne à M. le duc et à Mm9 la duchesse lorsqu'ils assistent à la messe ou aux offices, trois traits d'encens à chacun » ;

« 4° Lorsqu'ils viennent à la prédication et que le seigneur évêque n'est pas présent, le prédicateur traite M. le duc de Monseigneur, et lui adresse la parole, el lorsqu'il arrive et que le prédicateur a déjà commencé

prirons, autrefois maison de Pougnadoresse où a été peint'1 sur toile et à l'huile l'histoire de Jésus-Christ.

Passionné pour son art, il lit vers l'âge de 25 ans, le voyage de Rome à pied; il y séjourna longtemps et s'y perfectionna.

On conserve de lui au Louvre à Paris, deux tableaux fort estimés.

(1) On lui paya pour ce travail 18 livres.

Archives municipales, série AA. i.

son discours, le prédicateur s'arrête pour un moment, jusqu'à ce qu'il soit placé, et récapitule sommairement ce qu'il a déjà dit » ;

a 5° Lorsque le duc ou la duchesse assiste à la prédication, on place un fauteuil ou deux devant la chaire eu séparant au besoin les bancs, sièges ou chaises, des deux côtés, au devant de la chaire du prédicateur » ;

« 6° Enfin, lorsqu'ils sortent de l'église, après y avoir entendu l'office et la prédication, les mêmes qui les ont reçus et leur ont donné de l'eau bénite en entrant dans l'église, les reconduisent jusqu'à la porte où ils les ont reçus en entrant ».

Le duc et la duchesse ne firent qu'un assez court séjour à Uzès. Ils s'en retournèrent à Paris où la duchesse avait des devoirs à remplir auprès de la duchesse de Bourgogne, cette princesse si piquante, si gaie, si étincelante d'esprit, qui savait si bien amuser le roi et Mme de Main tenon. On lui avait formé une cour, et parmi les dames qui furent choisies on peut citer, outre la duchesse d'Uzès, les duchesses de Sully, de Chevreuse, de Beauvillers, de Roquelaure, la princesse d'Harcourt et Mmc de Soubise (1).

Mais hélas! la pauvre duchesse d'Uzès ne jouit pas longtemps du bonheur que pouvait lui donner sa haute situation sociale. Elle mourut un an après son voyage d'Uzès des suites de couches de deux jumelles qui ne lardèrent pas à mourir aussi. C'était, dit Saint-Simon dans ses Mémoires, une femme de mérite et fort vertueuse.

Cette même année une ère de combats s'ouvrait au duc d'Uzès pour dissiper son chagrin et suivre les nobles et chevaleresques traditions de sa famille.

La mort de Charles II, roi d'Espagne, embrasa de nouveau l'Europe. Ce prince, n'ayant pas d'héritiers,

(I) Mém. de Saint-Simon, tome u, pages 61 et 62.

avait désigné par son testament, pour lui succéder, Philippe de France duc d'Anjou second fils du Dauphin.

C'était, de tous les compétiteurs, celui dont les droits étaient les mieux fondés, puisqu'il les tenait de son aïeule Ma rie -Thérèse et d'Anne d'Autriche mère de Louis XIV.

Le roi accepta le legs pour son petit-fils. La suprématie de la France en Europe allait se consolider par l'alliance des deux nations. Mais dès que le duc d'Anjou, sous le titre de Philippe V, eut pris possession de la couronne d'Espagne, toute l'Allemagne s'ébranla en faveur de l'archiduc d'Autriche, dont l'ambition avait été déçue par le testament de Charles IL Bientôt, sous le nom de Grande Alliance, l'Angleterre, la Hollande, l'Empire, la Prusse, le Portugal, la Suède et la Savoie se liguèrent contre Louis XIV par un traité solennel.

La guerre fut longue, meurtrière et compliquée encore de celle des Camisards en Languedoc. Enfin, après plusieurs combats mêlés de revers plus encore que de victoires, la paix fut proclamée à la suite du traité d'Utrecht, en 1715.

Dès le début de ces événements, le duc d'Uzès, pendant la campagne d'Allemagne, lit une chute do cheval qui l'obligea à se retirer du service avec son grade de colonel d'infanterie du régiment de son nom. Il regretta bien vivement la vie active des camps (1).

Quelques années après, en 1706, il épousa en secondes noces Anne-Marie-Marguerite de Bullion (2), fille de

(1) Widcville. Histoire et Description par le marquis de Galard, p. 52.

(2) La famille de Bullion, très ancienne, lirait sou nom d'une terre située près de Maringues, en Bourgogne. (Voir Wideville. Histoi Description, page 14.

Ses armes sont : écartelé au 1 et 4 d'azur au lion d'or, issant de trois ondes d'argent, au 2 et 3 d'argent à la bande de gueules, accompagnée de six coquilles du même, trois en chef et trois en pointe qui est de Vincent.

La sœur de Marguerite de Bullion duchesse d'I ses épousa Guillaume de la ïremoille, prince de Tarente et général des armées du roi.

Charles Denys marquis de Gaillardon et de Bonnelles, prévôt de Paris, gouverneur du Maine, Perche et Laval,

Le contrat de mariage de Jean Charles de Crussol, duc d'Uzès, avec M"- de Bullion, avait été signé le 1<> mars 1706, au château de Versailles, en présence el de l'agrément du roi, de Louis, dauphin de France, fils unique de Sa Majesté, de Louis, prince du sang, duc de Bourgogne, de la duché— e de Bourgogne, du duc de Berry.de la princesse Charlotte, veuve du duc d'Orléans, du duc d'Orléans et de la duchesse née Marie Françoise de Bourbon, de Jules de Bourbon, prince de Condé, premier prince du sang, duc d'Enghien et do Châteauroux, de la princesse née princesse Anne Palatine de Bavière, du duc de Bourbon et de la duchesse née princesse Françoise de Bourbon, légitimée dé France, de la princesse Aime de Bourbon, légitimée de France veuve du prince Armand de Bourbon, prince de Conty. prince du sang royal, pair de France, duc de Vallières, du prince Louis de Bourbon, prince du sang, pair de France, prince de Conty, de la princesse Bénédicte de Bourbon, épouse du prince de Conty, d'Auguste de Bourbon, duc du Maine et d'Aumale. prince souverain de Dombes, comte d'Eu, pair de France, colonel général des Suisses et Grisons, grand maître de l'artillerie, de Mme Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, comme aussi. en la présence de la comtesse d'Apchier, aïeule du futur époux ,veuve de François de Crussol, duc d'Uzès, pair de France, prince de Soyons. comte de Crussol et d'Apchier marquis de Cruzeaux, vicomte de Vazeilles, baron de Lévis, Florensac, Aimargues, Bellegarde, Saint-Geniès el Remoulins, seigneur d'Acier, Lunegarde, Capdenac, Saint-Sautin el autres places, chevalier des ordres de Sa Majesté, demeurant (la duchesse dans le couvenl des dames religieuses de Bon Secours, nie de Charonne, de François Charles de Crussol d'Uzès, de Montausier, brigadier des armées du roi, colonel d'un régiment de cavalerie, entretenu pour le service de Sa Majesté, el de la duchesse née Magdelaine Pasquier de Franclieu, d'Antoine de Gondrin, marquis d'Antin, seigneur du duché de Belle-

et dont le père Claude de Bullion était garde des sceaux et surintendant des finances sous Louis XIII (1).

Les traditions disent qu'elle lui apporta une riche dot dont il avait grand besoin pour rétablir les affaires de la

garde, menin duDauphin, et de la marquise née Françoise de Crussol, sœur du futur. d'Antoine de Grimaldi, par La grâce de Dieu prince souverain de Monaco, duc dé Valentinois, pair de France, beau-frère du futur, de Louis de Crussol, comte de Plorensac, de Louis de Gondrin, de Claude de Bullion, chevalier marquis de Bonnelles, mestre de camp du régiment royal Roussillon cavalerie, brigadier de Sa Majesté, frère de la future, de la dame d'Astry, veuve du chevalier Rouillé, comte de Meslay, aïeule de la future, d'Armand Duplessis, duc de Richelieu, el de la duchi née Rouillé, de Jean Rouillé, comte de Meslay, de la duchesse douairière d'Aumont, delà duchesse de la Rocheguin, du duc et delà duchesse d'Humières, du maréchal el de la maréchale de Boufflers. du duc e1 de la duchesse de Guiche, delà duchesse de . Ventadour, de la maréchale de Rochefort, de la maréchale du Lude, de la duchesse d'Elbœuf, du duc et de la duchesse de Chàlillon. du marquis de Clermont, du comte de Lusse, de MUe Elisabeth de Sainte- Maure, de M. et Mmede Pompadour, du marquis de Rottelin, de MUede Barbezieux, de M. el M"1" Colberl de Chabanais, d'Achille de Harlay, premier président du Parlement, tous parents du «lue d'Uzès et de M11* de Bullion, de M. le chancelier, de M. de Chamillard, surintendanl des finances, de M.dePontchartrain, de M. de Torcy, de Ml!! deDreux.

fl) Ce fut lui qui fit frapper les premiers louis 'l'or en 1640, et Saint-Simon raconte, dans ses Mémoires, que le surinlend donné à dîner au maréchal do Gramont, au marfcbal de Villeroi au marquis de Souvré, lit servir au dessert trois bassins de louis d'or dont il les engagea à prendre ce qu'ils vou iraient : ils ne se lirenl pas trop prier et s'en retournèrent les poches si pleines qu'ils avaient ] à marcher ; ce qui faisait beaucoup rire Bullion.

maison d'Uzès, dérangées par les prodigalités des ducs François et Emmanuel.

Elle apporta en outre, clans la maison d'Uzès, la belle terre de Bonnelles(l), ayant hérité de deux de ses frères, Jean-Claude marquis de Bonnelles, maître de camp du régiment de Royal-Roussillon, mort, sans alliance des blessures qu'il avait reçues à la bataille de Turin, le 7 septembre 1706. et d'Auguste Léon marquis de Bonnelles, chevalier de Malte, colonel de dragons, également mort sans alliance.

A l'occasion de ce mariage on composa à Uzès, en patois, les vers suivants :

Vivo la grandou, la noiiblesso Dé nost duc, dé nosto duchesso Vivo Crussol, vivo Bullioun Faguen rounflla ius dous noums Lur intrado, tout Uzès n'es réjouis.

Lur séjour, n'en vai faire uu paradis.

Vive la grandeur, la noblesse De notre duc, de notre duchesse Vive Crussol, vive Bullion Faisons résonner leurs deux noms Leur entrée dans Uzès nous a réjouis Leur séjour va en iaire un paradis.

(1) C'est à Bonnelles, située dans le département de Seine-et-Oise, que la duchesse d'Uzès donne actuellement ces magnifiques chasses si recherchées par les sportsmans du higli life, auxquelles assistent souvent les princes d'Orléans.

Le château de Bonnelles, situé au milieu d'une de ces charmantes vallées qui décorent ce beau pays, a été construit en 1848 par le duc d'Uzès, beau-père de la duchesse actuelle, sur l'emplacement de l'ancien château des Bullion. C'est une vaste construction dans le style Louis XIII, aux murailles de briques et de pierres. Les salons de réception y sont fort beaux, et l'un d'eux ne compte pas moins de vingt-quatre mètres carrés.

Ce château princier est entouré d'un vaste parc habilement dessiné et encadré d'un bois de près de 3,000 hectares, lequel est agrandi en quelque sorte par l'immen e Corel du Rambouillet dont il esl limitrophe. C'esl une terre très giboyeuse. L'équipage de li duchesse d'Uzès est des plus renommés de la vénerie française, [je chenil est installé à 5 kilomètres de Bonnelles, sur la lisière de la forêt, ilans un petit château Louis XIII ayant appartenu à la famille de Falaiseau.

Effectivement, jamais le château ducal ne fut aussi fréquenté, aussi brillant. La duchesse en faisait les honneurs avec dignité, avec affabilité. Sa maison était fort nombreuse, mais parfaitement réglée, car elle avait tout à la fois de l'esprit et de Tordre. Pieuse, elle aimait le monde et les plaisirs avec dignité et décence. Elle avait un grand ascendant sur son mari, qui par le caractère, ressemblait au duc François son aïeul, mais plus rangé et plus économe que lui (1).

Après avoir fait un assez long séjour à Lzès, le duc et la duchesse s'en retournèrent à Paris et à Versailles, où les appelaient leurs charges à la cour. Durant la belle saison et quand ils en avaient le loisir, ils habitaient le château de Wideville, « où la haute position, la grande fortune du duc. la grâce et l'affabilité île la duché d'Uzès attiraient la meilleure société du temps. Ln pré sence des trois nièces de M'"1' d'Uzès, filles de son frère Jacques de Bullion, marquis de Fervaques, mettait un élément de jeunesse et de gaîté dans l'existence un peu sérieuse qu'on menait dans la maison du premier pair de France. Mariées au duc de Laval, de Beauvillers el de Montmorency-Luxembourg, elles arrivaient toujours accompagnées d'une suite nombreuse et choisie. La proximité de Versailles qui avait détrôné Saint-Germain de son litre de ville souveraine, rendait pour cette famille comme jadis pour le surintendant, l'habitation de Wideville agréable, commode et compatible avec les grandes charges delà cour. Bien souvent les échos des chas de Mari y égayèrent le parc, devenu, par suite d'acquisitions et d'embellissements, un des plus vastes et déplus curieux de la contrée (2). »

Mais au milieu de ces distractions Je duc et la due eurent la douleur de perdre plusieurs membres de leur

(1) Manuscrit SimCon Abaazil.

I Wideville. Histobe cl description, par le marquis deGallard, p. !

famille. Ce fut d'abord la grand'mère paternelle du duc qui mourut en 1708. C'était une femme de grand mérite et de beaucoup de piété. Elle était d'Apchier, c'est à dire de la branche aînée de la maison de Joyeuse, grande et fort ancienne (1).

En 1713 mourut en couches la comtesse d'Uzès, bellesœur du duc, à peine âgée de quarante ans. Elle était belle et bien faite. Elle vivait surtout à l'Etang où elle se faisait aimer de tout le monde. Elle laissa trois fils (2).

Enfin la même année le duc d'Uzés perdit son frère, chanoine de Strasbourg (3).

Pour être chanoine dans cette ville, il fallait plusieurs générations de noblesse de père et de mère. En 1713 il n'y en avait plus qui en pussent faire les preuves que MM. d'Uzès, de Duras et de Roncy (4).

Mais tandis que la mort faisait des victimes dans la maison d'Uzès, elle frappait de bien plus rudes coups dans la maison royale. Dans l'espace d'un an, elle moissonna le Dauphin, fils de Louis XIV, qui avait été l'élève de Bossuet; le duc de Bourgogne, son petit-fils, prince accompli que Fénélon avait formé à toules les vertus ; la duchesse son épouse et le duc de Bretagne qui tut porté à Saint-Denis dans le même tombeau; tandis que le dernier prince de cette race, un tout jeune enfant était mourant dans son berceau.

Le 10 mai 1712 un service fut faità Notre-Dame pour M. le Dauphin et Mme la Dauphine. Les trois princes du deuil furent le duc de Berry, le duc d'Orléans et le comte de Charolais. Mme la duchesse d'Orléans, M"0 de Bourbon et M"" de Charolais furent les princesses.

La duchesse de Berry fut menée par le chevalier

(1) Mémoires Saint-Simon, tome vi, page 137.

(2) id. tome x, page 483,

(3) id. id. page 312.

i i ) id. id. pagfl i J>

d'Hautefort; Mlle de Bourbon par le comte de Blausac, et Mlle de Charolais par le comte d'Uzès, en L'absence de son frère le duc d'Uzès (1).

Le comte d'Uzès était parli en 1712 pour l'Espagne pour aller servir sous M. de Vendôme lorsque ce dernier mourut. Il s'arrêta à Madrid, y resta huit jours, et le roi d'Espagne le chargea de porter une lettre au roi de France pour lui demander un autre général en remplacement de M. de Vendôme. Le comte d'Uzès arriva le 21 juin à Marly, chez M. de Torcy qui s'empressa de le mener chez le roi (2).

On sait que peu après intervint le traité d'Utrechtqui mit fin à la guerre, mais une des clauses de ce traité fut la renonciation du roi d'Espagne, pour lui et ses descendants, à la couronne de France. A cette occasion eut lieu au Parlement de Paris une séance solennelle à laquelle assistèrent les ducs et pairs de France. Il s'agissait de retirer des registres du Parlement les lettres patentes qui conservaient le droit à la couronne de France au roi d'Espagne au moment de son départ pour ce pays, et de faire la lecture de sa renonciation pour lui et pour toute sa branche à la couronne de France et celles du duc de Berry et du duc d'Orléans à la couronne d'Espagne pour eux et leur postérité et d'enregistrer ces trois renonciations:

Saint-Simon, dans ses Mémoires, fait connaître à cette occasion la liste des ducs et pairs de France en mentionnant les présents et les absents, parmi lesquels le duc d'Uzès, premier duc et pair de France (3).

(1) Mémoires de Saint-Simon, t. x. pages 297 el ! (■£) Mémoires de Saint-Simon, tome \, page 319.

(3) L'habillement d'un duc et pair de France était : un manteau long de drap violet, doublé et bordé d'hermine; l'épi toge toute d'Hermine ; sous le manteau une robe longue de drap d'or en forme de soutane; la ceinture de soie violett) or el argent, la couronne ducale sur la '

C'est la liste des plus beaux noms de la noblesse française.

La voici :

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