DE LA MAISON DE BOURGOGNE
Il reste peu de chose des ruines du château de Montagu, sur la commune de Touches, canton de Givry, arrondissement de Chalon-sur-Saône (1).
Alexandre de Bourgogne, (ils du duc Hugues III et d'Alix de Lorraine, décédé en 1205, fut le premier seigneur de la maison ducale qui posséda ce manoir. Il avait épousé Béatrix de Réon, dame de Gergy. Son petit-fils Guillaume entra en possession de Sombernon par son mariage avec Jacquette, fille d'Hervé
(I) M. Ladey de Saint-Germain, dans le dernier Bulletin de la Soc. Bourguignonne de Gêogr. et dHist., a tenté une restitution de ce château, dont il indique les possesseurs, en utilisant les notes publiées dans nos précédents volumes. Nous croyons toutefois qu'on ne doit point accepter la forme moderne du nom de Montaigu, alors que les puissants seigneurs de cette maison ne paraissent jamais dans les actes sous une autre appellation que celle de sires de Montagu.
Le nom de Montagu, si répandu dans nos provinces, peut donner lieu à des confusions entre les seigneurs homonymes qui portent les mômes noms et prénoms. Trois Guillaume de Montagu vivent simultanément au xive siècle, et n'ont aucune parenté avec les nôtres. L'un d'eux, marié à Isabeaude Champlemy, est seigneur de Brinon-les- Allemands, et n'a rien de commun avec les Montagu-Bourgogne, dont une branche a cependant possédé ce dernier domaine au siècle suivant. Ce Guillaume de Montagu-le-Blin, Allier, arr. la Palisse, figure dans des actes de la môme époque, ainsi que Guillaume de Montagu-en-Corabraille, Puy-de-Dôme, arr. Riom, marié à Marguerite d'Arcy, et que notre Guillaume de Montagu et Sombernon. Les confusions sont donc faciles.
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de Sombérnon, et de Blanche d' Etais. Dans notre t. III, p. 409 et suiv., nous avons donné le curieux testament de ce Guillaume, en 1299, testament qui rectifie les généalogies publiées jusqu'ici sur cette illustre maison.
Deux fils de Guillaume, Alexandre et Odard, formèrent les branches de Sombérnon et de Montagu. La branche de Montagu s'éteignit au xive siècle, et la seigneurie de ce nom rentra dans le domaine ducal par la vente que firent à Eudes IV, duc de Bourgogne, les filles d'Odard, Jeanne et Marguerite, toutes les deux mariées à des neveux du cardinal Napoléon des Ursins.
Etienne I de Montagu, seigneur de Sombérnon et de Màlain, donna lieu à une nouvelle branche par son alliance avec Marie, dernière héritière des seigneurs et de la terre de Couches, dont ses enfants furent possesseurs.
Eudes, frère d'Etienne I, fut la tige des seigneurs de Marignyle-Cahouet, issus de la maison de Bourgogne.
Jean de Montagu, seigneur de Sombérnon, et Pierre de Mon* tagu, sire de Mâlain, continuèrent la branche aînée jusqu'au xv* siècle. Ce dernier mourut lel*r avril 1419, sans laisser d'héritiers de son alliance avec Marguerite de Chappes. Jean, dernier mâle de celte branche ainée, eut deux filles Catherine et Jeanne. La petite-fille de Catherine, Jeanne de Villersexel, décédée en 1460, fit entrer les seigneuries de Sombérnon et do Màlain dans la maison de Baufîremont, par son alliance avec Guillaume de Bauflremont seigneur de Scey-sur-Saône.
Philibert de Montagu, fils d'Etienne I, et de Marie de Couches, fut la tige des Mon tagu -Couches. Il avait épousé Marie de Frolois, dont on ne nomme pas le père, mais qui parait avoir eu pour auteurs Jean deFrolois et Agnès deSaint-Verain. Après la mort de Philibert de Moutagu, Marie de Frolois convola en secondes noces avec Jean de Seignelay, seigneur de Beaumonlsur-Serein et de Saint-Péreuse en Nivernais, veuf lui-même de Marie de Blacy, dont il avait eu une fille unique Jeanne. Jean de Seignelay étant décédé en 1343, sa seconde femme Marie de Frolois, qui lui survécut, eut en douaire moitié de la terre de Saint-Péreuse; mais comme elle avait marié son filsainédu premier lit, Hugues de Montagu, avec sa belle-fille Jeanne de Seignelay, la mère et le fils passèrent un acte de partage de la
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terre de Saint-Péreuse, qui revint plus tard en entier aux Montagu-Couches, et dont l'arrière-petit-fils Jean rendait encore hommage en 1437 (1).
Le dernier représentant de cette branche, ClaudedeMontagu, seigneur de Couches et d'Epoisses, marié à Louise de la Tour, mourut en 1470, sans laisser de postérité de cette alliance. Il avait cependant eu une fille naturelle, nommée Jeanne, née de Gillette Orudde, de Couches, qu'il fit légitimer par le duc de Bourgogne et par Louis XI, en 1460 et 1461, et qui fut mariée à Hugues de Rabutin, seigneur d'Epiry, de Balore et de Brinon- 1 es-Allemands.
Suivant une généalogie imprimée, vers 1695, par Guy AHard, généalogie extrêmement rare et dont un exemplaire se trouve à la Bibl. nat., cabinet des titres, dossier 639, Claude de Montagu, sire de Couches et d'Epoisses, aurait eu de Louise de la Tour un fils Odet, seigneur de Couches et de Marigny, qui au* rait donné lieu à une descendance donnée par l'auteur jusqu'à la fin du xvue siècle. Malgré les assertions de Guy AHard, qui
(4) Ces alliances jusqu'ici non citées et ces transmissions du domaine de Saint-Péreuse sont expliquées par divers documents inédits — 4 323, Hommage rendu par Jean de Seignelay, seigneur de Beaumont, pour Saint-Péreuse (Invent. Marollen, p. 486) — 4323, Jean de Seigoelay, seigneur de Beaumont et de Saint-Péreuse, écuyer, rend hommage au duc de B. pour des biens à Etaules, près A vallon, à cause de sa femme Marie de Blacy, sœur de Jean de Blacy, chanoine de Langres (Arch. de la Cote-d'Or, B. 40499) — 4343, samedi avant NoBl, « c'est li uns des partaiges de Saint-Péruise, communs entre nous Marie de Frolois, dame de Saint-Péruise en partie, et nous mgr Hugues de Montagu. seigneur de Coches, nostre fil, à cause de madame Jehanne, sa femme, nostre fille [belle-fille] » (Orig., Bibl. nat.Jr. nouv. acq. 3598, fol. 4). — 4353, hommage de Hugues de Montagu, seigneur de Couches, pour Saint-Péreuse, à cause do Jeanne de Seignelay, sa femme (Invent. Marolles, p. 186) - 4367, Philibert de Montagu, seigneur de Seigoelay (Arch. de l'Yonne, H, 4768, t. II, p. 524) - 4369, Contestations de Philibert de Montagu, seigneur de Seignelay, avec Mile, seigneur de Noyers, pour des droits à Basson, près Seignelay (l'abbé Henry. Hist. de Seignelay , t. I, p. 206 et t. II, p. 228) — 4437, Hommage de Jean de Montagu, chevalier seigneur de Couches, pour la terre de Saint-Péreuse (Invent. Marolles, p. 487).
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affirme avoir vu les titres, il peut se faire que cet estimable généalogiste ait été trompé, car les archives du riche chartrier du château d'Epoisses, inventoriées avec soin par M. le comte de Chastellux, n'ont point laissé trace de cette descendance, dont les armes, différentes de celle des Montagu-Bourgogne, portaient : d'azur à trois têtes de lion arrachées d'or. Nous laissons à d'autres le soin d'étudier la question et d'établir la vérité sur des prétentions qui ne nous paraissent pas justifiées.
ADDITIONS ET CORRECTIONS