‹ Histoire des ducs de Bourgogne de la race CapétienneChapitre 7 sur 39 · CHAPITRE LIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIV

RÈGNE D'EUDES IV i Suite et fin).

Accouchement de Jeanne, comtesse de Boulogne, après la mort de Philippe de Bourgogne. — Condoléances du pape Clément VI à la duchesse. — Légende et roman du checalttireux comte d'Artois. — Testament et dispositions d'Eudes IV. — Donations. — Sommes attribuées au voyage en Terre-Sainte, et fondations pieuses. — Excommunication du duc par l'archevêque de Besançon au sujet delà monnaie d'Auionne. — Absolution temporaire sans ce^se renouvelée par Clément VI. — Convocation des troupes à Compiègne. — Séjour du duc dans l'Ile-de-France. —Codicille a son testament. — Double traité passé à Chalon-sur-Saône avec Blanche de Bourgogne, comtesse de Savoie, et son fils. — Projets de mariaue entre le jeune comte de Savoie et Jeanne de Bourgogne. — Défaite en Piémont du duc de Milan par le comte de Savoie allié aux Bourguignons. — Démarches du pape pour amenei la paixentreles rois de France et d'Angleterre.

— Maladie et mort de Jeanne de France, duchesse de Bourgogne: son enterrement à l'abbaye de Fontenay. — Parlement de Beaune auquel assistent le duc et le cardinal Cui de Boulogne, oncle des enfants mineurs Philippe et Jeanne de Bourgogne. — Traité de mariage passé à Montréal-en-.Auxois. entre le comte de Savoie et Jeanne de Bourgogne; fôtes à cette occasion.— Dettes de la duchesse défunte.

— Triste situation financière et déplorable administration du duc et des barons. — Usuriers, juifs, lombards, cahorsins. — Dernières années du duc ; maladies fréquentes. — Le fléau épidemique en Bourgogne. — Poursuites contre les juifs. — Second testament d'Eudes IV. — Débats en Parlement et revendications de la comtesse de Flandre et de Jeanne do Boulogne. — Arbitrage confié par le roi

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à Jean le Bon, et passé à Sen*. — Mort inopinée d'Eudes IV, à Sens, le 3 avril 1319. — Accord signé le lendemain entre les partie? intéressées. — Caractère d'Eudes IV ; défauts et qualités. — Accroissement du domaine ducal. — Influence du règne qui a préparé la fortune des Grands dues d'Occident.

août 1346 — 3 avril 1349.

La lutte acharnée des barons francs-comtois nous a fait perdre de vue les événements accomplis depuis la mort de Philippe, comte de Boulogne. Le corps de l'infortuné jeune homme fut ramené d'Agen en Bourgogne vers le milieu du mois d'août 1346. Le 20, la levée du siège d'Aiguillon ayant été décidée, les troupes se dispersèrent. Quelques jours après, le 26, eut lieu le désastre de Crécy, et la nouvelle en parvint au moment où le cortège funèbre arrivait à Monlbard. Eudes IV, plongé dans un sombre abattement, reçut un nouveau coup à l'annonce de cette fatale journée. On ne prit pas le temps de se rendre à Giteaux pour donner la sépulture à Philippe auprès de ses ancêtres; sa dépouille mortelle fut déposée dans l'abbaye cistercienne de Fontenay, où eut lieu la cérémonie funèbre.

Pour comble d'ennui, la comtesse de Boulogne, veuve du défunt, était sur le point d'accoucher, et l'on craignait que l'excès de sa douleur n'eût une fâcheuse influence sur son état. Il est vraisemblable que les circonstances précipitèrent l'échéance de cet événement, car très peu de jours après, en août, Jeanne de Bourgogne accoucha d'un fils qui fut nommé Philippe, comme son père. Cette naissance était un heu-

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reux incident, qui venait en temps utile pour faire diversion aux funèbres impressions du deuil récent.

Le pape Clément VI,écrivant àla duchesse de Bourgogne pour lui manifester sessentiments de condoléance, au sujet de la mort de son fils, s'exprimait en termes émus, cherchait à la consoler de ce malheur, lui représentait quelle compensation le ciel lui envoyait par cet heureux événement, puisque la veuve, sa bru, laissée enceinte, venait d'accoucher d'un fils qui allait remplacer le père, et apporter la consolation et la joie dans cette noble maison de Bourgogne, si éprouvée (1).

Il est certain que la mort de Philippe eut un grand retentissement, et que les chroniqueurs du temps ne firent que traduire les sentiments de la cour et des grands seigneurs, lorsqu'ils font l'éloge du défunt. Jean le Bel dit que c'était « le plus beau bachelier de toute France » ; Froissart rapporte également que c'était « li ungs des biaux chevaliers de son eage «> . Ses succès dans les tournois, sou intrépidité à la guerre , sa passion pour les chevaux, la vénerie et la fauconnerie, sa magnificence exceptionnelle valurent à sa mémoire un haut renom de chevalerie, et attachèrent à sa personne une légende, dont le souvenir n'était

il) « Et cum po$tmodum lœtanter audiverimus dilectam in Chrisio filiam nobilem mulicrem Johannam, coraitissam Bolemœ, dilecti Philippi relictara, quatn ip*e diraisit gravidam, féliciter filium poperisse.

quo patris sut pr.elicti representatam personam magnas con^olatio »U lanitiara cum toia dorao nobili Burgundiœ potimtU et potestis réopère tu et ipsa... - Baluze, Maison d'Auvergne, t. Il, pr. p. 19i, publie cette lettre de Clément VI, à la date de 4315. alors qu'elle don être d'août ou de septembre 13i6. Les Hèij. de Clément VI. publiés par M. Eugène Depiez, nous donneront sans doute le texte entier d«wtte intéressante pièce.

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point oublié plus de cent ans après, lorsqu'un auteur inconnu composa un roman intitulé : Le livre du très chevaleureux conte d'Artois et de sa femme, fille au conte de Boulogne (1).

(1) Ce curieux manuscrit in-4°, orné de 83 miniatures, de majuscules richement enjolivées, de peintures marginales, d'animaux, de fleurs, de blasons et de sujets fantastiques, a été composé et écrit pour Raoul, marquis d'Hochberg, comte de Rothelin, de Neuchatel et de Luxembourg, dont le blason est reproduit dans les ornements de l'entourage. Le marquis d'Hochberg, marié à Marguerite de Vienne, fille de Guillaume de Vienne, mourut en 1487, à Dijon. La provenance bourguignonne du manuscrit nous parait donc probable, et peut-être sera-t-il permis d'en retrouver l'auteur. Ce manuscrit appartenait, en 1837, à J. Barrois, qui lo publia dans un vol. in-i° de même format que l'original, et fit reproduire au trait 28 des planches les plus curieuses. Vendu ensuite en Angleterre, il reparut cette année dans la vente de lord Ashburnham, n° 25 du catal., et rentra en France, acheté par le libraire Belin, pour 455 I. st., c'est-à-dire 11.375 f. Une copie de ce ms. provenant de Gaignères se trouve à la Bibl. nat.. fr. 11.610. C'est un petit in-4°du xV* s. de 119 fol. portant de petites miniatures à mipages, mais beaucoup moins soigné que le précédent, et ne présentant pas le môme intérêt d'ornementation, qui a été reproduit ou plutôt traduit par Mmo Alice Hurtrol; les Aventures romanesques d'un comte *t Artois, Paris, 1881, m-12 carré de 232 p. avec petites planches. Le roman avait eu quelque céiébnté puisque deux exemplaires figuraient dans la Bibl. des ducs deB., et antérieurement à la confection du ms. que Ton vient de citer, dans lequel l'auteur annonce qu'il a trouvé « les biaux fais d'armes d'ung conte d'Artois » dans un ancien écrit faisant mention de ses hautes entreprises. Nous ne discutorons pas longuement le fonds de ce roman, dont les faits ne sont pas toujours d'accord avec la réalité historique, a commencer par ce titre de coratcd'Artois, qui n'appartenait pas encore à Philippe, comte de Boulogne et d'Auvergne, mais à son père le duc Eudes IV. Mais encore faut-il tenir ■ ompte de certains chapitres, qui relatent les prouosses et les exploits «lu héros en Espagne, à Grenade et auprès du roi de Castille, bien que nos annales bourguignonnes soient muettes sur ce point, car dans un • ompte de la châtellenie de Salmaise, de 1342-1 3 i3, rendu par Mathieu LJedey (Arch. de la Côte-d'Or, B. 6038) je trouve l'indication de frais cl dépenses d'un voyage d' « Espaigne » pour Lorent le Chat, « valet dos lévriers Mgr de Boulogne ». Tant défaits restent à connaître dans

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Accablé par les infortunes, vieilli avant l'âge par la fatigue d'une vie trop mouvementée, poursuivi sans trêve ni merci par la haine de Jean de Chalon-Arlay et par le souvenir de son fils expirant, Eudes IV résolut de dicter ses dernières volontés, et deux mois après la mort de Philippe, il réunissaità Maisey, le 12 octobre, les personnages qui devaient être ses exécuteurs testamentaires et ses témoins, la duchesse, l'évêque de Chalon Jean Aubriot, les abbés de Cileaux et de Saint-Etienne de Dijon, Jean, sire de Chàteauvillain, le chancelier Jacques d Audeloncourt, le connétable Jean de Thil, le maréchal Jean de Frolois, Geofroi de Blaisy, Gaucher de Pacy-sur-Armançon, Hugues de Monetoy, Guillaume de Vergy, sire de Mirebeau. Le duc exigeait que son corps fût enterré près de ses ancêtres à Citeaux, ses entrailles à la Sainte- Chapelle de Dijon et son cœur à la chartreuse de Beaune. Il ne lui restait plus d'enfants, mais il ne désespérait pas d'en avoir, car il désignait comme héritier du duché l'aîné de ses fils qui survivrait, ou la fille aînée à défaut de (ils. Dans le cas où il ne laisserait pas d'enfants directs, l'héritage ducal serait dévolu à son petit-fils Philippe, qui venait de naître, et à son défaut à sa petite fille Jeanne. Si ceux-ci venaient euxmêmes à décéder sans hoirs, Blanche de Bourgogne, comtesse de Savoie, prendrait possession du duché, et à son défaut Jeanne, reine de France. Des attributions

l'histoire du moyen âge qu'il serait imprudent de conclure. Quoique le manuscrit précité ne soit pas contemporain de I époque qui nous occupe, comme il a pour héros le fils du duc Eudes IV, nous reproduisons la première planche dans laquelle l'auteur s'est représenté composant et écrivant son livre.

44 EUDfcs îv (1346;

de domaines étaient faites à chacun des héritière dans les différents cas qui pourraient se présenter.

Par une étrange fatalité, aucune de ces éventualités ne devait se produire, et pas un des légataires ne devait bénéficier des chances qui leur étaient réservées. Tous, emportés par une mort prématurée, ne survécurent pas longtemps au testateur.

Le duc donnait pour le passage en Terre Sainte et le voyage de Jérusalem une somme de 12.600 l. t., au cas où le passage général serait effectué par le roi. Le possesseur du duché garderait l'argent en main, et s'il ne pouvait remplir l'obligation de la croisade, il la ferait exécuter par vingt chevaliers. Il confirma l'attribution de 400 livrées de terre pour la fondation de l'hôpital de Beaune, et arrêta le règlement pour le service des pauvres et des malades.

L'abbaye de Giteaux estgratiliée d'une rente de40 1. La Sainte-Chapelle de Dijon est avantagée de pareille dotation, et reçoit en plus une croix d'or et la meilleure des chapelles portatives. Les autres établissements religieux de B. ne sont pas oubliés et on leur servira des legs proportionnels à leur importance, Cordeliers, Jacobins, Frères-Mineurs, Chartreux, chapitres, etc. Mais le duc insiste principalement sur la nécessité d'achever les travaux de la Chartreuse de Beaune ; 40001. t. sont destinées à marier « deux cens pucelles » du duché avec une dot de 20 I. chacune. Une autre somme de 100 livres servira à fournir des draps pour les pauvres. Le testament est mis sous la ^arde du roi, et les exécuteurs seront frappés d'une sentence d'excommunication, dans le cas où les clauses n'en seraient pas exécutées.

ini<M EUDRS IV i.r)

A ce moment, Eudes IV était lui-môme sous le coup de l'excommunication lancée contre sa personne par l'archevêque de Besançon, mais cette interdiction était intermittente, car le pape Clément VI lui accordait des absolutions temporaires souvent renouvelées qui suspendaient indéfiniment l'effet de la sentence.

Les débats relatifs à cette affaire remontaient à une date lointaine. Avant d'avoir pris possession de l'Artois, le duc était déjà en pourparlers avec les religieux de Saint-Bénigne de Dijon, qui ne voyaient pas avec satisfaction l'établissement à Auxonne d'un atelier monétaire qui leur portait préjudice. Les commissaires nommés de part et d'autre dans ces débats n'avaient pu que constater les droits des religieux, et Eudes, après avoir ratifié leurs chartes et privilèges, avait fini par prendre à ferme la monnaie de Dijon, sa vie durant, moyennant une rente de 100 1. t. (1). Il était libre désormais d'agir à sa guise ; mais il n'avait pas attendu jusque-là pour battre monnaie à Auxonne, car, en novembre 1327, aux grands jours de Beaune, il avait passé un traité avec maître Bonin de Chivaux pour la fabrication de monnaie dans cette ville et pour la frappe de florins au coin de Florence, à 70 par marc, au marc de Paris, des deniers doubles, des mailles blanches, etc. (2). L'archevêque de Besançon, dont l'atelier monétaire était ébranlé par la concurrence de celui d'Auxonne, réclamait vainement contre la violation de ses droits, et montrait partout les privilèges exclusifs qui lui avaient été concédés par les Empereurs. Leduc n'en tint pas compte, maintint son atelier

(I) Chartes de U28 et 1329; Dom Plancher, t. Il, p. 1 78 et 479. (î) Dom Plancher, t. II. pr. 246.

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en pleine activité et en appela au Saint-Siège quand il fut excommunié et Auxonne mis en interdit.

Ce fâcheux exemple encouragea l'audace des barons. Jean de Chalon, comte d'Auxerre, battit monnaie à Orgelet, fut excommunié, et porta le fer et le feu dans les terres du prélat. Hugues de Vienne, oncle de l'archevêque, monta un atelier dans son château de Pimont, et fut également frappé par les foudres ecclésiastiques.

Le duc abusait des bonnes relations d'amitié qu'il avait avec le pape Clément Vï, en obtenant des ajournements qui se succédaient sans interruption et annulaient l'effet des sentences lancées contre lui. L'interdiction durait encore au moment de sa mort, fut maintenue contre Philippe de Rouvre, et ne fut levée que sous le règne de Philippe le Hardi.

Les succès du comte de Derby dans le Poitou ouvert à Pinvasion anglaise, le siège de Calais soutenu par Jean de Vienne, les ravages commis dans le Nord par les troupes d'Edouard 111, les provinces abandonnées sans défense à l'ennemi, alors que les débris de l'armée française étaient licenciés, plongeaient Philippe de Valois dans un grand embarras. Il fit encore appel à ses vassaux, convoqua Eudes IV et ses féodaux pour une « semonce » à Compiègne, îe 1er octobre 1346, afin de marcher sous les ordres de Jean le Bon à la rencontre du comte de Derby, qui menaçait, disait-on, la Touraine. Le duc de Bourgogne reçut, le 40 du môme mois, à Châlillon-sur-Seine, la somme de 3000 1. de Barthélémy du Drac, trésorier des guerres (1), pour

(\) Voir les extr. du compte de Baithelemi du Drac, publiés à l'Appendice.

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faire face aux premières dépenses de ses hommes ; et c'est la veille de son départ qu'il avait voulu mettre ses affaires en ordre, et dicter son testament.

L'arrivée des chevaliers bourguignons à Gompiègne s'échelonne pendant une partie du mois d'octobre, Guillaume de Mello, sire d'Epoisses, le connétable Jean de Thil et de Marigny, Guillaume de Vergy, sire de Mirebeau, Jean de Noyers, comte de Joigny, Erard de Joinville, bailli de Vitry, Jean de Trainel, Etienne de Flavigny, etc. Le duc était lui-même arrivé au rendez-vous dans cette ville le 26, et reçut encore, du trésor royal, le 2 novembre, une somme de 4600 1. Jean de Chalon-Arlay avait refusé de se ren lre à la convocation, et profitait de l'absence du duc pour armer contre lui et faire alliance avec l'Angleterre (traité du 9 octobre 1346). Cette inqualifiable félonie lui valut la confiscation de ses terres situées dans le domaine royal.

On n'utilisa pas les services des chevaliers qui s'étaient mis en route pour cette chevauchée, la plupart furent contremandés et renvoyés dans leurs loyers. Le duc séjourna dans l'Ile-de-France, et resta dans la compagnie du roi depuis le mois de novembre jusqu'à la première quinzaine de janvier 1347, époque à laquelle il fut rappelé en toute hâte en Bourgogne pour tenir tête à l'insurrection franc-comtoise que nous avons racontée.

Au moment de ces tribulations, la duchesse était tombée malade à Montbard dès le mois de mars, et ne parait pas avoir quitté cette résidence pendant les cinq mois qui précédèrent son décès « missions par le mandement mgr pour le séjour de madame, cui Deu par-

doint, faiz à Montbar dès le mardi après le diemoinge que Ton chante oculi mei l'an XLVI (1347; jusqu'à la voille S' Bartholemi Tan XLVII » (1). Le 10 juin, Eudes IV ajouta un codicille à son testament, et assigna 40.000 1. t. pour la dot de sa petite fille Jeanne, qu'il avait fait offrir en mariage à Amé, comte de Savoie. Il avait bien des torts à se reprocher à l'égard de sa sœur Blanche, comtesse de Savoie, à laquelle on avait promis lors de son mariage, en 1307, une dot de 20.000 1. Telle était la triste situation financière de nos ducs, que jamais on n'avait pu remplir cette obligation. Ni la duchesse douairière Agnès de France, ni Hugues V, ni Eudes IV ne trouvèrent l'occasion et les moyens de s'acquitter. Blanche en avait fait des plaintes à la reine Jeanne, qui détermina son frère à céder le château de Duesme avec une rente de 500 1. Dans la certitude de ne pouvoir obtenir autre chose, Blanche fut forcée d'accepter ce qu'on lui offrait (2).

Malgré cette incorrection, le duc réussit à passer, le 16 juin 1347, avec sa sœur et Amé, comte de Savoie, un double traité qui fut scellé dans l'église de Chalon sur-Saône. C'était d'abord un traité d'alliance offensive et défensive, par lequel on s'engageait de part et d'autre à s'entr'aider pendant trois mois à toute réquisition, avec 300 hommes d'armes, excepté contre le roi, la reine, le duc de Normandie, Philippe de France et leurs fils. Le duc allait immédiatement bénéficierde ces conventions, en utilisant les secours de ses alliés

(4) Arch.de la Côte-d'Or, comptes de Montbard, B. 5303.

(2) Ces dernières conventions au sujet de Duesme ne datent que de janvier 1348 (Bibl. nat., collect. Bourgogne, t. XCIV. p. 800, voir Plancher, t. II, pr. 279).

Pl. III.

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