psvins cato. Môme monogramme
ty. *f- senons civi, en légende rétrograde. M. Salmon semble porté à croire que ces monnaies ont commencé à être frappées vers 1015, c'est-àdire vers l'époque à laquelle Rainaud II, comte de Sens, brouillé avec le roi et avec l'archevêque, se réfugia auprès du comte Eudes de Champagne. « Les » vicissitudes de la guerre, dit-il, rendirent parfois » les deux alliés maîtres de la ville. Pour leurs be- » soins communs, ils durent nécessairement frapper » monnaie. A cet effet, ils choisirent un type usité » dans la contrée , celui de Château-Landon et » d'Etampes, toutes deux villes du diocèse de Sens, » et qui consistait pour partie en une dérivation du
» monogramme de Raoul ou d'Eudes Ils inven-
» tèrent ainsi la double légende de Sens et de Pro- » vins (a). » Nous avouons que l'hypothèse proposée par M. Salmon nous paraît être très-contestable, et nous préférons suivre un ordre d'idées basé sur un principe posé par M. Fillon et qui nous a toujours guidé sûrement (6). Ce principe, le voici : fixer l'époque à laquelle un type royal fut immobilisé dans
(a) Rev. num., 1854, p. 217.
(b) Fillon, Considérations hist. et artist. sur les monn. de France, p. 96.
une localité, c'est déterminer la date du passage de celte localité, et par conséquent de la contrée où elle se trouvait, sous le régime féodal; c'est aussi fixer la date de la fondation de certains ateliers monétaires. — Appliquons ce principe à la numismatique provinoise.
Le type de la monnaie de Provins procède du monogramme de Raoul, 923-936, qui lui-même ne faisait guère que copier celui du roi Eudes : Eudes et Raoul frappaient monnaie à Sens; il en résulte que le monnoyage de Provins date de la seconde moitié du x9 siècle. — Or, il nous semble trèsprobable que Herbert 11 de Vermandois, le premier de son nom qui fut comte en Champagne, 9G8 993, peut être considéré comme étant le fondateur de la monnaie féodale de Provins; ce fait n'est pas sans importance pour les annales de cette ville, puisqu'il fournit un point de départ certain à une époque où l'histoire de Provins est peu connue.
L'importance de Provins sous les premiers carolingiens est incontestable : nous voyons cette localité chef-lieu d'un pagus en 802 sous Charlemagne, puis caslrum royal en 833, lorsque les fils de Louis le Débonnaire y enfermèrent Charles, leur jeune frère; mais entre cette dernière date et les premières années duxi0 siècle, les chroniqueurs se taisent sur Provins : c'est la numismatique qui vient poser un jalon dans celte période incertaine et nous apprendre que Herbert de Vermandois en fit, en quelque sorte, sa capitale dans le grand fief dont il ébauchait la formation (a).
fa) F. Bourquelot, Histoire de Provins, t. I, p. 70 et seq.
Nous avons déjà indiqué que le but d'Herbert, atteint par ses successeurs, avait été de créer au nord-ouest de la France un fief d'une importance égale aux grands fiefs voisins qui existaient déjà (a). Nous avons aussi avancé que, dans notre conviction, Provins avait appartenu à ce personnage (6). Qui donc, si ce n'est lui, aurait pu copiera Provins la monnaie royale de Sens? La persistance séculaire du type provinois n'est-elle pas une preuve indirecte qu'il se rattachait traditionnellement à l'origine du pouvoir des comtes de Champagne?
Nous n'hésitons pas, par conséquent, à attribuer à Provins et aux comtes de la maison de Vermandois les monnaies aux noms de Provins et de Sens que nous avons décrites plus haut. Généralement on est porté à voir dans l'établissement d'un atelier monétaire féodal l'arrière-pensée de faire acte de souveraineté. Nous pensons que le seul mobile était le désir de se créer une source de revenus. Le monnoyage avait une raison d'être dans une localité comme Provins, dont les foires avaient déjà une grande notoriété au xe siècle. Entre 996 et 999 nous avons vu le comte Etienne 1er donner à Sainl-Ayoul le quart des revenus de la foire (c).
Maison deBlois. — Il y a une série de monnaies provinoises sur lesquelles les noms de Sens et de Provins sont complètement dénaturés, mais dont la date d'émission peut être approximativement établie par
(à) Voy. ci-dessus, 1. 1, p. 89 et seq.
(b) Ibid., p. 91, note.
(c) Ibid., p. 463.
la comparaison du type avec celui d'espèces dont l'époque est aussi certaine que possible. Rappelons ici que c'est à la perspicacité de Duchalais (a) qu'est due l'attribution de celte série à Provins. Voici la description des principales variétés :
5. -\- BiL.DVNis cato. Le monogramme de Raoul est altéré au point qu'on ne voit plus qu'un peigne (6) surmonté d'une croisette placée entre deux annelets.
ty. ^ seei-omis civi. Croix accostée en chef de deux besants : les lettres alpha et oméga sont pendues à ses branches (deniers et oboles).