II* PARTIE
Section lre.
g 1". — Gouverneurs.
Les gouverneurs sont, en général, désignés par le titre de gardes du comté ou de lieutenants du comte.
On peut placer en tête Archambaud IX de Bourbon, beau-père de Thibaut IV. Pendant que ce dernier allait prendre possession de la Navarre en 1234, Archambaud présidait le conseil auquel était confiée l'administration de la Champagne (a).
Jean III de Thourotle lui succéda et conserva la confiance de Thibaut IV de 1237 à 4251; il était oncle, à la mode de Bretagne, de Marguerite de Bourbon, femme de ce prince (6); il posséda la charge viagère de bouteiller de Champagne (2927). Il fut choisi pour juge par le poète roi dans un jeuparti (c).
Au commencement de son administration, il eut pour collègue Itier de la Brosse, qui ne paraît pas avoir conservé de pouvoirs postérieurement à l'année 1238 (d). Jean, doyen de Saint-Quiriace, Léon de Sézanne et quelques autres que nous voyons plus tard prendre part aux actes administratifs de Jean
(a) Voir plus haut, pages 261-203; cf. page 272, note b.
(b) Voir plus haut, pages 288-290.
(c) La Ravallière, Les poésies du roi de Navarre, II, 113.» 175-178. — Sur Jean de Thourotte, voir aussi plus haut, p. 501.
(d) Voir plus haut, page 290. Dans la charte n°2439, Itier est, comme Jean de Thourotte, qualifié de Garde de Champagne.
de Thourotte, semblent n'avoir eu que des attributions financières.
Au début du règne de Thibaut V, nous trouvons deux gouverneurs administrant conjointement la Champagne : Robert de Cocherel et Gilles de Brion. Tout ce que nous pouvons dire du premier, c'est qu'il était en fonctions en décembre 1260 (3243) et en juin 1261 (3230)'.
Gilles de Brion, gouverneur de Champagne aux mêmes dates (3213, 3230), dut sans doute son élévation à Simon, son frère, ministre de saint Louis, promu au cardinalat en 1261, et qui, vingt ans plus tard, devint pape sous le nom de Martin IV (a). II ne conserva pas longtemps le gouvernement de la Champagne ; mais nous ne sommes pas dépourvus de renseignements sur le reste de sa vie. En £238 nous le trouvons désigné comme suppléait d' Sustache de Conflans, connétable de Champagne, dans le tribunal arbitral qui devait juger le procès relatif à l'inféodation de Ligny (6). La môme année, Simon de Brion, son fils, partant pour l'université de Bologne, dont il voulait fréquenter les cours, lui donnait procuration pour résigner sa prébende à Saint- Etienne de Troyes (3502). En 1284, Gilles comparaît dans l'enquête ouverte par Philippe le ïîardi pour établir l'âge auquel les femmes sont majeures en Champagne (3856). En 1285, il est un des conseillers chargés par Philippe le Bel de tenir les grands jours de Troyes; il y passa huit jours et reçut treize
(a) ^Hemont, Vie de saint Louis, IV, 242-243.
(b) Voir plus haut, page 405.
livres pour sa peine (a). Le 26 novembre 1287 il était mort (6).
En 1263 Robert de Cocherel et Gilles de Brion avaient un successeur : c'était Anseau de Traînel, d'abord maréchal de Champagne, qui venait d'être élevé aux fonctions de connétable. Thibaut, partant pour la Navarre, en octobre 1263, lui laissa le gouvernement de la Champagne (3326) qu' Anseau garda au plus six mois.
Dès le mois d'avril 1266 il était remplacé par Eustache III, seigneur de Conflans (3302, 3337) (c), d'abord maréchal, puis connétable de Champagne, que nous trouvons encore en fonctions, comme gouverneur de cette province, en 1269 (3555, 3556). Eustache appartenait à une des premières maisons de Champagne, s'il est vrai que sa famille fut, comme on le prétend, une branche de la maison de Brienne. Fils d'une sœur de Jean III de Thourotte (d), il était par elle proche parent du comte Thibaut V alors régnant.
(a) Voir notre tome II, p. lxxiv, art. 170.
(5) Ce fait résulte d'une charte publiée par F. Du Chesne, Histoire des cardinaux français, II, preuves, page 219; il est aussi question de Gilles dans une charte du 12 octobre 1280, qui se trouve dans le même ouvrage, ibid., p. 218.
(c) La charte numérotée 3302 a été, par erreur, datée par nous du 6 avril 1263, elle est du 25 avril 1264, et devrait être placée entre les numéros 3338 et 3339.
(d) Helvide de Thourotte avait épousé Eustache II, seigneur de Conflans et de Mareuil, dont les fils, Hugues et Eustache héritèrent de ses seigneuries. Anselme, Histoire généalogique, II,
Nous le voyons paraître pour la première fois en 12/19, où, pour la somme de 600 livres, il fait à Thibaut IV hommage delà moitié de Congy et d'Etoges (2883, 2891), et où il est caution de l'exécution du contrat de mariage de Marguerite de Navarre, duchesse de Lorraine (2889). L'année suivante, il cède par échange au même Thibaut la moitié de Gondrecourt, que Jeanne de Plancy, sa femme, lui avait apportée en mariage (2923, 2924, 2925, 2935). Il possédait aussi, du chef de Jeanne, une partie de la vicomté de Troyes, qu'en 1264 il donna au chapitre de Saint-Etienne de Troyes, en échange de Vert-la-Gravelle (3328, 3329). En 1268, il fut arbitre dans le grand procès du comte de Bar avec les comtes de Champagne et de Luxembourg, et avec Regnauld de Bar (a). Nous ignorons pourquoi il perdit les pouvoirs de gouverneur en 1270. Peut-être était-il croisé et combattait-il alors les Musulmans sur les côtes de l'Afrique.
Pendant la croisade de l'année 1270, Thibaut V confia le gouvernement de la Champagne à Jean, seigneur de Thil-Chàtel (6), qui, en septembre 1265, lui avait fait hommage d'un alleu situé à Gémeaux (Côte-d'Or), et valant 1,100 livres tournois (3377).
Béraud de Mercœur ou de Marqueil, comme on prononçait alors souvent, fut le gouverneur de
(a) Voir plus haut, page 405, et Catalogue, n03 3514, 3516.
(b) Le 9 septembre 1270, agissant en vertu des pouvoirs que lui avait donnés « mi sires li rois de Navarre », il accorda au prieuré de Saint-Pierre de Bar-sur-Aube une charte d'amortissement (Archives de l'Aube, fonds de Saint-Pierre de Bar).
Champagne choisi par Henri III. Avant l'avènement de ce prince, il avait été administrateur de ses domaines en Champagne (a). Il était présent quand Henri fit hommage à Philippe le Hardi (3677). Nous le voyons en fonctions en 1271 (3702) et en 1274 (3798). Nous croyons devoir reconnaître en lui Béraud IX de Mercœur, fils de Béraud VIII dit le Grand, seigneur de Mercœur, et de Béatrix de Bourbon. Béatrix, sa mère, était sœur de Marguerite de Bourbon, mère d'Henri III (6). Il était par conséquent cousin germain de ce prince. Il avait épousé en 1268 Blanche de Châlon, fille de Jean de Châlon, comte de Bourgogne et seigneur de Salins, alors veuve de Guichard V, seigneur de Beaujeu (c). II était mort en 1290, car à cette date Béraud VIII de Mercœur, son père, figure seul dans le contrat de mariage de Béraud X, et il n'est pas question dans cet acte de Béraud IX, père de l'époux (d). Il est même probable que dès 1285 Béraud IX n'existait plus, car dans un compte de la terre de Champagne pour cette année, nous voyons que la dame de Mercœur, c'est-à-dire Blanche de Châlon, venait d'acheter une terre à Courtenot, et dans l'article qui la con-
(a) En juin 1270, il avait, avec Jacques de Doucigniaco, acheté pour lui le château de Beaufort (Bibl. Imp. Lat. 5993 A, f° 446 v° r°- 447 v°; cf. Catalogue, n° 5665, et voir plus haut, page 432.)
(b) Art de vérifier les dates, II, 413.
(c) Art de vérifier les dates, II, 476, 536.
(d) Cette pièce a été publiée par Baluze, Histoire généalogique de la maison d'Auvergne, p. 334-335. Sur la maison de Mercœur, voir aussi Moréri, édit. 1759, VII, p. 469, et Justel, Histoire généalogique de la maison d'Auvergne, p. 329.
cerne il n'est pas question de son mari (a); ce fut elle aussi qui vendit Belleville à Blanche d'Artois, veuve du comte Henri III et d'Edmond de Lancastre (b) ; enfin , en 1304, elle fonda l'abbaye de Notre-Dame-de la-Déserte à Lyon (c).
Sous le règne d'Edmond, les fonctions de gouverneur de Champagne furent remplies par Jean d'Acre, bouteiller de France, fils de Jean deBrienne, roi de Jérusalem et empereur de Constantinople. Nous avons déjà parlé de Jean d'Acre plus haut (d).
II ne fut pas maintenu dans ce poste éminent par Philippe le Bel qui confia le gouvernement de la Champagne au fameux sénéchal Jean de Joinville et à Gautier de Chambly (3870, 3872). Le premier est assez connu pour que nous nous contentions de le nommer; quant à Gautier de Chambly, il est un des représentants de l'élément nouveau que la réunion à la France allait introduire dans l'administration champenoise. Chanoine de Senlis dés 1262 (e), archidiacre de Meaux en 1271 (/), archidiacre de
(a) Voir notre tome II, p. lxiv, art. 19.
(b) Voir page 455.
(c) Gall. Christ, nova, IV, col. 289 E.
(d) Voir plus haut, page 449; cf. Catalogue, n° 3849, 3850: la première de ces pièces est datée de 1278; la seconde ne porte pas de date. Ce fut en 1280 que Jean d'Acre châtia les rebelles de Provins. C'est lui encore, sans doute, que désigne sous le nom de lieutenant du comte de Champagne un arrêt du parlement de la Toussaint 1283 (Olim, éd. Beugnot, II, 228, vr, Boutaric, Actes du Parlement de Paris, n° 2490).
(e) Olim, édit. Beugnot, I, 154, ix; cf. 192, xi.
(f) Olim, I. 376. iv ; cf. 885, x.
Coutances en 1285 (a), il joignait à ces dignités ecclésiastiques les fonctions de chapelain du roi de France (6), et de clerc du même souverain (c). Il avait fait partie du parlement sous saint Louis, et avait continué d'appartenir à ce corps sous Philippe le Hardi (d). Il devint évêque de Senlis. En lui se clôt la liste des gouverneurs de Champagne sous le règne des comtes.
Nous ferons remarquer en terminant ce paragraphe une différence essentielle qui existe entre ces gouverneurs primitifs et leurs successeurs, gouverneurs de Champagne depuis la réunion à la monarchie. Du temps des comtes, les gouverneurs, lieutenants d'un prince dont les absences n'étaient jamais que momentanées, avaient par là même des fonctions essentiellement provisoires et passagères, car le retour du prince dans ses Etats de Champagne leur enlevait immédiatement toute autorité, et ils ne pouvaient reprendre leurs fonctions qu'après son départ. Depuis la réunion à la France les fonctions de gouverneur acquirent, par l'absence continue du souverain, une permanence inconnue jusque-là.
(a) Catalogue, n° 3872; voir aussi notre tome II, p. lxxiii, art! 163.
(b) Olim, I, 256, xn.
(c) Olim, !{■ 875, xxvn.
(d) Voir les passages des Olim auxquels renvoient les notes précédentes; voir aussi le tome II du même ouvrage, p. 75, xi, et 218, xlv.
§ 2. — Receveurs.
Les finances de la Champagne paraissent avoir été administrées par les chambriers du comte jusque vers le milieu du xme siècle. Thibaut IV fut l'auteur de l'innovation qui substitua des receveurs à ces officiers. De 1240 à 1285, nous comptons dix personnages investis de ces fonctions nouvelles; mais il y en a deux sur lesquels nous appellerons tout d'abord l'attention du lecteur; ce sont : Jean, doyen de Saint-Quiriace, qui fut receveur de Champagne pendant vingt ans, de 4240 à 1260, et Renier Acorre, qui eut le même emploi sous le règne d'Henri III, le conserva probablement sous Edmond, et que des documents d'une incontestable autorité nous montrent administrant les finances de la Champagne pendant les premières années du règne de Philippe le Bel.
Nous croyons reconnaître le futur doyen de Saint- Quiriace de Provins dans une charte de l'année 1229, où nous voyons Thibaut IV donner « à son cher » clerc, maître Jean de Provins, » dix arpents de pré non loin de Nogent-sur-Seine (2016). C'est en juin 1240 que nous trouvons Jean en fonctions pour la première fois : il fait un paiement pour Thibaut (2550). Depuis cette époque jusqu'en avril 1260 nous le voyons figurer dans dix-huit actes qui constatent, soit le paiement fait par lui au nom de Thibaut IV de dettes antérieurement existantes, soit des acquisitions effectuées par lui au nom de ce prince et de Thibaut V, et quelquefois suivies de paiement
immédiat par ses mains (a). Un des cartulaires de Champagne nous a conservé une des lettres administratives reçues par ce comptable; c'est une dépêche par laquelle il est prévenu qu'un prévôt a pris, au nom de Thibaut IV, possession d'une maison qui vient d'être réunie au domaine des comtes de Champagne (2817). Jean eut le sort commun des financiers du moyen-âge; Thibaut V se brouilla avec lui et s'empara de ses biens par la raison, fondée ou non, que le doyen de Saint-Quiriace était son débiteur, c'est-à-dire, sans doute, avait détourné les fonds dont il avait le maniement (3262).
Renier Acorre, Accorre, L'Acorre, L'Acourre ou mieux Accurri, était un Florentin (3710) attiré en Champagne par le mouvement commercial des foires, et qui commença par établir une banque à Provins (3723, 3752). En 1259, il lui était dû 396 livres par le comte de Champagne, et cette somme lui fut payée à la foire de Bar, entre les mains d'un tiers auquel il avait délégué cette créance (6). En 1260 il possédait une maison à Provins. La même année, Pierre des Barres, chevalier, qui lui devait 20 livres tournois de rente et à qui Thibaut V devait une rente de pareille somme, lui donna cette rente en paiement (3222). En 1267, Renier était créancier d'Henri, comte de Grandpré, auquel il avait avancé 1,700 livres, et comme il devait la même somme
(a) Catalogue, n°s 2655, 2659. 2663, 2664, 2679, 2687, 2696, 2891, 2894, 2936, 2979, 2990, 2993, 2996, 2997, 3055, 3189.
(b) Fragments de comptes du XIIIe siècle, publiés par M. Bourquelot, dans la Bibl. de l'Ecole des chartes, 5e série, IV, 71.
au comte de Champagne, il lui transporta par manière de paiement sa créance sur le comte de Grandpré (3445, 3477). L'année suivante, Henri, comte de Ramerupt, aussi débiteur de Renier, lui engageait pour deux ans ses revenus de Ramerupt (3478). En 4269, Renier, déjà propriétaire important, fait un échange d'immeubles avec Thibaut V, qui acquiert de lui la motte du donjon de Montereau (3541). En 1270, ce prince voulant acquérir les immeubles nécessaires pour la construction du monastère des frères Prêcheurs de Provins, donna ses pouvoirs à cet effet au maître de l'Hôtel-Dieu de cette ville et à Renier Acorre (3658). Renier paraît avoir débuté dans la carrière administrative par l'exécution de ce mandat. C'est au commencement du règne d'Henri III, c'est-à-dire en avril 1271, que nous le voyons pour la première fois en fonctions comme receveur de Champagne (3675). De cette date au mois d'avril 1274, nous avons relevé vingtsix chartes relatives à son administration. Ce sont pour la plupart des actes d'achats de rentes ou d'immeubles (a). Sous le règne d'Edmond, 1275-1284, nous n'avons aucun document qui établisse que Renier conservât son emploi ; mais les comptes de la terre de Champagne pendant les premiers mois de l'année 1285 (6) et pendant les derniers mois de l'année
(a) Catalogue, nos 5678, 5682, 5685, 5690, 5691, 5695, 5694, 5699, 5704, 5707, 5710, 5721, 5722, 5725, 5724, 5727, 5752, 5752, 5758, 5784, 5785, 5790, 5794, 5795, 5796, 5797.
{b) De nombreux extraits de ce compte ont été publiés dans notre tome II, p. lxiii-lxxxvi.
1287 (a) sont rendus par lui. Aux fonctions de receveur il joignit, à partir de 1273, la charge de chambellan, dont il jouit sous Henri III, sous Blanche d'Artois et sous Edmond (b) . Thibaut IV et Henri III lui témoignèrent leur bienveillance par des libéralités importantes, car ils lui donnèrent : l'un 50 livres de rente perpétuelle (3666), l'autre une rente viagère de 300 livres, en échange de laquelle Renier obtint plus tard deux bois dans la forêt de Sourdun et une somme de 1,240 livres (3783); mais finalement il ne fut pas plus heureux que Jean, doyen de Saint-Quiriace. Après avoir, pendant les premières années du roi Philippe le Bel , conservé son emploi , possédé même alors la charge de pannetier.de France (c), il tomba dans la disgrâce de ce prince, et en 1293 ses biens confisqués étaient vendus au plus offrant (d).
Le doyen de Saint-Quiriace et Renier se virent
(a) Ce compte, qui se trouve à la Bibliothèque Impériale dans le tome IX des Mélanges de Clérembault, a été amplement analysé par M. André Lefèvre dans son mémoire intitulé : les Finances de la Champagne au xnr3 et au xive siècle, publié dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 4e série, tomes IV et V.
(b) Catalogue, n- 3779, 3783, 3797, 3807, 3826, 3828, 3834, 3838, 3840.
(c) Il est qualifié de pannetier du roi dans une quittance émanée de Jean de Turno, trésorier du Temple, et donnée à Paris le 21 juillet 1285. (Bibl. Irop., Coll. de Champagne, t. 136, p. 355.)
(d) Voir dans la Collection de Champagne, tome 136, p. 278, une charte datée du dimanche après la Saint-Barnabé 1293, et par laquelle Léobin, clerc du roi de France, vend au chapitre de Notre- Dame du Val-de-Provins, une partie de la dîme de Villiers-Saint- Georges, faisant partie des biens confisqués sur Renier Acorre.
associer successivement tous deux plusieurs collègues. Il semble avoir été de règle, sous Thibaut IV, Thibaut V et Henri III, qu'il se trouvât toujours au moins deux receveurs en fonctions , l'un ecclésiastique et l'autre laïc; ainsi le doyen de Saint-Quiriace eut toujours un ou plusieurs collègues laïcs, et Renier Acorre un collègue ecclésiastique. Les deux receveurs agissaient ordinairement ensemble, et par conséquent la plupart des quittances données par eux et des actes qui constatent les acquisitions qu'ils ont faites portent deux suscriptions et sont revêtus de deux sceaux. Cette formalité était sans doute une condition de validité La suscription du receveur ecclésiastique était placée la première.
Jean, doyen de Saint-Quiriace, eut les cinq collègues suivants :
Evrard de Besançon, 4263-1264 (2655, 2683). C'est le 16 décembre 1228 que nous rencontrons Evrard pour la première fois; il faisait alors déjà partie de l'entourage de Thibaut IV (1880). L'année suivante, il était chambellan de ce prince (1939) ; il exerçait encore cette fonction en 1244 (2683), et nous avons une charte de Tanné 1246 où notre comte lui donne le titre alors inusité de chambrier (2759).
Robert d'Aulnay , chambellan de Thibaut IV, comme le précédent. Il fît comme lui fonctions de receveur en 1243 et en 1244 (a); il figure dans quatre actes avec le doyen de Saint-Quiriace (6),
(a) Catalogue, nus 2659, 2660, 2679, 2683, 2687.
(b) Catalogue, nvs 2659, 2660, 2679, 2687.
dans un autre avec Evrard de Besançon (2683).
Léon de Sézanne. Ce personnage, dit aussi Léonin ou Lyonnet, fut un des Champenois qui accompagnèrent Thibaut IV en Navarre après son avènement au trône. Le 11 janvier 1237, il était à Olite auprès de ce prince, et, sous le nom de syre Leones} figurait au nombre des témoins d'une charte émanée du roi de Navarre (a). Le 21 avril de l'année suivante, nous le retrouvons près de Thibaut à Tudéla, et il porte le titre de majordome du roi (6). De retour en France, il fut probablement, avec le doyen de Saint- Quiriace, chargé de l'administration des finances de la Champagne sous le gouverment de Jean de Thourotte, pendant la croisade de Thibaut IV : un impôt étabJi à Troyes à cette époque, pour servir au paiement des dettes de la ville, fut institué de concert par Jean de Thourolte et par lui (2561). En 1242, il était bailli de Sézanne (2625); en 1246, receveur de Champagne pour la seconde fois, il achète des biens pour Thibaut (2757). L'année suivante nous le voyons de nouveau près de ce prince en Navarre (c). En 1249, il était receveur de Champagne pour la troisième fois (2891); il conserva cette fonction en 1250 (2936, 2945). Nous ie rencontrons une dernière fois dans les cartulaires de Champagne en 1251, où il reçoit, de concert avec Jean de Thourolte, un acte d'aveu et dénombrement (2995). Il
(a) Cette charte a été publiée dans Los Annales de Navarra, III, 10-11.
(b) Los Annales de Navarra, III, 25.
(c) Los Annales de Navarra, IU, 55; Diccionnario de antiguedades del reino de Navarra, II, 330-332.
vivait encore à la majorité de Thibaut V auquel il fit hommage, et même en 1267 (3667), bien que dès 1262 sa fille eût été mise en possession de ses fiefs (a). Simple homme libre en 1237 (6), il était devenu plus lard chevalier (2757).
Girard de la Noue, d'abord marchand de bois (1717), bailli de Thibaut ÏV en l'année 1236, où il fut choisi pour arbitre entre ce prince et Isabelle de Braisnes (2420), eut la charge de bailli de Provins en 1243, 1244 et 1246 (c). Il exerça les fonctions de receveur de Champagne en 1249(2894) et en 1251 (2963, 2997). Un compte des années 1258 et 1259 nous apprend qu'à cette date il était mort, et qu'il avait possédé un four à Provins (d). Pierre de la Noue, bailli de Provins en 1227, et de 1240 à 4242, peut avoir été son parent.
Nicolas de Vilanteus fut le dernier collègue de Jean, doyen de Saint-Quiriace; il fit avec lui une acquisition d'immeuble pour Thibaut V (3489).
Renier Acorre n'eut que deux collègues à notre connaissance.
Le clerc Jacques d'Ervy fut le premier. Il était attaché à la personne d'Henri III antérieurement à la mort de Thibaut V, et administrait les finances du
(a) Feoda Campaniœ, dans notre tome II, p. l-li, art. 596.
(b) Charte du mois d'avril dans le Diccionario de antiguedades del reino de Navarra, I, 16-18.
(c) André Lefèvre, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, I, 186.
(d) Fragments de compte du XIIIe siècle, publiés par Bourquelot, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, IV, 76.
comté de Rosnay avant d'administrer celles de la Champagne (3669). Nous le voyons associé aux fonctions de Renier Acorre du mois d'avril 1271 au mois d'octobre 1273; et pendant cette période il figure dans vingt-sept actes relatifs à l'administration financière de notre comté (a).
Il eut pour successeur Gui de Launois, sous-doyen de Saint-Etienne de Troyes, qui était en fonctions dès le mois de novembre 1273 (3785), et dont nous connaissons trois actes d'administration datés de 127/» (3790, 379/!, 3796).
Le domaine des comtes de Champagne à Paris eut, sous le règne Thibaut V, un administrateur séparé; ce fut le clerc Lambert de Lagny, que nous y voyons de 1263 à 1265 (3306, 333/k 3361, 3365, 3362).
Nous ferons observer que des dix personnages mentionnés dans ce paragraphe, trois seulement : Renier Acorre, Jacques d'Ervy et Gui, sous-doyen de Saint-Etienne , portèrent le titre de receveur, bien que tous en aient exercé les fonctions. Jacques d'Ervy est, dans deux actes, qualifié de trésorier du roi de Navarre (3680, 3682) ; mais nous ne pensons pas que ce fût son titre officiel, puisqu'on ne le lui donne que d'une manière si exceptionnelle. On ne doit pas davantage attacher de l'importance au titre de gouverneurs de Champagne (en latin recloribus), qu'un acte du 1er septembre 1271 accole au nom de Renier Acorre et de Jacques d'Ervy (3685).
(a) Catalogue, n°s 3675, 3678, 3680, 3682, 3685, 3688, 3690-3694, 3698-3700, 3704. 3705, 3707, 3710, 3720-3724 3727, 5752, 5758, 3784.
g 3. — Baillis.
Bailli est un dérivé du latin bajulus, ou du français bail, qui désigne une personne temporairement investie des droits du propriétaire d'une seigneurie sans en avoir cependant la propriété. Le titre de bailli se trouve déjà sous le règne d'Henri Ier; mais il n'a pas alors d'autre signification que le sens trèsgénéral d'agent administratif (a). Sous Henri II, des chartes des années 1189 et 1190 nous montrent dans le bailli un agent supérieur aux prévôts, aux gruyers et aux sergents du comte (383, 392, Û10); toutefois, nous ne connaissons le nom d'aucun bailli de Champagne avant le xme siècle.
Le premier que nous rencontrons est Morel de Vertus; le 1er avril 1210, il prend le titre de bailli du seigneur comte de Troyes dans une charte par laquelle il constate un désistement en faveur de la léproserie de cette ville (b). Morel reparaît dans plusieurs documents postérieurs qui continuent à nous le montrer attaché au service du comte de Champagne, mais il n'y porte plus le titre de bailli. Ainsi, en 1218 il toucha des deniers de la comtesse Blanche 26 sous à titre de gages, et de plus, si nous entendons bien un texte mutilé, 40 livres pour l'année
(a) Voir notre tome III, p. 153.
(b) Cartulaire de la Léproserie de Troyes, conservé aux Archives de l'Aube, f° 40 r°. Cette charte a été publiée par M. Harmand dans les Mémoires de la Société d'Agriculture de l'Aube, 2e série, I, 549. Le nom du personnage a été écrit dans le cartulaire comme dans l'imprimé Motellus au lieu de Morellus.
courante et les arrérages d'une rente de 20 livres qu'elle lui devait et qu'il tenait d'elle en fief (a). En octobre 1222 il cautionna, en présence de Thibaut IV, Mauger, prévôt d'Ervy, depuis bailli et chambellan (1449); en 1223 il fut un des experts envoyés par Thibaut pour délimiter la portion de la forêt d'Othe, où les habitants de Maraye avaient droit d'usage (1557).
Après Morel de Vertus nous rangerons, en suivant l'ordre chronologique, Raoul des Ponts, bailli de la comtesse de Champagne en juin 1220 (6) et en octobre 1223 (4 563). C'est en avril 1213 que nous rencontrons ce personnage pour la première fois; il venait de donner à l'abbaye du Paraclet un étal dans la petite ville de Nogent-sur-Seine (858). En 1215 il est du nombre des conseillers sur l'avis desquels Blanche de Navarre et deux autres arbitres rendent une sentence (956). En 1249 il tient au nom de Blanche, avec d'autres conseillers de cette princesse, des assises à Provins (c). En 1230, Raoul des Ponts n'était plus bailli; il est simplement qualifié de ser-
(a) Fragments de comptes du XIIIe siècle, publiés par Bourquelot, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, IV, 58, 59.
(b) Archives de l'Empire, Cartulaire des Templiers de Provins, p. 16, col. 1, n° 2; cité par Bourquelot, Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 4e série, IV, 183.
(c) Fragments de comptes du XIIIe siècle, publiés par Bourquelot, Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, IV, 66-67. Barthélemi et Jehan, qui tinrent ces assises avec lui, sont probablement Barthélemi de Troyes, dont les services furent récompensés par Thibaut en 1225 (1672), et Jean de Bernay, mari dune des demoiselles de Blanche (1493).
gent dans une charte qui nous apprend que Thibaut IV lui avait fait donner, par l'hôpital deNogentsur-Seine, l'usufruit d'une maison à Auve (2088). En 1236 il était mort (2385).
Nous connaissons encore deux autres baillis de Blanche de Navarre : l'un est Simon de Courpalay, qui paraît avoir eu sous ses ordres le prévôt de Montereau; nous ne trouvons son nom qu'une fois, et cela dans une charte sans date, mais cetle charte est antérieure à la majorité de Thibaut IV et à la fin de la régence de Blanche (1618) (a). . 1 m«-t> £its{j£éof
Le dernier bailli de cette princesse que nous ayons /> ^ £ ç~ rencontré est Payen Oger, en latin Paganus Ogeri, dont nous avons une charte datée d'octobre 1228 (6).
On remarquera que les quatre baillis dont nous venons de parler n'ajoutent à leurs titres aucun nom de lieu dans les chartes que nous connaissons; il peut sembler logique d'en conclure qu'ils n'avaient pas de ressort, et que leur autorité s'étendait à tous les Etats de Blanche, c'est-à-dire au comté de Champagne tout entier jusqu'à la majorité de Thibaut IV, et depuis aux sept prévôtés qui constituaient le douaire de sa mère (c).
Après l'avènement de Thibaut IV, les baillis ont la plupart du temps un ressort déterminé, et si
(a) En effet, Montereau, dont le prévôt était subordonné à Simon de Gourpalay, bailli de Blanche de Navarre, cessa d'être soumis à l'autorité de Blanche quand Thibaut IV devint majeur.
(6) Archives de l'Aube : Inventaire de Montier-la-Celle , f° 58 v°; cf. Grosley, Mémoires historiques et critiques pour l'histoire de Troyes, I, 460.
(c) Voir plus haut, pages 89-90.
quelquefois certains d'entre eux prennent le titre de bailli absolument, c'est par exception, et d'autres actes nous font connaître quelle ville était le cheflieu du territoire placé sous leur juridiction.
Deux personnages seulement restent en dehors de cette règle, ce sont Lambert Bouchu et Jean de Thourotte.
Lambert Bouchu de Bar sur-Aube, dit aussi Lambert de Bar, fut chambrier de Champagne de 1200 êr^dy v \ à 1225 au moins («)■ C'est en 4195 que nous le ; îl'tû voyons pourla première fois à la cour deChampagne;
% il est cette année témoin de deux actes de la com-
tesse Marie (433, 435). On le retrouve comme témoin dans une charte de la même comtesse en 1 197 (MU). Depuis il semble avoir été un des membres les plus actifs du conseil de Blanche de Navarre et de Thibaut IV. Le nombre des actes où il figure comme rapporteur, expert ou arbitre de 4213 à 1234, dans notre Catalogue des actes des comtes de Champagne, est de dix-sept (6). 11 cautionne une fois un débiteur de la comtesse (4248), deux fois le comte lui-même
(a) Lambert Bouchu porte le titre de chambrier dans des actes qui ont les dates suivantes : avril 1200 (510), août 1205 (628), mai 1210 {Cartulnire de Saint-Maclou de Bar -sur -Aube, appartenant à M. Aubertin), juillet 1217 (Archives de la Haute-Marne, Cartulaire de Longuay), juin 1219 (1213), mai 1225 (Archives de l'Aube, Inventaire de Montier -la- Celle , f° 58 r°). Au mois de février 1226, il reçoit de l'argent pour Thibaut IV (1693), et le 29 octobre 1228 il remet à un créancier du comte un bon de 500 livres (1864); ces deux actes peuvent se rapporter à ses fonctions de chambrier, bien qu'il n'y porte pas ce titre.
{b) Voir n°s 807, 1190, 1345, 1356, 1389, 1391, 1410, 1465 1626, 1636, 1910, 1935, 1936, 1949, 1981, 1990, 2119.
(1857, 1858). En 4215 il est un des trois émissaires qui, envoyés par Blanche de Navarre pour retenir à Gênes Erard de Brienne, parviennent à l'y faire emprisonner (a). En 1218, Thibaut l'envoyé en ambassade près de Philippe-Auguste (6). il fait cette année deux voyages à Paris pour les affaires du comte et de la comtesse de Champagne (c). En 1219 diverses sommes lui sont allouées pour l'indemniser de la dépense que lui ont causée de nouveaux voyages du même genre {d). Son sergent Guionet (e),son palefroi qui en 1219 fit un séjour à Provins aux frais de Blanche de Navarre (/"), figurent aussi dans la comptabilité de cette princesse. Lambert Bouchu était frère de Pierre Goin (g), comme lui chambrier, et dont nous parlerons plus tard dans le paragraphe consacré aux chambriers. Les deux frères avaient en commun une maison à Bar-sur-Aube (2657), et une maison à Troyes (3310). 11 n'est plus question de Lambert comme vivant à partir d'avril 1231, et il est certain qu'en décembre 1244 il était mort (2686).
Tels sont les renseignements que nous avons pu recueillir sur Lambert Bouchu. Or, quand en juil-
(a) Voir plus haut, page 117.
(6) Voir plus haut, page 201 .
(c) Bourquelot, Fragments de comptes du XIIIe siècle, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, IV, 58.
(d) Ibid., p. 62,67.
(e) Ibid., p. 61.
(/) Ibid., p. 67.
(y) Charte de l'année 1223, Ârch. de l'Aube, fonds de Saint- Etienne.
let 1224 nous le voyons se qualifier de « bailli » d'homme illustre le comte de Champagne (a), » nous ne croyons pas qu'on doive entendre par là qu'il fût momentanément devenu, comme les baillis dont nous allons parler, un vulgaire officier d'administration et de justice, supérieur seulement aux prévôts et subordonné au conseil du comte. Nous pensons qu'en juillet 1224 Lambert Bouchu était le chef de l'administration de la Champagne en l'absence de Thibaut IV, qui alors faisait partie de l'expédition de Louis VIII contre les Anglais (6).
C'est dans le même sens qu'en 1249, Jean de Thourotte, gouverneur de Champagne, reçoit accidentellement dans une bulle le titre de bailli (2887).
Sous le règne de Thibaut IV, les bailliages furent au nombre de dix au moins, savoir : Bar-sur-Aube, Château-Thierry, Chaumont-en-Bassigny, Epernay, Ervy, Montereau, Provins, Sézanne, Troyes et Vitry.
Nous connaissons deux baillis de Bar-sur-Aube : Humbert, qui était en fonctions en décembre 4222, qui n'avait plus d'emploi en 1226 et qui était mort en 1239 (c), et Etienne de La Malmaison, qui prend le titre de bailli de Bar-sur-Aube en mai 1241 (d).
(a) Archives de l'Aube, Inventaire de Montier-la-C&lle, f° 57 v°; Grosley, Mém. hist., I, 459; Lefèvre, dans la Bibl. de l'Ecole des chartes, 5e série, t. I, p. 185.
(b) Voir plus haut, p. 199.
(c) Cartulaire de Saint-Maclou , cité dans notre Histoire de Bar-sur-Aube sous les comtes de Champagne, page 9.
{d) Ms. de la Bibl. Imp. 500de Colbert, 58, fos 236v°-240 r°, cité dans notre Histoire de Bar-sur-Aube, p. 10. Etienne prend
Etienne était encore bailli en 1251, mais sans que nous sachions quel était alors son ressort (a). On le trouve aussi, à la date de 1249, dans la liste des baillis de Chaumont, dressée par M. Jolibois (6).
Nous avons une lettre du 8 décembre 1222, adressée par Thibaut IV à trois fonctionnaires de Château-Thierry, en tête desquels ce prince met le bailli (1457). En 1235, Jacques d'Aulnay réunissait les fonctions de bailli de Château-Thierry à celles de bailli de Provins (c).
Le premier bailli de Chaumont que nous connaissions est Etienne de Chaumont, 1227 (d). Viennent ensuite Guillaume de Hausay, 1235 (e), et Pierre de Courpalay, 1248 (f). Ce dernier, châtelain de Sainte- Menehould dès le mois de décembre 1243 (2661), porte le titre de bailli sans indication de ressort dans une charte de l'année 1250 (2943); il était bailli de Vitry en novembre 1252 (g), et il faisait encore partie du conseil de Thibaut V en 1259 (3167). En 1248 il n'est pas le seul bailli de Chaumont que nous rencontrions, nous voyons aussi en mai et juin Etienne
aussi la qualité de bailli de Bar-sur-Aube dans une charte sans date, cataloguée sous le n° 2600.
(a) Archives de l'Empire, J 201 , n° 31.
. (b) Histoire de la ville de Chaumont, p. 447.
(c) Archives de l'Empire, K 192, liasse 10, citée par Lefèvre, Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, I, 186.
(d) Jolibois, Histoire de la ville de Chaumont, p. 41, 447.
(e) Jolibois, ibid., et Catalogue, n° 2402.
(f) Jolibois, ibid., p. 447.
{g) Archives de l'Empire, J 197, n° 77.
de La Ferté-sur-Aube (a). La liste des baillis de Chaumont sous Thibaut IV se clôt par Etienne de La Malmaison , précédemment bailli de Bar-sur- Aube, 4249 (6).
Epernay avait un bailli en mars 1236 (2390). Le bailliage d'Ervy était, en 1230, confié au même titulaire que le bailliage de Troyes. Ce titulaire était Mauger (2085, 2086), précédemment prévôt d'Ervy et assez riche pour avoir prêté 600 livres à Guillaume, chancelier de Champagne (1469) ; il avait cependant épousé une serve main-mortable (2085). Il devint plus lard chambellan de Thibaut IV (2657, 2876).
Il est question du bailli de Thibaut IV à Monte- ••">>•>. ~,./reau dans une charte de l'année 1231 (2164); mais ■ t >2X3 nous ne savons pas le nom de ce bailli. C'A rfbt) Comme à Chaumont, c'est en 1227 qu'à Provins
les documents connus jusqu'à ce jour nous montrent pour la première fois un bailli. Nous trouvons même cette année trois baillis dans cette ville : Pierre de La Noue, Pierre Le Gendre et Pierre de Gace, à moins que ces trois Pierre ne soient la même personne c). Nous rencontrons ensuite Jacques d'Aulnay en même temps bailli de Château-Thierry, et dont nous avons déjà parlé; Pierre de La Noue
(a) Nous connaissons trois documents où il figure en 1248 : ils sont datés de mai (2832), du 3 juin (2836), et du 9 juin (Archives de l'Aube, premier Cartulaire de l'Hôtel-Dieu de Troyes, f° 64 r°).
(b) Jolibois, Histoire de Chaumont, p. 447.
(c) Lefèvre, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, I, 185. Voir aussi sur Pierre Legendre la charte que nous avons cataloguée sous le n° 1902.
pour la seconde fois, 1240-1242 (a) ; Girard de La Noue, 1243, 1266, 1246, depuis receveur de Champagne (6) ^Gilles de Villenauxe, 1252: ce dernier, que nous trouvons d'abord près de Thibaut IV en Navarre, le 22 novembre 1247 (c) fut, trois ans après, chargé par ce prince de dresser, avec le clerc Jacques de Rebais, un état général des fiefs du comté de Champagne (2978), et s'occupa de ce travail pendant l'année 1251 (2985, 2987); il était bailli de Provins dès le mois de mars 1252 (2994); il paraît avoir conservé cette fonction jusqu'en 1257 et l'avoir recouvrée au mois de juillet 1268 (d).
Sézanne faisait partie du douaire de Blanche de Navarre et ne fut, par conséquent, réuni aux Etats de Thibaut qu'en 1229; en 1230 Jean d'Epernay était bailli de cette ville (2069). Des chartes des années 1231 (2114), 1235 (2321) et 1238 (2456), mentionnent ce personnage en lui donnant encore ^ le titre de bailli, mais sans nous dire quel était ? son ressort à ces dates. En 1242 son successeur était Léon de Sézanne, dont nous avons parlé
(a) Lefèvre, ibid., p. 186.
(b) Voir plus haut, p. 471.
(c) Charte de cette date dans Los annales deNavarra, III, 55; et Diccionario de antiguedades del reino de Navarra, II, 330-
(d) Lefèvre, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e sé. rie, I, 186.
si
dans le paragraphe relatif aux receveurs (a).
Nous ne connaissons pas de bailli de Troyes antérieur à Guillaume de Putemonoie qui, dans un acte du mois d'août 1229, prend le titre de « bailli o de Troyes pour homme illustre Thibaut, comte » de Champagne (6). » Guillaume nous semble avoir été un homme de quelque importance. Il avait des procès en 1219 (1196) et en 1222 (1658), et les transactions qui les terminèrent furent constatées par Blanche de Navarre et par Thibaut IV j il fit au prieuré d'Isle-Aumont une donation de 40 arpents de bois (1515). En 1222 nous le trouvons dans l'entourage du comte de Champagne (\àli9). Il paraît avoir fait partie du conseil de Thibaut dès l'année 1225, où ce prince achetant une partie du comté de Bar-sur-Seine le désigne comme arbitre d'une des contestations qui devaient résulter de cette acquisition (1677); en février. 1226, il loucha pour Thibaut une somme d'argent (1693). Il porta le titre de bailli du mois de novembre 1228 (c) au » et,**Aj mois de mars 1230 (d). A cette dernière date, il fut A4 t/&e*W«,désigné comme expert, par le comte et par le chapi-
e/vwfc f *7 f£j
(a) Voir plus haut, page 470.
(b) Archives de l'Aube, Cartulaire du Temple, f° 86 v°.
(c) Voir aux Archives de l'Aube, Cartulaire de Larrivour , f° 19 v°, deux chartes de cette date, l'une émanée de Guillaume Putemonoie, « chevalier et bailli de l'illustre comte de Gham- « pagne », l'autre où il est dit bailli de Troyes.
(d) Voir aux Archives de l'Aube, Cartulaire de la Léproserie de Troyes, ï° 56 r° v°, une charte de lui datée de mars 1229 (vieux style).
tre de Saint-Etienne de Troyes, pour l'estimation d'une femme de corps (1996). Depuis il n'est plus question de lui. Pierre Putemonoie, chevalier, qui fit partie de la croisade de 4239 (a) et qui était mort en 1255 (3089), Hugues Putemonoie, chevalier, et Guillaume Putemonoie, écuyer, qui vivaient en 4254 (6), étaient sans doute ses parents. Après lui la liste des baillis de Troyes se continue, en 4230, par Mauger, dont nous avons déjà parlé à propos du bailliage d'Ervy (cfîen 1240, par Guillaume Alexan-^*^"?^ ^ dre (d) qui après une interruption reprit ses fonctions en 4246, qui fut en 1264 bailli de Provins (e), />s%tt~ redevint bailli de Troyes en 1269 et alors conserva cette charge pendant sept années, durant une partie desquelles il y réunit les fonctions de bailli de Provins (/•). En décembre 1240, le bailli de Troyes était Lambert de Tiercelieue (g). Ses successeurs furent Joibert Haquetin, mai 1242 (/i); Joibert de Bar-sur-
(c) Voir plus haut la note b de ia page 315.
(b) Carlulaire de la Léproserie de Troyes, publié par M. Harmand, dans les Mémoires de la Société d'Agriculture de l'Aube, 2e série, I, 577.
(c) Voir plus haut, page 480.
{d) Grosley, Mémoires historiques, 1,460.
(e) Cartulaire de Gouvois, cité par Lefèvre, Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 5e série, I, 186.
(/") Lefèvre, dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 5e série, I, 187.
{g) Voir aux Archives de l'Aube, fonds de Notre-Dame-aux- Nonnains, une charte de lui qui porte cette date.
(h) Archives de l'Aube, Inventaire de Montier-la-Celle, f° 58 v°.
Seine, janvier 4244 (2666); Guillaume Alexandre pouria seconde fois, 4246; Oger Du Val. de juillet 4246 au mois d'août 1252 (a).
* Nous n'avons pas trouvé de bailli de Vitry avant Pierre, qui exerça cette fonction en 4228 (1870) et en 1229 (1939), et en qui nous devons peut-être /v ÎÂ), reconnaître Pierre de Vitry, chambrier de Thibaut IV en 1235 (2321). Nous rencontrons ensuite Nicolas, 1231 (2153), et en 4252 Pierre de Gourpalay (6), précédemment bailli de Chaumont.
Après la mort de Thibaut IV on ne voit plus de baillis à Bar-sur-Aube, à Château-Thierry, à Eperù, c/ ">w-»t,''nay, à Ervy ni à Montereaû**; ainsi, sur dix bailliages cinq disparaissent. Deux nouveaux bailliages surgisf/lr</ sent : celui de Nogent-le-Roi, qui n'eut qu'une
. <sf e*£*r existence éphémère et dont nous n'avons trouvé la mention qu'en octobre 1266 (3392), et celui de Meaux, qui ne paraît pas antérieur à l'année 1274, mais qui avait un long avenir devant lui (c). Par conséquent, vers cette époque le nombre des bailliages de Champagne était de six : Chaumont, Meaux,
(a) Nous connaissons trois chartes de lui; elles portent les dates suivantes : 1° juillet 1246 (2755), 2° 5 février 1251 (Archives de l'Aube, Cartulaire du Temple, f° 1 v°), 3° août 1252 (ibid., f° 2 r°).
(6) Archives de l'Empire, J 197, n° 77, novembre 1252.
(c) Lefèvre, dans la Bibliothèque de l'Ecole des Charles, 5e série, I, 187, déclare n'avoir pas rencontré de bailli de Meaux avant 1276 ; mais il est question du bailli de celte ville dans la charte du 9 juin 1274, que nous avons cataloguée sous le n° 3798.
Provins, Sézanne, Troyes et Vitry. Mais tandis que Chaumonl (a), Sézanne (6) et Vitry (c) avaient chacun leur bailli, les bailliages de Meaux, Provins et Troyes furent, dans les derniers temps de l'autonomie champenoise , réunis habituellement sur la même tête (d), en sorte que le nombre des baillis était réduit à quatre. En effet, une sentence du 1er février 1276 énumérant les juges dont était com-
(à) Pour la suite des baillis de Chaumont, voir Jolibois, Histoire de Chaumont, p. 447. Nous ajouterons que Viennet de Nogent, un des baillis mentionnés par M. Jolibois, figure dans notre Catalogue en mars 1-265 (3298), et en mai 1265 (5560). Son sceau et celui d'un de ses successeurs sont décrits par M. Jolibois, Hist. de Chaumont, p. 41-42.
(6) En mars 1278, Guillaume du Cbâtelet était bailli de Sézanne (Archives de l'Aube, fonds du Paraclet); il avait été bailli de Meaux en 1276, comme nous l'apprend M. Lefèvre, loco citato, et il devint bailli de Chaumont en 1282. Le nom de Guillaume du Châtelet se trouve quatre fois cité dans Li drois et li coustumes de Champaingne et de Brie; voir les listes de juges des grands jours contenues dans les § V, VII, XX et XXXVI. — Sur le bailliage de Sézanne à la fin du xme siècle, voir notre tome II, p. lxi-lxii, art. 41-47.
(c) En 1273, Pierre de la Malmaison, bailli de Vitry, constate une donation à l'abbaye de la Charmoye (Archives de la Marne, fonds de la Charmoye). Pierre de la Malmaison est mentionné trois • fois dans les listes déjuges des grands jours, données par Li drois et coustumes de Champaingne et de Brie, voir § XIX, XXII, XXIII. Ses successeurs à Vitry furent, en 1283 Hugues de Chaumont, en 1284 Jean de Villeblovain, en 1285 Hugues de Chaumont pour la seconde fois : D. Bouquet, XXII, 768.
{d) Lefèvre , dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes , 5e série, I, 186-188, donne la liste des baillis de Meaux, Provins et Troyes, pendant les dernières années du xme siècle.
posé à cette époque le tribunal suprême du comté, ne mentionne que quatre baillis (3830) (a). Le nombre des baillis de Champagne fut le môme sous le gouvernement des rois de France pendant une longue période, et alors la jurisprudence des bailliages royaux donna naissance à quatre coutumes qui se substituèrent à la coutume unique du temps des comtes, et qui, fixées par une rédaction officielle, furent du xvie siècle au code Napoléon la base de notre législation provinciale. Mais les quatre bailliages dont le territoire forma la circonscription géographique de chacune de ces coutumes n'avaient pas le même ressort que les quatre baillis de la fin du xme siècle. Ces bailliages étaient ceux de Chaumont, de Meaux, de Troyes et de Vitry (6). Ainsi le bailliage de Troyes reprit sous l'administration royale une existence séparée, et le bailliage de Sézanne fut, ainsi que celui de Provins, englobé dans celui de Meaux, tandis que, sauf quelques changements de circonscription (c), ceux de Chaumont et de Vitry subsistaient comme par le passé.
(a) Ces quatre baillis étaient : Pierre de la Malmaison, bailli de Vitry en 1273 ; Guillaume Alexandre, alors bailli de Troyes et de Provins; Guillaume de Loia et Guillaume Rémond.
(b) Cette division se trouve déjà indiquée dans un mandement adressé par Louis X, roi de France, aux quatre baillis de Champagne, le 5 mai 1315, et qui se trouve imprimé à la suite de la Coutume de Troyes dans la plupart des éditions.
(c) Voir à ce sujet Lefèvre, Les Finances de la Champagne, p. 11-18 du tirage à part.
Section 2e. — Grands-Officiers.
§ 1er. — Sénéchaux.
La charge de sénéchal donnée par Henri Ier à Geofroi III de Joinville (a) devint dès lors héréditaire : les autres grands officiers des comtes ne possédaient leurs charges qu'à titre viager. Geofroi III survécut à Henri Ier et ne mourut que vers 1184 (b).
Geofroi IV dit Vallet, son fils et son successeur, un des croisés qui en 1190 précédèrent Henri H sous les murs d'Acre, ne paraît dans aucun des actes que nous avons relevés (c).
Geofroi V dit Troullard, fils aîné et successeur de Geofroi IV, était présent quand, en juillet 1199, Thibaut III constitua le douaire de Blanche de Navarre (485). Nous avons une charte de la même date où il prend le titre de sénéchal de Champagne (486). Lors de la quatrième croisade, il fut du nombre des guerriers qui, laissant le gros de l'armée gagner
(a) Voir notre tome III, page 123.
(b) Art de vérifier les dates, II, 596. L'histoire de la maison de Joinville aurait besoin d'une étude nouvelle dont la nécessité ressort des contradictions qui existent entre le travail publié dans l'Art de vérifier les dates et les documents réunis par M. Champollion-Figeac, Documenls historiques inédits tirés de la Bibliothèque royale, I, 615-645.
(c) Voir sur lui plus haut, p. 29; Art de vérifier les dates, II, 596; Albéric, ap. D. Bouquet, XVIII, 751 B.
Constantinople, se rendirent en Palestine. Mort vers 1205, il ne laissa pas de postérité (a).
Simon, son frère, lui succéda dans la seigneurie de Joinville et dans la charge de connétable. Il scella de son sceau les ordonnances de Blanche de Navarre et de Thibaut IV sur les successions en 4212 (814) et en 1224 (1652). Il fut une des cautions de Thibaut IV quand ce dernier fit hommage à Philippe- Auguste (1370). Nous avons raconté comment il prit et abandonna le parti d'Erard de Brienne (6), comment pendant la guerre de 1230 il s'occupa de la défense de Troyes (c). Blanche, après avoir contesté que la charge de sénéchal fût héréditaire dans la maison de Joinville (867), admit le fondement des prétentions de Simon (4124), et Thibaut IV, qui refusa d'abord d'approuver cette concession de sa mère (4630,1631), consentit ensuite à la confîrmer(1720). Simon fit partie de la croisade de l'année 1218.
Après lui vient Jean, son fils, 1234-1319 (d), le célèbre historien de saint Louis. Nous avons raconté comment il négocia le mariage de Thibaut V (e). Nous avons dit qu'il fut gouverneur de Champagne
(a) Albéric, ap. D. Bouquet, XVIII , 704 B ; Villehardouin, ibid., 433 A, 438 C ; Art de vérifier les dates, II, 597. La fameuse épitaphe de Geofroi de Joinville, rédigée par Jean de Joinville, l'historien de saint Louis, donne sur Geofroi Troullard de curieux détails.
{b) Voir plus haut, pages 125, 126, 128, 159-161.
(c) Voir plus haut, pages 248, 249.
(d) Art de vérifier les dates, II, 598-602.
(e) Voir plus haut, p. 356-357.
au commencement du régne de Philippe le Bel (a). Sa vie est trop connue pour nous arrêter ici.
Les sénéchaux de Champagne recevaient des appointements. Nous avons encore une pièce datée du 22 mai 1223, et par laquelle Gui, frère de Simon de Join ville, reconnaît avoir touché 100 livres dues par Thibaut IV à Simon à titre de traitement (1534). Jean de Joinville reçut au môme titre 164 livres, le 30 novembre 1268, et autant à pareil jour de l'année suivante (3693). En outre, lorsque le sénéchal servait le comte à table, ce qui avait lieu dans les dîners d'apparat, la vaisselle qui avait paru sur la table devenait sa propriété (3269).
A partir de l'avènement de Thibaut IV au trône de Navarre, nos comtes eurent, outre leur sénéchal de Champagne, un sénéchal de Navarre; celui-ci amovibleet faisant fonctions de a^verneur pendant l'absence du roi. Nous savons leWioms de six sénéchaux de Navarre :
Ponce Dumei, 1235-1236 (b) ;
Sancho Femandez de Montagudo, 1264-1254 (c);
Geofroi, seigneur de Bourlemont, 1255-1257 (d);
Clément Launay ou de Launay, 1263-1266 (<?);
Roldan Perez de Eransus, 1271 (/");
. (a) Voir plus haut, p. 463.
{b) Voir plus haut, p. 291-292.
(c) Voir sur lui les pièces qui portent les dates suivantes : 23 novembre 1244 (2648), 22 novembre 1247 {Los Annales deNavarra, III, 55), 5 avril 1254 (Los Annales dp Navarra, 111, 75).
(d) Voir plus haut, p. 3^3, note b.
le) Voir plus liant, p. 373-374.
(f) Los Annales de Navarra, III, 145.
Pedro Sanchez de Montagudo qui, déjà lieutenant d'Henri IÎI en 1272 (a), fut chargé du gouvernement de la Navarre en 1274 (6) et le conserva environ un an, c'est-à-dire jusqu'au moment où Philippe le Hardi lui donna pour successeur Eustache de Beaumarchais.
Parmi ses prédécesseurs on compte trois Français: Ponce Dumei, Geofroi de Bourlemont et Clément Launay. Geofroi de Bourlemont est le seul qui paraisse avoir eu dans sa patrie une situation importante. Parent des maisons de Joinville et de Dampierre (c), vassal de Thibaut IV pour l'importante baronnie de Bourlemont (d), il avait cautionné d'abord le duc de Lorraine, Mathieu II, lors des fiançailles de Ferri de Lorraine avec Marguerite de Navarre, 1249 (2866), puis la duchesse de Lorraine, veuve de Mathieujjlfcrs du traité conclu par elle en 1252 avec les comtes de Bar et de Luxembourg (3004). Mais ses finances étaient dérangées. En 1250 il avait obtenu de la générosité de Thibaut IV l'argent nécessaire pour faire réparer les fortifications de son château (2915). Ce furent, en 4255, un prêt de 2,000 livres tournois et la promesse de 300 livres de gages qui le décidèrent à accepter les fonctions de sénéchal de Navarre (3090, 3107). Il était de retour en Champagne en 1260 (3207), et trois ans plus tard contractait de nouvelles dettes (3336).
(a) Voir plus haut, p. 438.
(b) Voir plus haut, p. 441.
(a) Félicité de Joinville, fille de Geofroi IV de Joinville, et d'Helvide de Dampierre, avait épousé Pierre de Bourlemont. (d) Voir notre tome II, p. xxi, art. 271; p. xxm, art. 306.
Clément Launay, son successeur en Navarre, paraît être le même que Clément de Lenay ou de Lanays, qui plus tard reçut de Philippe le Hardi une mission en Navarre, et qui fit partie de l'armée française envoyée par ce prince pour rétablir l'ordre dans ce royaume (a).
I 2. — Connétables.
Guillaume Ier de Dampierre, le second par ordre chronologique des connétables d'Henri Ier (6), eut pour successeur Gui lï de Dampierre, son fils, dit d'abord Gui de Moëlain (331). Nous ne connaissons point d'actes où il prenne le titre de connétable. Il apparaît comme témoin dans trois chartes de la comtesse Marie (331, 365, 365). 11 accompagna Henri II en Terre-Sainte (c). En 1198 il était présent quand Thibaut I î ï fit hommage à Philippe-Auguste, et il figura en tête des Champenois qui garantirent par leur serment la fidélité de Thibaut (656). Il fut un des barons qui, en 1212, donnèrent leur consentement au règlement de Blanche sur les successions et sur les duels (815), un des témoins qui en 1213 attestèrent la nullité du mariage d'Henri II (d). La
\a) Guillaume Anelier, Histoire de la guerre de Navarre, vers 3999 et 4596, édit, F. Michel, p. 258, 296. Voir aussi dans Los Annales de Navarra, III, 227, un mandement de Philippe le Hardi à Jean de Nesle, Imbert de Beaujeu et Clément de Alveto (sic), 1282.
(b) Voir notre tome III, p. 124-125.
(c) Voir plus haut, p. 31.
(d) Voir plus haut, p. 118.
même année, il cautionna Blanche lors du traiié que celte dernière conclut avec Philippe-Auguste (837). Ce fut lui qui, par son mariage avec Mathilde de Bourbon, fît entrer la seigneurie de Bourbon dans la maison de Darapierre (a). Il mourut au commencement de l'année 1216. En 1210 il avait, à la tête d'une armée de Philippe-Auguste, conquis une partie de l'Auvergne (6).
Archambaud IX, seigneur de Bourbon, son fils aîné, promit en février 1216 de soutenir Blanche contre Erard de Brienne (947). Au mois d'avril de l'année suivante, il reconnut n'avoir qu'un droit viager sur la connétablie (1060) qu'il paraît avoir conservée jusqu'au commencement de l'année 1221 (1315). Il fut un des seigneurs qui, en 1226, invitèrent Thibaut IV au sacre de Louis IX (1731). II est placé en tôle de notre liste des gouverneurs de Champagne (c). Marguerite de Bourbon, l'une de ses filles, épousa Thibaut IV; Béatrix, une autre de ses filles, mariée à Béraud le Grand, seigneur de Mercœur, fut mère de Béraud de Mercœur, gouverneur de Champagne sous le comte Henri III (d), 11 mourut en 1262 (e).
Guillaume II de Darapierre, frère d'Archarnbaud qui précède, était connétable de Champagne le 26 fé-
(a) Albérie, ap. D. Bouquet, XVI11, 786 E ; Art de vérifier les dates., II, 415.
(b) Guillelnius Annonças, dans D. Bouquet, XVII, 771-772. (e) Voir plus haut, p. 458.
{d) Voir plus haut, p. 461-462.
(e) Art de vérifier les dates, II, 413.
vrier -1221, jour où, comme son frère, il reconnut n'avoir qu'un droit viager sur cette charge (1315). Dès l'année 4219 on le voit paraître dans les comples de Blanche de Na varre (ci). En février 12*22 il cautionna la fidélité de Thibaut ÏV à Philippe-Auguste (1373). Après avoir, en 1223, voulu épouser Alix, reine de Chypre, qui prétendait au comté de Champagne (1555), il prit pour femme, la même année, Marguerite, héritière présomptive de Jeanne, comtesse de Flandre (1576, 1577) (b). Il compta parmi les vassaux fidèles à Thibaut IV pendant les guerres des années 1229 et 1230 (1850, 2023, 2026). Il mourut en 1261 (c).
Jean Ier, seigneur de Dampierre, son troisième fils, eut après lui la charge de connétable de Champagne; mais il dut comme lui reconnaître qu'il n'avait sur elle aucun droit héréditaire (2928). Il fut caution de Thibaut IV lors des conventions relatives au mariage projeté entre Marguerite, fille de ce dernier, et Ferri, depuis duc de Lorraine (2888). Un an et demi après il épousa Lore, sœur de Ferri (2967-2970), laquelle eut en dot la seigneurie de Sainl-Dizier (d). Combattant dans l'intérêt de sa mère à la bataille de Walcheren, il partagea le sort d'un grand nombre de barons qui restèrent prisonniers, 1253 (e). La der-
' (a) Fragments de comptes du XIIIe siècle, publiés par M. Bourquelot, Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 5e série, IV, 65.
(b) Voir plus haut, pages 223-224.
(c) Art de vérifier les dates, III, 16.
{d) D. Calmet, Histoire de Lorraine, lre édit,, T. II, col. 242. (e) Chronique de Baudoin d'Avesnes, ap. D. Bouquet, XXI, 174 D H; Gesta S. Ludovici. ap. D. Bouquet, XX, 390 B.
nière charte que nous ayons de lui est du mois d'avril 1257 (3108). ïl laissa deux fils : Guillaume de Dampierre, seigneur de Saint-Dizier, et Jean , seigneur de Dampierre; mais ni l'un ni l'autre ne devint connétable de Champagne.
/\ I Après la mort de Jean^de Dampierre, Anseau de
Traîne!, maréchal dès 1252 (3015), échangea cette fonction contre celle de connétable, à laquelle il joignit en 1263 celle de gouverneur (332A) (a).
Son successeur fut Eustache III de Conflans qui, comme lui, quitta la charge de maréchal pour celle de connétable; il posséda cette dernière de 1268 (3691) à 1270 (3582). Nous avons parlé de lui avec détails dans le paragraphe consacré aux gouverneurs (6).
Après Eustache de Conflans, le titre de connétable fut porté par un des guerriers les plus fameux du xme siècle. Nous voulons parler d'Erard de Vallery, chambrier de France (c). Bien que Valîery ne relevât pas du comté de Champagne (d), Erard ne fut pas le premier de sa maison dans le cortège de barons que les liens du vasselage attachaient à la suite de nos comtes : Jean de Vallery, son père, récompensé par saint Louis en 1230 (e), honoré de
(a) Voir plus haut, p. 4-60.
(b) Voir plus haut, p. 460461.
(c) Anselme, Hist. généalogique, VIII, 405-406.
(d) Vallery relevait du roi de France à cause de la tour de Sens, Quantin, Dict. top. du dép. de l'Yonne, p. 135.
(e) Tillemont, II, 68.
sa confiance pendant la croisade de 1269 (a), fait, prisonnier avec lui en 1250 (6), un des négociateurs de sa délivrance (c), avait, dès 4218, fait hommage à Thibaut IV (1167), et il est compris dans un rôle de vassaux convoqués pour une expédition de ce prince en 1222 au plus toi, et en 1229 au plus tard (d). Hugues de Vallery, frère de Jean, oncle d'Erard, reçut de Thibaut IV, en 1229, trente livres de rente sur les revenus du comte de Champagne h la foire de mai de Provins, et il mit dans la mouvance de Champagne ses biens à Foissy (1962, cf. 2060). Jean de Vallery eut plusieurs enfants, l'un, de même nom que lui, fut son successeur dans la seigneurie de Vallery, et il figure deux fois dans les cartulaires de Champagne, l'une en mai 1252 (3015), l'autre en avril 1260 (3188). Un autre de ses enfants fut le célèbre Erard de Vallery. Les débuts d'Erard dans la carrière des armes ne furent pas heureux. Il fit partie, comme son père, de la désastreuse croisade de 4269, où, quelques instants avant de rester comme toute l'armée prisonnier des Sarrasins, il se distingua en arrachant son frère à un parti ennemi qui l'emmenait captif (e). A la bataille de Walcheren, où il avait accompagné Jean de Dampierre, il
' (a) Joinville, ap. D. Bouquet, XX, 216 G, 226C-227A, 228 D Tillemont, III, 255.
{b) Tillemont, III, 331.
(c) Joinville, ap. D. Bouquet, XX, 242 E.
(d) Voir notre tome II, p. xxxvm, art. 448.
(e) Joinville, ap. D. Bouquet, XX, 236 C.
tomba comme lui entre les mains de l'ennemi (a), dont il ne sortit que moyennant rançon (b). Quelques années après il se croisa, et ayant reçu de saint Louis la promesse d'une somme de 1,000 livres s'il allait en Palestine (c), il fit partie d'un corps d'environ cinquante chevaliers qui avaient à leur tête Eudes de Bourgogne, comte de Nevers, et qui arriva en Terre-Sainte en 1265 (d). Ce corps de troupes séjourna quelque temps dans la ville d'Acre, et nous avons encore un mémoire par lequel Amauri de La Roche, commandeur du Temple, exposant la nécessité de le conserver le plus longtemps possible, demande 60 livres de gages pour chaque chevalier; Erard de Vallery est nominativement désigné dans cette pièce (e), qui paraît avoir été présentée à saint Louis : en conséquence, ce dernier autorisa trois mandataires à contracter en son nom un emprunt en Orient, et cet emprunt fut réalisé au mois de juillet 1267 par ces mandataires, au nombre desquels Erard se trouvait (f). L'année suivante, revenant de Palestine, Erard traversait l'Italie méridionale au moment où Gharles d'Anjou, élevé par le pape Ur-
(c) Gesta S. Ludovici, ap. D. Bouquet, XX, 590 B; Chronique de Baudoin d'Avesncs, ap. D. Bouquet, XXI, 174 E H.
{b) Chronicon Guillelmi de Nangiaco, ap. D. Bouquet, XX, 556 E.
(c) Trésor des chartes, cité par Tillemont, V, 6.
(d) L'Estoire de Eracles, empereur, livre xxxiv, chap. 9, ap. Historiens occidentaux des Croisades, II, 454.
(e) Maslatrie, Histoire de Chypre, II, 71.
(/) Trésor des chartes, cité par Tillemont, V, 18.
bain IV au trône de Sicile, allait en venir aux mains avec Conradin, son rival; il se réunit à l'armée de Cha rles, et le 23 août, à la bataille de Tagliacozzo, ce fut une habile manœuvre conseillée et dirigée par lui qui assura le triomphe du prince français. Un autre champenois, Guillaume de Villehardouin, prince d'Aehaïe, qui accompagnait Erard, paraît avoir prétendu s'attribuer une partie de l'honneur de celle journée; mais ii a contre lui la presque unanimité des contemporains, et c'est Erard que la haine du Dante a placé en enfer pour venger4 les vaincus (a). A son retour en France au mois de novembre 1208, Erard fut désigné par saint Louis comme tiers arbitre entre le comte de Champagne et le comte de Bar (3516), et entre ce dernier et Regnauld de Bar (3516). Au mois de septembre de l'année suivante, il fui un des deux ambassadeurs qui allèrent au nom de saint Louis porter à Thibaut V, en Navarre, le lexle du traité conclu par le pieux roi de France entre Thibaut et Henri III, roi d'Angleterre (3558). Saint Louis, qui allait partir pour sa seconde croisade, le prit à son service pour la durée de cette expédition (b). Erard était alors connétable de Champagne (3653) (c). Peu
. (« ) Gesta Philippi III, ap. D. Bouquet, XX, 430 D, 434 C D, 450 A: Vil lan i, cité par Buehon, Recherches historiques sur la principauté française de Alorée, p. 229; Le Livre de la conquête, ibid., p. 228-251; Dante, Infemo, XVIII, 6, Chronique de Baudoin d'Avesnes, ap. D. Bouquet, XXI, 173 G; Chi ■onique anonyme, ibid., 90 A.
{b) D. Bouquet, XX, 505, 307.
(c) Cette charte est du mois d'avril 1270, mais postérieure au
après, parlant pour l'Afrique, il fit son testament qui fut scellé du sceau de Thibaut V (3663). Mais plus heureux qu'un grand nombre de ses compagnons dans cette croisade, il en revint. Il est compté parmi les dépositaires de l'argent payé par le roi de Tunis pour obtenir la paix (a). Non content d'avoir échappé à tant de dangers, il retourna encore en Palestine et fit partie de l'expédition conduite en ce pays par Edouard , fils du roi d'Angleterre (6); mais il n'y resta pas longtemps, car en juin 1271 il assista à la cérémonie de l'hommage que fit au roi Philippe le Hardi notre comte Henri III (3677), et il était encore présent la même année quand Henri fit hommage à l'évêque de Langres (3689). Il conserva la charge de connétable sous le règne d'Edmond, et il la possédait encore au mois de mars 1276 (3835) (c).
Son successeur fut Gaucher IV de ChâliHon, seigneur de Grécy, connétable de Champagne en mars 1285 (d), qui conserva cette charge après l'avènement de Philippe le Bel au trône de France (e). Il y
13; nous avons d'Erard une charte du 10 de ce mois de la même année (1269, vieux style), où il prend déjà le titre de connétable de Champagne (original, Archives de l'Aube, fonds de Larrivour). (a) Tillemont, V, 192.
(6) Baudoin d'Avesnes, ap. D. Bouquet, XXI, 178 B.
(c) Nous ne faisons qu'esquisser la vie de cet homme célèbre. — Voir aussi sur lui une curieuse* légende italienne traduite par M. Paulin Paris, Romancero français, p. 121-122.
(d) Charte de cette date dans Du Plessis, Histoire de l'Eglise de Meaux, II, 181.
(e) Voir une charte de lui datée de mars 1286 (vieux style), ibid., 182.
joignit la charge de connétable de France; il était par Hugues, son père, petit-fils de Hugues de Châtillon, comte de Saint- Pol, bouteiller de Champagne, et par Isabelle, sa mère, petit-fils de Guillaume de Villehardouin ou de Villy, seigneur de Lézinnes, maréchal de Champagne.
§ 3. — Bouteillers.
Anseau de Trainel, qui avait exercé les fonctions de bouteiller sous le règne d'Henri le Libéral (a), survécut à ce prince, et il est, en 1181 , témoin d'une charte de la comtesse Marie (234).
Nous trouvons après lui Gaucher III de Chàtillon, vassal de Champagne pour la châtellenie de Crécyen-Brie (6), qui ayant en 1196 épousé Elisabeth, fille d'Hugues IV, comte de Saint-Pol, succéda à son beau-père en 1205 (c). Lors de l'hommage fait par Thibaut III à Philippe Auguste en 1498, il figura le second dans la liste des Champenois qui garantirent par leur serment la fidélité à venir de leur comte (454). H fut un des témoins de l'acte par lequel Thibaut, l'année suivante, constitua le douaire de Blanche de Navarre (685). Blanche lui donna en janvier 1 2 16 un droit d'usage dans la forêt de Mant (937). Peu de jours après il promit à cette princesse son aide contre Erard de Brienne (966), et quelques mois plus tard il prenait part comme juge à l'arrêt
(a) Voir notre tome III, p. 12o.
(b) Voir notre tome II, p. xxu, art. 283.
(c) Art de vérifier les dates, II, 775.
de la cour de Philippe-Auguste, qui repoussa les prétentions de l'adversaire de Blanche (9S9). L'année suivante il fit partie du tribunal arbitral qui donna raison à Blanche contre Hervé, comle de Nevers (1059, 1079, 1165). Le 26 septembre 1219 il était mort (4223). La comlesse de Champagne, reconnaissante, fonda une chapelienie pour le repos de son âme (1227), et Thibaut IV partageant les sentiments de sa mère approuva cette fondation après sa majorité (4753).
Gaucher eut pour successeur, dans la charge de bouteiller, Hugues de Chàtiilon, son second fils, qui, en recevant l'investiture de celte charge, déclara n'y avoir qu'un droit viager (1223). 11 y joignit immédiatement Crécy et les dépendances dont ii fil hommage à Blanche (1224), et bientôt la mort de Gui, son frère aîné, devait lui permettre d'y joindre le comté de Saint-Pol. 11 fut d'abord en bons termes avec Blanche, qui lui donna, comme à son père, droit, d'usage dans la forêt de Mant (1323). En mars 1222 il cautionna la fidélité de Thibaut IV à Philippe-Auguste^ 379); mais presque immédiatement son frère et lui se brouillèrent avec Thibaut. Ils se réconcilièrent une première fois en mai 1224 (a); quelques mois après il fut du nombre des barons de Champagne qui, réunis à Sézanne, donnèrent leur consentement au règlement de Thibaut IV sur ie droit d'aînesse (i652j, et l'année suivante il était présent quand
(a) Catalogue, nos 1021-1625, voir aussi la charte numérotée 1555, qui est aussi de l'année 1224, bien qu'elle ait été par erreur datée de 1223.
Robert Hï, comte de Dreux, fit hommage à Thibaut (1G79); mais, dès l'année 1227, il y avait refroidissement entre lui et le comte de Champagne, qui de nouveau le considérait comme un ennemi (a). Cependant il ne parait pas qu'il y eût rupture formelle entre eux en 1228, où ils s'occupèrent tous deux du mariage d'Yolande, nièce de Hugues, avec Archambaud X de Bourbon (1831, 1832); mais leur haine éclala pendant la coalition des barons contre le prince champenois. Hugues, bien que vassal de Thibaut et l'un des grands officiers de sa maison, fit partie de cette coalition, qui mit le comte de Champagne à deux doigts de sa perte (b). 11 était réconcilié avec lui en décembre 4230 (c), et depuis celle époque l'harmonie ne paraît pas avoir été troublée entre eux. Thibaut, en 1231, confirma une fondation d'abbaye faile par Hugues (2117), et plus tard fut deux fois sa cnution : en 1261 pour 500 livres (2581), et en 1242 pour 2,000 (2587). Hugues mourut en 1248 (d).
Après lui la bouteillerie de Champagne ne resta pas dans la maison de Chàlillon; Thibaut IV la donna à Jean de Thourolte, son parent, gouverneur de Champagne (2927) (<?), que Thibaut V plaça au nombre de ses exécuteurs testamentaires en 1258 (3125), qui vivait encore en 1259 (3167) et dont nous ne
(a) Voir plus haut, p. 219.
(b) Voir plus haut, p. 234-235, 240.
(c) Voir plus haut, p. 253.
(d) Art de vérifier les dates, II, 776.
(e) Voir plus haut, p. 458.
connaissons pas le successeur dans la charge de bouteiller.
J 4. — Chambriers.
Artaud de Nogent, chambrier d'Henri I", conserva cette fonction sous Henri II (a). Il accompagna la comtesse Marie à Gisors en 1185 (b). Il vivait encore en 1188.
Ses collègues furent : Josbert, déjà en fonctions sous Henri 1er (c), que nous retrouvons en 1183 (329), et Milon II de Provins, qui paraît avoir succédé à Josbert et que nous rencontrons pour la première fois en 1186 (348). Milon II de Provins, chambrier, était sans doute le fils de Milon I" de Provins qui, après avoir rempli les fonctions de maréchal sous Henri 1er (d), mourut au plus tard en 1197 (444), et môme probablement dès 1186 (368). C'est Milon II de Provins que nous voyons en 1198 parmi les Champenois présents lors de l'hommage de Thibaut III à Philippe-Auguste, et dont le serment garantit la fidélité de leur comte (454). Il fut un des chefs de la quatrième croisade (e), un des fondateurs et des premiers défenseurs de l'empire latin de Cons-
(a) Voir tome III, p. 127-128.
(b) Delisle, Calai, des actes de Philippe- Auguste, p. 497.
(c) Voir tome III, p. 128.
{d) Voir tome III, p. 131.
(e) Badulphus Coggeshalae, dans D. Bouquet, XVIII, 97 E; Villehardouin, ibid., 433 B, 434 C, 450 A, 457 B.
tantinople (a). Il devint bouteiller de Romanie (732 bis), c'est-à-dire un des grands officiers du nouvel empereur. On l'appelait indifférammentMilon de Provins ou Milon le Breban (b).
Nous trouvons ensuite Lambert Bouchu de Barsur-Aube, dont nous avons déjà parlé amplement (c), et qui eut plusieurs collègues dont nous allons dire quelques mots :
Garnier de Lagny, qualifié de sergent par Thibaut 111 en 1198 (666), était chambrier de Champagne en 4206 (607) et en 4206 (669). Blanche de Navarre l'envoya en Palestine pour négocier le mariage d'Alix, fille d'Henri il, avec le roi de Chypre (672). En janvier 4224 , il terminait avec Hugues de Mareuil une enquête sur les droits des usagers de forêt de Mant (1341, 4312). En juin 4260, il n'existait plus (2550).
Séier de Fontaines élait sergent de Thibaut III en 1201 (565) et chambrier de Champagne en 1221 (4351).
Geofroi de Marquenbie, chambrier de Thibaut IV en 1223, reçut de ce prince deux donations (1678, 1679).
(a) Villehardouin, ap. D. Bouquet, XVIII, 464 E, 476 A, 477 A, 483 G, 486 C , 487 C, 488 E; Henri de Valenciennes , ibid., 495 A E, 498 C.
(b) Voir sur lui, Bourquelot, Histoire de Provins, I, 155-159, et les chartes cataloguées sous les numéros 548, 350, 354, 558, 563, 558, 618, 732 bis. Nous l'avons à tort, dans notre précédent volume, confondu avec le maréchal son père.
(c) Voir plus haut, p. 476-477.
Pierre Goin ou Guyn, frère de Lambert Bouchu (a), tenait, en 4225, 8 livres de rente en fief de Jacques de Durnay, et Thibaut l'appelait « son Cher et » fidèle (1GG4). » Nous avons de lui une charte du U avril 4228, où il prend le titre de chambrier du seigneur comte de Champagne (6). La môme année il garantit par son cautionnement le paiement de deux dettes contractées par notre comte (1857 , 1858). L'année suivante il est arbitre entre Thibaut IV et le comte de Nevers (1962, 19G7). En 1230 il achète, de Raoul Brisîaud, la forteresse de Chapelaines (2031) ; et ses fils, propriétaires du village d'Aillefol, aujourd'hui Gérosdot, le vendent à Bernard de Montcuq (2081). Il eut une triste fin. Après avoir pris la croix, ce qui l'exemptait de la juridiction séculière, il se relira à l'abbaye de Clairvaux, emportant avec lui une somme considérable que la confiance de Thibaut IV avait mise entre ses mains, et qu'il déposa partie à Clairvaux, partie dans d'autres établissements religieux, 1233 (22G2). Le comte se hâta de confisquer ses biens (2330). En novembre 4243, Pierre Goin n'existait plus (2G57).
Après lui nous n'avons plus trouvé que trois chambriers : fi
Pierre de Vitry, chambrier de Thibaut (2321);
(a) Cette parenté est établie par une charte de l'année 4223 qui se trouve aux Archives de l'Aube, fonds de Saint-Etienne de Troyes.
(b) Archives de la Haute-Marne, Cartul. de Longuay, pièce cotée : de Barro, XXX.
Jacques Malnorrit, chambrier de Marguerite de Bourbon, 1243 (2649);
Evrard de Besançon, qui porte le titre de chambrier du comte dans un acte de 1246 (2759); mais qui était plutôt chambellan, et que nous allons retrouver dans la liste de ces fonctionnaires. Nous avons déjà parlé de lui dans le paragraphe consacré aux receveurs (a).
I 5. — Chambellans.
Nous ne connaissons pas de chambellans des comtes de Champagne avant le xme siècle.
Le premier paraît avoir été Robert de Milly, qui fut revêtu de cette charge de 1224 (1336) à 1229 (2013). Ce personnage, que quelques textes désignent sous le nom de Robert d' A m il lis (81 /j, 2013), vécut dans l'entourage des comtes de Champagne pendant soixante et onze ans, de 1167 (150) à 1238 (2466), Nous avons déjà parlé des actes d'Henri le Libéral où il paraît comme témoin. Nous avons déjà dit qu'il accompagna ce prince en Orient (6). Sous le régne d'Henri H, pendant la première régence de Marie, il est, en 1181, témoin d'un acte de cette princesse; et en 1185 il l'accompagnedans un voyage en France durant lequel il est témoin d'une charte datée de Gisors (c). En 1190, il fait partie de l'as-
(a) Voir plus haut, p. 469.
(b) Voir notre tome III, p. 148.
(c) Delisle, Catalogue des actes de Philippe- Auguste, p. 497.
semblée de Sézanne, où les barons de Champagne jurèrent de reconnaîlre Thibaut III comme comte, si Henri II ne revenait pas de Terre-Sainte (a). Pendant la seconde régence de Marie il est, en 1195, témoin d'un acte de celte princesse (635). Sous Thibaut III c'est en sa présence que ce comte fait hommage à Philippe- Auguste, 1498, et il figure le cinquième sur la liste des Champenois qui cautionnèrent la fidélité de leur comte (656). L'avènement de Thibaut IV et la régence de Blanche de Navarre ne changent rien à sa situation. En 1212 il est du nombre des barons avec le concours desquels Blanche rend son ordonnance sur les successions et sur les duels (8l6). Trois ans plus lard, nous trouvons son nom parmi ceux des conseillers sur l'avis desquels une sentence est prononcée par un tribunal arbitral dont Blanche faisait partie (956). En 1218 un de ses fils est nommé par Blanche prévôt de Saint-Quiriace de Provins (1158). En 1219 un des hommes de Robert ayant encouru une amende, la comtesse en accorde la remise (b). Quand Thibaut IV fit hommage à Philippe-Auguste, Robert de Milly fut une de ses cautions (1377). Plus tard ce prince l'autorisa à défricher quarante arpents de la forêt deMant (1765). 11 fit en 4229 un échange de serve avec ce prince (1906). Neuf ans plus tard il vivait encore et répondait à une demande de renseignements que lui adressait Thibaut (2666). Le
(a) Voir plus haut, p. 120.
(b) Fragments de comptes du XIIIe siècle, publiés par Bourquelot, Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, IV, 63.
nom de Robert de Milly se trouve sur la liste des chevaliers qui portaient bannière en Champagne sous Philippe-Auguste (a), et il se rattache indirectement à un des événemenls les plus glorieux de notre histoire. Lorsqu'après la bataille de Bouvines, Philippe- Auguste mit en liberté sous caution une partie des prisonniers, Rasse de Gavre, un des captifs, compta parmi ses répondants Robert de Milly (6).
Gui de Milly, fils de Robert, lui succéda, mais par une pure libéralité de Blanche et de Thibaut IV. En 4224, Robert avait reconnu qu'il n'avait qu'un droit viager sur la chambellenie de Champagne (1336). Gui, à qui Blanche et Thibaut assurèrent dès l'année suivante la survivance de la charge de son père, déclara aussitôt qu'il n'avait sur elle aucun droit héréditaire (1362), et il renouvela celte déclaration en faisant hommage au comte (2013). Nous le voyons en 1239 notifier un jugement rendu par la cour de Thibaut IV (2513); en 1262 cautionner Archambaud X de Bourbon, qui faisait épouser à Marie, sa sœur, Jean 1er, comte de Dreux (2620); en 1265 mettre, avec Jean de Thourotle et au nom de Thibaut IV, des bornes entre les seigneuries de Monléclaire et de Rimaucourt (2736); en 1267 constater une créance du même Thibaut (2783). 11 était seigneur de Pleurs.
Outre ces chambellans grands seigneurs, Thibaut IV en eut d'autres de naissance beaucoup
(a) Duchesne, Scriptores, p. 267; cf. Feoda, n°* 284, 451. (h) Delislc, Catalogue des actes de Philippe- Auguste, n° 1769; cf. D. Bouquet, XVII, 106 E.
moins relevée. On en compte quatre à sa cour en 1230, autant en 4263. En 4230, ces chambellans étaient : Raoul Comtesse, Evrard de Besançon, Bernard de Montcuq et Girard Mélétaire. En 1 263 : Evrard de Besançon, Girard de Nivelle, Mauger d'Ervy et Robert d'Aulnay.
Raoul Comtesse, chambellanen 4229 (1916, 4921 , 1976) et en 4230 (2109), était déjà attaché au service de Thibaut IV en 4227 (1776, 1790, 1798). L'année suivante il cautionnait une dette du comte (1858). Il obtint de ce prince et de Blanche de Navarre plusieurs libéralités (4921, 4976, 2109). En 4233 Thibaut, en contestation avec l'abbaye de Saint-Denis, le choisissait comme arbitre (2255). L'année suivante, pendant l'absence de ce prince alors en Navarre, Raoul faisait partie du conseil chargé de le représenter en Champagne (2316).
Evrard de Besançon était employé à la chancellerie de Thibaut. IV dès l'année 1228 (1880). Aux fonctions de chambellan, qu'il remplit de 4229 (1939) à 4266 (2683), il joignit celles de receveur; il porta môme le litre de chambrier (a).
Bernard de Montcuq, chambellan en 4230 (2055) et en 1231 (2081), n'était pas champenois; c'était un habitant du midi de la Fiance attiré sans doute en Champagne par le commerce. Vers 4222 ou 1223, il obtint de Thibaut IV, moyennant une rente de 60 sous, l'exemption de la plupart des charges dont étaient alors grevés les sujets roturiers de nos
(a) Voir plus haut, p. 469, 505.
comtes (1520). Bernard fil ses affaires. Au bout de sept ans ce parvenu, pénétrant dans les rangs de l'aristocratie féodale, devient vassal de Geofroi de Cirey, qui reçoit son hommage (2055); cependant il continue ses opérations commerciales; il achète, des fils du chambrier Pierre Goin, le village d'Ailléfol (2081), qu'il revend ensuite aux Templiers, comprenant dans cette vente 2,500 arpents de bois qu'il avait aussi acquis prés de là dans la forêt d'Orient (208/i, 3088). Guigues, comte de Nevers, est son débiteur pour une somme considérable (229G, 2299). Adam de Beaumont, pour éteindre une dette, lui abandonne une année de sa rente sur les foires de Champagne (2532 bis). En 1243, Bernard avait à Nogenl-sur-Seine et près de Provins des biens que Thibaut IV lui paya 200 livres (2660). Plus tard il fut un des procureurs chargés par Thibaut V de la construction du nouveau monastère des Franciscains de Troyes (3172), et il vendit à ce comte 300 arpents et une maison qu'il avait conservés dans la forêt d'Orient (3360). Bernard de Montcuq avait fixé sa résidence à Troyes (2660, 3172), et il fut maire de cette ville en 1236 (a).
Girard Mélétaire, chambellan en 1230 (2090) était au service de Thibaut IV dés 1227 ( 177/, 4790, J798). En 1228 il cautionna une dette de ce prince (1858). Jl quitta la charge de chambellan pour devenir maire de Troyes et garde des foires de Champagne, fonctions qu'il cumulait en février)
(a) Archives de la Côte-d'Or, 2e Car lui. de Molesme, f° 50 v°.
4232 (a). Il était encore maire deTroyes en 1236 (6).
Girard de Nivelle, chambellan en 1243 (2G57) et en 1265 (2722), joignait à cette fonction la profession de changeur (2722, 2801), à laquelle la variété des monnaies en usage donnait une grande importance dans les foires de Champagne. Girard était un étranger, flamand sans doute, que l'espérance de s'enrichir avait attiré à Troyes (2722). 11 tenait de Thibaut IV, avec Mauger d'Ervy, moyennant un cens considérable, deux maisons et une écurie à Barsur-Aube (2G57). Il acquit 20 livres de rente sur les foires de Champagne (2722), et il acheta d'Henri, comte de Grandpré, des propriétés à Aubigny, Vaupoisson et Magnicourt (2801).
Mauger d'Ervy, chambellan en 1263 (2657) et en 1269 (2876), avait été précédemment prévôt d'Ervy, bailli de cette petite ville et de Troyes. C'était, comme les précédents, un roturier enrichi (c).
Robert d'Aulnay, chambellan en 1263 (2G59, 2660) et en 4266 (2683, 2687), a déjà figuré dans la liste des receveurs (d).
Ses successeurs ne paraissent pas avoir eu de collègues. Ce sont :
Richard de Cadun, 4250(2916);
Jean de Loya, 1259 (3169);
(a) Archives de l'Aube, 1er Carlul. de l'Hôtel- Dieu de Troyes, f° 22.
(b) Archives de l'Aube, Cartulaire de V Hôtel- Dieu-le-Comte de Troyes, f° 33 r°. Inventaire de Montier-la-Celle, f°* 58 v°- 59 r°.
(c) Voir plus haut, p. 480.
(d) Voir plus haut, p. 469470.
Jean de Pampelune (?), qui était mort en 1268 (3662);
Treste, dit ailleurs Crestel, dont nous rencontrons le nom dans une charte donnée à Olile en octobre 1271 (a), et qui, suivant Guillaume Anelier, avait pris sur Henri 111 plus d'influence qu'il n'aurait dû (6) ;
Renier Acorre, sur lequel nous nous sommes étendu assez longuement dans le paragraphe relatif aux receveurs (c) et qui, de 1273 (3779) à 1277 (3860), joignit à ses fonctions financières celles de chambellan.
§ 6. — Maréchaux.
Nous avons, dans notre troisième volume, parlé de Guillaume le Roi, maréchal d'Henri 1er. 11 paraît être mort en 1179 (d). Nous pensons qu'il eut pour successeur Milon Ier de Provins, dit aussi le Breban, son fils, dont la veuve vivait encore en 1197 (444); mais dont l'anniversaire était, dès l'année 1186, fondé par Milon II de Provins, chambrier de Champagne (348). La mort de Milon 1er de Provins remontait probablement à l'année précédente, où nous le trouvons déjà remplacé par deux titulaires. En effet il y eut, depuis l'année 1185 jusque vers la fin du
(a) Los Annales de Navurra, III, p. 146.
(b) Histoire- de la guerre de Navarre, vers 523-526, édit. Francisque Michel, p. 36, 38.
(c) Voir plus haut, p. 466-468.
{d) Voir notre tome III, p. 129-130.
règne de Thibaut IV comme pendant une partie du règne d'Henri Je Libéral, deux charges de maréchaux de Champagne, et en 11S5 l'une appartenait à Erard d'Aulnay, et l'autre à Geofroi de Villehardouin.
C'est en 1175 (242) que nous rencontrons pour la première fois Erard d'Aulnay ; il était maréchal de Champagne dès 4 18A4, année où il paraît comme témoin avec le tilre de maréchal dans une charte de la comtesse Marie (335). L'année suivante il mourut excommunié (342).
Eudes ou Odard d'Aulnay, probablement son fils, lui succéda. Nous avons la preuve qu'il remplit les fonctions de maréchal de Champagne depuis le mois de février 1206 au moins (a) jusqu'au mois de juillet 4227 (1770, 4771). A celle date, il résigna sa charge moyennant une rente viagère de 30 livres que Thibaut IV lui assura; mais celte résignation ne l'empêcha pas de conserver, au moins jusqu'en 1235, le titre honorifique de maréc hal de Champagne (21CG, 225G, 2325). En 4215, Blanche de Navarre obtint une bulle pour le distraire de la juridiction ecclésiastique devant laquelle il était poursuivi (901), et donna à un de ses fils des biens situés à Concourt (913). En 4219 elle abandonna à Odard lui-même le village de Maffrécourt, confisqué par elle sur Gilles de Saint-Jean (4 4 bis). Odard concourut à l'ordonnance de 4212 sur ies successions et sur les duels (815).
(a) Voir aux Archives de l'Aube, Cartulaire du Temple de Troyes, f° 85 r°, une charte de lui datée de février 1205 (vieux style), où il prend le titre de maréchal de Champagne.
Il fut une des cautions de Blanche et de Thibaut lors de la trêve de quatre ans qu'en 1218 ces derniers conclurent avec Erard de Brienne (1136). Blanche le désigna plusieurs fois comme arbitre dans des contestations où elle était intéressée (784, 799, 1011). Thibaut eut en lui la même confiance (1626, 2256). Le nom d'Odard se trouve dans îa liste des chevaliers qui portaient bannière en Champagne sous Philippe-Auguste (a).
Geofroi, seigneur de Louppy, lui succéda; ce dernier était maréchal de Champagne en l'année 1228, où il fut, en cette qualité, chargé par Thibaut IV de faire une expertise (1813). Geofroi, vassal du comte de Bar et du comte de Grandpré pour ses principaux fiefs, ne tenait du comte de Champagne que des fiefs secondaires, 1 tels que le péage de Cuperly (1552, 1713, 2124) (6). Sa charge paraît s'être éteinte après son décès. Nous allons passer à celle que posséda, sous Henri II, sous Thibaut III et pendant la régence de Blanche de Navarre, le fameux chroniqueur Geofroi de Villehardouin.
Geofroi de Villehardouin n'a pas de généalogie. Le nom même de son père est inconnu. DuCange (c),
(a) Duchesne, Scriptores, t. V, p. 267.
(6) Voir aussi sur lui notre tome II, p. xxx, art. 396, et p. xl, art. 482. M. Edouard de Barthélémy, Diocèse ancien de Châlons, II, 431, donne l'analyse d'une charte de l'année 1205, où Geofroi apparaît comme arbitre avec la qualité de maréchal de Champagne; l'exactitude de la date donnée à cette charte par notre savant confrère, d'après le Cartulaire de Montier-en-Argonne, ne nous paraît point parfaitement certaine; cf. plus haut p. 100, note c.
(c) Eloge de Geofroi de Villehardouin dans Y Histoire de l'Em-
en effet, et après lui M. Daunou (a), se trompent quand ils supposent que Geofroi était fils de Guillaume le Roi, maréchal de Champagne sous le comte Henri le Libéral. Guillaume le Roi, nous l'avons déjà dit, fut la tige de la maison bien connue des Le Breban de Provins (&), et il n'y a aucun rapport de famille entre cette maison et Geofroi de Villehardouin (c).
Du Gange suppose aussi une relation de parenté entre Geofroi et un certain Roscelin de Villehardouin qui, en 1170, donna un moulin au prieuré de Saint-Quentin de Troyes (d). Il est possible qu'ici le savant auteur soit dans le vrai ; mais jusqu'à présent aucun document connu n'érige son hypothèse en certitude. Roscelin ne-portait pas seul le nom de Villehardouin, et en 1176 un certain Humbert de Villehardouin reçut du comte Henri Ier divers privilèges (260).
C'est en 3485 que nous rencontrons pour la première fois Geofroi de Villehardouin : Geofroi, ma-
pire de Constantinople, p. 234-236. Cet éloge a été réimprimé par Buchon : Recherches et matériaux pour servir à une histoire de la domination française dans les provinces démembrées de l'Empire grec, 2e partie, p. 17-25.
(a) Hist. lit t., XVII, 151.
(b) Voir notre tome III, p. 129-132, et le présent volume, p. 502; cf. Bourquelot, Hist. de Provins, I, 152-155.
(c) Si l'hypothèse de Du Cange était exacte, Milon Le Bréban, un des compagnons de Geofroi dans la quatrième croisade, eût été neveu de Geofroi, ce qui est inadmissible.
(d) La charte qui constate cette donation a été publiée par Buchon, ouvrage déjà cité, p. 26, i.
récha!, est à celte date témoin dans deux chartes de Marie, comtesse de Champagne (340, 342); nous trouvons encore le nom de Geofroi, maréchal, dans deux chartes de la même comtesse en 1186 (344, 347); deux ans après, Mariassès, évêque de Troyes, achetant une partie du village de Vannes (Aube), a pour vendeur Geofroi de Villehardouin , chevalier (a); et en 1189 il surgit une pièce qui ne laisse pas de doute sur l'identité de ce dernier avec Geofroi, maréchal : c'est une donation faite à l'abbaye de Notre-Dame-aux Nonnains de Troyes par « Geo- « froi de Villehardouin, maréchal du comte Hen- « ri (6). » En 4191 , Barthélémy, évêque de Troyes, rappelant l'acquisition faite à Vannes par son prédécesseur Manassés, donne aussi à Geofroi de Villehardouin le titre de maréchal du comte Henri (c). C'est en 1197 que Geofroi prend pour la première fois celui de maréchal de Champagne (d), et dès lors il ne le quitte plus; ce titre a cela de remarquable que le comte alors régnant ne se qualifiait pas de comte de Champagne, mais bien de comte de Troyes. Dans la charte de 1197 que nous venons de citer, Geofroi cautionne Clarembaud de Chappes, débiteur de 40 livres envers l'abbaye de Montiéramey. L'année suivante, il donne à l'abbaye de Montiéramey
(a) Camuzat, Promptuarium , f°179rova. Cette pièce est la plus ancienne qu'ait connue Du Gange.
(b) Revue des Sociétés savantes, 5e série, 1, 569, i.
(c) Camuzat, Promptuarium, f° 183 r°.
(d) Bibl. Irap., Lat. 5432 (Cartul. de Montiéramey), f°s 78 v°- 79 r°.
ses droits sur le village de Magnant (Aube) (a); il constate une transaction entre ce monastère et les fourniers de Magnant (6); il garantit par serment la fidélité de Thibaut III, comte de Champagne, à Philippe-Auguste (454). Il rend, avec l'archevêque de Sens, un jugement arbitral entre Thibaut et le chapitre de Saint-Pierre de Troyes (469). En 1199 il est témoin de la constitution du douaire de Blanche de Navarre, comtesse de Champagne, faite à Chartres par Thibaut (485). Dans les trois années qui suivent, les actes émanés de lui se multiplient. En octobre 1200 il déclare que son maire de Villiacum, aujourd'hui Villy-le-Maréchal (Aube), tiendra, à charge de cens et à titre viager, de la léproserie de Troyes, une serve, le fils de cette serve, un pré à Villy, une oche à Roncenay (Aube) (c). La même année il donne, au chapelain de Saint-Nicolas de Brandonvilliers (Marne), une partie de la dîme de Longeville (Haute-Marne), qu'il tenait en fief d'Henri d'Arzillières (Marne) (d). En 1204 il donne à l'Hôtel- Dieu-le-Comte de Troyes la dîme d'une rente de 5 muids d'avoine payable à Jasseines (Aube), et que Thibaut III lui avait accordée en rémunération de ses services («). En février 1202, il constate que Godefroi et Dreux de Villemaur, ses neveux, ont
(a) Bibl. Imp., Lat. 5432, f° 44 v°.
(b) Revue des Sociétés savantes, 3e série, 1, 370, m.
(c) Mém. de la Soc. d'agric. de l'Aube, 2e série, T. I, p. 541-
(d) Buchon, ouvrage déjà cité, p. 26, n.
(e) Revue des Sociétés savantes, 5e série, I, 371, iv.
abandonné à Eudes, chanoine deTroyes, leurs droits sur les dîmes de Paisy-Gosdon (Aube) (a). En 1202 il confirme une donation faite à l'abbaye de Larivour (Aube) par Gui la Gryve, son frère ; cette donation avait pour objet une rente d'un demi-muid de blé tenu en fief de Geofroi, et payable à Villevoque (Aube) (6). La môme année, se trouvant à Lézinnes (Yonne), et partant pour la croisade, il donne à l'abbaye de Quincy une terre sise à Chaserey (Aube) (c).
Alors commence cette expédition célèbre qui fit tomber Constantinople entre les mains des guerriers armés pour délivrer le saint sépulcre, et dont le récit a immortalisé le nom du maréchal de Champagne.
•Depuis cette époque nous n'avons plus que deux chartes émanéesde lui : l'une de mars 1207 (d), l'autre sans date (732 bis). II prend dans ces deux actes le titre de maréchal de Romanie, c'est-à-dire de grandofficier du nouvel empire; dans la première il joint à ce titre celui de maréchal de Champagne, que son absence prolongée ne lui avait pas enlevé. 11 vivait encore en 1212, comme l'a remarqué Du Cange; il était mort en 1218, où son anniversaire fut fondé à Notre- Dame-aux-Nonnains de Troyes, par Erard de
(a) Bévue des Sociétés savantes, 3e série, 1, 371, v.
(b) Revue des Sociétés savantes, 3e série, 1, 372-373, vu.
(c) Revue des Sociétés savantes, 3e série, I, 372, vi, 1, 2.
(d) Elle a été signalée par Du Cange, et publiée par Buehon, ouvrage déjà cité, p. 27, v. Elle se trouve en original aux Archives de l'Aube.
Villehardouin, son fils (a). Geofroi de Villehardouin était marié dès 1189. Sa femme s'appelait Chane (6) ou Kanne (c), et non Jeanne comme l'a écrit Du Gange ; elle était morte comme lui en 1218 (d) . Ses enfanls furent au nombre de cinq : deux fils, Erard de Villy dit aussi de Villehardouin, maréchal de Champagne, et Geofroi (e); trois filles : Marie, qui épousa Ascelin de Merrey (Aube), et non de Méry comme dit Du Cange, et qui, en juillet 1215, concourut à une vente faite par son époux à l'abbaye de Notre-Dame-aux-Nonnains de Troyes (f); Alix, religieuse à Notre-Dame-aux-Nonnains de Troyes (g), et Dameron, religieuse au prieuré de Foicy, près de Troyes (h). ,
(a) La charte a été publiée par Buchon, p. 28, vu, lisez vm, mais il l'a, par erreur, datée de 1219; l'original existe aux Archives de l'Aube. 11 est aussi question de l'anniversaire de Geofroi dans une charte de mai 1219, en faveur de l'abbaye de Larivour, Archives de l'Aube, Carlul. de Larivour, De sëde abbatie, xxhi.
{b) Charte de 1189, Revue des Sociétés savantes, 3e série, I, 369, i.
(c) Charte de 1202, Revue des Sociétés savantes, 3e série, ï, 372, vi, 1.
(d) Charte de cette année, mais datée par erreur de 1219 : Buchon, p. 28, vu, lisez vin.
(e) Charte de 1202, Revue des Sociétés savantes, 3e série, I, 372, vi, 1.
(f) Revue des Sociétés savantes, 5e série, I, 373, vin.
(g) Buchon, charte de 1207, p. 27, v; et charte de 1218, p. 28, vu, lisez vin.
{h) Charte de 1207, citée dans la note précédente, et charte de 1220, dans Buchon, p. 29, xi.
Geofroi avait deux sœurs nommées Emeline et Haie, toutes deux religieuses (a), et trois frères : Gautier, chevalier (6), Gui la Gryve, chevalier (c), et Jean de Villehardouin. Le dernier est celui dont il est le plus souvent question dans les documents contemporains. En 1189, Gui II de Dampierre, partant pour la croisade, le charge de veiller à l'exécution d'une donation qu'il vient de faire (d). En 1193, Jean apparaît comme témoin dans une charte avec le titre de chevalier (e). En 1200 il est témoin dans la charte de son frère pour la chapelle de Brandonvilliers (/"). Vers 1201 il figure au livre des fiefs de Champagne (</). L'ordonnance de 1212, sur les successions et les duels, est publiée avec son concourt (815). En 1213 il donne à l'hôpital du Chêne une rente de grains sur son terrage de Villehardouin (h). L'année suivante, il fait une donation à l'abbaye de Saint-Loup de ïroyes (i). Sa parenté avec Geofroi est prouvée par la charte de 1213, déjà citée, où Erard, fils de Geofroi, l'appelle son oncle. Nous ne savons pas s'il est rigoureusement établi que Geofroi
(a) Chartes de 1207, dans Buchon , 27, v, et de 1220, ibid., 29, xi.
(b) Revue des Sociétés savantes, 3e série, I, 369, I.
(c) Revue des Sociétés savantes, 3e série, I, 372-373, vu.
(d) Revue des Sociétés savantes, I, 366-570, II, 1, 2. (c) Cartul. de Saint-Loup de Troyes, f° 54.
(/') Buchon, p. 26, il (y) Voir notre tome II, p. xvi, art. 222. (//) Voir ia charte dans Buchon, p. 27, vi, où la date est mal copiée.
(?) Cartul. de Saint- Loup, 1° 52,
de Villehardouin le jeune , sénéchal de Romanie, prince d'Achaïe et neveu du chroniqueur, soit fils de Jean de Villehardouin, comme on l'admet généralement.
On voit par les pièces citées que Geofroi de Villehardouin, maréchal de Champagne, avait des possessions éparses sur une foule de points : dans l'Aube, à Chaserey, Jasseines, Magnant, Villehardouin, Villyle-Maréchal (a); dans la Haute Marne, à Longeville. On doit peut-être expliquer sa présence à Lézinnes (Yonne) en 1202, par ce fait qu'il aurait déjà possédé la seigneurie de ce lieu, dont ses successeurs portèrent souvent le nom. Une moitié de maison sise à Troyes, et qu'en 4215 Asceîin de Merrey, son gendre, et Marie, sa fille, tenaient en fief d'Erard, son fils, venait probablement de lui (b). Peut-être la terre de Saint-Utin (Marne), qui appartenait à Erard en juin 4217, avait-elle la même origine (c). Geofroi devait une partie de ces biens à la libéralité des comtes de Champagne.
On conserve aux archives de l'Aube quelques chartes originales et deux sceaux mutilés de Geofroi; les terrassements de son château subsistent encore à Villehardouin (d).
(a) Villy-le-Maréchal est ainsi nommé parce qu'il a eu pour seigneurs, Geofroi, maréchal de Champagne, son fils et son petitfils, qui exercèrent comme lui cette fonction.
{b) Revue des Sociétés savantes, 3e série, I, 373, vin.
(c) Arch. de l'Aube, fonds de l'Hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes, layette 1 , n° 7.
(d) Bulletin de la Société des antiquaires de France, année 1860, p. 50.
Erard de Villehardouin, dit aussi de Villy, fils aîné du célèbre chroniqueur, lui succéda dans la charge de maréchal; toutefois il ne paraît pas en avoir été investi avant l'année 1222. C'est au mois de mai de celte année qu'il en prend le titre pour la première fois (1Z»28). Il ne le portail ni en 1218, quand il fonda l'anniversaire de son père, de sa mère, le sien et celui de sa femme à Notre-Dame-aux-Nonnains de Troyes (a), et quand il fit à l'abbaye de Larivour une donation (b) que Blanche de Navarre approuva (1176); ni en 1219, quand il céda par échange à Blanche ses biens de Villemaur (1198), et quand il donna à l'abbaye de Moîesme une partie des dîmes de Lézinnes (c); ni en 1220, quand il cautionna Gérard de Durnay (1247), et quand il céda à l'abbaye de Moîesme ses droits sur les dîmes de Chailly (d) ; ni au commencement de l'année 1222, quand, de concert avec deux autres arbitres, il détermina par un jugement les obligations d'Erard de Chassenay envers Blanche de Navarre et Thibaut IV (1389, 1391). De ces faits, Du Cange conclut qu'Erard ne serait devenu maréchal de Champagne qu'après la retraite d'Odard d'Aulnay; mais c'est une erreur, puisqu'Odard ne donna sa démission qu'en 1227 (e), et qu'Erard était maréchal de Champagne dès 1222,
(a) Buchon, p. 28, vu, lisez vm; nous avons déjà dit que cet auteur s'est trompé en datant de 1219 cette charte qui est de 1218.
(b) Original, Archives de l'Aube, fonds de Larivour.
(c) Buchon, p. 28, ix.
(d) Buchon, p. 28-29, x, xt, xu et xm.
(e) Voir plus haut, p. 512.
comme nous venons de le dire. En février 1223 (vieux style), il approuva les acquisitions faites jusque-là par l'abbaye de Larivour à Bouranton (a). En décembre 1229 il fît de nouvelles donations à l'abbaye de Wolesme (6). 11 ne paraît pas avoir survécu longtemps à ce dernier acte. On lit son nom dans la liste des chevaliers bannerets de Champagne sous Philippe-Auguste (c).
11 eut pour successeur Guillaume de Villy, dit aussi de Lézinnes, issu de son mariage avec Mabile. Guillaume se donne le titre de maréchal de Champagne dans deux actes de l'année 1231 : dans l'un il se qualifie de seigneur de Lézinnes, sans prendre le nom de Villy (d), dans l'autre il se dit simplement Guillaume de Villy (e). Ni dans l'un ni dans l'autre de ces actes il ne porte ce nom de Villehardouin que son aïeul a rendu si célèbre. Nous retrouvons Guillaume avec le surnom de Lézinnes au mois de septembre 1232, où il garantit par sa caution l'exécution du contrat de mariage de Marguerite de Bourbon et de Thibaut IV (2208). Il reparaît sous le nom de Guillaume de Villy en décembre 1236, où il notifie un jugement de la cour de Champagne (2432),
(a) Original, Archives de l'Aube, fonds de Larivour.
(b) Buchon, p. 50, xvn.
(c) Duchesne, Scriptores, V, 267, col. î C.
(d) Archives de l'Aube, premier Cartulaire de l'Hôtel-Dkule-Comtc de Troyes, f° 103 r°.
(e) Buchon, p. 30, xviti.
en juin 1240 (a), en septembre 1245 (6). Dans lous ces actes il prend le titre de maréchal de Champagne. Il mourut le 8 juin 1246 et fut enterré dans la salle du chapitre de Larivour (c). Marguerite de Mello, sa femme, lui survécut. Nous avons encore d'elle une charte datée du mois d'août î 269, où elle prend le litre de dame de Lézinnes et de maréchale, marcscallissa de Champagne (d); elle mourut le 23 février 1254 et fut, comme son mari, enterrée à Larivour (e). Les fils de Guillaume ne lui succédèrent pas dans sa charge de maréchal de Champagne.
Cette charge alors unique , puisque celle de la maison d'Aulnay avait été supprimée, fut donnée à Anseau de Traîne!, depuis connétable, qui en jouissait en 4252 (3015). Nous avons parlé d'An seau dans le paragraphe consacré aux connétables (f).
Eustache III de Conflans prit sa place en 1258; mais Thibaut V ne lui confia cette fonction qu'en se réservant le droit de le révoquer à volonté (y). Eustache l'exerçait encore au commencement de l'année 1266 (3337). Il la cumula avec celle de gouverneur et il l'échangea contre celle de connétable.
(a) Archives de l'Aube, Inventaire de Montier-la-Celle, f° 94 r°.
(b) Archives de l'Aube, premier Cartulaire de l' Hôtel- Dieu-le- ComledeTroyes, fus 102-103.
(c) Voir son épitaphe dans Camuzat, Promptuarhtm, f°320v°. (dj Original, Archives de l'Aube, fonds de Larivour.
(e) Voir son épitaphe dans Carauzat, Promptuarium, fos 320 v°- 321 r°.
(f) Voir plus haut, p. 494.
(g) T. H, p. l, art. 592.
Nous avons donné quelques détails sur lui dans le paragraphe consacré aux gouverneurs (a).
Hugues ÏI de Conflans, son frère, le remplaça dans la charge de maréchal, dont il fut investi en 4270 au plus tard (3581). Nous le trouvons près de Thibaut V à Montiéramey et à Paris au mois de février de cette même année (3586, 3593). 11 fît partie de la croisade de 4270 (5). Au commencement de décembre Thibaut V, sur le point d'expirer, lui donna 200 livres de rente (3674) qu'Henri 111 racheta plus tard moyennant 2,500 livres payées comptant (3684). Hugues était présent quand ce dernier fit hommage à Philippe le Hardi (3677) et à l'évêque de Langres, 4271 (3689). La môme année il prit part à l'expédition contre le comte de Foix (c). 11 eut pour successeurs Hugues III et Hugues IV, ses fils, dont le premier mourut en 1285 (d), et dont le second conserva ses fonctions jusqu'en 1301 (e).
Les maréchaux comme le sénéchal touchaient des appointements (/").
(a) Voir plus haut, p. 460; cf. 494.
(b) D. Bouquet, XX, 307, col. 2.
(c) D. Bouquet, XX, 541 D.
(d) Ceraiœ Pétri de Condeto tabulœ, ap. D. Bouquet, XXII, 481 F. Il périt sans doute dans l'expédition d'Aragon dont il faisait partie, d'après le compte de Jean d'Ays, ibid., 682-685.
(e) Hugues de Conflans, encore maréchal de Champagne le 8 octobre 1301 (Tabidœ ceratœ Johànnis de S. Jaslo, dans D. Bouquet, XXII, 520 L), était remplacé par Gui de Nesle le 17 décembre de la môme année {Tabulez, etc., clans D. Bouquet, XXII, 5-26 L).
if) Voir un passage de ÏExtenia terre comilatus Campanic et
g 7. — Chanceliers.
Nous avons déjà parlé d'Haïce de Plancy, dernier chancelier d'HenrUf, el qui devint plus tard évêque J de Troyes (a). 11 conserva ces fonctions pendant la régence de Marie, 1181-1186 (6).
Quand Henri II devenu majeur prit lui-même les rênes du gouvernement, Haïce fut remplacé dans les fonctions de chancelier par Gui, qui les conserva environ un an et demi (c) .
Mais dès 1188 Haïce reprit la charge qu'il avait perdue, et il la conserva jusqu'à son élévation à l'épiscopat, 1190 (d).
11 eut pour successeur Gautier, chancelier de 1192 au mois de décembre 1206 (e). Ce dernier mourut
Brie, cité par Bourquelot, la Chancellerie des comtes de Champagne, p. 7 du tirage à part.
(a) T. III, p. 134-135.
(fc) Ce fait est établi par des chartes dont voici les dates d'années et les numéros dans notre Catalogue : année 1181 (324), — 1182 (327), — 1183 (329), — 1184 (532, 333, 334, 337), — 1185 (339, 340, 341), — 1186 (343, 344, 34(3, 347, 348, 349, 352).
(c) Gui, chancelier, fut en fonctions en 1187 (354, 355, 357, 358, 559, 360, 361, 362, 364), et pendant une partie de l'année 1888 (377, 578, 380).
{d) Voir les chartes suivantes :
Année 4188 (374), — 1189 (381 , 382, 383, 384, 386, 387, 388, 389, 390, 391, 392, 396), — 1190 (398, 399, 401 bis, 404, 405, 412, 413, 415, 416).
(e) Voir les chartes suivantes :
Année 1192 (420), — 1193 (421), — 1194 (425, 426, 427,
probablement vers la fin de cette année ou au commencement de la suivante , car la charge de chancelier était vacante en mars 1207. Dans tous les cas il est certain qu'en juillet 1208 Gautier était mort. Il paraît avoir été chanoine de Saint-Etienne de Troyes (686).
La charge de chancelier resta sans titulaire jusqu'en 1210 ou 1211. Du mois de mars 1207 au mois de janvier 1210 on lit au bas d'un grand nombre de chartes de la comtesse Blanche la formule vacante cancellaria (a), et en janvier 1211, Gautier avait un successeur (759).
Ce successeur fut Remi (6), qui resta en fonctions jusqu'en février 1220. A cette date il était évôque élu de Pampelune, et Blanche de Navarre, de con-
428, 429, 434),— 4495 (434, 435, 437, 438), — 4496 (440, 443), — 4 497 (446, 447, 449, 450), — 4 498 (454, 455, 464, 465, 474, 472, 473, 475, 476, 477, 479), — H 99 (483, 485, 490, 494, 504, 502, 503, 506, 509, 540), — 4200 (544, 546, 54 7, 54 8, 524, 523, 527, 529, 530, 535, 540), — 4 204 (543, 544, 545, 555, 559), — 4202 (558, 564, 566, 567, 578), — 4 203 (574, 574, 583, 584, 586, 587, 589, 592), — 4 204 (602, 603, 604, 606, 607, 608, 644, 642, 643), — 4205 (646, 648, 624, 624, 627, 628, 629, 630, 632, 634, 639, 644), — 4206 (649, 654, 656, 659, 660, 663, 665). — En 4 4 98, il cautionna la fidélité de Thibaut 111 à Philippe-Auguste (454).
(a) Ces chartes appartiennent aux années 4 207 (664, 652, 666, 668, 669), — 4208 (674, 675, 678, 679, 685, 687, 692, 694),
— 4209 (744, 745), — 4240 (724). La charte numérotée 652 et qui est datée du mois d'avril de l'année 4206, où nous l'avons placée, appartient en réalité à l'année suivante (nouveau style).
(b) Il figure dans des chartes des années 424 4 (759, 762, 773),
cerl avec Thibaut IV, lui donna 100 livres de rente viagère, qui devaient être réduites à 20 dans le cas où ils le feraient nommer prieur du Saint-Sépulcre de Villacerf (1252) (a). Mais une fois monté sur le siège épiscopal de la capitale de la Navarre, il oublia cette libéralité et se tourna contre ses anciens protecteurs. Fils naturel du roi Sanche le Fort, et, par conséquent, neveu de Blanche de Navarre (6), il avait la môme mère que Guillaume, autre fils naturel de Sanche, et prétendant à la succession de ce prince : en 1225 il l'aida à soulever, contre Thibaut IV, la population de Pampelune (c); mais il ne conserva pas son siège assez longtemps pour fermer définitivement au comte de Champagne les abords du trône, car dès 1232 Févêque de Pampelune était Pedro Remirez dePedrola (d), qui se rangea du côté de Thibaut (e).
(a) Par conséquent, Garibay a raison contre Moret : c'est le 22 août 1219, et non 1220, qu'est mort l'évôque Guillaume, prédécesseur de Remi sur le siège de Pampelune : Annales de Navurra, II, 395.
(6) Voir dans Los Annales de Navarra, II, 594-595, l'analyse d'un acte daté de l'ère 1259, année 4221 de J.-C., et du règne du Sanche, Remi son fils étant évêque de Pampelune.
(c) Voir plus haut, page 267.
(d) Los Annales de Navarra, II, 404. Cet ouvrage indique deux actes de l'administration épiscopale de Remi : l'un daté d'avril 1223 (II, 597), l'autre de juin 1226 (ibid.) L'évêque Remi est encore mentionné comme vivant dans une charte de l'année 1227 (II, 401). Suit une lacune de cinq ans, après laquelle no.us trouvons Pedro Remirez (II, 404).
(e) Voir plus haut, p. 269.
Guillaume succéda à Remi dans la charge de chancelier. Nous le voyons en fonctions d'avril 1222 à décembre 1232 (a). Guillaume paraît avoir été chanoine de Saint-Martin de Tours et prévôt de Chablis (1449, 2012, 2110). Il avait à Chablis 400 livres de rente (1449). Il fit, en 1229, un prêt de 1 ,200 livres à Thibaut IV (2012).
En juin 1234 il était remplacé par Gui (b), précédemment sous ses ordres en qualité de clerc. Gui, attaché à la chancellerie de Champagne dès les années 1227 et 1228 (c), avait obtenu du comte, en 1229, la promesse de la seconde prébende vacante à Saint-Nicolas de Sézanne, et de la première à Saint- Jean de Vertus (d). En 1232 il figure comme notaire dans une charte de Thibaut IV (2218). Nous ignorons combien de temps il conserva la dignité de chancelier.
Nous ne connaissons à Thibaut V qu'un seul chancelier : Vivien, évêque de Calahorra, que nous trouvons en fonctions le 31 décembre 1264 (e), et
(a) Une charte de Guilllaume, chancelier de Champagne, datée d'avril 1222, se trouve en copie aux Archives de l'Aube, Inventaire de Montier-la-Celle, f° 64 v°. — Guillaume figure aussi avec le titre de chancelier dans des chartes de Thibaut IV, datées de 1222 (1421, 1449), — 1223 (1467, 1478), — 1229 (1894), — 1230 (2110), — 1232 (2218).
{b) Charte de Thibaut IV, analysée dans Los Annales de Navarra, III, 7.
(c) Catalogue, nos 1774, 1790, 1798, 1807, 1858, -i 8G4- 1866, 1868, 1872, 1873, 1876-1880.
(d) Bibl. Imp., Lat. 5992, f° 334; Archives de l'Empire, KK 1064, f° 369.
(e) Charte de Thibaut V, analysée dans Los Annales de Na-
qui paraît s'être rarement acquitté des devoirs de sa charge. Mais Thibaut eut aussi un vice-chancelier : Pierre de Roncevaux, 1259-1260 (a). Pierre de Roncevaux était en même temps aumônier de ce prince (3172).
Sous Henri IÏI nous n'avons pas rencontré de chancelier. Le chapelain Thomas de Jouarre portait le sceau de ce comte en 1273 (3783). Il conserva cet emploi, après la mort d'Henri III, pendant la régence de Blanche d'Artois (3807); mais Edmond . ne paraît pas l'y avoir maintenu.
En effet, Edmond rétablit la charge de chancelier, qu'il confia à Vincent de Pierre-Châtel, 1277-1281 (3841, 3842, 3846, 3849).
Le chancelier de Champagne avait des appointements comme le sénéchal el les maréchaux (6).
Dans la section suivante, il sera question des clercs attachés à la chancellerie.
varra, III, 94. Cet évêque est probablement le môme homme que le chantre de Toulouse'nommé aussi Vivien, qui, en 1256, fut envoyé en ambassade par Thibaut IV à la cour de Home (2387), et ' que le pape éleva au sous-diaconat (2431).
(a) Nous l'avons rencontré dans les chartes suivantes : en 4259 (3469, 3172, 3477, 3479), en 4260 (3484, 3486, 3487, 3498).
(b) Extenta terre comitatus Campante et Brie, cité par Bourquelot, la Chancellerie des comtes de Champagne, p. 7 du tirage à part.
Section 3«. — Officiers d'ordre secondaire.
Nous diviserons cette section en trois paragraphes : le premier comprendra les religieux , le second les clercs, le troisième les agents laïcs.
g 1er. — Religieux.
Les religieux attachés au service des comtes de Champagne étaient principalement leurs aumôniers. On se rappelle que les aumôniers de Thibaut II étaient des chanoines réguliers de l'ordre de Prémontré (a); ceux d'Henri Ier appartenaient également à un ordre religieux (&); cet usage fut suivi par leurs successeurs, et dans les derniers temps les ordres de Saint-Dominique et de Saint-François paraissent avoir eu le privilège de fournir les aumôniers des comtes de Champagne (3158, 3292, 3715). Les religieux attachés au service de nos comtes reçurent des papes , pendant la seconde moitié du xine siècle, plusieurs privilèges, savoir : dispense du règlement de leur ordre, qui les obligeait à coucher dans une maison de cet ordre toutes les fois qu'ils se trouvaient dans une localité qui en possédait une (1504, 3716); autorisation de monter achevai, de porter des chappes et des souliers (3158, 3292, 3745).
Nous connaissons deux attributions des aumôniers
(a) Voir notre tome 11, p. 340.
(b) Voir notre tome III, p. 140.
des comtes de Champagne : la première, comme le nom l'indique, était de distribuer les aumônes de ces princes. C'est ainsi qu'en 4218 nous voyons l'aumônier de Blanche de Navarre acheter des vêtements pour des pauvres (a). Enfin, sous Thibaut V, au moins, l'aumônier fut chargé de la surveillance des hôpitaux (3307).
Nous ne donnerons ici que trois noms d'aumôniers de nos comtes :
Guillaume, déjà au service d'Henri 1er, resta en fonctions pendant la première régence de Marie (6);
Thécelin, 1195 (633);
Pierre de Roncevaux, qui était aussi vice-chancelier, 1259 (3172), 1267 (3397).
Pour compléter ce que nous savons des religieux au service des comtes de Champagne, nous dirons qu'en 1239 nous trouvons parmi les chapelains de Thibaut IV le trinitaire Simon (2539), et parmi les chapelains de Thibaut V, Robert, abbé de Montiéramey, 1269 (3525). Robert, qui gouverna l'abbaye de Montiéramey de 1250 à 1289, obtint du pape, sur la recommandation de Thibaut, l'autorisation de porter la mitre, ce qui n'avait été accordé à aucun de ses prédécesseurs (c). Il fit donner par notre comte, à son abbaye, un droit d'usage dans les forêts d'Isle, de Rumilly et de Chaource (3525). Il reçut de lui, en 1267, une mission judiciaire (3667).
(a) Fragments de comptes du XIIIe siècle, publiés par Bourquelot, Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, IV, 60. {b) Voir notre T. III, p. 159-140.
(c) Gall. Christ., XII, 558.
g 2. — Clercs.
Les comtes de Champagne employaient beaucoup plus de clercs que de religieux. On peut distinguer ces clercs en deux catégories : les uns étaient occupés des fonctions du ministère ecclésiastique, ce sont les chapelains; les autres étaient occupés comme agents administratifs. Ce sont ceux-ci qu'on trouve habituellement désignés sous le nom de clercs des comtes. Nous en comptons six au service de Thibaut IV en 1229 (a). C'est d'eux qu'il est question dans plusieurs bulles des papes que mentionne notre Catalogue. Ils étaient au nombre de six au moins, lorsqu'en 1246 Innocent IV leur accorda le privilège de percevoir, s'ils appartenaient à un chapitre, le produit de leurs prébendes comme les chanoines résidants (6). Ils étaient également six au moins quand, en 1251, le même pape renouvela ce privilège (2972), qui fut confirmé par Alexandre IV (3119), et par Urbain IV (3331). Ce nombre se trouve encore en 1260 (c). Depuis il s'éleva à huit,
(a) Robert Dauphin, Pierre Chien, Gui, Jean, Etienne de Provins et Adam de Vertus. Voir plus bas ia notice consacrée à chacun d'eux. Nous ne parlons pas ici du médecin Gillebert dont le service n'avait rien d'administratif.
Ib) La bulle numérotée 2744 ne parle que de cinq, mais un sixième l'ut l'objet d'une bulle spéciale (2748). Le même privilège fut conféré aux clercs du roi du France, par Alexandre IV en 1200; par Urbain IV en 1261, par Grégoire X en 1273. — Ad. et J. Tardif, Privilèges accordés à la couronne de France far le Saint-Siège, p. 21, 26, 43.
(c) Eudes de Château-Thierry, Michel de Pampelune, Gautier de
et tel est îe chiffre que nous constatons en 1263 (a) et en 1270 (6).
Voici une liste des clercs de nos comtes depuis la mort d'Henri le Libéral :
Guillaume, déjà au service de ce prince comme notaire, c'est à-dire rédacteur et copiste (c), resta en fonctions sous son successeur de 1181 à 1190 (d).
Pierre de Sézanne, notaire, de 11 88 à 1199 (e).
Eudes était, en 1488, un des gardiens du trésor de Saint-Etienne de Troyes (369), et dès 1186 nous le trouvons comme témoin dans une charte de Marie de France (3/i4).
Péronne, Richard de Montier-en-Der, Simon Garsie, étaient alors notaires, et Jean, doyen de Saint-Quiriace, receveur de Thibaut IV.
(a) En 1265, les clercs du comte de Champagne étaient : Eudes de Château-Thierry, Michel de Pampelune, Gautier de Péronne, Richard de Montier-en-Der, Lambert de Lagny, Jean d'Asnières, Thomas Brunei et Adam des Grès.
(b) En 1270, les clercs étaient : Jean d'Asnières, Thomas Brunei, Adam des Grès, Geofroide Monllhéry, Martin d'Estella, Simon de Lagny, Henri Tuebeuf, et Appariée de Pampelune.
(e) Voir T. III, p. 136-137.
(d) Voici la liste des chartes où il figure :
Année 4 4 84 (324), — 44 82 (327), — I l 83 (329), — 4 4 84 (332. 333. 33ï).— -1183 (350, 341), — 4 4 86 (343. 314, 346, 347, 348, 349, 352),— 1187 (334, 355, 356, 358, 359, 360, 362, 363), — 4 488 (368, 369, 370, 380), — -H 89 (386, 388),
(e) Voici l'indication des chartes où il figure :
Année 4 4 88 (366), — 448"9 (382, 387, 389, 390, 392, 396),
Jean, notaire, en 1189 (385), et en 1190 (412).
Thierri, notaire, de 1189 à 1197 (a).
Philippe paraît avoir fait l'intérim de la chancellerie en 1190 (6).
Raoul, notaire, en 1191 (417).
Mathieu fait fonction de chancelier sans en avoir le titre dans une charte de l'année 1198 (465).
Alerme, dit en français Aliaume, notaire, de 1199 à 1212 (c), était encore au service de Blanche de Navarre pendant l'année 1217, où il fit pour elle un voyage à Soissons (d). En 1220 il était mort (1305). Il avait, en 1209, obtenu de Blanche pour son cousin Pierre une chapellenie dotée 10 livres de rente (715). L'abbaye de Saint-Loup de Troyes lui avait donné des prés (793), et le chapitre de Notre-Dame de Paris la jouissance viagère de terrains défrichés dans la forêt de Rozoy (1305).
Milon, notaire en 1200 et 1201 (e).
(a) Voici la liste des chartes où il figure :
Année 4 489 (395), — M 90 (442), — 14 93 (424), — 4 4 94 (425, 426, 427, 428), — M 95 (438), — -H 96 (440, 443), — 4497 (446).
(6) Bourquelot, la Chancellerie des comtes de Champagne, p. 8 du tirage à part.
(c) Voici la liste des chartes où il figure :
Année 4499 (490, 494, 506, 509, 540), — 4200 (54 4 , 516, 54 7, 548, 523, 527, 540), — 4205 (644), — 4209 (724), — 4 240 (726), — 424 3 (842).
{d) Fragments de comptes du XIIIe siècle, publiés par M. Bourquelot, Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, IV, 62.
(e) Voici l'indication des chartes où il figure :
En 4200 (530, 535), — 4204 (543, 544, 545, 547).
Jean, notaire de 12Q1 à 1206 (a).
Garsie, clerc de Blanche et de Thibaut IV de 1216 à 1229, et qui fît dans l'intérêt de Blanche en 1217 un voyage à Paris, et en 1219 deux voyages, l'un à Lagny , l'autre au Mans (b) , était dès le mois d'octobre 1216 chanoine de Saint-Etienne de Troyes (1020). 11 possédait en 1222 l'office de cellerier de cette église (1435); ii y joignait, en mars 4224, la dignité de prévôt de Saint-Quiriace de Provins (c), qu'il conservait encore en juin 1237 (2438), et en août 4241 il était sous-doyen de Saint-Etienne de Troyes (2575). Il obtint de l'abbaye de Saint-Loup de Troyes, du comte et de la comtesse plusieurs libéralités (1020, 1435). Thibaut l'autorisa notamment à bâtir une maison à Troyes, devant l'église Saint- Jean (2575), et Garsie abandonna au chapitre de Saint-Etienne la nue propriété de cette maison (1635). Il acquit en 1223 une part dans des moulins importants situés à Provins (1592), puis céda cette part à Thibaut IV, qui en échange donna 15 livres de rente à l'hôpital de Provins (1915). Après avoir longtemps servi ce prince, il finit par avoir
(a) Voici l'indication des chartes où il figure :
Année -1201 (555, 559), — 4202 (558, 564, 567, 578),— 1203 (574, 574, 583, 584, 586, 587, 589, 592), — 4204 (603, 604, 606, 608, 642, 64 3), -- 4205 (616, 648, 624, 622, 624, 627, 628, 629, 630, 632, 634, 639), — 4206 (649, 654, 656, 660, 663, 665).
(b) Bourquelot, Fragments de comptes du XIII' siècle, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, IV, 61, 64, 67.
(c) Bibliothèque de Troyes, Cartulaire du Paraelet, fos 75 v°- 74 r°, 268 v°-269 r°.
avec lui des difficultés provoquées par une question d'argent et qu'une transaction termina en 1237. A cette date Thibaut, qui avait dépouillé Garsie d'une partie sinon de la totalité de ses biens, reconnut avoir dépassé les bornes de la justice et lui donna en indemnité la jouissance viagère d'un bois (2638); mais Garsie, qui sans doute avait pendant sa disgrâce perdu son emploi dans la maison de noire comte, ne paraît pas l'avoir recouvré depuis.
Gervais. Nous avons de lui des comptes rendus en 1237 et en 1219. Ce ne sont pas des comptes généraux des finances de la Champagne, comme ceux qui furent plus tard donnés par Renier Acorre, ce sont des comptes partiels (a) . Il est probablement le môme que Gervais Auverez, aussi clerc de Thibaut IV, et qui en 4223 vendit une rente de grains au chapitre de Nolre-Dame-du-Val de Provins (1613).
Gillebert de Saint-Jacques était médecin de Thibaut IV en 4 218 et en 1223, et ce prince lui donna une rente viagère de 20 livres (1465, 1567). En 4229 il est question d'un médecin de Thibaut qui était chanoine de Saint-Etienne de Troyes. Ce médecin est sans doute encore Gillebert de Saint- Jacques, et il obtint de son puissant client pour son domestique d'importants privilèges, notamment l'affranchissement du droit de main-morte (1976).
Robert Dauphin reçut en 1219 une somme de Vi sous pour frais d'un voyage près de la com-
(«) Bouiquolol, Fragments de comptes du XIIIe siècle, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, IV, 60, 61, 66.
tesse (a). Il faisait encore fonction de messager ou de courrier en 1227 (1783), et l'année suivante où il alla porter jusqu'à Rome des lettres patentes de Thibaut IV (1876). En 1229, ce prince lui promettait la seconde prébende vacante à Saint-Etienne de Troyes (6). Quand notre comte fit son troisième voyage en Navarre, 1236, ii paraît avoir emmené Robert Dauphin, que nous trouvons près de lui dans ce royaume en janvier et en septembre 1237 (c).
Pierre de Pampelune était en juin 1222 prévôt du chapitre de Notre-Dame du-Val de Provins. C'était Thibaut qui l'avait nommé à celte dignité (1A34).
Pierre de Boissy était au service de Blanche de Navarre en 1223 et obtint d'elle deux arpents de vignes (1530, 1531).
Pierre Chien était en 1228 agent de Thibaut IV à Rome (1807). L'année suivante, son neveu obtint de notre comte, à titre de récompense, une autorisation de défrichement (1961).
Gui, employé à la chancellerie de Champagne dès 1227 (177/i), notaire du comte en 1232 (2218), devint chancelier deux ans plus tard (d).
Jean, employé à la chancellerie de Champagne en
(a) Bourquelot, Fragments de comptes du XIIIe siècle, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5° série, IV, 67.
{b) Bibliothèque impériale, Ms. latin 5992, f° 334; Archives de l'Empire, KK1064, > 369.
(c) Voir deux chartes de Thibaut dans Los Annales de Navarra, III, 10-11 , et dans le Diccionario de Antiguedades del ,reino de Navarra, I, 161 8.
. (d) Voir plus haut, p. 528,
1227 (477/i, 1798) et en 1228 (1807), obtint de Thibaut IV en 1229 la promesse de la seconde prébende vacante à Saint-Quiriace de Provins (a). Il est peut-être le même que Jean de Provins, à qui la même année Thibaut IV donna dix arpents de pré dans le voisinage de Nogent-sur-Seine (2016). Peutêtre aussi est-ce lui qui, par avancement, réunit onze ans plus tard la charge de receveur de Champagne à la dignité de doyen de Saint-Quiriace. On sait que Jean, doyen de Saint-Quiriace, resta au service des comtes de Champagne jusqu'en 1260 (6).
Etienne de Provins, clerc de Thibaut IV en 1229 et en 1230, obtint de ce prince divers privilèges pour son cousin Richard de Cucharmoy (4964, 1965), et des conditions favorables pour une veuve qui voulait racheter du comte la succession de son mari (2057). En s'occupant des intérêts des autres il ne négligeait pas les siens, car il se fit donner par Thibaut la jouissance de plusieurs redevances à revenus incertains, en échange desquelles ce dernier lui assura plus tard 35 livres de rente (2009).
Adam de Vertus. En 1229, Thibaut IV lui avait promis la première prébende vacante à Saint-Etienne de Troyes (c). En 1230 il accorda sur sa demande divers privilèges à deux fiancés dont l'un était originaire de Semoine (2066).
(«) Bibl. Imp., lat. 5992, f° 354; Arch. de l'Empire, KK 1064, f° 569.
(b) Voir plus haut, p. 465-466.
(c) Bibl. Imp., Ms. latin 5992, t'° 334; Archives de l'Empire, KK 1064, f°369.
Garnier, chanoine de Vitry, obtint en 3240 la commande du prieuré de Larsicourt (2569).
Jacques, chanoine de Saint-Quiriace de Provins, accompagna en 1246 Thibaut IV dans son premier voyage à Lyon, où résidait alors le pape Innocent IV (2748). il est peut-être le môme que Jacques d'Ervy, depuis receveur de Champagne (a).
Jacques de Rebais fut, en 1250, chargé par Thibaut de dresser, avec Gilles de Villenauxe, un état des fiefs mouvants de Champagne (2978). Il s'acquitta de cette mission l'année suivante ( 2985 , 2987).
Eudes de Château -Thierry , notaire sous Thibaut V, de 1259 à 1270(6), accompagna ce prince en Navarre en 1264 et en 1269 (c).
Michel de Pampelune, notaire de 1259 à 1266 (d).
Gautier de Péronne, notaire de 1259 à 1262 (e).
(a) Voir plus haut, p. 471472.
{b) Voir les chartes suivantes :
Année 1259 (3169, 3^74) — 1260 (3185, 3205) — 1261 (3218, 3231), — 1262 (3262, 3263), — 1264 (3333, 3335, 3343), — 1265 (3363, 3364), — 1269 (3551, 3554, 3557, 3559), — 1270 (3622). Dans les chartes numérotées 3262,3263, 3622, il est appelé Eudes tout court. Le numéro 3316, qui date de 1263, nous offre l'exemple d'une charte écrite par Eudes de Château-Thierry pour un autre que le comte de Champagne.
(c) Catalogue, nos 3343, 3551, 3554, 3557, 3559.
(d) Année 1259 (3172), — 1265 (3378), — 1266 (3390).
(e) Année 1259 (3177), — 1260 (3181), — 1262 (3283). Dans la charte numérotée 3177, on a imprimé Gautier de Pons,
nous pensons que c'est une faute pour Gautier de Péronne*
Richard de Montier-en Der, notaire de 1259 à 4265 (a).
Simon Garsie, notaire en 1260 (3186).
Lambert de Lagny, administrateur du domaine de Thibaut V à Paris, 1263-1265 (b).
Jean d'Asnières, notaire de 1263 à 1270 (je).
Thomas Brunei, notaire de 1263 à 1270 (d). En 1270, Thibaut V partant pour la croisade le laissa en Champagne, avec la mission de saisir les biens nouvellement acquis par les gens de main-morte, et pour lesquels il n'avait pas été payé de droits d'amortissement (e).
Adam des Grès, notaire en 1263 (3320) (f), fut, en 1268, chargé par Thibaut V de faire une enquête
(a) M. Bourquelot, dans son mémoire sur la Chancellerie des comtes de Champagne, p. 9, l'indique en 4259, puis nous le retrouvons dans les chartes suivantes : année -1260 (3187, 3-198), — -1263 (3296),— d 265 (3359). M. Bourquelot, et les chartes numérotées 3296 et 3359, rappellent Richard tout court.
(b) Voir plus haut, p. 472.
(c) Année 4 263 (3305, 3308, 3310, 3342, 3345, 3324, 3324), — 4266 (3393), — 4 267 (3405), — 4 270 (3632, 3636). Il est ordinairement appelé Jean tout court. La charte numérotée 3405 est la seule où on lise Jean d'Asnières.
(d) Année 4263 (3320, 3322). — 4270 (3600, 3649, 3629, 3640). Il est appelé tantôt Brunelhs, tantôt Th. Brunellus, tantôt Th. tout court. Son nom ne se trouve entier que dans la pièce dont la note suivante donnera l'indication.
(e) Charte du 9 septembre 1270, aux Archives de l'Aube, fonds de Saint-Pierre de Bar-sur-Aube.
(/) Dans cette pièce, il est nomme Adam tout court.
(3467), et en 1270 ce prince l'associa à la mission qu'il donnait à Thomas Brunei (a).
Garsie San<hez, notaire de 1264 à 1267 (&). II représenta Thibaut V au concile de d'Auch en 1266 (3393).
Etienne, notaire en 1267 (3608).
Geofroi de Montlhéry, notaire de 1267 à 1270 (c), était chanoine de Saint-Etienne de Troyes en 1269 (3547; 3660). Il fut employé à la levée du centième et des autres sommes accordées à Thibaut V par le légat pour l'aider à payer les dépenses de la croisade (d). J«± X, ?
Aubri de Lcgarda, notaire en 1267 (3460, 3461).
Martin d'Estella, notaire en 1269 (3563) et en 1270 (3605).
Simon de Lagny, notaire eu 1269 et 1270 (e). . Henri Tuebeuf, notaire en 4 270 (3636), avait fait en 1268, avec quatre autres personnes, une enquête pour Thibaut V (3467). En février 1276 il était du nombre des conseillers qui composaient la cour suprême de Champagne (3830). Il paraît avoir été ori-
(o) Voir la charte du 9 septembre, déjà citée.
(b) Année 4 264 (3330), — 4 266 (3389). M. Bourquelot, dans son mémoire sur la Chancellerie des comtes de Champagne, p. 9, l'indique en 1267.
(c) Année 4267 (3409, 3434, 3436), — 4268 (3498, 3499, 3547, 3520), — 1269 (3527, 3533), — 4270 (3596). Il est appelé Geofroi tout court dans les chartes numérotées 3434, 3436, 3498, 3499.
(d) Voir plus haut, p. 412-413.
(e) Année 4269 (3567, 3570, 3572), — 427C (3587, 3590, 3594).
ginaire de Provins (a). Exécuteur testamentaire de l'évêque de Paris Guillaume III (b) qui mourut en 12/i8, chanoine de Paris de 12/49 à 1279 (c) bien qu'il ne se soit jamais élevé au-dessus du sous-diaconat, il exerçait en 1266, pour le chapitre de Notre- Dame, les fonctions de prévôt de Rozoy-en-Brie {d), et en 1269 il prit cette prévôté à ferme pour six ans, moyennant un loyer de 80 livres tournois (e).
Appariée de Pampelune, notaire en 1270 (3657, 3659).
Jacques d'Ervy, receveur de Champagne de 1271 à 1273 (f), et prévôt de Troyes en 1285 (g).
Gilles, clerc d'Henri III en 1271 (3695).
Guillaume de Vitry, notaire de 1273 à 1277 (h).
Gui de Launois, receveur de Champagne en 1273 et en 1276 (*).
Raoul de Thourotle, chanoine et trésorier du chapitre de Meaux, était présent lors de l'hommage
(a) Cartulaire du Temple de Provins, cité par Bourquelot, Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 4e série, IV, '183. {b) Cartulaire de Notre-Dame de Paris, II, 87.
(c) Cartulaire de Notre-Dame de Paris, I, 159, II, 87, 193,
(d) Cartulaire de Notre-Dame de Paris, II, 278.
(e) Cartulaire de Notre-Dame de Paris, II, 284.
(f) Voir plus haut, p. 472.
(g) Voir notre tome II, p. lxiv, art. 9.
(h) Année 4273 (3779, 3783), — 1274 (3807). M. Bourquelot l'indique comme notaire aux années \ 276 et \ 277 : la Chancellerie des comtes de Champagne, p. 10.
(i) Voir plus haut, p. 472.
d'Henri III à l'abbaye de Saint-Denis en 1274 (3689), et faisait partie de la cour de Champagne réunie à Troyes le 1er février 1276 (3830). Il fut clerc d'Edmond en 4277 (3861, 3842). Il appartenait à une des plus hautes maisons de Champagne, puisqu'il était fils de Jean III de Thourotte, gouverneur et bouleiller de Champagne (a). Il possédait un canonicat à Verdun quand, en 1283, le pape Martin IV, frère du gouverneur de Champagne Gilles de Brion (6), le nomma archevêque de Lyon. Il conserva ce siège jusqu'à sa mort en 1287 (c).
Tandis que les clercs dont nous venons de parler étaient occupés de fonctions administratives, d'au- Ires étaient employés au service du culte ; c'étaient les chapelains.
Des chapelains étaient attachés à la plupart des chapelles fondées dans les châteaux des comtes de Champagne. C'est ainsi que nous trouvons en 1228 un chapelain du comte de Champagne résidant à Sézanne (1853). C'est ainsi qu'en 1269 nous en rencontrons un autre à Payns (3529). Ces chapelains formaient une communauté à laquelle Thibaut V, par son premier testament, légua une somme de 100 livres, 1258 (3125).
Outre ces chapelains, les comtes de Champagne
(a) Anselme, Histoire généalogique, II, 151.
(b) Voir plus haut, p. 459.
(c) Sur son épiscopat, voir : Gall. Christ, nov., IV, 152-154. L'identité de l'archevêque Raoul avec Raoul de Thourotte, signalée déjà par les frères Sainte-Marthe dans leur édition du Gall. Christ., nous paraît évidente, quoiqu'en diseût les auteurs de la nouvelle édition, et en cela nous sommes d'accord avec le P. Anselme.
en avaient un ou plusieurs attachés à leur personne et qui les accompagnaient dans leurs voyages. Ainsi, Marie compta trois chapelains : André , 1184- 1186 (a); Pierre, chanoine d'Hébron et de Saint- Etienne de Troyes, 1186 (365, 348); Adam, 4188 (367,376). Aceline, mère d'Adam, fut donnée par Henri II à la léproserie de Troyes (367). Nous connaissons deux chapelains de Thibaut ÏV : Raoul des Ponts, qui était mort en 1230 (2088), et le Trinitaire Simon, dont il a été question déjà (6). Vient ensuite Conon, chapelain de Marguerite de Bourbon et de Thibaut V, 1256-1267. Ce dernier fît un paiement pour Marguerite en 1256 (3091); figure au nombre des exécuteurs testamentaires de Thibaut V en 1258 (3125); rendit un jugement arbitral entre ce prince et l'évêque de Meaux en 1261 (3236), et en 1267 fut de nouveau choisi pour arbitre par les deux parties (3426). Nous avons déjà parlé de ses successeurs : Robert, abbé de Montiéramey, 1269 (c), et Thomas de Jouarre, 1273 (d).
g 2. Officiers et employés laïcs de second ordre attachés à la maison des Comtes.
Ces officiers et employés étaient le pannetier, l'échanson, le cuisinier ou queux, le fauconnier, l'écuyer, les valets, l'huissier, les demoiselles de la com-
(o) Année 4484 (336), — 4 4 85 (340), - 4486 (344, 348).
(b) Voir plus haut, p. 531.
(c) Voir plus haut, p. 531.
(d) Voir plus haut, p. 529.
tesse, le maçon, le charpentier, les charretiers. Nous avons déjà parlé du médecin dans le paragraphe consacré aux clercs (a).
Pannetiers (6). — Nous connaissons deux pannetiers de Thibaut IV : le premier est Pierre de Jaucourt, qui fut investi de la panneterie de Champagne à titre viager et à charge d'hommage-lige le 30 juillet 1234 (2307 bis). Nous le rencontrons pour la première fois en 1226 (1694, 1698). Il était au service de Thibaut IV dès l'année 1228 (c). Il vivait encore en 1235 (2372), et dix ans plus tard il est probable qu'il était mort (2709). Il cautionna trois fois Thibaut IV (1857, 1858, 2226). Ce prince le désigna une fois comme expert (1990), le choisit trois fois pour arbitre (2265, 2267, 2319), et le mit au nombre des conseillers qui, à l'époque de son élévation au trône de Navarre, administrèrent pour lui la Champagne (2314) ; enfin , il récompensa les services de Pierre par de nombreuses libéralités, dont cinq chartes conservent encore le souvenir [d). Parmi les biens qu'il lui donna, on en remarque qui provenaient des confiscations dont avaient été frappés le sergent Giiebert de Chaumont (2220) et le chambrier Pierre Goin (2330) (e); nous signalerons aussi
(a) Voir plus haut, p. 536.
(b) Sur le pannetier d'Henri Ier, voir T. 111, p. 152.
(c) Catalogue, n08 4 857, 4858, 4865, 4868, 4872, 4873.
(d) Ces chartes appartiennent aux années 4230 (2074), — 4232 (2244, 2220), — 4235 (2330, 2333).
(e) Sur l'histoire de ce chambrier, voir plus haut, p. 504, et sur le sergent Giiebert, voir pins Ins, p. 551.
une partie des fossés de Bar-sur-Aube (2216); les habitants de Bar firent, avec l'approbation de Thibaut, donation à Pierre d'une autre partie de ces fossés (2372). Une charte de l'année 4233 met Pierre de Jaucourt au nombre des bienfaiteurs de l'hôpital de Saint-Jean de Jérusalem (a).
Après sa mort, les fonctions de pannetier furent remplies par Salet de Jully, que nous rencontrons avec ce titre en 1247 (2805). Dès 1230 Salet était, en qualité de sergent, au service de Thibaut IV qui, à titre de récompense, lui accorda un droit d'usage dans la forêt d'Isle-Aumont et l'autorisa à faire entrer dans la ville de Troyes dix tonneaux de vin francs de droits (2065).
Echanson (Eschantio). — En 1264, cette fonction était remplie à la cour de Thibaut V par Guillaume d'Aulnay (3343), L'existence de cet emploi à cette date explique pourquoi le bouteiller Jean de Thourotte n'eut pas de successeur (6).
Cuisinier ou queux. — Renaud de Vertus,, cuisinier de Thibaut IV en 1239, était encore au service d'Henri III en cette qualité au mois de mai 4273. En 1239 il obtint de Thibaut IV la nue propriété d'une maison à Vertus (2526), et en mai 1273 il fît une donation à l'abbaye de la Charmoye (c).
(o) Cartulaire de Caillot, cité par Bourquelot dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, IV, 74, note 3.
{b) Voir plus haut, p. 501-502.
(c) Original, Archives de la Marne, fonds delà Charmoye. — Sur les cuisiniers d'Henri Ier, voir T. III, p. 140.
Fauconnier (a). — En 1231 Henri d'Oye, fauconnier de Thibaut IV, reçut de ce prince comme récompense une rente de grain et une rente d'argent à charge d'hommage-lige (2161).
Ecuyers. — Un compte, rendu à Blanche de Navarre en 1219, porte en dépense la somme de 30 sous pour frais d'une maladie de Guillaume, écuyer de Thibaut IV (b).
En 1264 l'écuyer de Thibaut V était Anero Sanchez, à qui ce prince donna 15 livres de rente viagère sur le péage de Pampelune; la charte motive cette libéralité sur les grands services rendus par Anero tant au prince régnant qu'à son père (c); elle fut confirmée en 1271 par Henri III, près duquel, à cette date, Anero conservait encore son emploi (d).
Valets. — Nous voyons dans les comptes de saint Louis qu'en 1239 ce prince fit donner comme cadeau 20 sous à un valet du comte de Champagne (e). Nous connaissons les noms de trois valets de Thibaut IV : Renier Bolet et Le Moine en 1230, Jean Morel en 1247. Thibaut récompensa les deux premiers en leur donnant : à l'un une rente de grain (2100), à l'autre une quantité de terre assez grande pour occuper une charrue (2107). Le dernier ac-
(o) Sur le fauconnier d'Henri Ier, voir T. III, p. 152-153.
(b) Fragments de comptes du XIIIe siècle, publiés par M. Bourquelot, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, IV,
(c) Los Annales de Navarra, III, 91.
(d) Los Annales de Navarra, III, 145.
■ (e) D. Bouquet, XXII, 602 G.
rn
quit, de l'abbaye de Jouarre, 30 arpents de bois dans la forêt de Mant (2829). Ces trois individus appartenaient sans doute aux classes inférieures de la société. Radulphin, valet de Blanche de Navarre, était homme de l'abbaye de Saint-Loup de Troyes qui le céda à cette princesse moyennant engagement de donner en échange un autre homme de même valeur (1049).
Huissier (a). — Jean d'Ayre, huissier de Thibaut IV en 1230, reçut de lui une rente de grain en récompense de ses services (2092).
Demoiselles. — - On nous a conservé les noms de trois demoiselles de la comtesse Blanche : Flore de Mescines, Aude et Mathilde.
En décembre 1220, Blanche faisait donner à Flore, par le chapitre de Notre-Dame de Paris, l'investiture des essarls de la forêt deRozoy, précédemment possédés par le clerc Alerme (1305) (6). Flore vivait encore au mois de janvier 1255, où elle vendit, au chapitre de Notre-Dame, ses biens de Rozoy pour la somme de 500 livres (c).
Aude épousa Thibaut de Rosières et reçut de Blanche, à l'occasion de ce mariage, 10 livres de rente en dot ; elle était morte en mai 1222 (1423- 1426).
Mathilde était serve : elle épousa Jean de Bernay, sergent, serf comme elle. Mais Blanche les affranchit
(a) Sur les huissiers d'Henri Ier, voir T. III, p. 152.
(b) Sur le clerc Alerme, voir plus haut, p. 534.
(c) Cartulaire de Noire-Dame de Paris, II, 271.
tous deux, et cet affranchissement fut confirmé par Thibaut IV en 1222 (4493).
Nous mentionnerons à leur suite, Alix, maîtresse d'Agnès de Beaujeu. Alix paraît avoir accompagné en Champagne son élève, qui, devenue femme de Thibaut IV, fît donner par l'abbaye de Montiéramey un usufruit à son ancienne gouvernante (4749).
Maçon. — André était maçon de Thibaut IV en 4222 (4489, 4490). II est question de lui pour la première fois en 4174, où il vendit à l'abbaye de Saint-Martin-ès-Aires de Troyes le tiers du moulin de Meldançon (a). Blanche lui fit donner, par l'abbaye de Saint-Loup de Troyes, des prés à Rouilly- Saint-Loup (793). André possédait à Troyes, rue Notre-Dame, une maison que Thibaut IV affranchit des redevances ordinaires jusqu'à concurrence de 40 sous (1453). Il avait un fils et une fille auxquels ce prince accorda d'importants privilèges ( 4489, 4490).
Charpentier. — En 4223, Thibaut IV prit à son service, comme maître charpentier, Thomas de Vitry, auquel il assura plusieurs privilèges, une rente de grain et une rente d'argent (4606).
Charretier. — Richardin, charretier de Blanche d'Artois, fit partie de l'expédition d'Aragon en 4285 (6).
(a) Voir notre T. III, p. 276.
(b) D. Bouquet, XXII, 729 D, 732 C.
g 3. — Officiers et employés laïcs de second ordre attachés à des services extérieurs.
Ces officiers et employés sont les sergents, les gardes des foires, les prévôts, les celleriers, les gruyers et les forestiers.
Sergents. — Hatton de Broyés, sergent de Blanche de Navarre en 1206 (660) et en 1211 (786), paraît avoir appartenu à une famille de serfs possédée par la puissante maison de Broyés, et qui n'obtint d'Hugues, seigneur de Broyés, son affranchissement qu'au commencement du xme siècle (660). Sa femme était serve de l'abbaye de Faremoutiers, qui n'abandonna ses prétentions sur elle qu'en 1219 (1226). Hatton avait une maison à Sézanne (2003), deux arpents de vigne à Vindey (1530), et probablement il jouissait d'une certaine aisance, car il donna 5 livres de rente à l'Hôtel-Dieu de Provins (786, 167 A). En 1219 il vivait encore; il acheta du vin de la comtesse Blanche, et un déficit s'étant trouvé au moment de la livraison, cette princesse lui paya une indemnité de 6 livres (a). En avril 1223 il était mort (1530), et il paraît alors avoir été traité en serf main-mortable, car Blanche et Thibaut IV s'emparèrent de sa succession (1530, 2003).
Jacques de Hongrie, sergent de Blanche de 1212 à 1219 (813, 1244), était sans doute, comme son nom l'indique, un étranger que le droit d'aubaine
(a) Fragments de comptes du XIII^ siècle, publiés par Bourquelut dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, IV,
engageait dans les liens du servage. Sa venue en Champagne avait peut-être pour cause les relations momentanément établies entre notre province et la Hongrie par le mariage de Marguerite, sœur de la comtesse Marie, avec Béla III, roi de Hongrie (a). Nous ne le connaissons que par une libéralité de Blanche en sa faveur et par son testament, qui date de 4219.
Gilebert de Chaumont était, comme Hatton de Broyés, d'une naissance peu relevée, car sa mère et son frère, qui demeuraient à Saint-Thiébault, payaient au comte de Bar-le-Duc, leur seigneur, les mêmes redevances que les autres habitants roturiers de cette localité (1304). On doit ce semble le compter au nombre de ces bourgeois enrichis si nombreux à la cour de Champagne, où leur aisance contrastait avec la pénurie de plus d'un grand seigneur. Rainard II, seigneur de Choiseul, et Hugues II, seigneur de la Fauche, furent tous deux obligés de lui emprunter de l'argent; et Gilebert, à qui ne suffisait pas l'honneur de les obliger, exigea d'eux comme garantie de remboursement des gages importants : ce fut pour Rainard le village de ChaufTour (1562); ce fut pour Hugues la moitié du village de Morteau (1867). Un autre haut personnage, Simon V, seigneur de Clefmont, lui vendit ses biens de Saulcy (854). Gilebert était sergent de Blanche de Navarre en 1213 (854) et en 4220 (1306), et obtint pour sa mère et son frère la protection de cette princesse.
(a) Voir plus haut, pages 61, 62, 74, et notamment la note b de cette dernière page.
Thibaut IV, dans les premiers temps qui suiviremt sa majorité, eut pour lui la même bienveillance que Blanche. Le fils de Gilebert ayant été fait prisonnier en Franche -Comté par Guillaume et Richard de Chay, noire comte leur fit faire la guerre par Jean de Châlon, comte de Bourgogne (1644). Mais bientôt Gilebert perdit les bonnes grâces du prince champenois, qui le déclara convaincu de forfaiture, confisqua ses biens et le condamna au bannissement. Ceci eut lieu au plus tard en 4232 (2220, 2402).
Jean de Bernay, 1222, épousa Mathilde, demoiselle de Blanche de Navarre. Mathilde était née serve et fut affranchie par Blanche (1493).
Raoul Godart , libre , mais roturier, prit pour femme la fille d'un bourgeois de Coulommiers, et Thibaut IV lui accorda, en récompense de ses services, les privilèges qu'il donnait aux plus favorisés de cette condition, 1222 (1494).
Tiecelin Payen, 1222, reçut du comte les mêmes privilèges, d'où il suit que sa naissance était la même (1511)
Nous n'avons aucun renseignement sur l'origine et la condition des sergents Barthélemi de Troyes, 1225- Gilles de Montieri, 1229; Guerri de Berneuil, 1230; Gui de Vossemin, 1232, et Godemer, 1232, qui nous sont connus par les libéralités de Thibaut IV envers eux (a). Nous ne savons guère mieux quelle était la naissance des baillis Raoul des Ponts, Jean d'Epernay et Girard de la Noue, des chambriers Garnier de Lagny, Séier de Fontaines,
(a) Catalogue, nos 4672, -1966, 2-178, 22-13.
et Geofroi de Marquenbie, du chambellan Robert d'Aulnay, du pannetier Salet de Jully et du valet Jean Morel, qui portent dans certains actes le titre de sergents (a); mais il est probable que ni les uns ni les autres n'étaient de naissance noble. Cependant, tandis qu'en général une grande partie des sergents était d'origine serviie ou au moins roturière, comme Beaumanoir le fait remarquer (6), quelques autres étaient de condition plus élevée. Nous avons déjà signalé un cas où le titre de sergent est donné aux fils d'un chevalier, grand-officier d'un de nos comtes (c). C'était au xne siècle. Au xme siècle , le titre de sergent est porté par le bailli de Chaumont, Viennet, châtelain de Notent (3298 3360) (d).
Gardes des foires. — Cette fonction existait déjà au xne siècle («). Nous connaissons le nom de quelques-uns des officiers qui en furent investis au xme; ce sont : Girard Mélétaire, dont il a été question dans le paragraphe consacré aux chambellans, et qui en 1231 cumula les charges de maire de Troyes et de garde des foires (/"); Laurent de Donnement,
(a) Catalogue, nos 464, 545, 4478, 2065, 2069, 2088, 2829, 2905, 2963. Voir plus haut, p. 469, 471, 48-1, 50t.
(b) Chapitre xxix, 3, édit. Beugnot, I, 395.
(c) T. III, p. 131-152.
(d) Les châtelains avaient dans le monde féodal une situation analogue à celle des vicomtes, voir notre tome II, p. 432; Du Cange, au mot Castellanus, 4, édit. Henschel, II, 222 • Brûssel p. 712-717.
(e) Voir notre tome III, p. 235-236.
(f) Voir plus haut, p. 509-510.
1252 (a); Thibaut d'Assenay et Etienne Le Bourgeois, 1267 (6); Jean de Montigny et Guillaume d'AUement, 1278 (c); Guillaume de Villercel et Jean, de Brienne, 1285 (d). Thibaut d'Assenay avait été un des procureurs délégués par le pape Urbain IV pour la fondation de l'église Saint-Urbain de Troyes (3340). Jean de Montigny, avant de devenir garde des foires, avait exercé pendant un an la charge de bailli de Provins, 1270-1271 (e). Guillaume d'Aile* ment réunit X sa. personne les trois bailliages de Troyes, Meaux et Provins, depuis le mois de février 1284 (t). si,?} jusqu'au mois de juillet 1286 (/"). Guillaume de Villercel avait fait partie du tribunal suprême de la Champagne, réuni à Troyes le 1er février 1276 (3830). Jean de Brienne avait été bailli de Troyes en 1264 (3339).
Prévôts. — Nous n'entreprenons pas de donner la nomenclature de ces fonctionnaires, et quant à la liste des prévôtés, nous renvoyons au chapitre qui traitera de la géographie de notre comté depuis la mort d'Henri Ier jusqu'à Philippe le Bel.
Celleriers. — Thibaut IV avait à Sézanne , en
(a) Archives de l'Aube, Cartnlaire du Temple, f° 2 r°. (6) Archives de l'Aube, Cartulaire du Temple, f° 359 v°. (c) Olim, édit. Beugnot, 11, 100-101, xi. (dj Voir notre tome II, p. lxxii, art, 145, p. lxxv, art. 189, \) lxxvi, art. 497.
(e) Lefèvre, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, I, 186.
(f) Lefèvre, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, 1, 187; voir aussi notre tome II, p. lxvii, art. 65, et p. lxxv, art, 184.
1250, un cellerier auquel il donna ordre de délivrer annuellement 10 setiers de vin à l'Hôtel Dieu de Provins (2911). Son cellerier de Château-Thierry est aussi mentionné (4457); mais nous ignorons le nom de l'un et de l'autre de ces agents (a).
Gruyers. — Le maire deSourdun et Joibert, prévôt d'Isle-Aumont, étaient en 1236 gruyers, c'est-àdire gardes généraux des forêts de Thibaut IV (2413).
Forestiers. — Les deux forestiers de Nogent-sur- Seine et celui de Courtioux, près de La Saulsotte (Aube), sont mentionnés dans un compte de l'année 1219. Leurs noms sont inconnus comme celui du garde des bois de Nogent-sur-Seine, comme la résidence du forestier Bouchard, qui tous deux figurent dans le même compte (6).
SECTION 4e. — CONSEIL.
Nous avons déjà parlé du conseil d'Henri le Libéral (c). Ses successeurs administrèrent comme lui à l'aide d'un conseil; il en est souvent question dans les documents du temps.
Ainsi, sous Thibaut IV, il est décidé que lorsque
(a) Sur les grenetiers , voir notre tome III, p. 274.
(6) Bourquelot, Fragments de Comptes du XIIIe siècle, dans la Bibliothèque de l'Ecole des Charles, 5e série, IV, 64. Nous pensons qu'au xme siècle les forestiers occupaient dans la hiérarchie administrative un rang inférieur aux gruyers. Sur ces employés au xii" siècle, voir T. III, p. 267-268.
(c) Voir notre tome III, p. 122.
l'abbé de Montier-en-Argonne, cité devant le tribunal d'Anseau de Possesse, mettra en suspicion la science ou la justice de ses juges, il pourra demander qu'un membre du conseil du comte de Champagne vienne assisler au jugement afin de s'assurer s'il y a lieu à interjeter appel pour défaute de droit (1935). Pendant le règne du môme prince, un négociant romain emprisonné n'obtient sa liberté qu'en payant 1,000 livres au comte de Champagne et 200 livres à son conseil (2663).
Plus tard nous voyons le conseil de Thibaut V réuni à Nogent en l'absence de ce prince (3167). Peu après, l'abbé de Belvaî ayant avec le comte de Barle-Duc un procès que doit juger le comte de Grandpré, demande à Thibaut d'envoyer des gens de son conseil assister au jugement (3257). SuV la requête de la dame de Montmirail, notre comte délègue trois membres de son conseil pour assister à une transaction qui se conclut entre elle et Enguerrand, seigneur de Coucy (3287). Enfin il déclare qu'il est maître de donner aux eaux de la Seine, près de Troyes, telle direction que lui et son conseil jugeront à propos (3625).
, Blanche d'Artois, accordant un privilège aux habitants de Viane pour récompenser leur dévouement et leur courage, déclare que c'est après en avoir délibéré avec les hommes honorables et sages de son conseil de Champagne (3818 bis).
Les gouverneurs de Champagne administraient aussi à l'aide d'un conseil. Il est question, en 1260, de celui de Gilles de Brion et de Robert de Cocherel (3213).
Il est difficile de déterminer d'une manière cer-
taine quelle était la composition de ce conseil. Le conseil des comtes de Champagne ne paraît avoir été, à aucune époque, un corps constitué d'une manière précise et rigoureuse; mais on peut arriver cependant à connaître, en partie du moins, les principes qui dictaient le choix de ses membres et les noms de quelques-unes des personnes qui étaient l'objet de ce choix.
Nous ferons d'abord observer qu'il n'y a pas de différence sensible entre le conseil et la cour ou tribunal des comtes. Ainsi, les membres du conseil de Champagne qui, pour s'assurer si les jugements prononcés par Anseau de Possesse et par le comte de Grandpré sont fondés en droit, vont assister à ces jugements remplissent évidemment une mission judiciaire. On ne distinguait point alors, comme aujourd'hui, les fonctionnaires de l'ordre administratif de ceux de l'ordre judiciaire. Par conséquent, faire des recherches sur la composition de la cour ou sur la composition du conseil, c'est exactement la même chose.
En combinant les renseignements que nous fournissent les documents administratifs et judiciaires avec les renseignements que nous devons aux documents législatifs (nous voulons parler des ordonnances de 1212 et 1226), nous arrivons à ce résultat que, dans le conseil des comtes de Champagne, il y a deux éléments fondamentaux à distinguer. Le premier élément se compose des vassaux qui doivent à leur naissance et à l'importance de leurs fiefs le droit d'entrer au conseil; ils en constituent la partie indépendante; mais précisément par cette raison, c'està-dire parce qu'ils font la plupart un service gra-
tuit, quelque obligatoire que soit ce service en vertu des principes du droit féodal, ils sont les membres les moins exacts. L'autre élément ce sont des conseillers amovibles et à gages, ordinairement de petite naissance et de mince fortune, qui doivent à la faveur des comtes ou à leur aptitude spéciale leur élévation et leur admission au conseil, et qui font tous leurs efforts pour reconnaître, par leur exactitude et leur zèle, la bienveillance dont ils sont l'objet (a).
Quand il s'agissait d'exercer l'autorité législative, les principaux possesseurs de fiefs étaient seuls admis au conseil ; les ordonnances de 1212 (816 , 815) et de 1224 (1652) nous en donnent la preuve (6).
(a) On pourrait distinguer une troisième catégorie où prendraient place les grands officiers membres du baronnage , mais elle est peu nombreuse et pouvait, suivant les circonstances, se confondre soit avec la première, soit avec la seconde.
(b) Voici la liste aussi complète que possible des vassaux de Champagne qui ont concouru à l'ordonnance de 1212 : Grands officiers : Simon de Joinville, sénéchal; Gui de Dampierre, connétable; Gaucher de Châtillon, comte de Saint-Pol , bouteiller; Robert de Milly, chambellan ; Odard d'Aulnay, maréchal ; — Comtes : de Bar-le-Duc, Bar-sur-Seine, Grandpré, Joigny, Sancerre, Rethel , Roucy ; — Barons et vavasseurs : Jean d'Arcis , Henri de Bar-le-Duc, fils du comte; Eudes des Barres, Jean des Barres, Erard de Brienne, Gui de Cernay, Hugues, vidame de Châlons ; Clarambaud de Chappes, Gui de Chappes, Girard de Châtillon, Gui de Garlande, Gaucher de Joigny, frère du comte; Barthélémy de Jouy, Philippe de Plancy, Gui de Pougy, Oger de Saint- Chéron, le vicomte de Saint-Florentin, Hugues de Saint-Maurice, Pierre de Touquin, Garnier de Traînel, Gautier de Vignory et Jean de Villehardouin, frère du maréchal. — Les vassaux dont les noms suivent ont concouru à l'ordonnance de 1224 : Grands officiers : Simon de Joinville, sénéchal ; Hugues de Châtillon, depuis comte
Ni Lambert Bouchu, alors chambrier, ni Garnier de Lagny, ni Séier de Fontaines, ni Geofroi de Marquenbie, ses collègues, ni les baillis More! de Vertus et Raoul des Ponts (a) ne figurent dans la liste nombreuse pourtant des vassaux immédiats et médiats dont l'adhésion fut considérée comme nécessaire à la validité de ces importants documents. On n'y trouve pas davantage les noms des chevaliers Henri des Bordes et Lambert de Châtillon, qui cependant, comme nous le verrons, comptèrent à cette époque parmi les conseillers et les agents les plus dévoués de Blanche de Navarre et de Thibaut IV.
Mais quant au lieu de faire des lois il s'agissait de les appliquer, ou quand il était question de pure administration, la composition de la cour ou du conseil devenait différente : des barons, sans doute, prenaient presque toujours part aux délibérations (6); mais nos comtes n'étaient pas astreints à
de Saint-Pol, bouteiller ; Robert de Milly, chambellan. — Evêque de Beauvais. — Comtes : de Bar-le-Duc, Chartres, Roucy, Saint- Pol, Vaudémont. — Barons : Gui d'Arcis, Gautier d'Aizillières, Erard d'Aulnay, Erard de Brienne, Clarambaud de Chappes, le vidame de Châlons, Jacques de Chassenay, Simon de Château- Villain , Eustache de Conflans, Thomas de Goucy, Rainard de Dampierre, Renier de Nogent, Gui de Plancy, Philippe de Plancy, Anseau de Possesse, Manassès de Pougy, Gautier de Reynel, Nicolas de Rumilly, Gui de Sailly, Simon de Sexfontaines, Garnier de Traînel, Gautier de Vignory, Hugues , châtelain de Vitry. — Tous les grands officiers dont nous venons de parler appartenaient au baronnage.
(a) Sur eux, voir plus haut p. 473, 474, 476, 503.
(b) Sur la part prise par les barons aux décisions de la Cour de nos comtes, voir par exemple la charte de l'année 1229, cataloguée
s'entourer exclusivement de barons. Donnons d'abord quelques exemples empruntés à des documents qui ont un caractère exclusivement judiciaire; puis nous passerons aux documents purement administratifs.
4°. En 1184, Marie rend un jugement entre l'abbaye de Saint-Loup et Robert, maire d'Isle. Etaient présents : Gilles des Tournelies, le chambrier Artaud, Milon de Provins, Thibaut Révélard et Milon de Bray ou de Ternanlis (337). On sait l'histoire du chambrier Artaud, qui était fort riche, mais né roturier (a). Aucun des autres n'avait une position féodale importante : ni Milon de Provins, ni Thibaut Révélard, ni Milon de Bray, anciens conseillers d'Henri Ier, conservés par sa veuve (6), ni Gilles des Tournelies, qui paraît avoir été un des principaux favoris de la comtesse Marie (c).
2°. En 1186, la cour de Marie prescrit une enquête au sujet d'une contestation entre cette princesse et le comte de Nevers. Quatre personnes sont
sous le n° 1935, et Li drois et li coustumes de Champaingne et de Brie, § 49.
(c) T. III, p. 126-128.
(6) Nous avons déjà parlé des deux Milon de Provins, l'un maréchal, l'autre chambrier, voir plus haut, p. 502; sur Thibaut Révélard, voir notre tome III, p. 149, et sur Milon de Bray, le même tome, p. 146.
(c) Il est témoin dans les neuf chartes de cette princesse, qui portent les nos suivants : 329, 335, 356, 337, 340, 344, 545, 346, 347, et dans les deux chartes d'Henri II, numérotées 358, 363. Le plus ancien de ces documents date de 1183 ; le plus récent de 1187; cf. Catal. des actes de Philippe- Auguste, n° 46.
chargées de cette enquête; il y a dans le nombre deux barons : Dreux de Meîlo et Pierre de Touquin (a), et deux conseillers de Marie, qui ne sont barons ni l'un ni l'autre; savoir : Gilles des Tournelles et Milon de Provins , dont venons déjà de voir les noms (350).
3°. En 1215, Blanche de Navarre ayant à rendre une sentence arbitrale, juge sur le rapport de six conseillers, dont cinq seulement sont des barons ; ce sont : Gaucher de Châtillon, comte de Saint-Pol, bouteiller; Robert de Milly, chambellan ; Garnier de Traîne! ; Oger de Saint - Chéron , et Baudouin de Reims (6); le sixième est le bailli Raoul des Ponts (950) (c).
à0. En 1229, un procès entre l'abbaye de Montier-en-Argonne et Anseau de Possesse est jugé par la cour de Thibaut IV, sur le rapport de deux conseillers : l'un appartient au baronnage, c'est Hugues, châtelain de Vitry (d) ; l'autre est le chambrier Lambert Bouchu (1935).
(a) Pierre de Touquin figure dans la liste des chevaliers bannerets de Champagne sous Philippe-Auguste (Duchesne, Scriptores, V, 267, col. 1 B). Dreux de Mello est sans doute le connétable de France. La maison de Mello tint des comtes de Champagne une rente d'argent et quelques fiefs (2633, 2847, 2848).
(6) Robert de Milly, Garnier de Traîne!, Oger de Saint-Chéron et Baudouin de Reims, figurent dans la liste des chevaliers bannerets du temps de Philippe-Auguste, les premiers parmi les chevaliers de Champagne, le dernier parmi ceux de Coucy. (Duchesne, Scriptores, V, 266, 267.) Baudouin était aussi vassal de Champagne, Catalogue, nos 1023, 1451, 2172.
(e) Voir plus haut, p. 474.
{d) Sur l'importante position des châtelains de Vitry, voir Brussel p. 715-717.
5°. En 1236, un jugement rendu par la cour de Thibaut IV, entre les Templiers et le doyen de Saint- Etienne de Troyes, est notifié par deux des conseillers qui y ont pris part (2432); ce sont : Guillaume de Villy ou de Villehardouin, maréchal de Champagne, et Henri des Bordes. La famille du premier avait pénétré dans les rangs du baronnage champenois grâce au mérite de Geofroi de Villehardouin, son père; mais Henri des Bordes, quoique chevalier dès 1223 (1536), était un homme nouveau. Il paraît avoir dû la faveur de Blanche de Navarre et de Thibaut IV à des services qu'il leur aurait rendus pendant leurs guerres contre Erard de Brienne, et qui lui obtinrent d'importantes récompenses (1259, 1284); mais, bien qu'à leur service dès 1219 (a), en 1228 il cherchait encore à s'enrichir par un moyen que l'aristocratie féodale n'aurait pas avoué : car il faisait partie d'une compagnie de marchands qui exploitaient les bois de Garnier de Traînel (1835). Ces opérations commerciales ne l'empêchaient pas de continuer à s'attirer par son zèle les bienfaits du comte (2003, 2292) et d'être employé par ce prince : il fut , en 1231 , arbitre entre lui et l'abbaye de Saint- Jacques de Provins (2119), et fit partie, en 1234, du conseil qui administra la Champagne pendant l'absence de Thibaut IV (2314).
6°. En 1267, une condamnation prononcée par la cour de Thibaut V contre Henri, comte de Grand-
(a) Bourquelot, Fragments de comptes du XIIIe siècle, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, IV, 62; en 1223, nous voyons Henri des Bordes faire un paiement pour Thibaut IV (1534).
pré (3406), a pour conséquence une enquête prescrite par Thibaut, et les conseillers de ce prince qui en sont chargés sont deux chevaliers : Erard, seigneur de Jaucourt, et Lambert de Jaucourt ; et deux clercs : Henri Tuebeuf et Adam des Grès (a); un seul des quatre était baron , c'était le seigneur de Jaucourt (3667) (b).
7°. -8°. Deux jugements du tribunal suprême de Champagne, en 1270, donnent les noms des plus importants des personnages qui les ont rendus (c). On y reconnaît plusieurs barons; tels que : le comte de Roucy, les seigneurs de Chappes et de Jully-le- Châtel ; mais dans le nombre on remarque Pierre de la Malmaison, bailli de Vitry (d).
9°. Dans un jugement du 1er février 1276, nous trouvons la liste complète des juges qui, ce jour-là, siégèrent dans la cour suprême de Champagne. Ils étaient dix-huit; deux barons : c'est-à-dire Hugues de Cooflans, maréchal, et Jean de Joinville, sénéchal; deux abbés : ceux d'Hautvilliers et de Montiéramey ; cinq clercs ; quatre chevaliers de second ordre, dont le garde des foires Guillaume de Villercel ; Je roturier Chrétien l'Ours, et les quatre baillis (3830).
10°. Un jugement rendu en 1278 par le gouver-
(o) Sur Henri Tuebeuf et Adam des Grès , voir plus haut , p. 540-542.
(b) Sur Erard, seigneur de Jaucourt, voir notre tome II, p. xlvi, art. 563, et le Catalogue, n° 5630.
(c) Li drois et li coustumes de Champaingne et de Brie, § xix,
(d) Sur Pierre de la Malmaison, voir plus haut, p. 484.
neur Jean d'Acre, nous montre siégeant à côlé du seigneur de Broyé, c'est-à-dire de l'un des principaux barons de Champagne, Florent de Royes, qui paraît avoir été simplement un légiste (a), le chancelier Vincent de Picrre-Châtel et trois baillis : Guillaume du Chàtelet, alors bailli de Sézanne , depuis de Chaumont, et enfin de Troyes; Hugues de Chaumont, qui fut deux fois bailli de Vilry, et Guillaume de Puvillain, dont nous ne connaissons pas le ressort (3869) (6).
11°. -12°. Enfin, parmi les juges qui, vers le commencement du gouvernement de Jean de Joinville, rendirent deux arrêts considérés comme notables, on remarque à côté de barons comme les seigneurs de Jully, de Ghappes et d'Arzilières, deux baillis déjà nommés : Pierre de la Malmaison et Guillaume du Chàtelet (c).
Ainsi, quand le conseil des comtes de Champagne faisait fonctions de tribunal, les deux éléments que nous avons distingués en commençant, le baronnage, les employés amovibles et salariés, y étaient ordinai-
(o) Le nom de Florent de Roye.est un de ceux qu'on trouve le plus souvent dans Li drois et li coustumes de Champaingne et de Brie. Voir les § xm, xxxm, un, lvi, lxi, de ce coutumier. Il est aussi question de lui dans notre tome II, p. lxxiv, art. 107.
(b) Sur le chancelier Vincent de Pierre Ghâtel, voir plus haut, p. f>29; sur Guillaume du Chàtelet, voir plus haut, p. 485, note 6, et dans nos Eludes sur les documents antérieurs à 1285, conservés dans les archives de quatre petits hôpitaux de Troues, p. 26- 27, une charte de 1284, donnée par lui en qualité de bailli de Trêves, sur Hugues de Chaumont. voir plus haut, p. 485, notée.
(c) Li drois et li coustumes de Champaingne et de Brie, § vu et xxiv.
rement représentés tous deux, quoiqu'il n'y eût ni proportion établie ni règle absolue à ce sujet. Parmi les douze actes que nous venons de citer, il n'y en a qu'un dans lequel le baronnage champenois ne figure pas en la personne soit de plusieurs, soit au moins d'un de ses membres; c'est le premier. Si l'on rejette le sénéchal et le maréchal, quoique barons, dans la catégorie des employés à gages, si l'on soutient que c'est à ce titre et non à titre de barons qu'ils ont siégé, on pourra encore soutenir qu'aucun baron ne paraît, à proprement parler, dans le jugement de l'année 1276, que nous avons placé le neuvième. Mais ces absences accidentelles s'expliquent par le fait que certaines affaires étaient sans intérêt pour le baronnage. Et, en effet, le premier des actes que nous avons cités concernant un procès entre une abbaye et un maire roturier, le neuvième étant relatif aux droits de l'hôpital de Provins sur la chapelle du palais de cette ville, aucun baron n'y était partie. Ce défaut d'intérêt n'existait jamais pour les conseillers salariés, et voilà pourquoi on constate toujours la présence de quelqu'un d'eux, bien que la vulgarité du nom de la plupart d'entre eux dût médiocrement attirer l'attention des scribes.
Lorsque l'autonomie de la Champagne cessa, cette association ou ce mélange des barons et des conseillers salariés disparut, et l'on vit la justice rendue concurremment par deux tribunaux : l'un composé exclusivement de conseillers salariés, l'autre exclusivement de barons (a). Le premier, qui est connu sous
(a) Arrêt des grands jours de la mi-carême 1288, dans Brussel,
le nom de grands jours de Troyes, paraît avoir fonctionné pour la première fois en 1286 ou en 1285 (a). Philippe le Bel venait d'épouser la comtesse Jeanne; par conséquent, l'indépendance de la Champagne était à son terme. Les conseillers que le nouveau comte envoya tenir les grands jours de Troyes étaient pour la plupart étrangers à la province ; ils venaient des pays antérieurement formés au régime de l'unité capétienne. Par conséquent l'institution des grands jours, œuvre de création monarchique et presque de conquête, n'appartient pas à l'histoire de nos comtes; au contraire, elle marque le début de la période nouvelle que la réunion au domaine royal devait inaugurer.
Passons aux documents purement administratifs.
Les mentions de témoins qui terminent la plupart des chartes de Marie de France et d'Henri II permettent de dresser la liste suivante des conseillers de celte comtesse et de ce comte. Nous la diviserons en deux catégories : 1° les anciens conseillers d'Henri 1er; 2° les nouveaux venus; chacune sera partagée en deux classes : les barons et ceux qui ne l'étaient point.
p. 249-250. Il ne nous paraît pas démontré que celte séparation soit aussi ancienne que le pense le savant M. Beugnot, Olim, II, x.
(a) Voir notre tome II, p. lxxii-lxxiv, art. 161-170, et Li drois et li coustumes de Champaingne et de Brie, § xm. Le registre des grands jours, cité par Brussel, p. 237 et suivantes, commençait en 1284, mais rien ne prouve que les premiers arrêts contenus dans ce registre aient été rendus par un tribunal exclusivement composé de conseillers à gages, comme le furent certainement ceux des années 1285 et suivantes.
1°. Anciens conseillers d'Henri Ier. Les barons étaient : Anseau de Traînel, témoin une fois. (a) ; Garnier de Traînel (6), Hugues de Plancy (c) , Robert de Milly (d), chacun deux fois; Guillaume, archevêque de Reims, frère d'Henri Ier, quatre fois (e). Voici les noms des autres : Artaud , chambrier, témoin douze fois (f); Girard Eventé, neuf fois (#), et Geofroi Eventé, son frère, autant (/i); Guillaume, aumônier (i), et Milon 1er de Provins (/), chacun sept fois; Mathieu Muceri (k) et Névelon d'Aunay (i), chacun trois fois; Milon de Bray ou de Ternanlis (m) et Manassès de Clauso (n), chacun deux fois; Adam Bridène (o) et Névelon de Ramerupt (p), chacun une fors.
2°. Nouveaux conseillers. Les barons étaient :
(a) T. III, p. 125.
(b) T. III, p. 142.
(c) T. III, p. 144-145.
(d) Catalogue, nos 324, 455; cf. tome III, p. 148.
(e) T. III, p. 143-144 .
(f) T. III, p. 126-128.
(g) Aux numéros du Catalogue mentionnés tome III, p. 143, ajouter les nos 329, 334, 444.
(h) T. III, p. 142.
(?) T. III, p. 139-140.
(j) Voir plus haut, p. 511, et tome III, p. 131.
(k) T. III, p. 150-131, ajouter le n° 444.
(/) T. III, p. 146.
(m) T. III, p. 146.
(n) T. III, p. 145; cf. n° 435.
(o) T. III, p. 140-141.
(p) T. III, p. 146,
Ferri de Vienne, témoin quatre fois (a); Guide Dampierre (6) et Ansould du Plessis (c), trois fois; Barthélemi de Jouy, deux fois (d) ; Oger de Saint-Cheron (362); Erard, comte de Brienne (328), André, son frère (328), Josbert de Lignol (328), Milon de Nogent-sur-Seine (362) , Jean d'Arcis (362), chacun une fois. Voici les noms des autres : Gilles des ïournelles, témoin dix fois (e) ; Milon II de Provins cinq fois (/"); Geofroi, maréchal (g), et André, chapelain," quatre fois (/i); Macaire de Chàlons (t) et Lambert Bouchu de Bar (/), trois fois. Nous passons sous silence ceux que nous avons rencontré moins souvent.
Le conseil qui, sous Thibaut le Chansonnier, administra la Champagne en 1236 (2316) se composait en partie de membres appartenant au baronnage : Archembaud de Bourbon, Robert de Thourotte, évêque de Langres, et Dreux de Mello. Mais le chambellan Raoul Comtesse (fc) , le pannetier Pierre de
(a) Catalogue, nos 545, 346, 358, 565 ; voir plus haut, p. 48, note a.
{b) Catalogue, nos 331, 342, 545.
(c) Catalogue, n°8 545, 453, 434; cf. tome II, p. xin, art. 177.
(d) Catalogue, nos 434, 435.
(e) Voir plus haut, p. 560, note c.
(/') Catalogue, n°s 544, 545, 546, 558, 565.
(p) Voir plus haut, p. 515.
(h) Voir plus haut, p. 544.
(ï) Catalogue, n0i 545, 546, 454.
(j) Voir plus haut, p. 476.
(k) Voir plus haut, p. 508.
Jaucourt (a), Henri des Bordes (if)), associés aux précédents, étaient tous gens de petit état; et, bien qu'hier de la Brosse, leur collègue, ou son fils, ait épousé une fille de Gautier de Chappes et par ce mariage ait acquis un tiers de la vicomté de Troyes (c), nous avons peine à reconnaître en lui un homme de grande naissance : il fut cependant momentanément élevé aux fonctions de gouverneur, concurremment avec Jean de Thourotte (d).
Pendant le règne de Thibaut V, une charte nous donne les noms de trois membres du conseil de Champagne en 1262. Us sont tous étrangers aux baronnage; ce sont : l'abbé de Valsecret et deux laïcs obscurs, Eudes de Vulaines et Guillaume Du Buisson (3287).
Par contre, le 8 octobre 1271, Henri III n'avait près de lui, sauf l'abbé d'Haulvilliers, que des hommes appartenant aux plus hautes familles de Champagne : Erard de Vallery, Hugues de Conflans et deux fils du bouteiller Jean de Thourotte, c'est-àdire Gaucher de Thourotte (3689), seigneur d'Allibaudière, et Raoul de Thourotte; mais de ces quatre hauts personnages, trois étaient au service d'Henri : Erard comme connétable, Hugues comme maréchal, Raoul comme clerc (e); Gaucher seul avait conservé son indépendance.
(a) Voir plus haut, p. 545.
{b) Voir plus haut, p, 562.
(c) Voir notre tome II, p. xliv, art. 544; cf. Brussel, p. 689.
(d) Voir plus haut, p. 288-291 . 458.
{e) Voir plus haut, p. 494-498, 524, 542-543.
Ainsi, les documents administratifs confirment ce que les documents judiciaires nous ont appris de la composition mixte du conseil de Champagne.
En Navarre, les grands seigneurs du pays auraient prétendu composer exclusivement le conseil; mais nos comtes y amenèrent à leur suite un certain nombre de Français, dont ils s'entourèrent en dépit des réclamations des indigènes. Nous avons déjà parlé de leurs sénéchaux (a); ceux-ci étaient, à en juger par Geofroi de Bourlémont, des gens de haute naissance; mais la plupart des étrangers que les documents navarrais nous montrent près de Thibaut IV appartenaient à des familles obscures, comme Léon de Sézanne (6), Gilles de Villenauxe (c) et Robert Dauphin, dont nous avons déjà parlé (d). Tels étaient encore Robert de Sézanne (e), Gui de Sautour et Jean de Molins, chevaliers (/"), Hugues de Cornillon, Robert de Mécringes (g), sur lesquels nous n'avons pu recueillir aucune espèce de rensei-
(a) Voir plus haut, p. 489491.
(b) Voir plus haut, p. 481.
(c) Voir plus haut, p. 47'1.
(d) Voir plus haut, p. 536-537.
(e) Charte du mardi avant la Madeleine 1234, dans Los Annales de Navarra, III, 8.
if) Chartes du second dimanche de janvier 1236 v. st. (Los Annales de Navarra, III. 10-11), de septembre 1237 (Dktionario de Antiguedades del reino de Navarra, I, 16-18), de mars et d'avril 1258 (Los Annales de Navarra, III, 25).
{g) Charte de la veille de saint Clément 1247, dans Los Annales de Navarra, 111, 55.
gnements ; Girard le Melleron (a) , qui avait fait un bornage pour Thibaut IV en 1223 (1557), et Lambert de Châlillon (6). 11 a déjà, dans ce volume, été question de Lambert de Ghàtillon, qui fut envoyé par Blanche de Navarre en Orient, à la suite d'Erard de Brienne (c). Lambert, largement récompensé à son retour par Thibaut IV, paraît s'être dès lors mêlé d'opérations de banque (2296, 2299), et cependant être resté dans l'entourage de notre comte , qui l'employa comme arbitre (1356, 1663), et se fit cautionner par lui (2226) avant de l'emmener en Navarre (d).
{a) Chartes du second dimanche de janvier 1236, v. st. (Los Annales de Navarra, III, 10-11), de juin 1237 [Ibid. 22-24), de septembre de la même année ( Diccionario de Antiguedades del reino de Navarra, 1, 16-18).
(6) Charte de septembre 1237, Diccionario de Antiguedades del reino de Navarra, 1, 16-18.
(c) Voir plus haut, p. 113.
\d) Duchesne, Hist. de la maison de Ckâtillon, pr., p. 2, a réuni un certain nombre de documents relatifs à Lambert de Châtillon. Une de ces pièces établit que Lambert était vassal de l'évêque de Langres. On peut conclure d'une autre que c'était de Châtillon-sur-Seine qu'il tirait son nom.