A M A RUE RIE
Blanche d'Artois, en 1274 (3807).
Lagny, Monliéramey, Montiérender étaient des abbayes de l'ordre de Saint-Benoît, Chablis une prévôté dépendant de l'abbaye de Saint-Martin de Tours, Damery une prévôté appartenant à l'abbaye de Saint- Jean-des-Vignes de Soissons, Margerie un prieuré de l'ordre de Cluny.
Nous voyons de même nos comtes dans quatre abbayes de l'ordre de Cîteaux.
A Clairvaux :
Thibaut V, en 1263 (3308).
A Igny-l' Abbaye :
Thibaut V, en 1270 (3599, 3600).
A Boulancourt :
Thibaut V, en 1263 (3312).
A Argensolles :
Blanche de Navarre, en 4226 (1746)., Thibaut V, en 1270 (3601).
On sait que la question était agitée de savoir si les princes champenois avaient droit de gîte dans les abbayes cisterciennes de leurs Etats, o'u si l'hospitalité qu'ils y recevaient était, de la part des moines, acte de pure courtoisie (a).
Pour être complet, nous rappellerons le passage de Marie de France à Reuil, dont le prieuré l'hébergea une nuit en 1185 (339) (6). Nous mentionnerons aussi le passage de Thibaut IV à Saint-Loup de Naud,dontune de ses chartes est datée, 1222(1503). Enfin, celui de Thibaut V à Origny-le-Sec en 1270 (3588). Il existait à Origny un prieuré de l'abbaye de Saint-Quentin de Beauvais. Saint-Loup de Naud avait un prieuré dépendant de Saint-Pierre-le-Vif de Sens, et Saint-Pierre-le-Vif devait au comte de Champagne un gîte par an. Mais ni le prieuré de Saint-Loup, ni celui d'Origny ne paraissent, plus que celui de Reuil, avoir été grevés de cette charge.
Elle ne pesait pas davantage sur les localités suivantes, qui appartenaient à des vassaux de Champagne, et desquelles sont datées quelques chartes émanées de nos comtes :
Allibaudières, sous Henri III, en 4273 (3780).
Etoges, sous le même, la même année (3757).
Jaucourt, sous Thibaut V, en 1263 (3309).
Joigny, sous Marie de France, en 1195 (632 bis).
Marigny-le-Chàtel , sous Thibaut III, en 1200 (520); et sous Thibaut V, en 1270 (3619).
Monlmirail, sous Thibaut IV, en 1250 (2930).
(a) Voir plus haut, p. 622.
{b) Voir plus haut, p. 622.
Orges, sous le même, la même année (2965).
Allibaudières était tenu en fief des comtes de Champagne par la maison de Thourotte (2525) ; Etoges, par celle de Conflans (2883); Jaucourt, par les seigneurs de ce nom (3630) ; Joigny, par les célèbres comtes de ce lieu ; Marigny-le Châtel, par la maison de Traînel (1766) ; Montmirail, par celle d'Oisy (a) ; Orges, par plusieurs seigneurs, notamment par celui de Châteauvillain (1765, 27û3, 2959).
Mais nos comtes ne paraissent pas avoir abusé de leur suzeraineté pour établir souvent domicile, soit dans ces villages, soit dans les châteaux qui y existaient. On a vu de même que nous les avons rencontré rarement dans les monastères de leurs Etats où ils n'avaient pas droit de gîte, rarement même dans ceux où ils avaient droit de gîte. Un seul de ces derniers paraît faire exception : c'est l'abbaye de Lagny, dont les comtes de Champagne ont daté huit chartes; mais rappelons que cent trente-neuf actes constatent la présence des mêmes princes à Troyes, quarante-huit leur présence à Provins.
(a) Voir notre tome 11, p. xxxv, art. 427, cf. Du Plessis, Hist. de l'église de Meaux, I, 725.