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Page 4. Nous avons reçu, sous la signature A. L., un errata développé de étu^e**^ notre ouvrage. Nous en remercions l'auteur inconnu. Nous comptons en ' faire profiter nos lecteurs, et, pour commencer, nous allons indiquer pour ^m^p^t^v le mot Champagne une étymoldgie bien préférable, croyons-nous, à celle quenoias avions proposée. Champagne dériverait du celtique Kann-pann, blanc pays.
L'ad jectif Kann est encore usité en bas-breton (Legonidec, Dictionnaire Breton-Français, édit. La Villemarquée, p. 174) ; on le trouve au vi° siècle dans les poésies de Liwarc'h-Henn.
Kalan-gaeam, kann gifreu.
Ai.ux kalendes d'hiver la plume des oiseaux est blanche 0).
On he rencontre dans le gaélique irlandais sous la forme cain, can, dont la seconde se voit seule en gaélique écossais. Les latins disaient canus d'où coindidus et candide.
Le substantif Pann, qui en Bretagne n'est pas encore tombé en désuétude (Legonidec, Dictionnaire Breton- Français, édit. La Villemarquée, jp. 470), se lit dans les poésies de Liwarc'h-Henn avec une légère modification d'orthographe.
Cettie orthographe est aussi celle du dialecte gaélique. Le mot ban est resté em patois lorrain avec le sens de territoire d'une commune, et la question est agitée de savoir si le mot français bail a une étymologie celtique ou germamique (3).
La Champagne serait donc une région qui se distinguerait des contrées voisiner par la blancheur de son sol. Et cette définition est exacte si on donne au mot Champagne le sens que lui attribuent les paysans champenois. Pour eux, en effet, la Champagne est la partie de la province de ce nom où la craie blanche est à fleur de terre ; pour eux il n'y a d'autre Champagne que la Champagne vulgairement dite Pouilleuse, et c'est abu-
Keit bo kad enn pob ban.
Quand Ja guerre était dans chaque pays (2).
{\) La Tillemarquée, Chants des bardes bretons, 1re éd., p. 180-181. (21 La Tillemarquée, ibid. p. 94.
(5) Littré, Dictionnaire de la Langue française, p. 289.
sivement que sous le nom de Champagne on a compris par exemple le Perthois et une partie du Bassigny.
Quand le mot Champagne est entendu dans le sens restreint que l'étymologie exige, il s'oppose à Brie. En effet, Brie, en latin Pagus Briegius, dérive du celtique Priek, après l'article, Briek , lieu argileux, glaiseux ( Legonidec, Dictionnaire déjà cité, p. 498), qui vient du radical Pri, quelquefois Bri , argile. On lit ce dernier mot au vie siècle , dans les poésies de Liwarc'h-Henn, avec son orthographe galloise Priz.
Adan prix ha mein.
Sous de l'argile et des pierres (1)-
Au xne siècle il était encore usité dans la langue vulgaire de Champagne sous la forme Brai et avec le sens de boue (2). En allemand Brei veut dire bouillie.
P. 124, note 3. La cure donnée par Hugues de Vermandois, archevêque de Reims, ne peut être Corroy, arrondissement d'Epernay, canton de Fère- Champenoise. En effet, cette dernière localité faisait partie du diocèse de Châlons (3). C'est Cauroy-les-Hermonville, situé près de Cormicy, précédente cure de Flodoard, dans l'arrondissement de Reims et le canton de Bourgogne, ou c'est Cauroy-les-Machault , Ardennes, arrondissement de Vouziers, canton de Machault.
P. 156, note. Nous avons dit que \e pagus Otmensis serait la forêt d'Othe (Aube et Yonne). On doit plutôt avec Guérard {Annuaire de la Soc. de de l'Histoire de France, 1837, p. 122) et M. J. Desnoyers (Ann. de la Soc. de VHist. de France, 1859, p. 181), le mettre dans le département de la Marne. Dans ce pagus étaient :
Novientum, Nogent, a. Reims, c. "Verzy, com. Sermiers.
Vedeniacus, Yinay, a. et c. Reims.
Velcianas, Vauciennes, a. et c. Epernay.
Vincella, Vincelle, a. Epernay, c. Dormans.
Ce qui rend cette traduction infiniment probable, c'est, dans la charte imprimée p. 459-461 de notre t. 1er, la présence de trois moines d'Hautvilliers (Marne, a. Reims) à Velcianis villa, in comitatu Otminse. P. 455, titre de la charte xxiv, au lieu de Epernay, lisez Vertus.