‹ Histoire des ducs et des comtes de Champagne (volume 2)Chapitre 34 sur 42 · CHAPITRE XiV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XiV

Géographie du comté de Champagne à la mort du roi Philippe le Hardi.

g 1«. — Suzerains des comtes de Champagne.

Au siècle, les comtes de Champagne tenaient leurs états de dix suzerains, dont trois laïques et sept ecclésiastiques, savoir, laïques : l'empereur d'Allemagne, le roi de France et le duc de Bourgogne; ecclésiastiques : les archevêques de Reims et de Sens, les évêques de Langres, de Chàlons-sur- Marne, d'Auxerre et d'Autun, et l'abbé de Saint- Denis.

On se rappelle à la suite de quelles difficultés et en conséquence de quels engagements Henri le Libéral avait, en 1162, fait à l'empereur Frédéric Ier hommage de neufs châteaux mouvants du comté de Champagne (a). Sous Blanche de Navarre, la vassalité résultant de cet hommage était considérée comme incontestable, et un des registres des fiefs de Champagne rédigé par ordre de cette princesse fait mention de celte vassalité en deux articles : le premier article contient une déposition de Girard Eventé écrite probablement comme l'ensemble du registre en 1201 ; l'autre renferme une déclaration

(o) Voir notro t. III, p. G2.

émanée de Conrad, évôque de Metz et de Spire et chancelier de l'empire, qui réunit ces trois fonctions de 4 212 à 422Z» (a). Enfin en 4218, Frédéric II donnait le titre de fidèles, fidèles noslros, c'est-à dire de vassaux, à Blanche de Navarre et à Thibaut IV (114 8). La dernière mention que nous ayons rencontrée de cette vassalité date du 1er août 4253 ; en ce jour, Marguerite de Bourbon, depuis peu veuve de Thibaut IV, et faisant alliance avec Alphonse, fils aîné et héritier présomptif de Jayme I, roi d'Aragon, s'engage à lui venir en aide contre toutes personnes, sauf les suzerains du comté de Champagne, notamment l'empereur d'Allemagne (6). Conrad IV, fils de Frédéric II, et Guillaume, comte de Hollande, se disputaient alors la couronne impériale; nous ne savons pas duquel des deux il est question dans la pièce que nous venons de citer. Conrad mourut en 4256, Guillaume en 4256; le grand interrègne commença et celte longue anarchie de l'empire germanique paraît avoir été le terme de la suzeraineté allemande en Champagne.

Le principal suzerain de nos comtes était le roi de France, c'était de lui qu'ils tenaient la plus grande partie de leurs états; mais en quoi consistait cette partie, c'est ce que nous ne saurions décider. Thibaut III, en 1198, fît au roi Philippe-Auguste hommage de toute la terre qu'Henri Ier avait tenue

(a) Voir notre t. II, p. xvn, art. 233, 233 bis; cf. Hufllard- Bréholles, Hisloria diplomalica Friderici secundi, Introduction, p. cxx. — Sur Girard Eventé, voir plus haut, p. 567.

(6) Los annales de Nuvarra, III, 67-68.

de Louis VII, et Henri II du même Philippe-Auguste (&53-ZI54); mais aucun acte ne nous dit en quoi consistait cette terre. L'hommage de Blanche de Navarre au môme prince, en 1201, ne nous en apprend pas davantage (552). Plus tard la formule change, Thibaut IV (869, 870) et Henri III (3677) déclarent qu'ils tenaient du roi de France le comté de Champagne et de Brie, mais nous ne savons pas précisément ce qu'ils entendaient par cette expression.

En effet, si nous en croyons une charte de l'année 1143, nos comtes auraient tenu des ducs de Bourgogne la garde de l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre (a), la mouvance du château de Maligny, les châteaux d'Ervy et de Saint-Florentin, le comté de Troyes tout entier et la ville même de Troyes (6) ; mais nous ne savons pas quelle importance nous devons donner à ce document dont l'original n'est pas représenté, et qui, lut-il authentique, pourrait avoirexagéré les droits du duc de Bourgogne, car, à sa date,Thibaul II, comte de Champagne, dont celte pièce émane, était en guerre avec le roi de France (c). Les actes postérieurs sont beaucoup moins explicites : Thibaut III fit à Eudes III hommage de la terre qu'Henri le Libéral avait tenu du duc Hugues (539); Eudes III donna à Thibaut IV l'investiture de tout le fief que ce jeune prince devait, disait-il,

(o) A ce sujet voir plus haut, p. 169 et 618; cf. t. I, p. 383- 384, et t. II, p. 35.

(b) Perard, Recueil de plusieurs pièces curieuses servant à l'histoire de Bourgogne, p. 227.

(c) Voir notre t. II, p. 344-383.

tenir de nous, comme ses prédécesseurs l'ont tenu de nous el de nos ancêtres (871), et Hugues IV reçut l'hommage de Marguerite de Bourbon pour le fief que le roi de Navarre, comte de Champagne, avait tenu de lui (2060). t

Sur la mouvance des archevêques de Reims, nous avons des indications beaucoup plus claires; les comtes de Champagne tenaient, de ces puissants prélats, Vitry, Vertus, Chàtillon sur-Marne, Epernay, Fismes, el la mouvance de Rethel,Roucy,Braisnes et Château Porcien ; celle énumération nous est donnée par une bulle du pape Innocent III (015) : les actes qui nous conservent le souvenir des hommages faits par nos comtes aux archevêques de Reims ne sont pas plus explicites que la plupart des documents analogues déjà cités (a).

Les chartes qui constatent la suzeraineté des archevêques de Sens ne nous donnent pas plus de lumière (878, 3868).

Une partie des actes relatifs à la suzeraineté des évêques de Langres ont plus de précision (6); l'un d'eux nous apprend qu'en 1213 nos comtes tenaient de ces prélats, Chaumont-en-Bassigny (809); en 1239, Thibaut IV avoue que les évêques de Langres sont suzerains, non-seulement de Chaumont, mais aussi de Bar sur-Aube, de Bar-sur-Seine, de la Fertésur-Aube, de Nogent-le-Roi, de Montigny-le-Roi, et qu'il leur doit hommage de la garde de Molesme

(a) Voir notre Catalogue, n06 873, 1204, 1810, 5866. (6) Catalogue, nos 809, 866, 2246, 2533, 2961, 2971, 3074- 3076, 3452, 3689, 3805, 3851, 3857, 3863, 3864.

(2533) ; Thibaut V et Henri III ajoutèrent à cette liste Coiffy (3432, 3689), seigneurie dont Thiba ut IV avait acquis la moitié par un acte de pariage conclu avec le prieuré de Varennes et l'abbaye de Moles me (a).

Nous ignorons quels étaient les fiefs dont Thibaut IV et Henri III faisaient hommage aux évèques de Chàlons-sur-Marne (874, 875, 3763).

Quant aux évêques d'Auxerre dont la suzeraineté est constatée par des chartes des années 1214 (877) et 4 281 (3853), on peut supposer que nos comtes leur devaient hommage pour la mouvance de Mailly et de Bitry (882).

Les évêques d'Autun auxquels Thibaut IV fit hommage deux fois (895, 2904) étaient sans doute seigneurs suzerains de Chàtel-Censoir, de Pierre- Perthuis et d'Uchon, que le comte de Nevers tenait immédiatement du comte de Champagne (912).

Nos comtes étaient vassaux des abbés de Saint- Denis pour la terre de Nogent-sur-Seine (3859) (6).

I 2e. — Domaines des comtes de Champagne.

Nous n'entreprendrons point la nomenclature de toutes les villes et de tous les villages dont nos comtes étaient seigneurs immédiats; nous nous bornerons à donner la liste des châtellenies qui leur appartenaient, en ajoutant, sous le nom de chacune

(a) Catalogue, nos 2543, 2934, 3083-3086.

(b) Voir dans notre Catalogue, nos 1366, 3806, deux autres actes d'hommage.

d'elles, quelques indications historiques, notamment sur l'époque et le mode de l'acquisition.

Les châtellenies appartenant à nos comtes avaient leurs chefs lieux situés dans les départements de l'Aisne, de l'Aube, de la Marne, de la Haute-Marne, de Seine-et-Marne, des Vosges et de l'Yonne. Nous suivrons l'ordre alphabétique de ces départements.

Aisne.

1° Château-Thierry était un des domaines les plus anciens de nos comtes (a). Chef-lieu de prévôté sous Thibautll (6), Château-Thierry conserva cette dignité sous les successeurs de ce prince (c); il posséda même quelque temps un bailli (d). Nos comtes y résidèrent quelquefois (e). On trouve encore des ruines de leur château sur la montagne qui domine cette petite ville.

2° Neuilly-Saint-Front, après avoir passé de la maison de Donzy dans celle de Tratnel vers 1153, fut vendu par Anseau de Traînel à Henri le Libéral vers 1168 (f) : Hervé de Donzy, comte de Nevers, abandonna ses prétentions sur Neuilly à Blanche

(a) Voir notre tome I, p. 186; tome II, p. 30, 278. (6) Voir notre tome II, p, 422.

(cj Voir notre tome II, p. v, art. 42; xi, art. 130; xxvm.art. 568 ; xlviii, art. 575; lui, art. 635; lv, art. 682; lxi, art. 29; lxviii, art. 77; lxxxiii, art. 332; voir aussi notre Catalogue, n" 2014, 2537.

(d) Voir plus haut, p. 479.

(e) Voir plus haut, p. 794-795.

(/) Voir notre tome III, p. 55.

de Navarre cnl21S(a). Celle localité figure au nombre des prévôtés de Champagne dans h registre de Thibaut V (6) et dans le compte de l'année 1235 (c). Mais la prévôté de Neuilly paraît avoir élé unie à celle de Fismes sous Thibaut V, à celle d'Oulchy en 4 285. On voit encore les ruines du chàleau de nos comtes à Neuilly.

3° Oulchy était comme Château Thierry une des plus anciennes possessions des comtes de Champagne (d). Un prévôt y siégeait sous Thibaut II et sous Henri ]rr (<?). Oulchy resta chef-lieu de prévôté sous leurs successeurs (/). Nos comtes y avaient un château qui est détruit depuis plusieurs siècles.

Aube.

U° Bar-sur-Aube, réuni au domaine de nos comtes par Thibaut 1er en 1077 ou 1078 (g), fut le siège d'une prévôté pendant tout le cours du xne et du xme siècle (h). Son château, quelquefois habité par Thibaut II, Henri Ier, Marie de France, Blanche de

(o) Voir plus haut, p. 169.

(b) Voir notre tome II, p. xlviii, art. 578 ; p. lv, art. 685.

(c) Voir notre tome II, p. lxviii, art. 82.

(d) Voir notre tome II, p. 32-33, 280; cf. 1. 1, p. 186.

(e) Voir notre tome II, p. 423, note ; p. v, art. 40 ; x, art. 129.

(f) Voir notre tome II, p. xxvm, art. 367; xlviii, art. 577; lui, art. 636; lv, art. 683; lxviii, art. 82.

(g) Voir notre tome II, p. 29.

{h) Voir notre tome II, p. 423, note; p. m, art. 5; x, art. 118; xv, art. 212; xxxvi, art. 430; xlvi, art. 561; liv, art. 654; lv, art. 700; lxx, art. 107; lxxxiv, art. 347.

Navarre et Thibaut V (a), fut détruit au xvi" siècle par ordre d'Henri IV (6). La motte qui portait le donjon existe encore. Nous avons vu que Barsur Aube fut momentanément le chef-lieu d'un bailliage (c).

5" Bar-sur-Seine est une acquisition moins ancienne. Le dernier comte de cette ville, Milon III, du Puiset, mourut en 4218 au siège de Damielle; Gaucher, son fils aîné, qui l'avait accompagné en Egypte, eut le même sort; Guillaume, son second fils, grand-maître du Temple, périt l'année suivante {d). Le comté de Har-sur- Seine échut à des collatéraux (e) , sauf le douaire d'Elisende, veuve de Milon III. Mais Thibaut IV ayant racheté les droits de ces collatéraux et de la veuve (/"), Bar-sur-Seine devint la résidence d'un prévôt de Champagne (g). Thibaut IV, Thibaut V, Henri III, Edmond, habitèrent de temps à autre le château de cette ville (/t); Jeanne de Navarre y naquit (385G). On voit encore les ruines de ce château sur la côte qui domine Bar- sur-Seine.

6° Chaource appartenait à l'abbaye de Montiéra-

(a) Voir notre t. III, p. 240, 231 , et le présent volume, p. 795.

(b) Inventaire sommaire des archives de l'Aube, C 545.

(c) Voir plus haut, p. 478-479.

(d) Art de vérifier les dates, I, 520; II, 591.

{e) Catalogue, n03 1247, 1248, 1280, 1281, 1483-1486. (/) Catalogue, n08 1586, 1664, 1077.

(g) Voir notre tome II, p. xxiv, art. 311 ; xliv, art. 542; lui, art. 625; liv, art. 670.

(h) Voir plus haut, p. 794.

mey, et devint prévôté de Champagne par un traité de pariage conclu entre Henri Ier et les moines (a). C'est seulement sous Thibaut V que nous trouvons Chaource dans la liste des chàtellenies des comtes de Champagne, mais la châtellenie de Chaource paraît avoir eu peu d'importance; nous la voyons réunie d'abord à celle d'Isle-Aumont, ensuite à celle d'Etourvy (b). Cependant son château avait, en 1229, résisté aux barons ligués contre Thibaut IV (c), et Thibaut V en data deux chartes (3698, 3699). Ce château est détruit, ses ruines même ont disparu, on n'en montre plus que l'emplacement.

7° Coursan était en 12301a propriété d'Henri V, comte de Grandpré (1979). Thibaut V acheta ce village de Gui de Dampierre, seigneur de Saint-Just (3170), et le donna en apanage à Henri III (332G), qui le réunit au comté de Champagne à son avènement. Coursan figure dans la liste de chàtellenies des comtes de Champagne sous Thibaut V et en 1285 (d).

8° Ervy est inscrit parmi les chàtellenies des comtes de Champagne dès le règne d'Henri Ier et sous tous ses successeurs (e). Blanche de Navarre

(a) Voir notre tome III, p. 469, pièce cxlix ; cf. tome I, p. 187. {b) Voir notre tome II, p. xliv, art. 540, 541; lui, art. 624; liv, art. 669 ; lxv, art. 30.

(c) Voir plus haut, p. 228.

(d) Voir notre tome II, p. lv, art. 709 ; lxv, art. 38.

(e) Voir notre tome II, p. iv. art. 16; x, art. 121; xvi, art. 221 ; xxiv, art. 314; lui, art. 626; lv, art. 708; lxv, art. 36.

(885, 88C) ret Henri III (a) ajoutèrent, par des acquisitions, différents biens à l'ancien domaine d'Ervy. Celle localité fut momentanément le siège d'un bailliage (6). Blanche de Navarre en data une charte (G27). Les fossés qui entouraient le château, bien qu'en partie comblés, sont encore visibles.

9° Essoyes, tenu en fief des ducs de iBourgogne par les comtes de Bar-sur-Seine (c), appartenait à l'abbaye de Molesme qui, en 123/i, associa Thibaut IV à la seigneurie de ce village et des dépendances (2297, 2298). C'est en 1285 que nous trouvons pour la première fois Essoyes dans la liste des chàlellenies des comtes de Champagne (d).

40° Elourvy paraît aussi pour la première fois en 1285 dans la liste des chàtellenies des comtes de Champagne (e). Ce fut sans doute l'effet des acquisitions considérables faites dans cette localité et aux environs par Thibaut V en 126/i (3339), et par Henri III en 1274 (3796). Mais la châtellenied'Etourvy paraît avoir élé peu importante, car, en 1285, elle était réunie à celle de Chaource, sous l'autorité du même prévôt.

11° Isle-Aumont était, dès le xie siècle, une des localités où nos comtes possédaient un château. En 1097, Hugues donna à l'abbaye de xMolesme la maison d'habitation qu'il avait à lsle (/"). Cependant

(a) Catalogue, rios 5G80, 3G81, 5G92, 5752, 5782. {b) Voir plus haut, p. 480.

(c) Voir tome II, p. x\ix, art. 598.

[d) Voir tome 11, p. lxvi, art. 4048.

(?) T. H, p. i,xv, art. 50.

(f) Voir notre tome II, p. 73.

Isle-Aumont fut quelquefois habité par Thibaut II (a), Blanche de Navarre et Thibaut V (6). Nos comtes possédaient au château d'Isle-Aumont, dans les premières années du xme siècle, une maison pour laquelle, en 4220, l'abbé de Monlier-la-Celle fournil vingt litsde plume(l2/i9, cf. 1317). Elle étaitsans doute située, à côté de l'église prieurale qui existe encore, sur une éminence, partie naturelle, partie artificielle, haute de dix mètres, et présentant une superficie de 62 ares. Cette éminence est connue sous le nom de motte. C'est l'emplacement du château aux fossés duquel Blanche de Navarre fit travailler les habitants de Daudes (1060). Isle-Aumont figure dans les listes des chàlellenies de nos comtes, depuis Henri 1er jusqu'en 1285; mais la plupart du temps nous voyons cette chàlellenie réunie à une autre, d'abord à celle de Troyes, puis à celle de Chaource (c).

12° Méry se trouve, dès le règned'Henri Ier, parmi les chefs-lieux de châteilenies de nos comtes et ne cessa de garder ce rang (</). La chàlellenie de Méry fît partie du douaire de Blanche de Navarre (685), et de celui de Marguerite de Bourbon (3098).

13° Nogent-sur-Seine fut acquis par nos comtes

(a) Voir notre tome III, p. 250.

{b) Voir le présent volume, p. 797.

(c) Voir notre tome II, p. ix, art. 85; xi, art. 141 ; XII, art. 152; xxix. art. 373; xliv, art. 540; lui, art. 625; liv, art. 008; lxiv, art. 17.

(d) T. Il, p. ix, art. 94; xi, art. 142; xn, art. 156; xxiv, art. 316; xuv, art. 547; liv, art. 605, 675; lxvi, art. 45.

vers la fin du xti« siècle (a). En 1199, Thibaut Iïl comprit la chàtellcnie de cette ville dans le douaire qu'il assura solennellement à Blanche de Navarre, sa femme (485). La chàtellenie de Nogent-sur-Seine fil aussi partie du douaire de Marguerite de Bourbon (3098), et de celui de Blanche d'Artois (3737) (6). Le château de Nogent-sur Seine fut après ceux de Troyes et de Provins celui de Champagne que nos comtes, depuis et y compris le règne d'Henri II jusqu'à celui d'Edmond, paraissent avoir le plus souvent habité (c); on n'en montre plus que l'emplacement. Le parc qui existait dès 1233 (2255) a aussi disparu.

14° Payns fut au nombre des chalellenies de nos comtes dès le règne d'Henri Ier, et pendant toute la période qui nous occupe (d), Henri 1er, Blanche de Navarre, Thibaut IV et Thibaut V résidèrent quelquefois au châjeau de Payns (e); ce château renfermait une chapelle desservie par un chapelain (3529). 11 est détruit, mais son emplacement se reconnaît encore sur le terrain.

45° Ponl-sur-Seine fut possédé par nos comtes et

(o) Avant d'appartenir à nos comtes, Nogent fut la propriété de Mïloh de Châlous (1710). Milon paraît avoir été encore seigneur de Nogent en 1183 (331).

(fc) Voir aussi sur celte chàtellenie notre tome II, p. xxvi, art. 55i; un, art. G29; uv, ai t. 071).

(c) Voir plus haut, p. 792-793.

(d) Voir notre tome II, p. vm, art. 71 ; xr, art. 137, 144; xlv, art. 5 19 ; liv, art. GG(i, 673.

(e) Voir notre tome III, p. 2ol, et plus haut, p. 796.

le chef lieu d'une de leurs châtellenies, dès le régne d'Henri Ier et jusqu'à l'extinction de leurdynaslie (a). Cette châtelienie fit partie du douaire de Blanche de Navarre (A85) et de ceux de Marguerite de Bourbon (3098) et de Blanche d'Artois (3737). Henri Ier, Blanche de Navarre, Thibaut IV, Marguerite de Bourbon et Thibaut V habitèrent quelquefois Pont-sur-Seine (b). Nos comtes accrurent par diverses acquisitions leur domaine de Pont-sur-Seine (c). La principale paraît avoir eu pour objet trois cents arpents de bois que le prieur du lieu vendit à Blanche de Navarre (6/j6). Ces trois cents arpents formèrent probablement la partie la plus importante du parc des comtes de Champagne à Pont-sur-Seine. En 1265, Thibaut IV renferma dans ce parc cent soixante autres arpents de bois que lui céda l'abbaye du Paraclet (2709). Le château dont ce parc était une dépendance occupait, suivant la tradition reçue au xvmesiècle eldenos jours, l'emplacement connu sous le nom du château des Salles (<f).

16° Rosnay paraît être entré dans le domaine de nos comtes vers la fin du xie siècle (e). Nous trouvons le nom de cette petite ville dans la liste des chefs-lieux de leurs châtellenies, à partir du règne

(a) Voir notre tome II, p. vm, art. 71; xi, art. 138; xii, art. ISO; xlv, art. 550; uv, art. 064, G74.

(b) Voir notre tome 111, p. 231, et pins haut, p. 795.

(c) Catalogue, nos 097. 732, 904, 2884, 3722.

{d) Courtalon, Topographie historique de la ville et du diocèst de Troyes, lli, 250.

(e) Voir notre tome II, p. 53-34.

d'Henri Ier (a). On se rappelle que Rosnay fut donné en apanage par Thibaut V à Henri III, son frère (3326). Thibaut II (6), Blanche de Navarre et Thibaut IV (c), y résidèrent quelquefois ; leur château n'existe plus, mais la motte qui portait le donjon se dresse encore jusqu'à la hauteur de 10 mètres à une extrémité de Rosnay, et des fossés profonds continuent d'environner une partie du village.

17° Rumilly-les-Vaudes avait été donné par le comte Hugues à l'abbaye de Molesme (d). En 1250, les moines associèrent Thibaut IV aux droits qu'ils avaient dans cette localité et dans les dépendances (2932, 2933). C'est en 1285 que nous la trouvons pour la première fois dans la nomenclature des châtellenies que possédaient nos comtes (e).

18° Saint-Mards-en-Othe fait partie du domaine des comtes de Champagne au moins dès 1198(466). Thibaut IV céda cette localité à Erard de Brienne, seigneur de Ramerupt (1403, 1779); Erard de Briennela transmit par échange à Garnier de Traînel, seigneur de Marigny (1766) (f). Puis Saint-Mards

(a) Voir notre tome II, p. m, art. 10; x, art. 119; xvi, art. 218; xxiv, art. 312; xxxvi, art. 436; liv, art. 656; lv, art. 711; lxxi, art. 132.

(6) Voir notre tome III, p. 250.

(c) Voir plus haut, p. 797.

(d) Voir notre tome II, p. 78, 88.

(e) Voir notre tome II, p. lxvi, art. 46, 49.

(/) Voir aussi notre tome II, p. xxxm, art. 417.

rentra dans le domaine de nos comtes et figurait au nombre de leurs châtellenies en 1285 (a).

19° Soulaines était le chef-lieu d'une chàtellenie des comtes de Champagne au moins dès le commencement du xme siècle (6). Thibaut V comprit cette chàtellenie dans l'apanage de Henri III (c), à l'avènement duquel elle fut de nouveau réunie au domaine de nos comtes (d).

20° Troyes. Nous renvoyons à ce que nous avons déjà dit des habitations de nos comtes dans cette ville (e) et des chartes qu'ils en datèrent (/).

21° Vauchassis appartenait à nos comtes dès la fin du xne siècle (>66), et entra par échange dans le douaire de Blanche de Navarre en 1222 (1508). Mais c'est en 1285 que nous trouvons, pour la première fois, cette localité dans la nomenclature des châtellenies possédées par les comtes de Champagne (g). Nous avons une charte de Thibaut IV datée de Vauchassis (2364).

22° Villemaur figure au nombre des châtellenies de nos comtes depuis Henri Ier jusqu'en 1285 (h).

(a) Voir notre tome II, p. lxv, art. 40. (6) Voir notre tome II, p. xv, art. 216.

(c) Catalogue, n° 3326; voir aussi notre tome II, p. liv, art. 655; lv, art. 710.

(d) Voir notre tome II, p. lxxi, art. 130.

(e) T. II, p. 76-77; III, p. 253.

if) T. III, p. 250, 251; et le présent volume, p. 789-794 .

(g) Voir notre tome II, p. lxiv, art. 25.

(h) Voir notre tome II, p. iv, art. 18; x, art. 122; xvi, art. 223; xlv, art. 546; lui, art. 628; liv, art. 672; lxv, art. 33.

Blanche de Navarre y fit des acquisitions importantes (780, 1198), et réunit cette chàtellenie à son douaire par échange en 1222 (1508). La motte du château existait encore à peu près intacte il y a quelques années : elle avait six métrés de haut.

23° Villeneuve-au-Chemin appartenait déjà au moins en partie à nos comtes au commencement du xme siècle. Thibaut IV céda à Erard de Brienne, seigneur de Ramerupt, ce qu'il avait à Villeneuveau-Chemin (1603, 1779). Henri III racheta la seigneurie de Villeneuve-au-Chemin (a) à laquelle, par des acquisitions postérieures, il joignit divers autres biens (6). C'est en 1285 que nous trouvons pour la première fois Villeneuve-au-Chemin dans la liste des chàtellenies de nos comtes.

Marne.

26° Bussy-le-Chàteau, acquis à une époque inconnue, devint le chef-lieu d'une chàtellenie qui figure parmi celles de nos comtes depuis le règne d'Henri Ier (c). Le château qu'ils y possédaient est détruit depuis fort longtemps : il n'en reste que des fossés et trois éminences artificielles où les archéologues de nos jours ont prétendu reconnaître des tombelles. Elles sont connues dans le pays sous le nom de mottes. La principale a vingt mètres de haut; des fouilles faites par ordre de l'Empereur ont mis à

(a) Voir plus haut, p. 432.

(b) Catalogue, nos 3698, 3704, 3705, 3720, 3750, 3784.

(c) Voir notre tome II, p. iv, art. 26 ; x, art. 124; xxvm, art. 362; lu, art. 609; liv, art. 644; lv, art. 691.

jour les fondations de la tour qui s'élevait au-dessus de cette motte et un puits destiné à abreuver la garnison (a).

25° Ghantemerle fut, comme Bussy, le chef-lieu d'une châtellenie de nos comtes dès ie règne d'Henri le Libéral et sous tous ses successeurs (b). Barbonne était habituellement considéré comme faisant partie de la châtellenie de Chantemerle. Cette châtellenie fît partie du douaire de Blanche de Navarre (485), de Marguerite de Bourbon (3098) et de Blanche d'Artois (3737). Il y a encore des vestiges des fossés qui entouraient Chantemerle; ceux de Barbonne existent encore.

26° Châtillon-sur-Marne faisait partie du domaine des comtes de Champagne dès le xie siècle (c). Nous trouvons ensuite cette localité dans la liste de leurs chefs-lieux de châtellenie, depuis Henri le Libéral jusqu'en 1285 (d). La châtellenie de Châtillon fut longtemps réunie à celle de Fismes. Il y avait dans la première de ces deux villes un château qui passe pour avoir été détruit au xvie siècle.

(a) Mémoire topographique de la partie des Gaules occupée aujourd'hui par le département de la Marne, par A. Savy, dans les Mémoires de la Société d'Agriculture de la Marne, p. 98, 99, 122. Notions sur les communes du département de la Marne dans la même collection, année 1861, 2e partie, p. 75.

{b) Voir notre tome H, p. xi, art. 134; xvm, art. 245; li, art. 598 ; liv, art. 662, et lv, art. 695. (c) Voir notre tome II, p. 30-31.

{d) Voir notre tome II, p. v, art. 54; x, art. 128; xvii, art. 232; xxvm, art. 565; xlix, art. 581; lui, art. 639; lv, art. 686; lxix, art. 87.

27° Dormans, siège d'une prévôté sous Thibaut Iï (a), se trouve sur deux listes des chàtellenies de Champagne sous le règne de Blanche de Navarre (6); mais cette localité paraît avoir été souvent considérée comme une dépendance de la châtellenie de Châtillon-sur-Marne. Il reste encore quelques vestiges des fortifications de la ville et du château.

28° Ecueil, qui appartenait à la maison de Blois dès 1090 (c), ne paraît, dans la liste des châtellenies de nos comtes, que sous le règne de Thibaut V et semble avoir été souvent considéré comme une dépendance de la châtellenie de Neuilly-Saint- Front (d).

29° Epernay faisait partie du domaine de nos comtes dès le xe siècle, était le siège d'une de leurs prévôtés dès le xie («), et resta chef-lieu d'une de leurs châtellenies jusqu'à la réunion de la Champagne à la France (/). La châtellenie d'Epernay fit partie du douaire de Blanche de Navarre (685) et de Marguerite de Bourbon (3098). Cette petite ville fut momentanément le siège d'un bailliage (2390). Hugues, Thibaut II, Henri Ier et leurs successeurs résidèrent quelquefois au château d'Eper-

(a) Voir notre tome H, p. 423, note.

(b) Voir notre tome II, p. xxxm, art. 363.

(c) Voir notre tome II, p. 279.

(d) Voir notre tome II, p. lui, art. 638 ; lv, art. 685.

(e) Voir notre tome I, p. 187, et notre tome II, p. 31.

(f) Voir notre tome II, p. v, art. 32; x, art. 127; xm, art. 163; xvi, art. 251; xxvin, art. 364; l, art. 586; lui, art. 640; lv, art. 687; lxix, art 95.

nay (a). L'emplacement de ce château fut occupé pendant toute la durée du siècle dernier par le palais de justice et par les prisons, puis pendant une partie de celui-ci par les prisons et par la justice de paix. L'impasse du Château conserve encore par son nom un souvenir de cette ancienne habitation de nos comtes (6) .

30° Fismes, qui paraît avoir fait partie des domaines de la maison de Blois dès le commencement du xne siècle, et même avoir antérieurement appartenu à la maison de Vermandois (c), eut rang parmi les châtellenies de nos comtes dès le règne d'Henri Ier, mais dans les premiers temps la châtellenie de Fismes était unie a celle de Chàtillon-sur- Marne, elle le fut ensuite à celle de Neuilly Saint- Front. Elle ne paraît avoir eu d'existence séparée que sous le règne de Thibaut V où Cys-la-Commune en dépendait (d).

31° Lachy, chef-lieu d'une des châtellenies d'Henri Ier et de Blanche de Navarre (e) , était cependant considéré comme une annexe de la châtellenie de Sézanne. Henri Ier, Thibaut IV et Thibaut V habitèrent quelquefois le château de La-

fa) Voir notre tome II, p. 250-251. Voir aussi le présent volume, p. 796.

(b) Poterlet, Notices historiques des rues et places d'Epernay, article : Impasse du Château. Communication de M. Parigot fils.

(c) Voir notre tome Ier, p. 187, et notre tome II, p. 279.

(d) Voir notre tome II, p. v, art. 34; x, art. 128; xvii, art. 232; xviii, art. 365; xxxvm, 440; xlviii, art. 578; lui, arl. 637 ; lv, art. 684.

(e) Voir notre tome II, p. vm, art. 74; xi, art. 139, 147.

chy (a), aux fortifications duquel le second fit travailler (2777). Il existe encore quelques vestiges de cette forteresse ; on lui donne dans le pays le nom de château de la reine Blanche (6).

32° Larsicourt faisait, partie du domaine de nos comtes et était la résidence d'un de leurs prévôts dès le règne de Thibaut II (c). Mais on ne trouve ce nom dans la liste de leurs châtellenies qu'à partir du règne de Thibaut IV. La châtellenie de Larsicourt fit partie de l'apanage d'Henri III (d). On montre encore dans ce village l'emplacement du château des comtes de Champagne : il est entouré de fossés larges et profonds, il porte le nom de La Motte (e).

33° Louvois n'appartenait pas encore à nos comtes en 12Zi9 (2871). C'est seulement sous le règne de Thibaut V que cette localité commence à figurer parmi les chefs-lieux de leurs châtellenies, et cela d'abord comme annexe de la châtellenie de Mareuil. Le château de Louvois contenait une chapelle au service de laquelle un chapelain était attaché (f). 34° Mareuil-sur-Ay se trouve sur les listes des

(o) Voir notre tome 111, p. 251, et le présent volume, p. 795.

(b) Notions sur les communes du département de la Marne, p. 209.

(c) Voir notre tome II, p. 423 note; cf. Catalogue, nos 14,

(d) Voir notre tome II, p. xxxn, art. 411; liv, art. 657; lv, 712; lxx, art. 104.

(e) Notions sur les communes du département de la Marne, p. 338.

If) Voir notre tome II, p. l, art. 587; liv, art. 642; lv, art. 689; lxix, art. 96; lxxxhi, art. 337, 338.

chefs-lieux des châtellenies de nos comtes depuis Henri Ier jusqu'à Thibaut V (a).

35° Montaimé est une montagne située à peu de distance de Vertus et sur laquelle Blanche de Navarre fit bâtir un château vers l'année 1210 (b). Thibaut IV y assista au supplice des hérétiques en 1239, et nous l'y retrouvons en 4250 (2950). Montaimé est indiqué comme chef-lieu de châtellenie dans le registre de Thibaut V (c) ; mais cette châtellenie se confondait la plupart du temps avec celle de Vertus. Du château de Montaimé les fossés subsistent seuls encore.

36° Montfélix était situé dans la commune de Chavot, arrondissement de Reims, canton d'Avisé; il ne reste du château qu'un monticule en forme de cône et qui paraît avoir été fait de main d'homme ; il a environ trente-huit mètres de diamètre et vingt de haut, il est entouré de fossés larges de huit mètres. Les habitants du lieu l'appellent Monta-

(a) Voir notre tome II, p. iv, art. 28; x, art. 125; xvi, art. 229; l, art. 587 ; lui, art. 641 ; lv, art. 688.

(b) Voir plus haut, p. 110. Nous avons dit, p. 297, note, que nous ne croyions pas que Montaimé eût été un centre de population avant cette époque. Mais nous devons réparer une omission en citant ici le texte principal sur lequel s'appuie l'opinion opposée à la nôtre : c'est un passage d'une lettre adressée par l'église de Liège au pape Lucius II, 1144 : Martène, Ampliss. Coll., I, 777, A B : A monte Guimari, quo nomine quidam viens in Francia dicitur, quœdam hœresis per diversas terrarnm partes defluxisse cognoscitur.

(c) Voir plus haut, tome II, p. L, art. 590; liv, art. 660; lv, art. 698.

filant (a). Des savants indigènes considèrent ce monticule comme un reste de fortification gauloise; nous avons déjà dit que le château de Montfélix fut fondé au xe siècle par Robert et Herbert II de Vermandois, comte de Champagne (6), et l'éminence en question n'est évidemment autre chose que la motte du château bâti par Robert et Herbert. Montfélix fut le chef-lieu d'une châlellenie sous Henri Ier et sous Blanche de Navarre (c). Plus tard celle châtellenie disparaît, elle fut probablement réunie à celle d'Epernay.

37° Passavant fut fondé sous le règne de Thibaut IV. En 1241, l'abbaye de Chatrices céda à ce prince le mont de Passavant et conclut avec lui un acte de pariage pour la création du village qui existe aujourd'hui (2591, 2822). Passavant paraît dans la liste des chefs-lieux de châtellenies de Champagne sous le règne de Thibaut V et sous celui de Jeanne de Navarre (d). Le château contenait une chapelle desservie par un chapelain (c); il fut détruit en 1433; on en voit à peine quelques vestiges (f).

38° Saint-Hilaire-le-Grand faisait partie du comté de Rethel en 1245 (2713). Réuni au domaine de

(a) Savy : Mémoire topographique, p. 133. (6) Voir notre tome II, p. 32.

(c) Voir notre tome II, p. v, art. 30; x, art. 126; xvi, art.

(d) Voir notre tome II, p. lu, art. 609; liv. art. 645; lv, art. 695 ; lxix, art. 102.

(e) Voir notre tome II, p. lxxxiii, art. 331.

{f) De Barthélémy, Dioe. anc.de Châlons, II, 154, 155; Notions sur les communes du département de la Marne, p. 253.

nos comtes, il fut chef-lieu d'une chàtellenie sous Thibaut V et ses successeurs (a). Suippes faisait partie de cette chàtellenie et en fut détaché plus lard.

39° Sainte-Menehould était encore à la fin du xne siècle un fief mouvant du comté de Rethel; Thibaut III en fit l'acquisition par échange en 120O (519); Sainte-Menehould devint immédiatement le chef-lieu d'une des châtellenies de nos comtes et depuis conserva toujours cette dignité (6). Blanche de Navarre a daté deux chartes de Sainte-Menehould (694, 798). Une promenade et plusieurs rues remplacent le château que cette princesse avait habité.

U0° Sézanne, entré dans le domaine de nos comtes vers la fin du xi6 siècle (c), devint alors un de leurs [principaux chefs-lieux de châtellenies (d). Cette ville fit partie du douaire de Blanche de Navarre (485), de Marguerite de Bourbon (3098) et de Blanche d'Artois (3737). Elle fut érigée en chef-lieu d'un bailliage (e). Thibaut II, Henri Ier et leurs successeurs y résidèrent souvent (f).

(a) Voir notre tome II, p. lu, art. 607 ; liv, art. 643; lv, art. 690; lxix, art. 97; cf. p. 23, art. 35.

(b) Voir notre tome II, p. xviii, art. 237; xxvii, art. 356; xxxi, art. 397, 401; ni, art. 608; liv, art. 646; lv, art. 692; lxix, art. 99.

(c) Voir notre tome II, p. 35, 281.

(d) Voir notre tome II, p. vin , art. 74; xi, art. 139, 147; xxxviii, art. 441; l, art. 595; liv, art. 661; lv, art. 697.

Ce) Voir plus haut, p. 481, 485.

(f) Voir notre tome III, p. 250, 251, et le présent volume, p. 793.

41° Vertus, acquis à titre viager du chapitre de Reims par Herbert II en 977 (a), fut cependant en fait réuni définitivement au domaine de nos comtes à partir de cette date (6). Cette localité occupa un rang important parmi les chefs-lieux de châtellenies de nos comtes (c) et fit partie du douaire de Blanche de Navarre (485), de Marguerite de Bourbon (3098) et de Blanche d'Artois (3737). Thibaut II, Henri Ier et leurs successeurs y résidèrent quelquefois (d). C'est, pensons-nous, la position défectueuse de Vertus comme place forte qui fit créer près de cette petite ville le château de Montaimé.

U1° Vitry-en-Perthois fut réuni au domaine de nos comtes vers l'année 1078 (e). Cette localité, qui porta le titre de comté, était aussi un des plus importants de leurs chefs-lieux de châtellenies (/"). Vitry devint aussi le chef-lieu d'un des principaux

(a) Voir notre tome I, p. 154-155, et notre II, p. 282.

(6) L'acte primitif de cession fut plusieurs fois renouvelé; un de ces renouvellements eut lieu sous le règne d'Etienne , comte de Blois; voir Varin, Archives administratives de la ville de Reims, 1, 290, art. lix ; un autre sous Henri Ier (11). Bien que ce dernier acte fût formellement viager, Henri II se prétendit propriétaire de Vertus, ce qui donna lieu à un arbitrage dont nous ignorons le résultat (400).

(c) Voir notre tome II, p. VHi, art. 79; xi, art. 140; xn, art. 151; xxix, art. 372; l, art. 590; liv, art. 659; lv, art. 696.

(d) Voir notre tome III, p. 250, 251, et le présent volume, p. 796.

(e) Voir notre tome II, p. 36.

if) Voir notre tome II, p. iv, art. 21; x , art. 123; xvi, art. 225; xxvm, art. 361; xxxxii, art. 435; li, art. 599 ; liv, art. 658; lv, art. 699; lxviii, art. 83.

bailliages de noire province (a). Les comtes de Champagne habitèrent quelquefois le château de celte ville (b). On sait que Vitry-en-Perthois n'est plus qu'un village, mais au-dessus de ce village on voit encore se développer les terrassements du château détruit, et de là on domine au loin la plaine.

Haute-Marne.

43° Chaumont-en-Bassigny entra dans le domaine de nos comtes sous le règne d'Henri II (603). Pour augmenter l'importance de la seigneurie, Blanche de Navarre acquit dans cette localité les biens de dame Chamonde (c). Sous Blanche et sous ses successeurs, Chaumont fut le chef-lieu d'une châtellenie (d). Chaumont devint bientôt aussi le siège d'un bailliage (e). Blanche de Navarre et Thibaut V habitèrent quelquefois le château de cette ville (/"). Le palais de justice de Chaumont occupe l'emplacement de ce château, et on y retrouve des portions importantes de bâtiments qui remontent au temps des comtes, notamment leur donjon :

(a) Voir plus haut, p. 484, 485, 486.

(b) Voir notre tome III, p. 250, 251, et lo présent volume, p. 796.

(c) Catalogue, nos636, 637, 638, 661, 682, 807, 808.

(d) Voir notre tome II, p. xv, art. 211;xxiv, art. 315; xlviiï, art. 574; liv, 652; lxx, art. 112.

(e) Voir plus haut, p. 479.

(f) Voir plus haut, p. 796.

mais la chapelle mentionnée en 1285 (a) n'existe plus (6).

lik° Coiffy appartenait en 1101 à Renier, seigneur de Nogent-le-Roi. Renier donna la seigneurie de Coiffy au prieuré de Varennes dépendant de l'abbaye de Molesme (c). Mais le prieur de Varennes n'avait pas la force en main pour faire respecter ses biens, et les censures ecclésiastiques étaient impuissantes à les protéger; il se fit autoriser par l'évêque de Langres à contracter un acte de pariage avec le comte de Champagne (2563). Cet acte de pariage fut conclu en 1250 (2936), et le seigneur de Choiseul y fît inutilement opposition (3083). Alors, des deux villages voisins qui portent le nom de Coiffy, Coiffy -le-Bas et Coiffy-le-Haut, le premier seul existait; le second dût sa naissance à une forteresse qu'un de nos comtes, probablement Thibaut V, fit construire sur la montagne, et qui devint chef-lieu d'une chàtellenie (d). Le château de Coiffy a été démantelé en 1635, mais il en reste encore quelques ruines.

65° La Ferté-sur-Aube, acquis par nos comtes vers l'année 1078 avec Bar-sur-Aube et Vitry, fut chef- lieu d'une de leurs châtellenies sous Henri Ier et ses successeurs (e). Le château était en ruine dés

(a) Voir notre tome H, p. lxxxiv, art. 344.

(b) Sur l'histoire du palais de justice de Chaumont, voir Jolibois, Histoire de Chaumont, p. 367-372.

(c) Jolibois, La Haute-Marne, p. 155.

(d) Voir notre tome II, p. lu, art. 612 ; liv, art. 651; lv, art. 707; lxxi, art. 128.

(e) Voir notre tome II, p. m, art. 1; x, art. 117; xm, art. 162;

le xvie siècle; au xvme il n'en subsistait plus que les dépendances qui servaient encore d'hôtel-de-ville, d'auditoire et de prison (a).

46° Montéclair date du règne de la comtesse Blanche. Cette dernière fit bâtir le château de ce nom sur une montagne qui domine la petite ville d'Andelot (b). Le château de Montéclair devint le chef-lieu d'une châtellenie qui porta indifféremment le nom de Montéclair ou de Val-Rognon (c). Il fut ruiné par les Suédois, démantelé par ordre de Louis XIII, et Louis XIV en fit achever la démolition (d).

UT Montigny-le-Roi appartenait au commencement du xme siècle à l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon et à la maison de Passavant-en-Vosges. L'évêque de Langres, acquéreur de la portion de l'abbaye de Saint-Bénigne (1075), associa à ses droits Blanche de Navarre (1082, 1083), et Simon de Passavant céda les siens à Thibaut IV (1532), qui finit par acquérir la partie originairement réservée par l'évêque, 1239 (2529, 2530). Une des clauses du traité conclu entre Blanche et l'évêque portait qu'une forteresse serait construite à frais communs. Cette forteresse qui, en 1239, devint la propriété exclusive du comte, fut le chef-lieu d'une châtellenie

xv, art. 210; xxiv, art. 310; xxxvn, art. 434; xlvii, art. 566; liv, art. 653; lv, art. 701; lxx, art. 111.

(a) Jolibois, La Haute-Marne, p. 290.

(6) Voir plus haut, p. 158-159.

(c) Voir notre tome II, p. 17, art. 32; xxxvi, art. 431; xlvii, art. 567; liv, art. 648; lv, art. 702; lxx, art. 115. {d) Jolibois, La Haute-Marne, p. 18-19.

sous Thibaut V et ses successeurs (a). Henri IV fit démanteler ce château; sa destruction complète eut lieu en 1636. On trouve encore quelques restes des murailles. Situé au sommet d'une montagne, il formait à peu près un rectangle long de 150 pas, large de 80, défendu au nord et à l'est par la pente naturelle du terrain, au sud et à l'ouest par des fossés qui existent encore en partie (6).

âS° Nogent-le-Roi fut conquis par Thibaut IV sur le seigneur de ce lieu en 1233 (c). On trouve cette localité dans la liste des chefs-lieux de châtellenies de Thibaut V et de ses successeurs (d). Le château de Nogent subsista jusqu'à la fin du xvne siècle, puis s'écroula, faute de réparations; il n'en reste plus que des ruines (e).

49° Vassy faisait partie du domaine de nos comtes dès le xie siècle (f), et appartint ensuite à Thibaut II, puis à Henri Ier (40). Sous Thibaut II, cette localité était chef-lieu d'une prévôté (g). Cependant, son nom manque dans la liste des châtellenies d'Henri Ier, mais on le trouve dans la liste des châ-

(a) Voir notre tome II, p. lu, art. 610; liv, art. 650; lv, art. 705, lxxi, art. 122.

(b) Jolibois, La Haute-Marne, p. 373.

(c) Voir plus haut, p. 257.

(d) Voir notre tome II, p. lu, art. 611; liv, art. 649; lv, art. "06; lxxi, art. 117.

(e) Jolibois, La Haute-Marne, 393. Voir dans cet ouvrage., à h page 392, un plan de ce château.

{[) Voir notre tome II, p. 36.

{g) Voir notre tome II, p. 423.

tellenies de ses successeurs (a). Vassy fit partie de l'apanage donné par Thibaut V à Henri III (3326); Nous avons de Blanche de Navarre une charte datée de cette ville (1264). Le château et les remparts de Vassy ont une histoire, mais aujourd'hui sont complètement détruits (6).

Seine-et-Marne.

50° Bray-sur-Seine, qui dès le xie siècle appartenait à la maison de Blois (c), fut le chef-lieu d'une des châtellenies de nos comtes sous Henri Ier et sous les successeurs de ce prince (d). Thibaut II et Henri II ont daté des chartes de Bray-sur-Seine (e).

51° Coulommiers faisait partie des possessions de la maison de Blois dès l'année 1101 (f). Dès cette époque, la comtesse Adèle y avait un prévôt (g). Cette localité resta le siège d'une prévôté sous Thibaut II (/i), et depuis celte époque ne cessa de figurer parmi les chefs-lieux des châtellenies de nos

(a) Voir notre tome II, p. xn, art. 157; xm, art. 166; liv, art. 647; lv, art. 713; lxxi, art. 129.

(b) Jolibois, La Haute-Marne, p. 534 et suivantes.

(c) Voir notre tome II, p. 277-278.

(d) Voir notre tome II, p. vu, art. 65; xi, art. 135; xxvii, art. 358; xxxvu, art. 438; xlv, ait. 551 ; lui, art. 630; liv, art. 678; lxvii, art. 66.

(e) Voir notre tome III, p. 249, et le présent volume, tp. 798. (/) Voir notre tome II, p. 279.

(g) Voir notre tome II, p. 284.

{h) Voir notre tome II, p. 422-423, note.

comtes (a). Le château de Coulommiers existait encore au xw siècle; une partie devint alors un monastère de religieuses de la Congrégation, de 1 autre partie on fit au siècle suivant des écuries pour les gardes-du-corps; aujourd'hui, toute trace des bâtiments du moyen-âge a disparu (6).

52° Jouy-le-Chatel, dont sont datées deux chartes de Thibaut lï (c), appartenait déjà sans doute à ce prince, comme plus tard à Henri Ier (174, 258) bien qu'on ne trouve pas le nom de cette localité dans la liste des châtellenies de ce prince, mais Jouv elait chef-lieu de chàtellenie sous les successeurs d Henri 1" (d). On montre encore au sud de la ville les ruines du château (e).

53° Meaux est une des plus anciennes possessions de la maison de Blois en Champagne et fut un de ses principaux chefs-lieux de chàtellenie (f). Thibaut II et la plupart de ses successeurs habitèrent

(a) Voir notre tome II, p. vi, art. 56; xi, art. 132; xvm, art. 2o9; xxix, art. 370; xlv, art. 557; lui, art. 633, lv, art. 694lxvii, art. 68.

{b) Pascal, Histoire de Seine-et-Marne, II, 10-11. (è) Voir notre tome II, p. 598.

(d) i Voir notre tome II, p. xv, art. 208; xxvn, art. 358; xxxvn art. 437; xlv, art. 554; lui, art. 632; lv, art. 680; lxvii art. 72.

{e) Pascal, Histoire de Seine-et-Marne, II, 240.

(/) Voir notre tome II, p. 32, 423, note; vi, art. 47; xi art 131; xvn, art. 234; xxvm, art. 369; xxxii, art. 407;'xxxvn' art. 439; xlvi, art. 559; lui, art. 634; lv, art. 681; lxvii! art. 63.

souvent le château de Meaux (a). Le palais de justice occupe l'emplacement de ce château, où dans des bâtiments modernes on retrouve quelques parties d'anciennes constructions qui paraissent remonter à l'époque des comtes.

56° Montereau, acquis par Eudes I,r dès l'année 1015, résidence momentanée de Thibaut II en Il/i7 (6), figure au nombre des châtellenies de ses suceesseurs(c).LechâteaudeMontereau, quelquefois habité par nos comtes (d), contenait une chapelle desservie par un chapelain (e). Il était, dit-on, situé au faubourg Saint-Maurice, dans l'angle formé par la Seine au nord et l'Yonne à l'Ouest (f).

55° Provins, qui passa de la maison de Vermandois à celle de Blois en 1019 (</), fut, comme nous l'avons dit, la seconde capitale de nos comtes à commencer au règne d'Henri Ier (h). Thibaut II l'habitait souvent déjà. Cette ville était le chef-lieu d'une de ses prévôtés (t). Elle figure dans la liste des

(a) Voir notre tome III, p. 250, 251, et le présent volume, p. 794.

(6) Voir notre tome IL p. 32, et notre t. III, p. 250.

(c) Voir notre tome II, p. vu, art. 58; xi, art. 135; xvm, art.. 240; xxix, art. 371; xlv, art. 552; lui, art. 631; lv, art. 679; lxvii, art. 67.

(d) Voir plus haut, p. 797.

(e) Voir notre tome II, p. lxxxii, art. 318.

(f) Pascal, Histoire de Seine-et-Marne, II, 443.

{g) Voir notre tome I, p. 187, et notre tome II, p. 33.

(h) Voir notre tome III, 251, et le présent volume, p. 791 , 792,

(i) Voir notre tome III, p. 250, et notre tome II, p. 284.

châtellenies de ses successeurs (a). La chapelle du château servait de siège à une collégiale dont les prébendes étaient à la nomination du comte de Champagne (6); cette chapelle existe encore. Le collège de la ville occupe l'emplacement du palais; aujourd'hui, comme au temps des comtes, le donjon, connu sous le nom de Tour de César, domine majestueusement la ville : c'est un des plus beaux spécimens d'architecture militaire que Je moyenâge nous ait laissés; on admire au même titre les fortifications de là villehaute, c'est-à-dire du château qui, comme le donjon, remonte au xne siècle.

Yonne.

56e Saint-Florentin appartenait à nos comtes et était le chef-lieu d'une de leurs prévôtés dès le xie siècle, et nous trouvons cette localité dans toutes les listes des châtellenies de nos comtes (c). Thibaut II et ses successeurs habitèrent quelquefois Saint-Florentin (d).

(a) Voir notre tome II , p. vu, art. 65; xi, art. 156; xvm art. 244; xxvm, art. 359; xlv, art. 555; liv, art. 663, 677;' lxvi, art. 50.

(6) Voir plus haut, p. 623-624.

(c) Voir notre tome II, p. 35; iv, art. 13; x, art. 120; xn, art, 155; xxiv, art. 313; xxxvi, art. 432; xliv, art. 545; lui, art. 627; liv, art. 671; lxv, art. 32.

(d) Voir notre tome III, p. 250, 251, et le présent volume, p. 798.

Vosges.

57° Grand est compté parmi les châtellenies de Thibaut V et de Jeanne de Navarre (a).

Dans le volume précédent, nous avons donné la nomenclature des châtellenies qu'Henri le Libéral hérita de son père. Nous en avons indiqué vingthuit, d'après le Feoda Campanie; nous aurions dû dire vingt-neuf, car nous avons oublié Chantemerle. Quand la Champagne fut réunie à la France, le nombre des châtellenies comprises dans le domaine de nos comtes était presque double. Toutefois, cette augmentation était, pour une partie, plus apparente que réelle. En effet, plusieurs châtellenies qui appartenaient à Thibaut II, et qu'on trouve dans la liste des châtellenies possédées par les successeurs d'Henri le Libéral, manquent dans la liste de celles de ce prince; ce sont les châtellenies de Dormans, d'Ecueil, de Larsicourt et de Vassy et probablement aussi celle de Jouy-le-Chàtel, ce qui fait déjà cinq à ôterde vingt-huit. Quatre autres châtellenies peuvent être dans le même cas, ce sont celles de Soulaines,de Vauchassis, deSaint-Mards et de Villeneuveau-Chemin. Enfin la châtellenie de Montaimé n'est qu'un démembrement de celle de Vertus. Nous réduirons donc à dix-huit le nombre des châtellenies acquises certainement par nos comtes depuis l'avènement d'Henri Ier; ce sont les suivantes : Dans l'Aisne, Neuilly-Saint-Front.

(a) Voir notre tome II, p. lv, art. 703; lxxi, art. 125.

Dans l'Aube, Bar-sur-Seine, Chaource, Coursan, Essoyes, Etourvy, Nogent-sur-Seine, Rumilly.

Dans la Marne, Louvois, Passavant, Saint-Hilairele-Grand, Sainte-Menehould.

Dans la Haute-Marne, Chaumont, Coiffy, Montéclair, Montigny, Nogent-le-Roi.

Dans les Vosges, Grand.

On n'a pas oublié que la porlion du comté du Perche, momentanément possédée par Thibaut IV, fut donnée par lui en mariage à Blanche de Navarre, sa fille, et par conséquent cessa presque immédiatement d'appartenir à la maison de Champagne (a).

Quant à l'hôtel acheté par Thibaut V à Paris (6), il fut légué par Jeanne de Navarre pour y établir le collège fondé par le testament de cette princesse, mais les exécuteurs testamentaires l'aliénèrent, préférant un emplacement situé dans le quartier des Ecoles.

g 3e. — Vassaux des comtes de Champagne.

Nous avons donné dans notre tome II, pages 424- 428, une liste des principaux vassaux de Champagne à l'avènement d'Henri Ier. On se rappelle comment Thibaut IV fut obligé d'en céder une partie au roi de France; le traité de mars 1227 transféra à saint Louis la mouvance de Breteuil (Oise), de Millançay et Romorantin (Loir-et-Cher). En 1234, les comtés de Blois, de Chartres, de Sancerre, a vicomté de Châteaudun, et leurs dépendances, eurent le même

(a) Voir plus haut, p. 273.

(6) Voir plus haut, p. 387-388; cf. 453.

sort (a), Par l'effet de ces deux traités, nos comtes perdirent tous leurs vassaux dans les départements d'Eure-et-Loir, d'Indre-êt-Loire, de Loir-et-Cher, du Cher et de l'Indre, mais ils en conservèrent un certain nombre dans plusieurs départements situés au nord-est et au sud-ouest de la Champagne, à d'assez grandes distances : ainsi, l'évêque de Beauvais resta leur vassal pour le fief de Savigny (6); ils continuèrent à recevoir hommage pour Hérisson et Ainaydans l'Allier, et pour Clamecy dans la Nièvre qui, sous Thibaut V, étaient réunis entre les mains du comte de Nevers (c). Mais ce fut dans d'autres parties de la France qu'ils cherchèrent à augmenter le nombre de leurs vassaux ou les fiefs tenus d'eux.

Us acquirent la mouvance des localités dont le nom suit :

Aisne.

Fère-en-Tardenois dont Robert, comte de Dreux, fit hommage à Blanche de Navarre (647).

Ardexnes .

Chaumont-Porcien. Roger, seigneur de Rozoysur-Serre, en fit hommage à la même princesse (1307).

(a) Voir plus haut, p. 214,263.

(&) Voir notre tome II, p. lui, art. 615, 616; cf. Catalogue, n° 1582. Dans le même département est situé Bouillancy qui mouvait aussi de Champagne (1559).

(c) Voir notre tome H, p. lit, art. 614; cf. Catalogue, n° 3729.

Aube.

Piney avait été tenu de l'église de Lyon par les comtes de Brienne pendant plusieurs siècles. L'archevêque et le chapitre vendirent leurs droits à Thibaut V(3i84, 3202).

Vendeuvre et Jully-sur-Sarce furent aussi tenus de nos comtes au xmc siècle (a), mais rien ne prouve que ces deux châtellenies n'aient pas été antérieurement dans leur mouvance.

Côte-d'or.

Veuxhaules et Boudreville appartenant à la maison deChoiseul (755);

Chazeuil (1190) et Gémeaux (3377) à celle de Thil-Châtel ;

Autricourt et Thoires (1550) à celle de Mont- Saint-Jean.

Doubs.

Silley. Thibaut de Neufchàtel consentit à tenir de Blanche de Navarre le château de ce lieu (929, 1587).

Jura.

Sellières et la châtellenie inféodés à Henri III par Othon de Bourgogne, seigneur de Salins, moyennant une rente viagère de 500 livres tournois (3728).

(a) Voir notre t. H, p. xxxm, art. 414; xlii, art. 534; xlih, art. 537; lui, art. 618; cf. Catalogue, n°s 1194, 1336.

Marne.

Saint-Just, propriété de la maison de Dampierre (a).

Haute-Marne.

Le château de Vignory jusque-là tenu du comte de Bourgogne, tandis que le bourg était mouvant de Champagne (6);

La Fauche, qui, d'abord jusque-là arrière-fief, devint fief immédiat (1142).

Paroy mis dans la mouvance de Champagne par Jean de Passavant, seigneur de Saulx (299G);

La Mothe par le comte de Bar-le-Duc (c);

Montesson et Pierrefaite par Jean de Vergy, seigneur de Fouvent (3772).

Haute- Saône.

Le bourg de Passavant-en-Vosges. Guichard, seigneur du lieu, vendit son hommage à Thibaut IV (2997).

Vosges.

Neufchâteau, qui faisait partie du duché de Lorraine devint fief de Champagne sous Blanche de Navarre (1283);

(a) Voir notre t. II, p. xxxii, art. 412; xliv, art. 548; cf. Catalogue, n° 792,

{b) Catalogue, not 605, 2989; voir aussi plus haut, p. 270, note c.

(c) Voir plus haut, p. 408.

Le château de Deuilly entra dans la mouvance de nos comtes (2150), mais nous ne saurions préciser la date du premier hommage.

Yonne.

Nitry mis dans la mouvance de Champagne par le seigneur de Noyers (1589) ;

Foissy par Hugues de Vallery (4962); Beaumont par Etienne de Seignelay (2490).

Ainsi, nos comtes avaient amplement réparé les pertes qu'ils avaient subies. Disons plus : des vassaux éloignés, difficiles à réunir en cas de guerre, avaient été remplacés par des vassaux beaucoup plus rapprochés; et, sous la main de Blanche de Navarre et de ses successeurs, le comté de Champagne, d'abord assemblage arbitraire de fiefs épars, qu'aucune convenance territoriale ne rapprochait, était devenu un véritable état, suivant le sens qu'a ce mot dans la géographie moderne : la province de Champagne était créée (1); nos dynasties locales avaient donc terminé leur mission, quand leur héritage fut réuni au domaine royal. Le gouvernement des rois capétiens allait avoir à remplir en Champagne une autre tache qui, du nord au midi, de l'est à l'ouest, lui a été partout imposée, et dont il s'est glorieusement

(1) Sur les limites de cette province du côté de l'Ile-de-France, voir notre tome II, p. lvi-lix ; notre Catalogue, n° 2646 ; et deux arrêts du parlement, rendus en 1270 et en 1271 : Olim, éd. Beugnot, I, 343-347. 860; Boutade, Actes du Parlement de Paris, p. 438, n° 1551, p. 159, n° 1702.

acquitté dans toute l'étendue de la France, c'étaitt de travailler à fondre la province dans la vastes unité de la monarchie. Nous essaierons de raconter' plus tard par quels efforts longs mais victorieux s'estt accomplie cette grande révolution.

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