‹ Histoire des ducs et des comtes de ChampagneChapitre 6 sur 95 · EXTENTA DE FlRMITATE SUPER ALBAM · texte numérisé non relu

EXTENTA DE FlRMITATE SUPER ALBAM

A défaut de ce registre, nous avons cru devoir publier un document qui, outre l'intérêt géographique, en présente un d'un autre genre. Ce sont les extraits, faits par Lévesque de La Ravallière, d'un compte des recettes et dépenses du comté de Champagne pour six mois et demi, du 1er janvier au 15 juillet 1285 M). Philippe-le-Bel, qui avait pris possession du comté de Champagne dés Tannée 1284, n'était pas encore roi de France à cette époque, car Philippe-le-Hardi, son père, ne mourut que le 6 octobre 1285. L'original de ce compte

H) Annexe C, p. lxhi-lxxxvi.

n'existe plus. A part quelques fragments, sans intérêt au point de vue où nous nous plaçons ici, le plus ancien compte des recettes et dépenses dont nous connaissions l'original est postérieur de deux ans. C'est le compte de la seconde partie de l'année 1287, conservé à la Bibliothèque Impériale dans les Mélanges de Clairambaut, t. IX M).

Nous avons fait suivre ces documents de deux tables. L'une donne les anciens noms de lieu avec la traduction (2). L'autre, substituant à l'ordre alphabétique des noms de lieu les divisions géographiques actuelles, indique pour chaque département, arrondissement ou canton, les noms des localités où les comtes de Champagne avaient un domaine ou un fief (3).

En appendice, nous avons imprimé une compilation du xvi« siècle, autant que nous pouvons supposer. Au milieu d'absurdités, comme la théorie des sept pairs de Champagne M) reproduite par Pithou, comme une liste de pagi carlovingicns don-

(1) Nous en devons !a connaissance au mémoire de M. A. Lefèvre, intitulé : Les finances delà Champagne au xin* siècle.

(2) P. Lxxxvii-ci. — Les notes de Lévesque de La Ravallière nous ont été souvent utiles dans ce travail, quoiqu'aussi plus d'une fois nous les ayons reconnues fautives.

(3) P. cui-cxx.

M) P. cxxi-cxxh. — A la page cxxii, un fait montre combien on aurait tort de croire cette pièce authentique. Le comté de Chateau-Porcieu, érigé en 4303, est suivi à dix lignes d'intervalle par le comté de Blois. On sait que dès 4234 ce dernier comté cessa de mouvoir de celui de Champagne.

née pour une institution du xme siècle H), comme la prétention de faire prendre l'admission de la loi de Beaumont en Lorraine pour le résultat d'un droit de juridiction exercé dans ce duché par les comtes de Champagne (2), on y trouvera bon. nombre de renseignements précieux; par exemple, un état des fiefs mouvant du comté de Réthel (3), un état de la noblesse de Champagne en 1314 Wt le dénombrement des fiefs que le duc de Lorraine tenait de la Champagne P).

En terminant, il nous reste à dire un mot. Nous avons, dans notre avertissement, exprimé la reconnaissance que nous devons aux personnes vivantes dont le précieux concours a facilité notre tâche ; mais l'impuissance où la mort fait tomber un homme ne donne pas le droit de l'ingratitude. Lévesque de La Ravallière ne pourra répondre à nos remerciements ni par des éloges ni par une poignée de main, ni même par un regard. Il y a plus d'un siècle aujourd'hui que sa langue s'est tue, que sa main s'est glacée, que son œil est devenu immobile pour jamais. Est-ce une raison pour taire les involontaires services qu'il nous a rendus ? Hélas ! il n'a pu mettre en œuvre les immenses matériaux qu'il avait accumulés ! la mort l'a arrê-

té) P. cxxv-cxxvi.

(2) P. cxxxm, cxxxyi.

(3) P. cxxi-cxxiï.

(4) P. cxxvn-cxxix.

(5) P. cxxxii-cxxxiv.

té au milieu d'une entreprise qu'il aurait si bien conduite ; et aujourd'hui, l'honneur qui se serait attaché à son nom, est réservé à celui ou à ceux qui, plus favorisés par le temps, viendront moissonner le champ qu'il a si laborieusement cultivé. Triste et grave sujet de réflexion ! Qui sait si le même avenir n'est pas réservé à celui qui écrit ces lignes? D'autres puiseront peut-être un jour aussi dans des matériaux, réunis par lui pour des livres inachevés. Mais qu'importe? plaçons notre cœur plus haut que les petites vanités littéraires ; rappelons-nous que l'homme qui travaille doit avoir un but plus digne : Sursum corda!

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