CHAPITRE V
— (Voîi hi-gu-
no (Il «le père des Arbres»'. Dans l’antique géo{> rapliie cliinoise intitulée 67<a?ï7irtï-A7T?^, on parle d’un «dieu des champs qui habite dans les contrées orientales ( ^ 3^) : il a un corps d’oiseau et un visage d’bomnie; il est porté par deux dragons»®. Divers arbres ont été d’ailleurs identifiés par les Chinois avec des divinités dont ils sont censés conserver l’esprit*. — Le Dieu des Champs (Nu-no kami) est désigné, dans le Ko zi kl, sous le nom de Ka-ya-nu hime-no kamV] on le nomme également Nu-dûti-no kamP.
Moto-ori donne une nomenclature plus étendue des créations divines de la période qui suit la création des pays ou îlesdu Japon®. Au lieu de mentionner la naissance derOccan, il cite le Dieu des Mers, Oho-icata-tü-mi-
1. Mon interprétation est confirmée par un ouvrage de Tani-gawa Si-sci dont je viens seulement de prendre connaissance {Ni-hon Sÿo-ki tü-syau, t. III, p. 1).
2. Chan-hdi-king kouai\g-tchon , 1. ix, p. 5 (sect. Hdi-wdi toung-king). Sur l’empereur de Chine préhistorique qui régna par la vertu des arbres (bois), voy. la préface du Chou-king, citée dans le Pin-tsze-loui-pien, t. CXCIX, p. 20.
3. Voy. sur l’esprit de l’astre Ki-aei, mon Traité de Véducalion des veraà-aoie au Japon, édit, du gouvernement, 1868, p. 83 (cf. Syo-ki aiû-kai, 1. i, p. 11).
4. Suivant le U'a-nieî aeô, le mot kaya désignerait la plante i OU i-nan (cf. Kang-hi taze-tien), autrement nommée «onion des cerfs». Cette explication est assez douteuse (cf. Xi-hon Syo-ki tû-ayau, t. III, p. 1).
5. Duti, vulg. «marteau», répond à jjj^ «esprit, divinité» (Tani-gawa, Libr. cit., t. III, p. 1). — Ce mot, dans l’ancienne mythologie sintauïste, me paraît signifier «le principe actif et producteur des choses».
6. Cette nomenclature est, en effet, plus étendue dans le Ko zi ki sur lequel Moto-ori a fondé sa doctrine relative à la cosmogonie et à la mythologie primitive du Japon.
7. Dans la mythologie chinoise, on compte plusieurs dieux des Mers : le Dieu de la mer du Sud s’appelle Tchoh-young; le Dieu de la mer de l’Est, Keou-mang; le Dieu de la mer du Xord, Tchouen-hioh ; le Dieu de la mer de
YAMATO BUMI. - GENÈSE.
no kami, et le Dieu de rembouchure des Eaux p appelé ^ ^ 0 jÜ(|l Haya-aki-dü hiko-no kami et sa
sœur jS IC rk 1 ®i|) Haya-aki-dü hime-no kami. Puis vient le Dieu du Vent, Sina-tü hiko-no
kami^.
0;u Oho-hiru-me-no muti (ou mudi)., run
des noms de la Grande Déesse Solaire, autrement appelée Ama-terasü oho-mi-kamP «le Grand Génie qui brille au Ciel» (en sinico -japonais : Ten-syau dai-siny. — ol ]T hira est une forme ancienne du mot hi «soleil»; elle se rencontre non seulement dans \g Kamiyo-no maki «Histoire des âges divins», mais encore dans «THistoire du pays d’Isé»^, et elle s’est perpétuée dans la langue moderne où l’on emploie le mot ZA ^ hiru pour désigner «le jour» -DH me, dit Sigé-towo’, a été employé ici parce que le
rOuest, Joiih-cheou. On lit dans ronvrago intitulé San-lsi-Uoh-ki : « Sous l’cm- ])eicur Chi-lioang, on lit un pont de pierre au milieu de la mer; ce i)ont n’était pas l’œuvre des hommes, mais celle des 7/aï-t7ti« « Dieu.x des Mers» {Fcï-wen-yuti-füu, t. XI i, p. 80).
1. c’est-à-dire «un ancrage, un port», en japonais ^ A minato (voy. Kami-yo-no masa-lcoto, t. 1, p. 9).