y Ta-da Yosi-tosi
San-ki ben.
Æ t^ ® *E Sen-dai Ku-zi bon-ki.
Tai-sei gyau.
INTRODUCTION
iiouilire dos ouvrages relatifs à I histoire jiriinitive du Japon et à sa iiiytiiologie dont X^Gun-sijo ili-ran nous fournit une i)réeieuse éiiuniératioii. Une liste complète de ces ouvrages, avec la traduction des notices bil)liograiihiques qui y sont jointes, formerait l'i elle seule un volume assez étendu. Les rapides indications qu’on vient de lire, sufliront, je l’espère, pour donner une idée de la masse des travaux qui ont été entrepris sur le sintauïsme primitif et sur les premiers temps de la monarchie japonaise. Ces indications auront peut-être aussi pour effet de provoquer la recherche de tous les documents qui font défaut dans nos bibliothèques européennes et dont l’acquisition nous rendrait à coup sûr les plus grands services pour l’étude de la religion nationale des insulaires de l’Extrême Orient.
J’aurai d’ailleurs l’occasion de revenir plus loin sur les principales éditions du Ni-kon gi dont je donne la traduction dans le présent ouvrage.
Les ouvrages relatifs au sintauïsme et à l’histoire primitive des Japonais sont composés dans des styles tellement différents les uns des autres qu’on peut dire
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sans exagérer que leur intelligence nécessite l’étude de deux ou trois langues. Cette observation est incontestable au moins en ce sens que les uns ont été rédigés en langue chinoise, tandis que les autres ont été écrits en langue japonaise; mais, même parmi ces derniers, le langage a pris tant de formes diverses qu’on est obligé pour les comprendre de s’initier non-seulement à plusieurs systèmes d’écriture, mais à des vocabulaires et parfois aussi à des grammaires qui semblent bien plus appartenir à des idiomes hétérogènes qu’au langage d’une seule nation.
Au premier aspect, ces livres paraissent se distinguer par deux modes graphiques en apparence fort dissemblables : le mode classique ou régulier, et le mode vulgaire ou cursif. Mais cette distinction est la moindre de celles qui doivent nous préoccuper. Tel livre écrit eu caractères purement chinois, le Ko-zi ki par exemple, est un livre composé principalement en pur japonais; et encore, dans ce livre, les signes chinois y sont tantôt employés avec leur valeur idéographique, tantôt comme la simple représentation des syllabes de \'i-ro-ha ou alphabet indigène.
Afin de donner une idée de ces étonnantes variations de style, je reproduirai un fragment du Ko-zi ki avec les j)assages correspondants, ainsi qu’ils se trouvent
IN'I’KODUCTION.
dans k*s autres ouvrages iX'latil's à l’histoinî des dynasties divines :
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Pour lire ee passag-e tel que nous le présente l’édition prineeps du Ko-zi ki, il faut d’une part attacher aux signes qui ne sont pas accompagnés de lettres kata-kana leur valeur correspondante en japonais proprement dit, ou, en d’autres termes, les traduire du chinois en japonais par une sorte d’opération mentale; il faut ensuite transposer les mots qui, donnés dans l’ordre phraséologique chinois, ne se trouveraient pas à leur place du moment où le tout doit se transformer en une phrase japonaise. La lecture du texte est, de la sorte, incertaine; et, en bien des cas, elle peut être faite de plusieurs manières différentes.
Dans les éditions plus récentes du Ko-zi ki, les éditeurs se sont attachés à déterminer, suivant leur
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manière de voir personnelle, la lecture qui doit être attribuée aux signes chinois, et ils ont joint à ceux-ci une véritable traduction japonaise jiixta-linéaire qui, cette fois, ne met plus à côté de chaque caractère idéographique la valeur qu’il convient de lui attribuer en japonais. De la sorte, il faut lire le texte en syllabes kata-kana sans se préoccuper des signes chinois placés à leur gauche, et ne recourir à ceux-ci que dans les cas où l’on peut concevoir quelque doute sur l’exactitude du travail opéré par l’auteur de l’édition. Voici, par exemple, comment Moto-ori, dans son Ko-zi ki clen, a rendu le passage même qui a été donné ci-dessous:
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Le texte, accompagné de la sorte d’une transcription en lettres phonétiques kata-kana, se lira comme il suit :
Kare ko-lw-ni Ama- teram oho mi kami wika-
sikomüe, anie-no iva-ija dowo latele sasi-komo)'l
INTRODUCTION
}})asi-masiki. Su naval! lakama-no Jiara mina kuraku; Asi-vara-no nakaln kuni kofoyotoku-^n kurasi. Kore-yii tjorile (oko yo yuku. Ko-ko-ni yorodu-no kann-no ofona'i-va sa-haye nasu mina waki; yorodn-no ivazaivdi kolo-yolo-ni okoriki.
Co qui sigiiilic :
«Eu c()iisé((ii(‘iic(‘ la (lraii(l(‘-l)ccssc (lui lirilh* au Ciel (Ama-terasu oho-kami) voyant avec tomuir (ce qui se passait) dressa la porte de la deiiieure dejiierre du Ciel et s y tint reuferiiiée. Alors la })laiue du Ciel élevé fut toute sombre; le Royaume eeuti’al qui tin; sou origine d’un Roseau (le Japon) fut complètement obscur. Il en résulta une nuit perpétuelle. En conséquence, les voix des dix-mille dieux furent comme les moucherons lorsqu’ils essaiment, et dix-mille présages-de-malheur se manifestèrent.»
Dans le passage qui précède, la plupart des signes idéographiques conservent la valeur habituelle qu’ils ont en chinois. Il en est cependant quelques-uns qui ne servent qu’à exprimer des sons ou plutôt des syllabes constitutives de mots purement japonais. C’est ainsi qu’on a fait usage des caractères ^ «permettre-mère-raison» pour écrire le mot japonais komori «se renfermer» (eh. f|). On a procédé de même en employant ^ «cela-falloir» pour noter l’auxi-
liaire nasû «faire» (cli. ^). L’auxiliaire honorifique masü, sous la forme se rencontre également dans ce vieux style.
En certains endroits, la lecture japonaise n’aceornpagne pas les signes chinois auxquels elle se rapporte. A côté du caractère Pü du second texte qui signifie «fermer», il y a en lettres japonaises kata-kana le mot T y «ciel», et à droite du signe p «porte», les lettres japonaises ^ tatete «en érigeant». — Dans itfcj kore-ni yorite, c’est yorite qui répond au premier signe et kore-ni au second. Le premier texte l’indique exactement par le signe de transposition 1-, mais il n’en est pas de même dans le second.
Des différences se remarquent, en outre, dans les deux éditions dont nous donnons ici un spécimen. Dans la première, on emploie le signe ^ kdi «ouvrir», tandis que dans la seconde on écrit le contraire sous la forme ^ pi «fermer». Vers la fin, Moto-ori ajoute au texte le signe ^ qu’il lit mina «tous».
D’autres fois, c’est la lecture japonaise des signes chinois qui varie. Dans l’édition princejis, on lit le signe auxiliaire ^ simplement masa, tandis que, dans celle de Moto-ori, le même signe est lu avec la forme réduplicative archaïque ^ ^ ^ 4^ niasimasiki; — ^ apourtranscri])tion y y ^ —fniukii-
INTRODUCTION
nV dans ruii et :? h ^ kolo-(jo(oku dans l’autre; — ^ est lu ^ i ycnni par l’éditeur })rinutit‘et 3 yo par l’éditeur nouveau ; — ^ h o/o et h tl otonai; —^7 3 7, okosil et ij 4: okoriki. Je m’abstiens de noter des différences moins saillantes : celles ipie je viens de signaler suffiront pour donner une idée du travail plnlologiipie (pii a été opéré sur le texte du Ko-zi ki, et de montrer l’intérêt (pi’il peut y avoir à recourir à l’édition princeps en attendant qu’on puisse opérer une récension sur des manuscrits plus anciens.
Si Moto-ori avait réduit son travail d’éditeur à la correction des fautes plus ou moins réelles que renferme l’édition princeps, il ne serait peut-être pas urgent de recourir à ce qui nous représente, au moins pour aujourd’hui, la source originale. L’éminent exégète a malheureusement poussé plus loin son ambition; et, sans entrer ici dans des critiques sur sa manière de lire le Ko-zi ki, critiques qui m’entraîneraient au-delà des limites que doit avoir cette introduction, je signalerai la tendance qu’il a toujours eu de chercher à vieillir le style de l’ouvrage qu’il commentait et à y joindre des particules ou locutions honorifiques fort goûtées des anciens Japonais sans