‹ Histoire des dynasties divinesChapitre 16 sur 252 · Voy. Wa-kun siwori, t. XXVI, pp · texte numérisé non relu

Voy. Wa-kun siwori, t. XXVI, pp

Y AM AT 0 BUMI.

doute, mais dont il n était peut-être pas opportun d’augmenter le nombre par pur caprice littéraire.

Si nous recherchons maintenant la partie correspondante du même récit dans l’ouvrage que Moto-ori a fait paraître sous le titre de Kami-yo-no masa-koto, nous la retrouvons sous une forme graphique qui ne ressemble guère à celles dont iious avons donné plus haut des spécimens :

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Ka?^e koko-ni Ama-terasu oho-mi-kami mi-kasikomiie, Ame~no iva-ya dowo latete sasi-komori

wml-inasiln. Kare iakamo-no hara mina knraku.

Asi-vara-no nakatu kinii kcylo-goloka-nikuramite, toko yo yuku. Koko-ni yorodü-no kami-no otondi-

INTKODUCTION.

XU

va, sabahe nasu mina maki , yorodn-no mazavdi. kofo-gofo-ni okoriki'.

Ici, l>ien que le texte, si on le considère an point (l(i vue (In langage, soit à ])en diî chose près identique an })récédent, on se trouve néanmoins en présence (rnn système graphicpie qui ditïere de celni des deux antres. Non seulement on tait usage d écriture cursive dite hira-kana pour le texte j)rincij)al, mais on (‘ni{)loie en même temps les lettres de ce syllabaire a^TC celles du kata-kana. Comme signes idéographiques, on se sert simultanément de la forme classique ou carrée et de la forme vulgaire ou cursive. Jjorsqu’un mot est écrit eu hira-kana dans la ligne principale, on le transcrit à droite par un signe chinois régulier; lorsqu’un mot au contraire est écrit en signes chinois cursifs dans la ligne principale, on donne la lecture de ces signes en lettres kata-kana. Ce mode graphique, bien qu'il ait l'air plus compliqué que celui des spécimens précédents, est au contraire plus simple et plus commode pour les personnes qui ont appris le japonais. D’où il résulte que ce sont les textes mêmes qui avaient le plus etfrayé les orientalistes de la première moitié de ce siècle dont il nous est aujourd’huile plus facile de comprendre la signification.

1. Moto-ori Nori-naga, Kami yo-no masa koto, 1. 1. pp. 31-32.

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YAMATO BUMI.

Ce u’est pas seulement l’extrême variété graphicpie que l’ou remarque dans les ouvrages japonais dont nous ayons à nous préoccuper lorsqu’il s’agit d’entreprendre l’étude des livres eau uniques du sintauïsme : nous avons encore à nous initier à la connaissance d’une phonétique, d’une grammaire et d’un vocabulaire qui présentent des différences très sensibles avec la grammaire et le vocabulaire qui sont en usage de nos jours.

Je n’ai pas les moyens d’aborder ici d’une façon détaillée la question des changements phonétiques qu’a subi la langue japonaise, par suite évidemment de l’introduction du système d’écriture syllabique qui lui a été appliqué; mais je suis porté à croire que dans l’idiome de Yamato, les groupements de consonnes et les élisions de voyelles étaient plus fréquents que de nos jours.

Je me bornerai à citer quelques exemples de contractions vocaliques empruntées à des mots com])osés qui se rencontrent dans les livres sacrés :

Deux voyelles identiques et rapprochées l’ime de l’autre s’élident; |iarfois même deux voyelles diffé-

INTRODUCTION

XUIl

rentes, mises en eontaet, S(‘ transforment en une sorte (le diphtliongue :

[h Ih Oh fakama « le ciel élevé », pour fnhi-nma; ÿh Oh Q yamnto « le pied de.^i nu)utaj;iies», pour j/ama-a<o.

cm Cl taketi «la placc-publicpic du ciel», pour taka-iti (takaifi).

ohïTCI ayuti «le inarc'hé aux éperlans», pcnir ayu-iti.

La voyelle finale wtlevi(*nt muette à la fin des mots; il en est jiarfois d(‘ narine de la voyelle finale i :

Il OT 01 Si kamü-7ni-so (ou knn-77ii-so) «le véteiueiit diviu», pour kai7ii-m{-so .

Le k entre deux voyelles est quelqu<‘fois siijiprimé. De même qu’en langue moderne on dit 1j ^ ^ kaita pour tl ^ ^ kakiia, en langue ancienne on a écrit :

o| CT Di Li TT U Idwno-no ku7iipoi\r o| CT TT Di Li TT U Idü-kumo-Tio kuni «le pays où des nuages se sont élevés».

L’n initial d’nn mot est parfois supprimé ; ainsi on a dit :

Oh ma pour ot oh iima «doux» (dans mi to-7io 'ma guvaH).

La voyelle a, dans quelques mots composés, se change en e :

ThLhïhDr ka7ia-yama «la montagne du métal», pour kane-ya7na;

Ch SI ta-hi «une torche», pour te-hi «feu porté à la main».

La GRAMMAIRE dc la langue yamato ou idiome de l’antiquité japonaise ne diffère pas précisément de la langue actuelle du Nippon par le système de sa syntaxe, bien qu’on puisse peut-être signaler quelques ' particularités dignes d’être notées dans un travail de

pure linguistique. C’est au point de vue des désinences de la déclinaison et surtout de la conjugaison que le vieil idiome du sintauïsme se distingue du langage vulgaire aujourd’hui usité dans les îles de l’Extrême Orient.

Dans la déclinaison, il faut signaler surtout la suffixe tu qui sert à former le génitif, par exemple :

oh Oh CT Th 8T ama-tü Jcaze « le vent du ciel » ;

TT U CT Th 01 kuni-tü kami «les dieux du pays»;

ïi 01 CT TT L I yomo-tü kuni «le pays de la source (la région infernale) » .

Mais cette suffixe n’exclut pas l’emploi de la particule no usitée dans la langue moderne. La particule 710 apparaît, en etfet, dans les textes les plus anciens :

oh DH Ll Th 01 ame-no kami «le Dieu du ciel».

01 Cl LiLhTh U miti-no naka-ni «au milieu de la route».

La particule du génitif est parfois supprimée complètement, lors même qu’il ne s’agit pas de former des mots composés suivant le système de la langue moderne :

Th 01 ÿiLh Lh Ï1 kami yo nanayo «les sept générîitions de l’âge des dieux».

L’emploi des particules honorifiques paraît avoir été très fréquent dans l’ancienne langue yainato, mais il semble que les critiques des anciens livres sintauïstes, Moto-ori peut-être plus que les autres, se

INTRODUCTION

soient fait un plaisir d’en augmenter le nombre. J.<a particule mi «impérial», en effet, est parfois omise dans le texte chinois devant les substantifs relatifs aux dieux, tandis qu’elle est sans cesse usitée dans la version japonaise juxtalinéaire. On dit ainsi :

Ql 1T SI mi-kuhi «le cou».

DI CH mi-te «la main».

01 Ll- ini-na «le nom».

Cette meme particule lionorilique |]| mi se jilace également devant les verbes qui se rapportent aux divinités :

01 oh 81 Oh 81 CH mi-ai-masite «s’étant unis».

L’usage des déterminatifs spécifiques est peut-être moins fréquent que dans la langue moderne. Néanmoins, lorsqu’il s’agit de nombrer les êtres divins, on emploie invariablement li' déterminatif ôh vl ]h sira :

oT Ch St 81 ]l- LUI- 01 futa basira-no kami « deux colonnes de dieux » pour « deux dieux » (— ipiji)-

Les adjectifs se forment, comme dans la langue moderne, notamment avec la désinence ki jointe au radical, ou avec le radical de l’auxiliaire verbal na.

Souvent la valeur adjective d’un mot résulte seulement de sa position relative dans une phrase :

oh OH ame « ciel »; — oh OH ILame-no « céleste»; — ohOH 01 Dhliame mimago «les petits enfants célestes» ou «du ciel»; — oh LH Cl- SI OH Inada bime «la princesse des champs de riz»; — 01 Cl miti «route»; —

YAMAT(3 BüMI.

DI Cl LT 81 miti-nusi «les maîtres des routes», dans l’expression DI Cl LT 81 Li DT Cl miti-nusi-no muti «les nobles parmi les maîtres des routes». 11 est vrai que, dans cet exemple, ou a pu vouloir éviter une répétition de la particule du génitif Li no. Ce n’est cependant pas une règle invariable, car on écrit aussi : °T DI LUI Cl- Li DI Cl umi-no kita-no miti «la route septentrionale maritime»; — oi-ütini-DI ame-kagami « le miroir du ciel » pour ame-no kagami; — etc.

Les adjectifs sont parfois employés sous la seule forme d’un radical précédant le substantif qu’ils qualifient :

LI-IL Cl- naga ta «de grands champs»; — SL LL CL sana ta « de petits champs».

La forme radicale invariable mise devant un verbe constitue un qualificatif de verbe, c’est-à-dire un adverbe :

LLTL LL1I Ci ]l naga-naki-tori «les oiseaux qui chantent longuement» (ou «au long chant»).

Les pronoms de la langue ancienne différent également des pronoms de la langue moderne.

Pour la première personne, nous trouvons ol ]-i are «moi»; — oLiL a-ga « de moi ». — La suppression de la désinence re se remarque aussi dans quelques ])ronoms démonstratifs : Ti Di ko-mo par Tl 3-1 Di kore-mo «celui-là aussi».

On emploie enfin diverses locutions d’humilité pour se désigner soi-même.

Pour la seconde j)ersoniie, on fait usage de LL na pour nare; — nandi de la langue moderne; — °l DL8I imasi «toi», et de locutions honorifiques pour désigner la personne à qui l’on parle, d’après le rang (lu’cllc occupe.

La troisième personne est rendue par un pronom qui a conservé le caractère d’un démonstratif.

INTRODUCTION

Le relatif est g:énéralement indiqué par une simple règle de position. Ou dira en conséquence :

Ll- ]l Dh 8-1 ]T II 01 nari-maseru kami tics créés-dieux» pour tles dieux qui furent créés »

La j»liysiologie du verbe, en langue yaniato, présente aussi des particularités cpii mériteraient d’être étudiées.

Le prétérit (pii s nidit^ue d’ordinaire à l'aide de la désinence ^ ta, et cpii, dans le style littéraire, apparaît également sous la forme 1/ si, devient, dans les textes (pli nous occmpent [J mi (ou trouve également cette forme K dans les livres modernes) et ~\ | A7. Les philologues japonais ne paraissent pas d’ailleurs avoir eu des idées bien arrêtées sur l’opportunité d'employer plutôt l’une ou l’autre de ces terminaisons. Ou lit par exemple :

01 01 oi iT 81 LT mi-mùco kakusinu «[les dieux] cachèrent leur personne» (c’est-à-dire «ils disparurent, ils moururent»), dans l’édition princeps du Ko-zi ki — ,- tandis qu’on lit :

01 01 oiih 1T8I Ch Oh 31 11 mi miico kakusitamn iki, dans l'édition de Moto-ori.

Les verbes yamato, comme ou le voit par ce dernier exemple, se conjuguent à l’aide d’auxiliaires analogues à ceux qu’on rencontre dans les ditïéreuts styles de la langue japonaise.

L’auxiliaire ^ X masn du style actuel de la conversation est également employé dans le style antique.

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