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Voy. plus haut, pp. 160 et

7. La grande encycloj)édie San-sai dû-ye, (pii donne un résumé des idées

(’MAl'lTUK VII.

De meme en Cliiiie et cliez les jieiiples Toung’ouses, l’idée (lu «diable» ne paraît pas primitive. Le mot kouéi, (pi’on traduit eommiinément par «démon», n’a pris ([ii’à la longue cette si^nitication ; il désigne «un Esprit de la Terre», ]>ar opi)osition avec fj(jl chin, qui veut dire «un Esprit du Ciel»; puis «un défunt», «un être qui s’en est retourné ( au lieu d’où il est venu». «Lorsqu’un homme meurt, sa chair

géiiéralcnicnt répandues au Nippon, nous fournit, sur l’Enfer les renseignements suivants :

«Par Nt-no moto, il faut entendre les huit grands enfers. Chacun a, en plus connue annexes, seize petits enfers, qu’on apj)elle «voisinages»;

soit eu tout cent-trcntc-six enfers. Il y en a (pii disent ipie le nombre des enfers est de 272.»

L’éditeur japonais ajoute : «On ne sait pas on est l’Enfer; le nom qu’on lui donne, indiipic seulement qu’il est au milieu de la terre. Il y a également des enfers jaiionais qui tous se trouvent au sommet d’une haute montagne; ils sont toujours en ébullition et une source chaude en sort sans cesse. Par exemple, le Un-zen dake, dans le lli-zen; le Tùru-mi, dans le Bun-go; le A-«o, dans le Hi-go; le Fti-zi, dans le Sûru-ga; le Asa-ma, dans le Sina-no; le Ha-guro, dans le De-va; le Tate-yama, dans le Yct-tiu; le Sira-yama, dans le Kosi-no; le Hako-ne, dans le I-dû; le Yake-yama, dans le Mntü, sont parmi d’antres volcans enflammés d’où s’échai)pe une source chaude, des images de l’Enfer brûlant. Dans le village de No-da, département de Aya-mi, province de Bun-go, il y a un Enfer nommé Aka-ye di-yokü «la Prison terrestre du fleuve Bouge». D’un cratère de jAus de dix pieds carrés, de l’eau chaude tout à fait rouge comme du sang coule et se déverse dans la rivière de la vallée. Dans un endroit où l’eau n’est pas encore refroidie, il y a des poissons qui folâtrent. C’est vraiment une chose extraordinaire. Dans l’Inde et en Chine, sur les hantes montagnes, il y a partout des enfers, eu quantité innombrable. Ce qui tombe dans l’Enfer ne revient plus. »* Ces données, et tout particulièrement la mention des cent-trente-six enfers, ont été apportées de la Chine au Japon, avec les pratiques du culte bouddhique dénaturé par toutes sortes de légendes. L’idée de l’Enfer et du Diable**, aussi bien chez les Chinois que chez les Japonais, est d’une époque secondaire dans la religion nationale de ces deux pays.

* Wa-kaii Son sai dù-ye, t. L^’l, p. 21.

** «Youen-tchen prétendait jadi.s qu’il n’y avait pas de diable. Tout à coup un visiteiu vint s’asseoir à côté de lui, sans s’être fait annoncer et engagea avec lui une discussion. Ce visiteur soutenait qu’il y avait réellement des diables; Youen-tchen persistait à croire (jull n’y en avait pas. Comme la discussion n’en finissait pas, le visiteur lui dit : «C’est moi qui suis le Diable.» Et aussitôt il disparut.» {Peh-meï housse, livr. iii, p. 11.)

YAMATO BUMI. — LE REGNE DU SOLEIL

et ses OS retournent dans la terre, son sang s’écoule et retourne dans la terre; son élément spirituel (z^) retourne au ciel; son élément sensitif et matériel ( retourne dans la terre. Son principe obscur (yin) seul persiste, et n’a plus d’autre attache. C’est pour(|uoi on l’appelle kouéi». Ce mot exprime en conséquence l’idée de «esprit du principe yin, tandis que cliin est l’esprit du principe yany'^». «L’esprit Yitaî d’un homme sage s’appelle koiiei‘\ Les anciens nommaient «les morts» kouëi-jin. Quand l’élément sensitif et matériel de l’homme (peh)Q^i errant, on le dit koiieï^. Koueï signifie en outre «intelligent, pénétrant (^j». On voit donc que l’interprétation de koiteï par «démon» n’est pas suffisante, et qu’il faut attacher à ce mot une valeur plus étendue. Le mot mandchou hutu, traduit communément

par «diable», signifie de meme «un esprit», et l’expression hutu - entmù doit éti’e traduite par « les Esprits» ou «les Dieux» en général. On honore les kouéi dans le temple des Ancêtres, et ce n’est certainement pas le Diable qu’on y honore.

J’ajouterai enfin que koueï signifie «lointain» et «le Nord»'. 11 n’est peut-être sans intérêt de rapprocher cette explication, qui manque d’ailleurs dans presque tous les dictionnaires, de la doctrine des exégètes japonais qui placent l’Eufer du sintauïsme (le Ne-no kuni) dans une région lointaine, située au nord de leur pays.

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