Voy. Gun-syo iti-ran, t. I, p
3. Le titre de Yamato bumi n’est probablement pas aussi moderne que quelques savants ont l’air de le supposer. Moto-ori dit que c’est le titre de Yamato bumi donné au Syo-ki qui l’a engagé à adopter la lecture Furu-
ex
YAMATO BüMI.
natioDale que pour le dénommer d'une façon intelligible à la masse qui ne devait pas encore être très au courant de la langue et de récriture du continent asiatique. La double désignation chinoise que j’ai mentionnée tout-à-riieure serait peut-être un argument en faveur de l’opinion suivant laquelle aucun titre précis n’aurait été attribué à ce recueil composé de toutes sortes de dociunents tirés des sources les plus diverses, à une époque où l’ancienne histoire du pays avait été perdue et où il n’existait plus pour la reconstituer que des traditions orales plus ou moins vagues, plus ou moins incertaines.
Je ne vois pas d’ailleurs qu’il y ait un Wen grand avantage à engager de longues dis})utes sur le titre
koto bumi pour le Ko-zi Ici qui, lui du moins, n’avait qu’une désignation chinoise. L’éminent exégète se demande comment on a pu désigner l’œuvre de Tonéri Sin-’au sous le titre de Ni-kon Syo-ki. Le seul motif a été de se montrer servile imitateur des historiens de la Chine. Dans les ouvrages chinois, dit-il, on comprend qu'on aie ajouté aux mots «Annales » le nom d’une dynastie, parce que dans ce pays il y a eu de nombreux changements de gouvernement; mais au Japon où il n’a jamais existé qu’une famille de souverain, où le nom du royaume n’a par conséquent pas changé, il était bien inutile de faire précéder du mot «Japon» le nom de «Jjivre» (par excellence) donné au.x antiques annales publiées sous le règne de l’impératrice Gen-syau. Que l’on fasse usage de la langue chinoise ou de la langue japonaise, il convient de se servir simplement du mot «Bible», en chinois Syo-ki, en japonais Bumi. C’est diminuer l’importance de cet ouvrage exceptionnel que d’y ajouter un qualificatif quelconque. (Voy. Moto-ori Xori-naga, Ko-zi ki den, t. I, Préliminaires, pp. 9, 23 et pass.). Dans plusieurs anciens livres, le Ni-hon Syo-ki est toujours mentionné sous le simple titre de Syo-ki. (Voy. Gun-syo iti-ran, t. I, p. 3.)
INTRODUCTION
((ifil convient M'attiiclior an livre (jui nous occupe, et je juge que le mieux est de se servir à sa guise (les ditïerentes dénominations en usage chez les Japonais. Si l’on tient cependant à ce (pie ces dilïérentes dénominations ne soient pas absolument employées rime pour l’autre, je pro})Ose de choisir le titre de Ni-hon gi quand il s'agira de désigner d'une façon générale la grande œuvre historique de l'antiquité japonaise; de lui préférer celui de M-hon Syo-ki, lorsqu'on voudra rappeler rinfluence litt(*raire de la Chine sur cette rédaction nouvelle des données en partie consignées dans le Ko-zi M, et entin d'adopter la lecture })urement japonaise de Yamato hiimi lorsqu'on s’occupera de ce monument au point de vue des recherches auxquelles on a donné le nom de «Yaniatologie». Mais, je le répète encore une fois, la question me semble absolument oiseuse, et je crois qu’on aurait grand tort de s'y appesantir.
Je réserve, pour prendre place dans l'Introduction qui doit figurer en tête de mon second volume, une étude sur le caractère général du Sintauïsme dans ses rapports avec les deux premiers livres du Nihon gi, livres également désignés par les Japonais sous le titre de Kami-yo-no maki ou Histoire des dynasties divines. Je compte également profiter de
exil
YAMATO BUMI.
cette introduction pour remplir les lacunes regrettables qu’il ne m’a pas été possible de combler en ce moment, tant à cause de la vaste étendue du sujet que par suite des conditions modifiées de jour en jour dans lesquelles j’ai été obligé de rédiger mon travail. Je suis, en effet, dans la situation d’un orientaliste qui, ayant à fournir pour la première fois une traduction de la Bible hébraïque, arriverait à se procurer l’un après l’autre, et pendant qu’on imprimerait son livre, les grands travaux d’exégèse, de philologie et de critique entrepris d’âge en âge sur le canon religieux de l’antiquité juive.
Le but que je devais poursuivre, et celui vers lequel ont tendu mes efforts, a été d’accumuler des matériaux pour faciliter l’intelligence d'une grande j)roduetion nationale des insulaires de l’Extrême Orient, sans me dissimider l’utilité qu’il y aurait ensuite à reprendre en sous-œuvre le même travail, à coordonner les commentaires, à les enrichir de monograi)hies archéologiques, philologiques, géographicpies et littéraires, et enfin à discerner les sources diverses d’information dont ont fait usage les premiers compilateurs de ces antiques annales.
Si, })ar ce j)i-emier volume, je suis parvenu à intéresser les oifimtalistes à un monument liistori({ue
INTRODUCTION
qui, suivant les tenues memes (rim savant membre de la Société Asiatique du Japon, M. Satow, «occupe la première place parmi les livres sacrés des Ja})0nais»', je me considérerai comme largement récompensé d’avoir eutreiiris, dans l'isolement, c’est-à-dire loin des secours de tout genre qu’on pourrait trouver au Japon, une publication de longue haleine que j’ai fort à cœur de continuer sans relâche et de mener à bonne tin.
1. The Revival of pure Shinto, dans les Transact. of the Jap. Asiat. Soc., i. III, App., p. 41.