‹ Histoire des dynasties divinesChapitre 52 sur 252 · IT · texte numérisé non relu

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Nuri--ua()(i, un des eoninieiitateurs les i)lus estimés du Ko zi kiy ({ui fit paraître sou œuvre pour la première fois eu 1798 sous le titre de Ko zi ki dm (Voy. Comptes-rcndiis des séances de V Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, 1882, t. IX, p. 108), rappelle que dans les dietioimaires le mot est expliqué par ««c produire, surjçir», et qu’oii appelle, eu conséquence, du nom de o/cor/ l’orig-iiie des choses (koto-no haziine okori to ino iû).

^ ^ M takama-no hara, littéialemeiit «la plaine du ciel élevé» désigme simplement «le Ciel» (ddeama-no hnrava, snnavati ame narij. Ce serait à tort qu’oii croirait, par la présence du mot taka «élevé», qu’il s’agit d’un ciel supérieur, situé au-delà du tirmament ou du vide y y sora. Taka est une expression honoritique; il en est de meme (piand on se sert de cette particule (makitra kotoha) dans la locution taka-hikaru «resplendissant en haut» qui a le même sens que ama-terasu «qui brille au ciel». — Ilara, que l’on traduit habituellement par «plaine», est rendu par le signe chinois yoaen «fondation, hase, assise». Ce mot hara désigne un endroit large et uni, une plaine (hara va hirokii taira nam tokoroico iû); c’est ainsi qu’on a formé les mots una-vara «la plaine des mers», nu-vara «la plaine des champs», ka-vara «la plaine de la rivière», asi-vara «la plaine du roseau» (c’est-à-dire le Japon). Dans \%Manyeô siû, on trouve de même mentionné le nom de kimivara «la plaine du pays». C’est ainsi qu’il faut comprendre la formation de l’expression ama-no hara. Dans le

chapitre du Ko zi ki où l’on raconte l’iiistoire de la Grande Déesse Solaire Ama-terasü oho-kami se réfugiant dans une

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grotte par dégoût de la conduite de son frère Sosa-no ono mikoto^ on se sert également de cette expression : Q ^ M êifâ moment où je me suis

cachée, le Firmament doit être dans l’obscurité».' On rencontre aussi les mots ama-no hara, dans le passage du serment, lors de l’ascension au ciel du terrible Sosa no o-no mikotob

Un commentateur japonais croit trouver dans ce passage une sorte de contradiction. Du moment où l’on parle du temps oii le ciel et la terre furent créés, comment pouvait-il y avoir déjà un Dieu au Ciel?

^ a servi à rendre le japonais nari-maserii. Le sens de ce mot Cjui signifie communément «devenir», paraît difficile à fixer aux exégètes indigènes. En chinois ching (tcMng) signifie «compléter» (|^), «achever» (:^), «finir» (^); ce signe entraîne également l’idée de « prospère, arrivé à l’état parfait» (^), et de «bon, excellent» (^). Quant à naru, les étymologistes japonais ne paraissent pas en connaître la valeur originale. L’auteur du Gon-gen tei, après l’avoir expliqué par «achever», donne le

même mot naru rendu par le chinois ^ «naître», et tiré deïg a, ru «paraître, se manifester» (coinp. la forme Y y nT. aravasü «se montrer, faire connaître»), Naru, de la sorte, aurait trois significations principales : 1” «naître de rien, créé» (te \ Ü\ et c’est

cette signification qu’il faudrait attacher à ce mot, quand on parle des dieux (Jeami-no nari-masn to iû va, sono kokoro

1. Voy. Ko zi ki lien, viii, ]). GO, et le coinnientaire de Moto-ori, iii, pp. 5-0.

t’IIAPITKK I.

nari). — 2" «sc transformer, se inétamorplioser»

— 3" «s’accomplir, s’acliever»

filjj c/un, employé comme écpiivaleiit du mot 1|-[1 ] est commiiiiémeiit rendu par « Génie» ; (pielcpies orientalistes le traduisent par «Dieu». Suivant rantique dictionnaire Choueh-iven «ce sont les chin du Ciel qui ont créé tons les êtres» fil|l ^1 tÜ ^ ^ ifc). D’après une explication rapportée dans le I-icen-pi-lan, les génies pénétrés de l’esprit du principe mâle sont appelés fjljl «dieux»; les génies pénétrés de la matière du principe femelle sont appelés «démons». — Le philosophe Meng-tzse a dit : le ifîï ^ ^ ^ 2 II filP «celui qui est saint et impénétrable (ineompréhcnsihle) s’appelle chin». On trouve encore, de ce mot, les explications snivantcs:c/;m vent dire «esprit» ^ (Kouaiigyun); l’esprit des «démons» (c’est-à-dire des koueï) s’appelle chin (Chi-ou-ti-ki-tchu) ; le Ciel s’appelle fi(|l chin; la terre s’appelle ki. Chin désigne parfois «le prince», par exemple dans ce passage des Koueh-yu :

^ |Jj «Yu-le-Grand réunit tous les cAm sur la montagne de Hoeï-ki » , ce qui signifie qu’il réunit les princes des divers royaumes, ig- H on nomme chin^ un être inscru-

tahle dans les principes femelle et mâle (Pëi-icen^un-fou). Celui qui se nourrit des fruits de la terre est sage, intelligent et habile; celui qui se nourrit de l’air est un génie fiÿ ^ et vit longtemps; celui qui ne prend pas de nourriture est un esprit immortel ^ ^ (Ta-taï-li, cité par le Picf.).

Le mot japonais ’J] ^ kami, 'J] kainü^ kam^ est d’or-

1. L:i foruie kamü ou kam est une forme très probablement plus ancienne ipie kami; eu tout cas, ou trouve les deux lectures simultanément dans les

YAMATO RUMl. — ftKXESE.

clinaire identifié par les philologues indigènes au mot kami qui donne l’idée de «élevé, supérieur»; de la même façon ^ kami «cheveux» désignerait des poils % placés à la })artie supérieure du corps; il faudrait rattacher à cette racine le mot kami, par lequel on désigne «un maître» dans le langage des honzes (f^ <[) ^), ainsi que kami, appellation des femmes de samouraï ( J;; ^ <T> ^). Le sens de «corps caché» c’est-à-dire «corps subtil, nou tangible» (voy . ])lus loin la remarque au sujet du mot [] | mi), ka-mi, serait peut-être plus conforme à l’esju’it des anciens mythologistes du Japon.

En tout cas, kami est la désignation générale des dieux et des demi-dieux du panthéon japonais. La Grande Déesse Solaire, Ama-terasü oho-kami (Ten-sya?i dai-zin) est appelée fiÿ 1^ sin-mei (voy. Syo geai-zi kou, au mot sin; édit, lith., p. 179, c. 11).

[|- na «le nom», ün n’a pas d’idée arrêtée sur le sens de ce mot (na-no kokoro va imada omdi-yezu).

ohDI- LiDI Lhlh LT9I Ama-no mi Naka-miù, transcrit en signes chinois par ^ ^ |Æp 4* ^ et lu communément ame-no mi naka-nnsi, est le nom du dieu primordial de la mythologie japonaise. — Mi-naka, litt. «l’auguste milieu», répond à l’idée «au juste milieu» ma-

vieiix livres japonais (cf. jjj|j) ^ toîi«-/i:a2ej. Le inênie mot (1J A i kamui) est employé, dans la lanj^ne des A'hio, popnlations autoelitones dn .lai)on, ponr designer «>in Dion», mais on attrilme à ee mot une origine japonaise. La langue aïno n’ayant été éerite (|u'à une date toiite réeente ])ar (jnelques pliilologties du .la])on, et son histoire étant à i)eu près absolument inconnue, il est bien difficile de dire à ipielle source a été emprunté le mot kami, à la source aïno ou à la source japonaise, .rincline vers cette dernière hypothèse, bien (pi'il me reste des doutes sur sa solidité.

CHAl'ITKK 1.

iioka, et quehiues pliiloloj*‘ues japonais croient que les mots mi et ma étaient orig’inairement employés imlitîeremment, l’nn pour l’antre etc.). En

tout cas, mi ne doit être considéré que comme une particnle lionoritiqne eommnnément employée dans la littérature et surtout dans le style ancien. Quant à 7iakn, vnlg. «milien», il entraîne, outre le sens de «central», une idée de perfection, d’universalité. C’est avec cette même aeceidion que les Chinois disent tchoumj-koueh «le Uoyanme dn Milien», pour «la Chine», c’est-à-dire «le royanme qui comprend rnnivers entier» (flen-hia «tout ce (pii est sons le Ciel»), le royanme qui n’a pour l’entourer, comme des satellites entourent une planète, que des contrées sans importance et insignitiantes. Le génie qui nous occupe est donc le Génie universel, le Génie central, le Génie foyer dn Ciel. J’ai d’ailleurs trouvé nue dénomination abrégée de ce (lien, Naka- (jaini, qui est rendue en chinois par les signes ^ — ■ jjil}l tien-yih-chin «le Génie nni(pie», on plnbM «le Génie parfait, absolu dn Ciel». — Nusi signitie eommnnément un maître, nn cbef, un homme de rang supérieur l’autenr dn

Gon-gen-fei le rapproche de naimsi, ce qui n’expliqne rien; il est bien préférable d’y voir une contraction de nousi, comme le dit Moto-or l Xori-naga'^

' * s ^ Moto-ori Nori-naga est un commentateur très estimé ilu Ko zi ki. Son œuvre a été publiée eu 1798, sous le titre de Ko zi ki dm. (Yoy. ce que j’ai dit de cet ouvrage, dans les Comptes-rendus de V Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1882, t. IX, p. 105.) Dans le travail que j’ai entrepris sur le Ko zi ki, j’ai fiiit de nombreux emprunts au livre de ce savant-, je regrette de u’avoir pu eu donner ici des extraits plus considérables, mais mou commentaire déjà fort long, aurait acquis une étendue démesurée si j’avais pris à tâche de suivre Moto-ori dans toutes ses discussions philologiques et exégétiques.

>))■ Usiest

d’ailleurs employé dans le sens de «maître», notamment dans le Ni-hongi où le père du 27® mikado Kéi-tei est désigné sous le nom de 3E Hiko-usi mi-ko, etc.;

on trouve 'également des noms de personnages historiques écrits tantôt avec le mot nusi, tantôt avec le mot usi, et il y a des raisons pour croire que cette dernière forme est au moins aussi ancienne que la première. En conséquence, dans le passage qui nous occupe, on veut dire que le dieu en question, établi au juste milieu du Ciel, est le maître de Funivers (ffi/ y ^ ff Æ 2. h ef* x>

[T1ILI tügi-ni signifie «ensuite, en suivant, en continuant» comme un fils qui succède à son

père, c’est-à-dire «après ce premier dieu». Il y a cependant une difficulté à adopter ce sens, quelques exégètes japonais pensant qu’il s’agit, dans ce premier paragraphe, de Dieux existant simultanément. Dans ce cas, tügi doit être traduit simplement i)ar la conjonction «et, j)uis, avec».

[hlhDI DmâlLilhDI Taka-mi Musühi-no kami cf 1 h D I DTvTô I L1 1 [■ D I Kami Musühi-no kami. On remarque tout d’abord la ressemblance presque complète du nom de ce second et de ce troisième dieu de la trinité primordiale des Japonais. — [|-'l h «haut» doit être considéré comme une expression de rhétorique en est de meme de [J | mi «auguste». En effet se trouve enqdoyé de la sorte dans plusieurs noms honorifiques; et, en ce qui concerne le mot mi, on voit, dans le Ni-hon Hgoki que le caractère |itp qui le représente dans le Ko zi ki IMUir désigner le dieu Taka-mi Musübi- no kaun est rem-

( HAIMTRE I.

placé par Iccaractcre ^«auouste»( ^ J ).

— Musi'ihi, vul«\ «lier» (^ ) dési^’ne, par exemple, «un fruit qui se noue»; 7?»/5«sig'nitic «naître» , notainnient dans les mots mnsü-ko «untils», À mitsume

«une tille». Dans la vieille antliolo»-ie intitulée M(m-y<‘ô sln, on emploie de meme l’expression »^x «les

])lantes ne poussent pas». 11 si»-nitie ici «se produire, naître, apparaître» {JJ nari-iduru). Le earactère chinois «se produire, naître», dont on a tait usage, répond donc d’une manière exacte au sens du nom japonais.

Le caractère 0 e hi du nom Musnhi, comme on vient de le voir, a été remplacé par le caractère ce qui paraît d’ailleurs nue orthographe satisfaisante, ce dernier signe siguitiant «merveilleux, miraculeux, extraordinaire», notamment dans l’expression ^ ^ hisibi. Le sens de ce nom est donc le «Dieu puissance de la création», expression qui rappelle le rôle essentiel de créateur attribué aux deux Musühi-no kami. Quelques auteurs prétendent que les deux Musühi étaient fils du Dieu primordial Naka-nusi, et parfois on voit l’un et l’autre confondus dans le culte des anciens Japonais.

Ôl-?|]|- hasira «pilier, colonne» est un déterminatif numéral usité lorsqu’on compte des personnes de rangélevé, notamment des dieux; au moyen âge, on employa de la même façon, dans la langue vulgaire, les mots — ^i^to-kata «une personne», o futa~

kata «deux personnes», etc. L’expression hasira viendrait de ce que, dans l’antiquité, les personnages de rang élevé étaient comparés à des arbres ( tandis que les

YAMATO BUMI. — GENESE.

gens de basse extraction ( ^ étaient qualifiés cl’lierbes. (Cf. l’expression chinoise ^ \ ^ .)

^ doit être lu , suivant la forme ancienne DILI- mina^ et non narabi-ni.

ôiciDiimi hitori- garnie litt. «dieux uniques, dieux solitaires». On veut dire par là qu’ils n’avaieut pas d’épouse.

DID|oill-lT9l mi miwo kakusi. Cette expression présente de grandes difficultés, et je ne suis pas convaincu que les exégètes japonais l’aient comprise d’une façon satisfaisante. Suivant Moto-ori Nori-naga, l’auteurdu/io zi veutdire que les corps de ces dieux n’étaient pas visibles. Littéralement mhüo kakusi veut dire « ils ont caché leur corps » ; mais lô. signe idéographique qui répond à kakusi, ^ yin, dont la forme originale était L», entraîne en outre l’idée d’une chose obscure, occulte, que l’esprit humain ne peut pénétrer. 11 indique aussi l’état de quiétude f = ^ Gyokü-hen). Je ne crois pas qu’on soit en dehors de la pensée de l’auteur en le rendant par « incorporel » ; en tout cas, je viens de m’expliquer à ce sujet, et chacun pourra juger de l’opportunité de traduire par «dieux au corps occulte», ou «dieux incorporels», ou bien par «ils ont caché leur corps» (c’est-à-dire «ils ont disparu»).

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