Commentaire
ITLI kuni. Ce mot répond an chinois ^ koue/i que l’on traduit communément par «royaume»; mais il est évident que, lorsqu’il s’agit du moment même de la création, il ne peut être question de «royaume». Bien plus, à la période ])rimordiale que décrit ici le Ao zi ki, le Japon lui-même, c’est-à-dire «le monde» n’existe pas encore, car on verra que les îles de la terre furent créées plus tard jiar la déesse Iza-nami. — Le caractère chinois emiiloyé dans la transcription du Ko zi ki est évidemment impropre :
( lIAriTKK I.
il ii’expriiue en réalité (lu’iin «état»; expliqué par ^ dans le Choueh-icen, il désigne «la résidence de l’cnipereur», «les j)rinces fendataires», «le domaine de la civilisation». — Suivant le Wa-kun shori, le mot kuni vient de 4 £ kumi, dans le sens de ;ji0 fiî ai-kumi-suru «réunir,
groui)er, rassembler» ; et dans le filjl ^ Sin dai kl, il est synonyme de ^ rik-ka u «runivers»^*t de a Ya-sima-no kuni «le Jaj)on». Le dictionnaire étymologiciue Gon-gen tel paraît adojder à peu i)rès la même inter})rétation, lorsqu’il donne comme élément du mot kuni les deux mots et c’est-à-dire «les pays réunis», c’est-à-dire «le monde» (p. 28).
ü|-]|-lT« •akakii, vulg. «jeune», est rendu par le chinois tchi qui indique «les pousses des céréales». Les Japonais emploient communément le caractère ^ joli dans ce même sens, ou bien le signe ^ joh, qui signifie surtout «tendre, faible, délicat». 11 exprime ici l’état du monde kuni; vo)". ci-dessus) à l’époque de la création. On rencontre ce mot, avec le même sens, dans la partie cosmogonique du Ni-hon Syo-ki. (Livr. i, § 1.) Dans la vieille anthologie Man-yêo siû, on se sert de l’expression ^ ^ icakadûki pour désigner «la lune du troisième jour» }^i7 e’est-à-dire «la nouvelle lune» (Moto-ori, Ko zi kiden, livr. m, p. 20).
oTl|ohôT]|-LiliCilT Cki-cibura-no gotoku. «L’auteur ne veut pas dire que le monde, à cette époque, était semblable à de la graisse, mais qu’il surnageait comme surnagerait un corps gras, tel que de l’huile». Dans le Nihon Syo-ki, où l’on se sert de la même image, on com-
YAMATO lUJMI. — GENÈSE.
pare la substance première du monde sncc.cssivement à un œuf, à de la graisse ou à des poissons flottant et surnageant (à la surface des flots), à de la neige qui se balance sans appui au-dessus des mers. Et, dans une des citations du Ni-lion gi (i, 1 a), on dit que cette chose avait une forme difficile à décrire. (Cf. Ko zi là den, iii, p. 21.)
M (lT]hH) est un mot qui sert d’appui
à l’idée de «flotter» ^)- H désigne un pois-
son également nommé •MM «la lune des mers», et «la mère des eaux» (méduse). On lui a donné ce nom parce que ce poisson ressemble à la lune dans la mer. Cette chose flottant dans la mer et ayant une forme qui rappelle l’aspect blanc de la lune pendant la clarté du jour, son nom de «lune des mers» a été bien imaginé. On nomme également ce poisson «niii’oii’ <^es mers» ou ^ «miroir de
pierre»; il est grand comme un miroii’, de couleur blanche et tout à fait rond.