LI-ÔT nasü veut dire «comme» (gotoku
]\Ioto-ori SC demande où pouvait flotter cette chose. Dans le vide (sora), car, à cette époque primordiale, le ciel et la terre n’existant pas encore, il ne devait pas non ])liis exister de mer. Cependant un ancien livre cité par le Ni-hon Sgo-Jd dit que «lorsque le ciel et la terre n’existaient pas encore, cette chose surnageait sur les mers, comme par excm])lc des nuages, sans que rien ne leur serve d’appui». Il n’est ])as étonnant de rencontrer une pareille contradiction dans un ouvrage de cette épotjuc traitant de questions cosmogoni(|ues. 11 y aurait ))cut-ctrc lieu néanmoins de tenir compte de deux acceptions ditfércntes du mot «ciel» (^),
(’IIAPITKE I.
s.avoir «le tirmanient ou voûte céleste» et le «pa-
radis» ( ^ ^). Ensuite le «ciel» ( désig’iie «le séjour des dieux», c’est-à-dire «le ciel idéal», et «l’espace» ou «le vide» sora). forme particulière du caractère est composé de deux éléments siguitiaiit «air- pur». Avant rapparitiou des Dieux qui ont donné successivement naissance aux contiiieiits et aux îles, les éléments primordiaux de tous les êtres existaient à l’état latent dans l’éther; le ciel ^ ame, de même ({ue la terre tufi, et les génies fj|}l Jxami n’ont été créés (pi’à la suite de la sé})aration des éléments confondus dans le tohu-holui du chaos
mi-kahi (^). Les commentateurs japonais s’ctforcent d’expliquer ce que i)ouvait être la plante nommée asi-ga i ou asi-kabi. Il est évident que la discussion engagée à ce sujet est du plus médiocre intérêt. Les synonymies modernes chinoises et japonaises de végétaux sont embarassantes à établir, et le i)lus souvent elles sont incertaines, parce que les espèces ont été d’ordinaire mal déterminées par les botanistes de l’Extrême -Orient, et qu’un même nom a maintes fois servi à appeler des plantes différentes. A plus forte raison est-on en présence de difficultés presque toujours inextricables, quand on veut établir la correspondance européenne d’un nom de plante cité dans les livres de la haute antiquité orientale. Voici cependant les synoii5nnies qui nous sont données de la plante asi-kabi: Asi est communément écrit à l’aide des caractères ^ ou ^ qui désignent l’un et l’autre une même espèce de roseau, bien que le second soit plus grand que le premier.
YAMATO BUMI.
OENÈSE.
Les (leux signes réunis sont le nom de VArundo Indica. Mao-chang, aiuiuel nous devons le texte actuel du Chi-king (Livre sacré des Poésies), dit : «Ce roseau, à sa naissance s’appelle cpiand il n’est pas encore dans sa floraison et lorscpi’il est arrivé à son état parfait ^.» [Ping-tszeloui-pien, CLXXXVII, 2; >S?/o gen-zi kau, s. voc. asi). — En somme, je crois suffisant de traduire asi par «roseau» sans m’attacher à une désignation hotani(]ue ])lus ou moins douteuse, et, en tout cas, assez indifférente ])our l’intelligence du passage qui nous occupe.
Le caractère vulg. «dent», est employé ici pour ^ «hourgeon, pousse». Cette expression figure dans le jjjlp ^ Sin-dai ki, où elle signifie «un hourgeon de roseau» (asi-no meu:o i u) (Wa-kun sivori, s. v. asi-kahi). C’est du nom de cette jdante ([u’est venue la dénomination ü'Asi- V ara-no kuni affectée aux îles du Japon.
âl U liiko, mot qui se rencontre dans un grand nombre d’anciens noms japonais, désigne «un mâle». Suivant le dictionnaire étymologique Gon-gen tei, qui rexpli(]ue ainsi, il vient de «un enfant du sexe masculin». Ce mot,
écrit paraît avoir été surtout donné aux personnages de rang élevé, aux génies, aux héros et aux j)rinces, comme le mot hi-rne, écrit est employé pour «une grande dame, une princesse». A l’origine nu^^me de la monarchie jai)onaise, sous le règne de Zinmou, nous voyons le titre de Jriko attaché au nom du chef aïno Kaga-süne (pii tenta de résister à l’invasion ja])onaise. Xe faudrait-il j)as attrilnier à hi-ko le sens de «fils du Soleil» ( BV ), et à hime celui de «fille du Soleil » ( B A L’ auteur du Gon-gen tei
( IIAIMTI.'E [.
expluiue le mot ht par It! «feu», et l’on sait que le caractère chinois yançi, (|u’on traduit d’ordinaire ))ar «principe mâle», sij^’uitic é^’alement «le soleil», non seulement isolé, mais en composition (par ex. : ^ on 0 ^
hi-wati «le culte du Soleil»; hi-)iu hihari «l’éclat du
Soleil», H3t- >1’ a})rès le Wen-siouen, cité j)ar Syo yen-zi hou, s. V. hf). he (’iel ^ se nomme aussi ht (tentco va, ht ta ma tu), et les empereurs du Japon ame - sütaernyi ont pour titre «tils du Soleil» ( Q y fttp hi-ito ui-ho). Suivant le dictionnaire Wa Jetât slvort, hileo est une a])pellation lionoritiqne des mâles et se rattache à ^ hi-Jeo «fils du Soleil». Moto-ori considère ég’alement htleo comme une appellation honorifique des mâles; ht est un mot qui entre dans la composition du nom du «’énie ^ ^ et renferme
l’idée de «miraculeux, extraordinaire, prodigieux». Mais ce même nom , dans le Ko zi Jet a été écrit ^ ^ H ? ee qui montre que ht signifie tout à la fois «soleil» et «surnaturel».
[ I di vent dire «vénérable».
o|-DHLi [ili [hClLi miLi tolco-tati-
vo miJioto est le meme dieu (jne Ame-no SOKO tati-no mi- Jeoto. Interprété par les caractères chinois qui ont été employés pour le transcrire, le nom de ce Dieu ^ jjl signifie «le vénérable éternellement debout an Ciel». — Le mot [ili toJeo est expliqué par le dictionnaire étymologique Gon-gen tei comme étant un mot dérivé de i- to «temps», et de Jeo «endroit, séjour». Noté ^ jfe le nom de ce Dieu signifie «le vénérable debout an fond du Ciel». — ôl 11 vient de «retraite» et de Ao «endroit»; c’est-à-dire «lien de la retraite».
A la fin de ce second paragraphe le rédactenr a ajouté nne observation d’une importance considérable pour nos études, mais dont l’intelligence présente quelque difficulté.
Cette observation est
conçue en ces
termes
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ïl
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Dl-
Ql
Ql
SF
ÔF
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IT
0 li
LF
Kami-no htdari itü basira-no hami-va Loto ama-tu
En caractères chinois :
il) ^ s.
C’est-à-dire : «Les cinq dieux mentionnés ])lus haut sont en particulier des Dieux du Ciel».
1TCI-]I liudari veut dire «cité, mentionné»; kami-no htdari «mentionnés ci-dessus». Ce mot htdari est encore employé de nos jours sous la forme htdan, ])ar excnqjle dans l’expression htdan-no tjotosi (pour kndari-no
[lotosi), qu’on place notamment à la fin des eftèts de commerce, des traités sous seing privé, et qui signifie « ainsi qu’il est dit plus haut».
1J[L kofo. Ce mot, rendu en écriture cliinoise par yij, a un sens qui a été très discuté [)ar les exégètes jaj»(niais.
(’IIAl’ITUE 1.
Je me bornerai à citer le eommentaire de IMoto-ori qui mérite d’être rei)roduit :
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Xi X 0- ^
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