‹ Histoire des édifices où ont siégé les assemblées parlementires de la révolution française et de la première républiqueChapitre 1 sur 59 · PARIS IMPRIMERIE NATIONALE · texte numérisé non relu

PARIS IMPRIMERIE NATIONALE

MDCCCCU

(EKCAP)

INTRODUCTION

ORIGINES DU PRESENT OUVRAGE. — DES PROGRÈS DE 11 PHOTOGRAVURE. DOCl HBNTS

INIQUES VULGARISÉS ET MIS À L'ABRI DE LA DESTRUCTION. LES PLANS DE L'HOTEL

DES MENUS-PLAISIRS À VERSAILLES ET DE LA SALLE DU MINBGE À PARIS. — L'ARCHITECTE

PARIS, SA VIE ET SON OEUVRR. LA BIBLIOTHEQUE PARIS À BESANÇON. - PREUVES

DE L'ATTRIBUTION FAITE À PARIS DES PLANS CONSERVES AUX ARCHIVES NATIONALES.

Les immenses progrès réalises depuis quelques aimées dans l'art de ici photogravure permettent maintenant de mettre, par le plus sur moyen, à l'abri d'une destruction totale les pièces uniques et les précieux d<vcuments de nos archives et de nos bibliothèques. La science historiques, d'autre part, grand profit à répandre celte méthode, puisque la dispersion même qui, par les fac-nmile, assure l'existence d'un texte manuscrit, d'un plan ou d'un dessin, est celle aussi qui fournit aux curieux et aux savants de tous les pays des outils de travail d'uu prix tout particulier. Le présent ouvrage est né de cette double préoccupation.

Nous avions remarqué et souvent utilisé deux plans manuscrits coloriés, conservés aux Archives nationales l'un de l'hôtel des Menus- Plaisirs, à Versailles, l'autre delà salle dite du Manège, h Paris; ces plans montrent les dispositions faites dans ces deux édifices pour les séances des Etats généraux et de l'Assemblée nationale, et nous avions dès lors attribué ces plans au célèbre architecte Pierre-Adrien Paris qui avait été chargé, dès la première Assemblée de notables, de diriger les travaux de ce genre; nos recherches dans les papiers de Paris ont précisé de la manière la plus formelle, comme nous le verrons plus loin, cette attribution première. L'intérêt subsiste encore, quant à la salle du Manège, même lorsque les dispositions du début ont disparu, puisque le plan décrit exactement non seulement la salle, mais les abords et les entours de l'édifice où siégèrent successivement la Constituante, la Législative et la Convention jusqu'au 9 mai 1 79.3. Dans une lettre datée du 5 mars t 895.

" AU» enté N\ Sri ne. 87. — Y-tir m iloux v\»m ci-aprè*. p. ■»'> H 164.

nfi. »r.» toirici». — 1. >

INTRODUCTION

nous signalions res plans à M. le président du Conseil municipal de Paris et nous demandions eu conséquence qu'ils fussent, pour sûreté, reproduits par la photographie ou par la photogravure, si In Conseil jugeait à propos d'y joindre une nolirc. Nos vues furent agréées el M. Lampué présenta le 27 février 1896.au nom de la /»e Commission, un Rapport que nous croyons devoir donner ici in extenso parce qu'il indique les décisions prises el parce qu'il forme comme un plan de la publication dont ce premier volume est le commencement.

Mtssltl «s.

Votre .T Commission :" 111';» chargé de vous présenter une élude sur In pétition <|iii a •'•té adressée au Conseil municipal par M. Brette, membre du Comité directeur de la Soriété do l'histoire de la Révolution, au mois île mars iHip.

Dans cette pétition, M. Brette signale l'existence, aux Archives nationales, d'un plan de la salle dite du Mmfge, de l'architecte Paris"1, dans laquelle siégèrent la Constituante (du i| novembre i ^Hij à la lin de la session) , la Législative et la Convention à son début , et il propose au Conseil municipal de faire reproduire par la photographie ou la photogravure les dessins du célèbre architecte, s'engageant de son coté h écrire une notice sur la construction, la distribution et les affectations successives de la salle du Manège, ainsi nue de l'hâtel des Menus, où siégèrent les Etals généraux et l'Assemblée nationale, de mai à octobre 1781».

La première pensée qui vient à l'esprit à ce sujet, c'est que tous ces plans, de même que bien d'autres dessins intéressants pour l'histoire de la Révolution et celle de Paris, doivent exister dans les bibliothèques et collections publiques et que, sans aucun doute, notre superbe Musée des collections historiques de la ville de Paris possède les plans, façades et vues de tous les édifices dans lesquels se sont préparés, ont été arrêtés on discutés les grands événements politiques pendant la période révolutionnaire. Ce serait une erreur grave.

Il n'existe, ni dans les bibliothèques publiques, ni au musée Carnavalet, aucun ouvrage spécialement consacré à la reproduction des documents dont nous venons de parler.

On trouve bien dans ces établissements quelques plans et vues des édifices occupés par

1 « La 4* Coiiiniitwiou { Hturiffnrmrnt — ttrau.i ■ Art, ) est composée (le MM. Cevinnd, priùinl ; Hallnl, ricr-prctidrnl ; $e<-rrloire ; Pierre

Randin, Reliait, IHoixleau. BlunJd. Adolpta Chérinux. Clairin, l).i£iiilb<Ml-Pujnl, 1-aiupin1. M:nwmlaii, Alfred Moream, Pioio, Piperoud, Vorbe. \Vel«r.MNoledurt«n»«rt.)

'■' •ParMtPierre-Ailrien'l.iu'àHesaoçnnen 17'!" et moii dan» celte ville en i8nj. De 177."! 0

1 ~HK. Pari» conslniisil à P»ri», nie Sainl-Honoré. l'hôtel de Chasienoii; 4 Bourses. l'Hôtel de mendicité ; à Vcufehllel (Suisse). l'Ilote! de Mlle, .-I contiuiia l'exécution des tour* de la cathédrale d'Orléans. Il dirùrea la décoration des fêles de Ye>sailkn, de Mark et de Trianuu el la décoration de l'Opéra . ainsi une de l'installation de l'Assemblée des notables dans l'hôtel de» MennvPlaisics. à Vec*ailleii. « I Vote ilu Hafjnrl. )

INTHODICTION.

in

les diverses assemblées, mais il faut les chercher péniblement dans des albums nu des carions Irt-s nombreux, au milieu de documents d'un intérêt tirs secondaire.

■Nous n'insisterons pas longuement sur le service qu'on rendrait aux savants, aux historiens et à tous ceux qu'intéresse l'histoire de In Révolution , si ou les mettait à même de consulter des documents indiquant la distribution et l'aménagement des édifices occupes par les assemblées nationales de la dévolution.

I^ lecture de ces plans permettrait de se rendre compte de la conliguralion et de l'importance des locaux occupés par les diverses assemblées.

Il n'est pas rare de voir, surtout dans les temps agités, la disposition des locaux où se déroulent de graves événements exercer une influence décisive et souvent inattendue sur la marche et le résultat de ces événements. Chaque fois que se sont produilrs des circonstances de ce genre, il y aurait un grand avantage, au point de vue de la précision historique, à éclairrir par des plans rigoureusement exacts l'exposé des faits rapportés par les contemporains.

On sait quel intérêt prend le lecteur à la description des monuments, des hôtels ou des maisons dans les romans, dramatiques ou autres.

Il suit l'auteur où celui-ci le conduit, il reconstitue dans son esprit le baliinrr.t dérril. se représente la distribution et la décoration. Tout cela, évidemment, est traduit bien différemment par chaque lecteur, selon ses connaissances, ses goûts, son éducation, mais il n'en est pas moins vrai qu'on lui prépre le cadre dans lequel se meuvent les personnages historiques ou imaginaires mis en scène par l'auteur.

Ces descriptions, parfois charmantes, des anciens hôtels, palais, monuments historiques, sont rarement exactes; le lecteur ne peut guère contrôler les assertions de l'auteur, beaucoup les croient vraies, et il leur reste une idée fausse ou inexacte sur le style, la valeur artistique ou historique du bâtiment décrit.

Dans cet ordre d'idées, on doit reconnaître qu'il serait désirable qu'à coté des ouvrages écrits sur In Révolution, le lecteur puisse consulter les plans et dessins des édifices occupés par les diverses assemblées, depuis l'ouverture des Etats généraux jusqu'au Consulat.

Knfin ce serait un moyen pour la ville de Paris d'assurer la conservation de documents précieux , qui tendent à disparaître.

On le voit, la tache est séduisante et le Conseil approuvera sans doute la proposition de la Commission, qui estime qu'il convient d'essayer de grouper tous les documents dont l'existence est connue ou signalée, ainsi que ceux que l'on pourrait recueillir, pendant la publication de l'ouvrage, sur les édilices de Versailles ou de Paris rentrant dans le cadre tracé.

Kn résumé, un omrage conçu cl préparé comme il est dit ri-dessus pourrait être un document précieux pur les historiens et intéresser un nombreux public, \ussi pensons-nous que la pétition de M. Brelle mérite d'être prise en très grande considération ; nous voudrions, même l'étendre et lui donner le plus de développement possible : celte nnivre sera d'ailleurs forcément limitée parle nombre, malheureusement trop restreint, des dessins qui pourront être retrouvés.

Muant au plan signalé par M. Brelte et qui existe aux Archives nationales, où il est conservé sous la cote N\ u* H7, il est admirablement dessiné ainsi que les planches super-

iv INTRODUCTION.

posées faisant connaître In distribution (1rs étages intermédiaires, et, rommc l'indique M. Brotle, il n'est pas douteux que ces plans soient IVruvrc du célèbre architecte Paris.

Km effet, les dessins de l'bôtci des Menus, à Versailles, dont Paris fut l'architecte, sont joints à ceux de la sidle du Manège. Tous ces plaDS, présentés avec le plus grand art, oui certainement été dessinés par la même main, les teintes on couleur des coupes sont les mêmes et l'écriture est identique dans tous les dessins.

Il existe également aux Archives nationales, rommc l'indique M. Brelle. dans le carton coté C. 1 33, un très grand nombre de pièces provenant des commissaires de la salle et en particulier de (iuillotin, qui pourraient être utilisées dans l'ouvrage proposé.

A la Bibliothèque nationale existent aussi des documenta de même nature dont il sera utile de donner une reproduction.

Il n'était pas en notre pouvoir de faire toutes les recherches nécessaires pour arriver à découvrir les dessins pouvant entrer dans notre cadre — • découvrir est bien le mot, rar il n'existe pas de catalogue et les recherches sont très longues.

Nous avons pu cependant, grâce aux obligeantes indications de M. Brette, trouver dans divers ouvrages des dessins de l'Archevêché, de l'église cl du couvent des Feuillants, etc.

Dès a présent, il est permis d'entrevoir la possibilité de retrouver, puis de grouper dans un seul ouvrage tous les éléments nécessaires.

Mais une pareille entreprise serait au-dessus des forces de l'initiative privée ; aussi semble- t-il, étant donné le caractère d'intérêt général qu'elle revêt, que la ville de Paris devrait en prendre la direction.

L'Administration municipale possède déjà îles moyens d'information que l'on ne retrouverait pas aisément ailleurs: elle a constitué une Commission chargée de publier des ouvrages sur la dévolution française, et c'est surtout aux membres de cette Commission que l'on devra s'adresser, notamment à MM. Sigismond Lacroix, Monin, Augustin Chalamel. Chassin, Kobiquet, etc.

M. Aulard nous a promis le pré-jeu v concours de sa science de la Révolution ; la collaboration de M. Breltc nous est assurée.

Sans vouloir préjuger ici les dispositions qui seront prises pour la composition de cet ouvrage et des renseignements ou documenta qui pourront y être joints, on peut essayer d'en tracer dès à présent le plan ci-dessous.

VEB8AILI.ES.

i' Plan d'ensemble d'une partie de la ville, indiquant remplacement du Jeu de paume, île l'hôtel des Menus, etc.:

•i" Plan, avec indication de l'aménagement, de I'h6tel des Meiu-s, pour la réunion des Etats généraux ( Archives nationales);

.'I" Plan, avec indication de l'aménagement, de l'hôtel des Menu», pour les séances de la Constituante ( Archives nationales):

V Plan des étapes intermédiaires de l'hôtel des Menus;

Coupe Ri façade du côté de l'entrée (portique) de l'hôtel des Menus:

G" Vues, dessins et gravures de l'intérieur de la salle.

[>TRODLîCTION.

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