PARIS
7" Plan d'ensemble d'une partie de la ville, indiquant l'emplacement de la salle du Manège, les Tuileries, la Terrasse et le couvent des Feuillants, etc.;
8* Plan, avec indication de l'aménagement, de l'Archevêché", dan» lequel siégea la Constituante, dès son retour à Pari» (éléments a la Hibliothèque nationale);
o" Vues diverses de l'Archevêché (Bibliothèque nationale) ;
10° Plan de la salle dite du .bW#r. dans laquelle ont siégé la Constituante, la législative et la Convention (Archives nationales);
1 1* Plan de la salle des Machines, pour la lin de la Convention;
i a" Coupes et vues intérieures (pendant les séances) ;
l 'i' Plan de la salle des Anciens;
i \° Coupes et vues intérieures (pendant les séances);
ii>" Plan de l'église et du couvent des FeuillanU, du club des Jacobins, du club des Cordelière.
A ces plans pourraient être joints tous autres documents relatifs aux bâtiments occupés par les séances du Conseil général de la commune de Paris, du Comité de salut public et des clubs les plus important».
Si le Conseil approuve les conclusions qui lui sont présentées, il conviendrait également de voter dès a présent un crédit de 1,000 francs pour faire exécuter la copie des plans qui existent aux Archives nationales ; ce travail pourrait être commencé tout de suite.
Il est indispensable de faire ces copies, car on ne pourrait photographier les dessins de Paris qui sont réunis dans un album.
Tous les travaux de photographie et de typographie seraient faits par l'école Estienne.
Enfin, en raison de la grande valeur intrinsèque et historique des dessins de Paris, il pourrait être utile de conserver le» copies et de les exposer dans le Musée de la Ville, à coté des collections variées et intéressantes sur la période révolutionnaire que possède déjà cet établissement.
Paris, le 37 février i8ut>.
U rapporteur, LAMPliÉ.
Le Conseil municipal, par délibération du k mars 1896, acceptait les conclusions du rapport et permettait, par une ouverture de 'crédit, de commencer les premiers travaux.
Telle est donc l'origine de cette Histoire des édifice» ou siégèrent les assemblées parlementaires de la Révolution ; nous nous sommes appliqué à suivre fidèlement le plan de travail qui nous était indiqué dans le rapport de M. Lampué. Mais avant d'eu venir aux indications générales sur l'ensemble de notre entreprise, avant même de parler des Etats qui
,i INTHODtCTIOY
précédèrent les Assemblée* parlementaires , dos Édifices qui devront suecessivement nous occuper, avant même de dire la méthode suivie, il faut nous arrêter au nom déjà cité, relui de Parchilecle Paris, el faire connaître, avec la biographie d'un artiste remarquable, les recherches qui nous ont conduit à lui attribuer avec certitude les deux plans que nous reproduisons.
Les renseignements ies plus authentiques et les plus complets sur la vie et sur l'œuvre de Paris ont été réunis, par le savant et regretté bibliothécaire de Besançon, M. A. Caslan ' , dans une nolice intitulée: Autobiographie de l'architecte Pierre- Adrien Paris, dessinateur du cabinet de Louis XVI, et communiquée à la Réunion des wt'étés des beaiu--arl* des département* de i 885 Voici les parties essentielles de celte Aulohwgraphie :
Kn composant dernièrement pour {'ItwnUattr de* rkheste* d'art de la France uni* Mtmqffrupaie de la bibliothèque publique de Betançon , j'ai eu l'occasion de décrire les beaux recueils de dessins légués à cet établissement, en 1819, par l'architecte Pierre-Adrien Paris. L'un de ces recueils, qui n'est pas le moin.*> précieux , se compose de u. volumes du formai in-folio :<l et renferme les Étude* d'architecture faites en France et en Italie, de 1 760, à t H 1 -, par un artiste ipii fut l'émule el l'ami des Fragoniird, de* Hubert Roltert el des Mureau.
Plusieurs de ces volumes sont précédés de tables entièrement écrites par l'auteur des dessins et enrichies par lui d'intéressantes digressions. Dans plusieurs volumes imprimés qui ont fait partie de son cabinet, l'architecte Paris a placé des notes qui expliquent les motifs de sa conduite en diverses circonstance où il eut à peser «les convictions et d--s intérêts dans la balance de sa droite conscience. Il m'a paru qu'en recueillant ces notes, en les classant chronologiquement el en les rattachant les unes aux autres par des ligatures empruntées aux annalistes contemporains, je formerais une sorte d'autobiographie de l'architecte Paris, ce qui me permettrait de contribuer à faire apprécier les talents et surtout à faire honorer le caractère du plus généreusement délicat de* bienfaiteurs de Ih ville de Besançon.
M. CaBlan fait remarquer ensuite que Paris «a été l'objet d'une notice importante ;v écrite par mon prédécesseur Charles Weiss, mais le savatil
xraibre i833. Ou trouvera IVnauiénitioa'dr ses iiwnbrenx ouvraje* «Uns une nolice oui lui idI commerce dans la Grande Encyclopédie , t. IX ,
1,1 Cf. M'uàttht de llattruetiau pmMiquc rl itr» beaux-art.. Revue de. Société, de* beavr-art* de,
dépmem-nt* en iHSS. Psrin. i*8.r», iii-8". Bil.1. nul.. Lc'73oi.
1 '■■ Ce» volumes tlffurenl »u GaiaS»»*e Parit ( wilr 1.1 noie suivante) «uns le n* »68, p. Sa.
" Cf. Notice nr V. Parit. 3« p. ii>S\ exlraile «le l'iiuvrage intitulé : t'MUilogwt de U libtiotkèaae de V. Pari, , architecte el demaaleur de la (Mambrc
[.NTKODIICTION.
ni
biographe n'a pas toujours indiqué rigoureusement Tordre chronologique des fonctions remplies et des travaux poursuivis par l'architecte Paris*?; il a cru devoir, par suite, en donner une «nomenclature précise*. Voici celte «modeste préface» :
Paris (Pierre- Adrien), né à Besançon, le 99 octobre 1 7>'i.r», avait été initié" dès l'enfance aux principes de l'architecture par son père, Pierre-François Paris, intendant des travaux publics de la principauté des évéques de Bftle. Envoyé à Paris vers l'âge de quinze ans, il v Ht de fortes études, sous la direction de Louis-François Trouard et obtint une place de pensionnaire de l'Académie de France à Rome, en 1769. Revenu à Paris au mois de novembre 177A, il se fil connaître comme dessinateur en collaborant aux recueils de vue» d'Italie que préparait l'abbé Richard de Saint-Non. Son talent d'architecte fut mis en évidence par la décoration du bel hôtel que possédait à Paris, sur la pince Louis XV, le duc d'Auniont, premier gentilhomme de la Chambre du roi. Ce grand seigneur le prit en amitié ••t lui obtint . en 1778,1a succession de Challo "dans la place de dessinateur du Cabinet de Louis XVL 11 ne tarda pas à cumuler celle fonction avec celle d'architecte des Économats, fin 1 780 , il remplaça Soulflot comme membre de l'Académie d'architecture. Doux ans après il était envoyé à Orléans pour donner le plan des deux tours qui devaient compléter le portail de la cathédrale de cette ville. De 1 date son second voyage d'Italie, principali-inent entrepris pour enrichir de dessins t pleins d'esprit et d'imagination t la description d>-s royaumes de >aples et de Sicile de son ami l'abbé de Saint-Non. A son retour, en 1 784, il fut nommé architecte des Menus, ce qui lui donnait la direction du mobilier de l'Opéra et l'instituait le créateur des décors de tout nouvel ouvrage accepté pour cette scène célèbre. Il s'occupait, sous les auspices du roi Louis XVI, qui était |4us son ami que son maître, d'un projet de reconstruction du palais de Versailles, quand les préliminaires de la Révolution française l'obligèrent à organiser des locaux pour l'Assemblée des notables I1787 et 1788), pour celle des Etats (généraux (1789) et pour l'Assemblée législative (170,1). Ayant réussi, non sans péril, à sortir de Paris en 170,3, il se réfugia d'abord à Vaticlusolte, dans les montagnes du Doubs, où il possédait un petit domaine, puis accepta l'asile que lui offrait, à Colmoulins, près du Havre, dans un château dont il avait dirigé la construction, l'anglais Stanislas Foache. Il passa treize années dans la famille de cet ami, occupé à classer ses dessins, que, dès lors, il destinait à sa ville natale. La perte «d'une personne incomparable «, membre de la famille dont il était l'hole bien-aimé , lui fit reprendre, pour la troisième fois, en 1806, le chemin de l'Italie. Le peintre Suvée, directeur de l'Académie de France, étant venu à mourir, le <j février 1807, Paris fut prié d'accepter sa succession, mais on ne put vaincre la résolution qu'il avait prise de n'occuper aucun emploi public; il consentit seulement à être pendant huit mois directeur intérimaire, à la condition expresse de ne toucher aucun émolument. Un autre mandat lui fut ensuite imposé par legouvernement de Napoléon I". Il s'agissait de procéder à l'enlèvement des antiques de la
tl» roi , chettJirr à» ton ordrt , «nu» At la dtAcriptiofi lit «M txbiai-t, imprime par mrlrt dm (loateil wumicifMl. Ile*an.nn. 18*1, in- 8', >in- i.">6 p., nv«-
7 planches gravées au Irait. (Bihl. nat.. Inv. 0. UwWMfcl»Miir Omlle (1718-1778).
vin INTRODUCTION.
villa Borghése, collection achetée par la France pour l« musée du Louvre. Devenu en quelque sorle citoyen de Rome, il provoqua el eut mission de diriger en 1811 les nouvelles fouilles que les antiquaires désiraient voir entreprendre dans les substructions du Cotisée; il recueillit ainsi les éléments d'une monographie du géant des amphithéâtres. Il quitta Rome en 1817, après y avoir fait un dernier séjour de onze années, ramenant dans sa ville natale les premières collections qu'il jugeait propres à éveiller le goût des arts parmi les Bisontins. Il mourut en accomplissant cette généreuse pensée, le 1" août
Paris a raconté lui-même quelques particularités de sa vie; ce récit, daté «d'Escures, près de Montivilliers, le 2.3 mai 1 8o5 *, se trouve dans l'épilogue de la table du volume des Études d'architecture qui est intitulé Détails. M. Castan l'a publié en entier. Voici les parties qui intéressent spécialement notre sujet.
Le sort m'a refusé, écrit Paris, de faire moi-même l'emploi des précieux matériaux que j'avais rassemblés. Parvenu à l'époque de la vie où les talents ont acquis leur maturité par l'expérience, pourvu de places honorables, membre de l'Académie depuis bien des années, enfin anobli par mon auguste maître et nommé par lui chevalier de son ordre, je devais me flatter de ne pas manquer d'occasions brillantes pour justifier la confiance et la considération dont on m'avait honoré, lorsque la Révolution est venue détruire mes espérances et faire un devoir à ma délicatesse d'abandonner mon état.
Toutes les cérémonies étant du ressort de la place que j'occupais dans la maison du roi, je me suis trouvé, sans l'avoir cherché, l'architecte des États généraux et des Assemblées nationales qui s'y sont substituées, et cela a duré jusqu'à la captivité de mon malheureux maître, à qui il n'a manqué que de l'énergie pour être le meilleur des rois, comme il était le plus excellent des hommes. Attaché à sa personne par reconnaissance, par respect .•! par inclination, autant que par le lied sacré de mes serments, ma conscience ne pouvait me permettre de continuer à servir ses ennemis. Quoiqu'il me restât la moitié des places dont j avilis été revêtu et que leur revenu annuel s'élevât encore à prés de 1 a, 000 livres, je me retirai sous le prétexte de ma mauvaise santé, el, malgré les sollicitations du Comité l'inspection de la (Convention nationale, qui envoya un courrier après moi pour me rappeler (en fait peut être certifié par plusieurs personnes el entre autres par M. Muraire, aujourd'hui président du Tribunal de cassation), j'allai fixer ma demeure sur un bien que j'avais acquis récemment, vraie solitude dans les montagnes de la Francho-Cointé, où j'espérais végéter jusqu'à ce que le retour de l'ordre eut mis un terme aux maux qui affligraient ma malheureuse patrie.
La suite de cette Autobiographie est consacrée au récit d'événements qui ont été résumés dans la note précédente de M. Castan ; nous jugeons inutile, par suite, de la reproduire.
INTUODl CTION.
Nous aurons peu de chose à ajouter aux «Mails donnés par M. A. C.istan sur la vie de Paris. Sa biographie sommaire se trouve d'ailleurs dans un grand nombre d'ouvrages W. La Biographie Mithaud nous donne quelques renseignements complémentaires : " Après la mort du Roi, y lit-on, il accepta un asile que l'amitié lui offrait au château de Colmoulins, près du Havre, et, pour ne point gêner ses hôtes, il s'établit dans un colombier, au fond des jardins, où il passa dix ans, ne cherchant et ne trouvant de distraction^ sa juste douleur que dans la culture des lettres et l'étude de l'histoire naturelle qui avait été l'un des gouls dominant* de sa jeunesse. . . Ses restes furent déposés, suivant son iutention, dans le cimetière du village de Saint-Ferjeux, sous une modeste colonne qui porte l'épitaphe qu'il s'était composée. . . v, etc. Un historien et antiquaire qui a laissé d'intéressants travaux, Seroux d'Agincourt 3 . séjourna longtemps à Rome avec Paris; tous les biographes notent, sur les travaux de notre architecte, l'influence de l'ami et du savant. D'après YAhmnach royal de 1792, Paris était, depuis 1780, «membre, au titre de la seconde classe, de l'Académie royale d'architecture, fondée en 1671 n. Il était depuis longtemps attaché comme dessinateur au service des Menus-Plaisirs du roi; il avait, à ce titre, sa demeure à l'hôtel des Menus-Plaisirs, rue Bergère, 18, à Paris1.
i > Cf. : Lmcr, fl.rtiMuiairf.fo. arekiltettt fraapi, , Paris. 1873 , 9 vol. in-8*. Bibl. uni.. Lii"/.«8; U Grande EnryekpMit ; la liiograpkie Didot, etc.
(1) Jean-RBptisuvLouis-tieorges Seroux d'Agiiiconii. uék Beauvais le 5 avril .730. mort* Rom.' le •)'. septembre 181 4, est surtout connu par son Histoire de l'art par Ut moaitmenM défait ta décadente au r' tOelt jv*'i*'à ma renouvellement au rr' tiède , ouvrage dont la publication ne fut achever qn'après lu mort de l'auteur. Pari». i8io-i8i3. 3 vn!. in-folio, avec 3io planches.
l" Voir ci-après, p. 97. noie 3 , quelques di'lnils sur l'ancien LAlel de» Meuun-Plaiairs . a Pari»: l'entrée principale se trouvait a pen près exactement an point île jonction actuel Hea rue» Bergère et du Conservatoire. Une autre entrée te trouvait rue Sainte- Anne (me actuelle du Faubourg-Poissonnière). A VAImmach rouai de 179», Paris est ainsidé.igné : »l>cssinate«r ordinaire de la Chambre et r I ia Cabinetdu roi. nie Poissonnière, nui Menus- Plai»ir»i. (p. 4S8). I.1-17 mai 170, V le (>>niiM île
ui«t. u«* (i»irice«. — 1.
salul public arrêta »que la maisoD nationale ridevant appelle Ut Mena», située nie Berbère, servira pour l'Institut national de musique établi par les décrets de la Convention nationale, F.e Comité îles domaine* nationaux pourvoira a ce que la section du faubourg Montmartre puissu a'eïablir, avec *'« comité*, dans une autre maison nntionale. I.'luslitot national de rausiirue ne pourra iMre établi h In rue Bergère qu'après que tous les meuble* et effets nationaux qui y sont déport auront été transportés aillears et que la section du faubourg Montmartre se «oit établie dans une autre maison nationales. ( ietn du Comité de talul publie, Recueil Aii.ua, t. XIII. p. 571.) On trouvera de* détail» Ire» complet» sur le* locaux occu|ie's actuellement en partie par le Conservatoire dans l'excellent ouvrage que M. Constant Puait vient de publier sou* le titre de : Le Omttrtatoire national de mutùfue et d- déclamation. Decumen's nhtwifvet et admin'Uratifi. (Pari*. Impr. nal. . io/>o, in- 4'.) En préparation |Mir le mi'ine auteur : L'IIM de* Menât
ivritomcTiov
Paris continua, auprès «le ia Constituante et de la Législative, les travaux (|u'il avait commencés avec la première Assemblée de notables" . On voit, au compte rendu de la séance du 3o septembre 1791, que " M. Camus a appelé l'a lient ion de l'Assemblée sur le désintéressement avec letpiel M. Paris, architecte de l'Assemblée, a fait les travaux qui le regardaient. H a demandé qu'en en faisant mention au procès-verbal , on lui donnât une indemnité de 8,000 livres. Cette proposition est adoptée <>
Paris était un travailleur acharné. Il avait étendu, comme on peut le voir dans la notice que Quérard^1 lui a consacrée, la curiosité de son esprit au delà des limites de son art proprement dit. C'est ainsi qu'a été formée, par un artiste érudit et curieux, la riche bibliothèque qu'il a léguée à la ville de Besançon, en y adjoignant tous ses papiers, plans, cartons, dessins, etc. Cette collection est considérable; elle a été décrite dans un ouvnuje publié deux ans après la mort de Paris, sous le titre de: Catalogue de la Bibliothèque de M. Pari* M. Castan en a dressé, d'autre part, un Catalogue descriptif, qui a été publié dans {' Inventaire des richesses d'art de ta France ''
Pltimrt el te» : le < 'ototrrtitoire , Ire maifa-
sin« de l'Opéra, iltmofrraphie architecturale premier d'une notice tur le quartier Poiuoaniire.
Nouenou* occupons particulièrement deretle |iarli? rire travaux <le Paris ci-après, p. i3 et suiv.
'■' Camus (Armand-Gaston), ancien avocat au Parlement, député du liera Hat do Paris intra- ■nvnw ; nommé archiviste de l'Assemblée nationale le i4 août 1789 ( voir p. 81, note t ).
1,1 Compte rendo dn Journal det Débatt. Dans l« papiers du Comité dn inspecteurs de la salle dr la Léfri<lalive on voit , a la date dn 1 4 août 170-', une division ainsi conçue : -Un membre a observé <]ue le sieur Pu ris avait (ail constamment le service d'architecte de rAsseinblee nationale: que les travaux qu'D avait ordonnes et surveillés s «levaient à la somme de 1 4 1. Ï76 livre* jusqu'au moi» d'avnl 17911: qu'il était d'usage d'accoivler aux architectes le vingtième du montant des travaux, etc. ». La somme adjugée à Pari* cet lixée ii 7.o63 livres it> ». Paris réclama, en août 179». tioo liv. -pour le quartier de juillet 179a»; mie décision du même Comité , du i 1 septembre 1 7;»-» , lui alloue 1 ,»«a livres 1 4 s. 4 d. Paris quitta immé-
diatement, après ce règlement de comptas, le sh vice de l'Assemblai nationale.
'•> -On a de lui des traductions, sou* le voile d • l'anonyme, des deux ouvrages suivants : V Agriculture de» aneient, traduit de l'anglais de Dickson (1801. a vol. in-8", lie;.) et 1 Agriculture pratique dn diffémtet partie* de l Angleterre, traduil de la même langue, de Marshall (i8o3, S vol. in-8' el allas). P.- A. Paris a laissé un Examen de, édifeet antiquet de Rome tmu le rapport dr l'art. in-fol. , de. , avec planches. L'auteur avait ndrvsvce manu* rit* M. Normand, graveur, avec lequel il avait traite* pour la |Hibliealion a des condition* que M. Normand ne s'est pas cru obligé de remplir, de sorte qu'il a renvoyé le manuscrit an\ héritiers. Il a aussi laissé en manuscrit «les tradnetions des OI>*ervatiùiu tur le Véture, par W. Hamillon: du Traité de la sobriété, par Cornaro: du Voyage au ,\ord de t Angleterre, par Arthur Voonj; . et des Lettret écrite! de HarUne. par Jardin. »(Fiwr littéraire. )
'*' Voir ci-dessus, p. vi. note 4.
'•: Pronnec;m<mumenL eiriL. t. 11. (Bibl. nal.. iu-4*. V, iS'19. )
INTHOIH CTIOV m
Dans celle masse de papiers de toule sorte se rencontrent, mélangés, confondus, des documents très intéressants aussi bien sur les travaux d'art do Paris que sur sa vie même. Il faut signaler, dans ce dernier ordre, un singulier registre de * Comptes de ménager; l'auteur avait l'ait à Besançon un court séjour, en avril i 7 9 3 ; ses frais de voyage, de logement, de nourriture sont là minutieusement indiques; puis ces comptes s'interrompent et ne sont repris qu'en t 8o5.
La plupart des registres ou des dossiers sont cependant d'un intérêt plus général. Tel est le dossier intitulé : * Salle des Notables. Versailles». Il contient six pièces; ce sont des répétitions des plans joints aux Procès-verbaiu- des assemblées de notables de 1 787 et de 1 788 "'. Le nom de leur auteur se trouve ainsi identifié sans qu'aucun doute puisse demeurer, puisque ces répétitions portent des annotations de la main de Paris.
Un ^Journal relatif aux Menus-Plaisirs du roi, commencé le 1" juillet 1779", permettrait de reconstituer quelques détails de l'histoire du théâtre et de la Cour à cette époque. Le 26 novembre 1779, par exemple, Paris note dans ce Journal: «Je suis retourné à Versailles où j'ai resté jusqu'au «9 au soir. La reine a été contente de sa salle de bal j| et m'a fait beaucoup de compliments. M. de Duras13 a été aussi fort satisfait. On a donné, le 29 , la pièce de Sedaine (Aucamn) * , et elle n'a pas eu grand succès. M. le duc de Villequier a fixé ma place dans l'orchestre » , etc. Ce Journal, interrompu depuis 1783, reprend plus loin sous le titre de : Mémoires pour POpéra réglé (xic) eu Jjyo. Paris, comme nous l avons vu, avait dans son service les décors de l'Opéra; ces Mémoire» concernent les opéras de Tarare, Louis IX, Antigone, Psyché, Cora, Corisandre, Jocasie, etc.
Un autre volume manuscrit porte ce litre: "Inventaire général des
•'• Ces pluns sont reproduits ci-après, p. il et première fois drvaut Leurs Majestés ù Versailles, aô, fijj. H et 9. le ,1o décembre 1771J. par le» comédien* italien»
Le» plans de celle Balle <le bal sont joinlH «u ui-dinaires «lu lui. et à Paris le 3 janvier 1780 H
reprise le 7 janvier 1781. Le drtuiie eut «le M. Sc-
t*' Le duc île I)nnt5 était alors premier gentil- daine, la musique de Gre*try. Paris. 1784, infl'.
homme de la chambre en année. Voir p. 18 , noie 3. Cette pièce avait 4 arle* avant sa rétturlion , et c'est
' • tirotuM ei Mroittit ou U* uururt du Av« ainsi ipion l'a iru i inée en 1780, «>u* le litre
remise en 3 actes et en vers. de : .Imovn du Imh eim trmpê . » (Qi r.atsu, Fruutt
ne, représentée pour la littéraire, I. I\, p. 10.)
xn INTRODUCTION
dé
écora lions de théâtre et accessoires existant dans les différents magasins des Menus-Plaisirs du roi, le 1er janvier 1780*.
Un dossier particulièrement intéressant pour nos recherches porte cette mention : *Plau d'une assemblée législative*. Paris y a joint une note de trois pages Intitulée : « Examen de la forme la plus convenable à donner à l'amphithéâtre de la salle d'assemblée des législatures *. Ce plan se rattache de toute évidence aux nombreux projets élaborés de 1791 et 179a pour riustallatiou définitive des Assemblées nationales dans un palais de leur nom.
"On observera d'abord, écrit Paris, que le nombre de 7 k 7 députés" , qui semble devoir être celui des législatures ordinaires, peut, dans certaines circonstances, être susceptible d'augmentation, mais il faut que la nouvelle salle puisse, au besoin, contenir une assemblée constituante ou nationale; il ne parait pas cependant que cette assemblée doive jamais être portée à 1,200 membres; ce nombre a été un résultat de l'ancien ordre de choses, c'est-à-dire de la division des trois ordres et du nombre des bailliages, et il ne peut plus être produit par les 83 départements; si on considère le nombre des députés absents, incommodés, et surtout si l'on s'appuie sur l'expérience, on verra que jamais il ne peut y avoir même ouze cents présents. Il semble donc qu'en supposant, comme dans la salle actuelle du Manège, 1,100 places, il y en aura toujours assez dans toutes les suppositions*, etc. Paris étudie ensuite les avantages des diverses formes de salles pour les assemblées politiques : r l'hémicycle*, -le cercle*, etc.
Un groupe de f cinq billets adressés à M. Paris* se trouve au même dossier. C'est d'abord une note du marquis de Brezé. grand maître des cérémonies , -donnant avis à M. Paris*, le 19 mars 1789, "que le roi désire qu'il soit fourni aux députés fies trois ordres le bois, bougie, papier, plumes, encre*, etc.; puis une lettre du comte de Sainl-Priest 1 , ministre de la maison du roi, à M. Paris, datée du l3 octobre 1 789, -au sujet de rétablissement de la salle des séances de l'Assemblée nationale
'I C'est ciiH l<m«nl le nombre de* di'pulô il la S»in1-I*rical , Minihliv «Je In Maton «lu n>i omi
Initiative : U pièce n'est donc pat antérieure au démit, au moi» d'andi ■-',>■>. k Minium del'm-
ilruxièuiu semestre de- 1791. 'erirur ), du iqjnillpl j^Siinn 1 h ikWiiibrv 171)1).
1 Voir ei-apiv, |i. li. noie Voir notre HtcurU dt Axumtntt rrtittif* 11 In eotiiv-
' Krnnçoit-Kminaniiel •!<■ fiuigiuml, eomle de talion lit* haU généraux , I. I. |». il.'.;.
INTRODUCTION
dans le manège des Tuileries»; il e recoin mande toute la célérité possible «t. Daus une seconde noie datée du jq mai 1790, le marquis de
Lettre uutogrupli» Av l'iirrhiterle Piri» ooiis*née »ui trrliitr» n*lioiwlo (corton coté 0. \'.\.\).
Brezé réclame à Paris »? un plan de l'Assemblée nationale de Versailles qu'il lui a remis il y a quatre ou cinq mois*; rM. de Brezé esl presque lâché contre M. Paris de ce que depuis aussi longtemps il n'a pas eu le
ut INTROIHCTIOY
plaisir de le voir». Les autres billets sont du marquis de Çouy d'Arsy 1 et sont relatifs à l'installation de l'Assemblée nationale à Paris; ils Gxenl divers rendez-vous.
L«'S pièces les plus importantes , rependant , pour le pian de notre ouvrage sont ainsi décrites au Catalogue de la Bibliothèque Paris : <* Plans, coupes et détails des salles des Étals à Versailles et a Paris, 8 feuilles; élévation, coupe et détails de la salle des Notables et de la salle des États généraux à Versailles, G pièces* (p. 67, n° 288 du Catalogue); et : <t coupes et détails de l'amphithéâtre de la salle des États généraux à Versailles t» ; r> salle des États généraux à Versailles pour la séance royale* (p. Y6, n" 166 du Catalogue Ces diverses indications nous avaient permis d'attribuer à Paris les plans conservés aux Archives nationales; les lettres échangées avec M. A. Castan avaient confirmé nos prévisions. Lorsque nous avons eu les épreuves en héliogravure de res plans, nous avons tenu cependant, pour surcroît de sûreté, à les comparer avec les pièces authentiques de notre architecte et, grâce à l'obligeant savoir du successeur de M. A. Castau, M. M. Poêle, conservateur de la Bihliohèque publique de Besançon, ce travail de comparaison a pu être aisément exécuté. Nous avons, en effet, retrouvé, dans les dossiers numérotés 166 et 288, au Catalogue de la Bibliothèque Paria, les doubles des plans des Archives nationales avec des notes manuscrites de Paris, dont l'écriture nous était connue Ces doubles ne portent pas la marque d'achèvement et de perfection des exemplaires conservés aux Archives nationales; les indications manuscrites, titre, explications, etc., n'y figurent pas; pour les plans de la salle du Manège, ce ne sont que des fragments. Mais, après cet examen et ce rapprochement, nous pouvons l'affirmer, aucun doute sur l'attribution faite ne peut subsister. Sur des ébauches jointes à ces plans, on relève des notes écrites en hâte; sur l'une d'elles, par exemple, relative à l'hôtel des Menus, on lit : n II y a 9 pieds 8 pouces de carreau sous les tribunes. Les tribunes contiennent trois rangs de personnes assises. Les appuis
''' Voir ci-après, p. Ko. noie ô.
Le n' 169 du Catntogv* indique un «Plan du «tntoiriat logugrepbiqoe par Guiraut, de Bor- .lenm-. Noire nom oreupon* à divers» rcpriv»
(voir ci-après, p. ■> 'i.îrt mriv.) de l'nlilrurdu !■%">-
larkigrxftit.
Voir la ivprodurtion cTunr Icltro nuUijfraplie de Paris que umt« ilotmoii» ri-conln-, p. vm.
IXTHoDt r.TlON. iv
sont garnis de tuile rouge ou verte». Suit le * détail des banquettes -, qui donne non seulement le nombre de ces banquettes, mais aussi celui des personnes qu'elles peuvent porter : «Aux deux extrémités de la salle, ih banquettes pour i5fi personnes»; les mêmes détails se répètent tdu côté de la chapelle» ' , "du coté des croisées», «dans l'arcade», etc. Le total des personnes assises pouvait être ainsi de 856. Ces indications se rapportent évidemment aux disposions adoptées pour la salle des Menus après la réunion des ordres.
Les plans que nous étudions ici — aussi bien les exemplaires achevés de> Archives nationales que les doubles de Besançon — ne portent aucune des cotes, mesures, proGIs, etc. ,qui se trouvent nécessairement sur les pièces de genre destinée à des constructeurs ; ils sont seulement descriptifs. A quelle date ont-ils été exécutés et dans quelle vue ? C'est ce qu'il est plus difficile de connaître que le nom de leur auteur. Pour les plans de l'hôtel des Menus (reproduits ci-après, p. 16), nous avons établi ( voir ci-après, p. i3-i4) qu'ils n'avaient pu être dressés avant le mois de juillet 1 789 , et nous rappellerons que la dernière séance tenue à Versailles par l'Assemblée constituante est celle du t5 octobre 1789. Pour la salle du Manège, les renseignements sont moins précis encore. Dans une longue note de Paris, que nous donnons in extenso®, on lit : «Le sieur Paris transmit aux ouvriers les ordres de MM. les commissaires [de la salle, pour le travail à faire à l'Archevêché] et ils les exécutèrent ■pendant qu'il terminait les plans de la salle qui devait être exécutée au Manège». S'agit-il là des plans que nous reproduisons? On pourrait bien sans doute admettre qu'ils furent exécutés avant que l'Assemblée ne s'installatau Manège, puisque, dans le titre même, la date de celte installation ( 1 o novembre 1789) a été laissée en blanc; mais on ne peut guère tirer quelque conclusion de ce détail , puisque le même fait se reproduit pour le plan de l'hôtel des Menus ; la date du 5 mai 1789 a été, là aussi , laissée en blanc, et nous savons que les plans sont au plus tôt de juillet 1 7 89. La légende contient bien quelques mots qui permettraient de croire qu'ils sont antérieurs au mois d'août 1 790, parce qu'à cette époque les couvents des
'' Il s'ajyit éviileinment de la t salle ou l'on di-*»il la iiilum-. 1 Voir le pion de rarchilcdr IVi> reproduit p. iC.'i
;I Note relative aux travaux faits pour l'établi*wincul de l'AwciiiMfo naliouide laut a Versaille» qu'a Paris; voir ri-après, p. 3.1, ni et 166.
iv. INTRODUCTION'.
Capucins et des Feuillants furent, en entier, mis à la disposition de l'Assemblée nationale et que la plupart des comités y furent installés*1'. Mais la seule indication certaine à donner, c'est qu'ils sont antérieurs au mois de décembre 1791, les importantes modifications apportées dans la salle du Manège, par le décret du 27 décembre 1791 ^\ ne laissant aucun rapprochement possible avec l'œuvre de Paris.
Les plans reproduits (p. i(*> et 162 ) étaient restés inédits, sauf une reproduction imparfaite et fragmentaire de la salle des Menus, donnée dans le Magasin pittoresque de 1 88 y W, et une autre reproduction fragmentaire que nous avions publiée nous-même à l'appui d'une série d'articles sur la Séance royale du a«? juin tj8g !*\ Leur reproduction, d'ailleurs, nous le devons dire, présentait de grandes diflicultés; nous tenions, en elVet, à ce que la photogravure donnât l'image absolument fidèle des originaux. Or, la forme de feuilles inégales et superposées adoptée par Paris pour mettre en évidence matérielle la superposition des étages, le classement de ces feuilles dans un atlas \ présentaient tant d'obstacles, qu'il fallait un artiste aussi habile que M. Dujardin pour mener à bien l'entreprise.
Ne quittons pas, enliu, l'architecte Paris, qui nous a longtemps retenu, sans dire que l'on conserve à Besançon deux portraits de cet artiste. «Le plus important, nous apprend M. A. Castau, qui appartient à M'"* Gauffre, veuve du petit-neveu de l'architecte, représente notre artiste à mi-corps, debout devant une table, feuilletant un album où l'on voit son plan de l'achèvement de la cathédrale d'Orléans; la villa Médicis sert de fond à ce tableau qui est signé : J.-F. Ducv. Rome, 1807. *
Le seeond poitrail a été légué au Musée de Besançon, en 187(1,
:" Il ««mit difficile, en effet, d'evpliquer, après l'installation d«s comités au Manège, la légende du plan (voir page 169) commençant ainsi : "L'étendue de» bâtiments du Manège n'avnni permis d'y placer que cinq de» hurvaui- , ele:
Nous éludions les conséquence» de ce décret ci-après, p. 316 ri suiv.
;1> Vuir a « sujet Apptniiet*. u' Xbu, p. .'5 1. 'S.
i<: f.f. la Révolution fnneaite f Revue publiée |nr la Soc. de l'Hïst. de In Ré<ol. . du 1 h juillet iH<}i.
>: Des copie» maini«-rites eu couleur ont été faites des plans rnnseï vrs aux Archives nationales . 111 conformité du vo-u «iprinié dans le Rapport de M. Umpué, que nous avons puldié ri-des»ns; « copies étaient destinées à servir pour In photogravure, attendu -qu'un ne pourrait photographier les dessins de Paris <pii -oui réunis dans un alhiun-. Nous devon* dire que la reproduction a été faite par les soins de M. Dujardin. non sur lei copie*, mais sur les orifp'ujim.
INTRODUCTION. avii
par le colonel Auguste Paris, neveu de l'architecte; l'artiste y est représenté en buste avec la décoration de Saint-Michel à la boutonnière; un y lit cette signature : wHorleuse Lescot pinxit i8oo,»(,). On voit enfin en tête du Catalogue de In bibliothèque de M. Paris, publié en 1891, un portrait gravé du célèbre architecte.
DES BTVTS GÉNÉRAUX Ql l PRECEDERENT LES ISSEMHLEES PARLEMENTAIRES. — ÉTATS GBVKRUX
ET ASSEMBLEES ASSIMILÉES DE 1 3o«l À 1 6 1 /| . »E 01 AND DATENT ES ACTRNENT LES
ASSEMBLÉES PARLEMENT URBS ? ET\TS fîBNÉRAl'X ET ASSEMBLEES DE NOTABLES. ÉTXTS
PROJETÉS E\ 17'JO. ÉTATS CONVOQlÉs M VIS NON REIMS EN I (J/lO, ET l05l . ASSEM- BLEES DE NOTABLES DE I788. I 787. 1 6 1! C ET I (il 7. — LES ETATS GKNERvt \ DE ld'l-lfuij. — ILS SONT LES PRECEDENTS IMMEDIATS DES ASSEMBLEES PARLEMENTAIRES. — LKL'R IMPORTANCE À CE POINT DE VIE.
Pour une Histoire des édifices où ont siégé les Assemblées parlementaires, la véritable Introduction serait l'histoire aussi des édifices où siégèrent les anciens États généraux, qui furent, sous une forme imparfaite, les précédents des assemblées parlementaires.
La difficulté première et principale de l'entreprise serait évidemment de définir ou de déterminer exactement ce qu'il faut entendre, aussi bien au moyen âge que dans les temps plus modernes, par Étals généraux. Il n'y aurait pas lieu sans doute de remonter ni aux champs de Mars, ni aux champs de Mai, ni même à ces assemblées plus militaires que civiles convoquées au temps d • Charlemagne et de ses premiers successeurs; comment ne pas reconnaître cependant qu'entre les premières assemblées, les États réunis au début du xiv" siècle et nos derniers États généraux, il y a comme une chaîne ininterrompue, à laquelle se rattachaient, comme des désespérés, les peuples asservis. Dans leur forme imparfaite, illogique, viciés surtout par le pouvoir royal qui les utilisait à son gré pour ses besoins financiers ou pour couvrir ses défuites, les États généraux demeurent en réalité l'agent le plus puissant que le peuple, aux prises avec toutes les féodalités, ait eu la fortune de trouver pour parvenir à la conquête de la liberté. Ce fut toujours son suprême désir
Anl'ihm^rnphir iWp ri(>v. p. niX
INTItOlMCTIOV
comme sa suprême ressource, et lorsque, comme ou le vil en somme constamment jusqu'à la lin du xviu< siècle, les intrigues desgrands faisaient échouer les tenues d'États, c'était la perte certaine, pour un temps, de tout espoir de réformes. Mais alors même de fortes et profondes paroles avaient souvent été dites, comme le discours de Philippe Pot en et la harangue de François Miron en i<iio; bien plus, des conquêtes réelles étaient faites, on obtenait le vote de l'impôt par. les Étals, l'égalité devant l'impôt, même au xiv" siècle; eu i ô-G, le roi était déclaré simple usager du domaine, etc.
L' Introduction qu'il y aurait lieu de faire dans ces vues ne peut être tentée ici, parce «pie, même sommaire, elle dépasserait a elle seule l'étendue d'un volume. Nous étudierons donc plus particulièrement les Klals de 1 6 1 4-1 6 1 5, parce qu'ils sont les précédents immédiats des assemblées de la Révolution et parce qu'ils forment aussi le lien réel entre ces assemblées et les anciens États; nous croyons cependant devoir donner ici un tableau rapide des Étals généraux, ou assemblées assimilées, depuis les premiers que Ton place, non sans raison, au début du siècle.
Le mardi 1 o avril 1 1lot* les trois ordres se réunissent à Notre-Dame de Paris. Philippe le Bel «engagé dans une lutte terrible avec le Saint- Siège» avait cherché dans celte réunion de députés des trois ordres "la force que procure à un gouvernement l'approbation lumultuaire de ses sujets». La lettre royale envoyée aux villes par Philippe le Rel leur demandait d'envoyer à Paris "des procureurs ayant pouvoir d'entendre, de faire et de consentir toute et chacune des choses que le roi ordonnera». «Les députés de la noblesse et du tiers se retirèrent à part pour délibérer; ceux du clergé demeurèrent dans la salle des séances.» L'Assemblée fut close le même jour. Il y eut, de i3oa à i3o8, de nombreuses assemblées de ce genre. L'Assemblée convoquée à Tours au mois de mai 1 3o8 se remarque par divers points intéressants : réunie par Philippe le Bel, qui «crut bon de provoquer contre les Templiers.
"' Non» ■- u i x < • 1 1 - . pour k' ni|ii<l>' l,iltl'".ni <|in vnil il«s Ktals >!•• i3<>-> à 161^. 1111 pv<vll<-nl travail 1 1 1 1 ■ a |nil«li" |hir M. Cli.-\. I.«m.uii> ■bin la
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INTRODUCTION. m
comme jadis contre Boniface, une grande manifestation nationale», elle comprit un grand nombre de membres du tiers état. « Les élections des procureurs Turent faites dans les communautés urbaines et rurales pourvues d'uue constitution, en la forme de celles des magistrats ordinaire», mais, dans les autres, le cboix du procureur semble s'être fait au suffrage universel; les femmes mêmes ne furent pas exclues des assemblées électorales en plusieurs lieux r, etc.
Aux Étals convoqués à Paris le i" août 1 3 1 /i , et réunis dans la cour du Palais de justice, à propos de la guerre des lïandres, - les députés furent invités pour la première fois à accoler à la couronne les subsides dont elle avait besoin. . . ; le trésor était vide, la patience du peuple épuisée; Philippe le Bel jugea habile de rejeter sur les trois ordres l'indignation populaire que de nouveaux impôts ne pouvaient manquer de susciter ». Sous les lils de Philippe le Bel et le premier des Valois, l'institution des Étals était mal définie; il est impossible, par suile, «d'en fixer la chronologie exacte». Les États réunis à Pontoise en 1 3tio eurent surtout à délibérer sur l'affaire des monnaies. « Une nouvelle session se tint à ce sujet à Poitiers en juin 1 32 1 ; les trois ordres eurent à délibérer sur (juatre points importants : unité des monnaies, unité des poids et mesures, aliénation du domaine royal, croisade.»
Des Etals furent tenus à Mcaux, cen 1 3 a G, à l'occasion de la reprise des hostilités par le roi d'Angleterre contre la France. Charles le Bel convoqua les prélats et les barons du royaume pour leur demander aide • et conseil»; «pour éviter de coûteux déplacements aux membres du tiers, il préféra leur envoyer des commissaires qui tinrent dans toutes les provinces des assemblées provinciales ».
Philippe de Valois réunit des assemblées plénières ou partielles, « réunies le plus souvent sous forme d'États provinciaux », en 1 333 . en i3/i3, i3/»6, i3'i7.
Les États réunis sous le roi Jean obtinrent d'importantes réformes. «Pour les Assemblées de la première moitié du xiv* siècle, les Étals n'avaient pas de local fixe pour leur réunion, même à Paris où ils siégeaient à Notre-Dame, au Louvre, à la Sainte-Chapelle, à Nolre-Damedes-Champs», etc. "Les États généraux de la langue d'oïl s'assemblèrent, le mercredi -i décembre 1 3 ô ."i , dans la grand'chambre du
ixtrodi i;tio\.
Parlement. Ils siégèrent une semaine environ ... ; ils votèrent la finance nécessaire à l'entretien de 3o«ooo hommes d'armes, estimé» à cinq millions de livres. Ils obtinrent en échange la célèbre ordonnance du a8 décembre 1 3ô5,qui établit : r légalité de tous devant l'impôt; 2" le droit des Etals de désigner les agents chargés de la perception de l'impôt et neuf «généraux superintendants-» pour diriger l'administration financière avec des pouvoirs très étendus ; 3° le principe que les décisions des États généraux devraient à l'avenir, pour èlre valables, être prises à l'unanimité des trois ordres; h" le principe de la périodicité des États, qui s'ajournèrent eux-mêmes aux mois de mars et de novembre de l'année suivante». Le 1" mars t.'iôti, les Klats se réunissent. On vole de nouvelles impositions et Ton prend dos mesures pour la rentrée des anciennes. -Sur ces entrefaites (19 septembre), le roi Jean se fit battre et prendre à Poitiers par le prince Noir. Le Dauphin se vit obligé de convoquer, dans cette situation désespérée, les trois ordres de la langue d'oïl, dès le i5 octobre, à Paris. Les députés y siégèrent au nombre de plus de Koo, dont Aon pour le tiers état* « . . .le clergé, la noblesse et le tiers état se retirèrent aux Cordelière pour délibérer, chaque ordre dans une salle à part». Malgré les habiles manœuvres du Dauphin pour obtenir les subsides dont il avait besoin, il ne put obtenir ce qu'il voulait : "\a résistance à l'arbitraire se propageait *. «Restait l'expédient usé et détesté d'une altération de la monnaie. Le Dauphin ne craignit pas d'y avoir recours.* Pendant une absence qu'il fit, <r le prévôt Élienne Marcel devint maître de la ville; il eut assez de crédit pour arrêter rémission. Quand le Dauphin eut commis l'imprudence de rentrer dans sa capilale, Etienne se trouva en mesure de le forcer à convoquer les États en lévrier-.
cLes États de 1 3ôy se réunirent le ô février aux Cordelière, moins nombreux (il n'en vint pas de Flandre ni de Bourgogne), mais plus irrités qu'en i35b. * La séance générale eut lieu le 3 mars dans la grand'chainbre du Parlement. «La grande ordonnance de mars 1 3 ô 7 lui la conclusion des revendications de ces États soutenus par Élienne Marcel. Jamais la France n'a été plus près d'avoir une Constitution."
Les États généraux convoqués ensuite trop souvent virent ainsi leur prestige baisser. On les voit ainsi réunis en avril 135/, en novembre
INTRODUCTION. *u
1 307, en janvier 1 358. Les succès obtenus par Etienne Marcel i «lèvent, pour ainsi dire, à une dictature révolutionnaire. Le Dauphin quitte Paris, se réfugie à Corapiègne et réunit là près de lui les États d'abord convoqués à Paris. La mort d'Etienne Marcel amène ensuite à Paris en 1 358 une terrible réaction. Les derniers États tenus sous le roi Jean sont ceux de 1 359.
Charles V, qui avait tant de motifs pour craindre les États généraux, ne convoqua que des assemblées partielles et locales. Kn 1 3 (i 7 , il réunit les trois ordres de quelques provinces. L'Assemblée convoquée à Paris fut générale; il s'agissait pour Charles Y d'être w soutenu par l'approbation populaires dans sa guerre conlre l'Angleterre. En août de la même année i3ui), une nouvelle assemblée, réunie à Itouen, vota -des aides les plus considérables qui aient jamais été accordées*. L'opposition des États est brisée; c'est comme un recul. Les conquêtes faites aux États réunis de 1 356 à i35o, semblent perdues.
Il n'y eut sous Charles VI que deux Assemblées de notables, en 1 38 1 et i38«. En juillet 1611, une Assemblée de notables, convoquée eu forme différente des précédentes dans le choix des membres, est nécessitée par la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Sous les menaces grandissantes des Anglais, le pouvoir royal fut eulin obligé de convoquer les États généraux. La séance d'ouverture eut lieu le 3o janvier 1 4 1 3 , à l'hôtel Saint-Pol. Les subsides demandés par le roi sont ivfusés; les Etats demandent avant tout des réformes. Ils se séparent dans les premiers jours de février i'u3. Cependant le roi accorde aux députés, le t3 février, une seconde audience. On lit alors ces célèbres Uemontrnnces de l'Université (voir le texte in extenso dans la Bibliothèque de l'École des chartes de 1 890, p. A3-.Î et suiv.), dont les résultats furent immédiats. La ville et l'Université obtinrent aussitôt «-la nomination d'une commission générale d'enquête et de réforme». «La remarquable ordonnance du «fi mai 1 4 1 3 , dite Ordonnance cabochienne^, sortit des délibérations des commissaires. r>
En i/i'>o, des Etals, réduits pour leur convocation à Paris et aux États bourguignons, se réunissent à Paris le iïr décembre, a l'hôtel
Lp lc\(.> (Ih «vile nrtlnpnaïKe a élt |>ulili<; hi texte* pom- tenir a /«ftirfr et à C eiutyfuemenl de |»rtirulirr |ur M. A. Covutr. ilans la tÀtUettim de» Miloire. Paris, i S91 . in-**.
xm, ivrnoiM criov
Saint-Pol, pour ratifier le funeste traité de Troyes qui assurait à Henri V d'Angleterre la surcession au trône de France et réunissait les deux couronnes. D'autres États sont tenus à Clermont-Ferrand en i3ai.
Sous Charles VII, les assemblées partielles ou générales d'Etats sont trop nombreuses pour être analysées et suivies'1'. Les Étals sont réunis en i4a3 à Bourges; de à i63i, à Selles, à Poitiers, à Chinon, à Méhun, à Montluçon , etc.; à Tours, en septembre i 'i33 et en août 1 /■ 3 A ; à Poitiers, eu janvier i'i35 et en février 1 436- Sous Charles VII, la lutte entre les Étals et la royauté réside surtout dans le fait de la permanence des impôts que les États consentaient à voler, mais sous la réserve qu'ils seraient consultés chaque année pour ce vote des impôts. La tenue d'Élats qui eut lieu à Orléans en octobre 143g est particulièrement importante; la permanence des armées, la permanence des aides y sont établies; les remontrances qui la terminèrent furent incorporées dans la fameuse Ordonnance d'Orléans (a novembre i 4 3 9 ) ; des Etals furent encore convoqués à Bourges le 1 5 février ihhS.
Sous Louis XI, nous voyons les États généraux convoqués une première fois à Tours, le 1er avril i468^. Chaque ville avait élu un clerc, un noble et un bourgeois; le nombre des députés fut ainsi de 192 pour 6A villes. Il s'agissait pour le roi d'obtenir l'appui des ordres dans la lutte qu'il avait à soutenir contre la coalition de Charles de Bourgogne, du duc de Bretagne el de son frère Charles de Normandie. La séance solennelle eut lieu le ilt avril.
Aussitôt après la mort de Louis XI (3o aonl i&83), il est procédé à des élections générales pour les États généraux.
Une procédure nouvelle marque ces élections : dans chaque bailliage est formé un corps électoral composé des trois ordres. Les Étals s'assemblent à Tours le .") janvier i486 (11. si.). Là encore, nouvelle organisation, les ordres ne siègent pas séparément : tLes députés de Tours se répartirent en six bureaux régionaux non en trois ordres-. Le Journal de Jean Masselin!i) donne, sur es Élats, les plus précieux dé-
"' I*et tlalt griiênuue twu iikarlfVII , )>.ir ' Cf. Ltt tlettioH* dtt drpulè» nur Êlatt grnt-
A. Tiioms. élude chronologique d'après dv* «locii- r««j- de i Ù68 tl de i iHt , par M. Paul Yiollit, dirn*
aïeul» iu&lib. Pari», 1878, iit-8*. Ce» ouvrage la lÙblinikiauf de VÈcole dei clmrlrt de 1866.
ot celui qui fait l'obéi Hc ta pn^îleiile note «ont (S. Journal dn fiivu généraux de Franc* !<■-
cilé» par M. Cli.-\. Ijinglois. mu .1 Tour* rit liHi, rédiffé en lalin par Jekau
INTRODUCTION, xvi.i
lails : p> . . . Le 7 du mois de janvier. . . nous nous rendîmes aux MontiWl Rangés par nation» et par compagnies, nous vîmes le roi passer devant chacun de nous, et nous lui faisions la révérence, pendant que le sire de Beaujeu , qui l'accompagnait , lui disait : <r Voici Messieurs de Paris, v voici Messieurs de Picardie », et ainsi des autres». (Tous ces détails seraient à rapprocher de la présentation au roi des députés en avril et mai 1789; voir particulièrement ci-après, p. 5.) v Enfin, le i4 dudit mois, le roi partit de sa maison des Montils et vint à la ville où il fit son entrée avec une pompe graude et solenuelle. Le lendemain, accompagné des princes et des seigneurs portant les insignes royaux, il parut dans la grande salle de Monseigneur l'archevêque de Tours, lieu choisi pour faire les assemblées des États, où déjà les députés étaient réunis.» La '■description de la salle'1'», qui est donnée ensuite par Jean Masselin, serait également à rapprocher de celle qui se trouve dans les procèsverbaux ou récits des Klats postérieurs, pour montrer la persistante minutie du cérémonial.
Le 26 janvier 1 68 4 (11. st.), les Étals décident, en séance plénière. qu'il sera rédigé un cahier général. Deux graves revendications sont faites par les États, d'abord voter l'impôt, droit qui avait été usurpé par la couronne à la fin du règne de Charles VII, ensuite former le conseil du roi enfant. Le 9 février, Philippe Pot, seigneur de la Roche, député de Bourgogne, prononce un célèbre discours, contenant en particulier cette phrase : * La royauté est une dignité et non la propriété du prince-?. La séparation des États eut lieu au milieu de mars.
Il fut question en 1692 et t 6g3 de la convocation des Klats généraux; aucune suite ne fut donnée au projet.
-Louis XII ne réunit qu'une fois les États, à Tours, en làofj, pour
Mtixtelin , i/epwfc du iaillitige île Hune*. |>ulilii: et Irailuit par A. foa*iia. Paris, i835, in-4". Ciilleettun des document* inAliU sur rhiitoht* «le France publiés par le Ministère île l'instrortioii publique. Le texte latin e*l au verso , la traduction faite pur A. former au iwto. < Bibl. nat. , a la disposition de* lecteur», rosier N.)
'" -l<e Plesiis-lé»- Tours on Monlils-lés-Tour», iiMiiuoofo plaisance «le Charles VII et uVI,oiii*XI: elle e*t accnmpsjpïée «l'un i;rand pan- et tient à un
routent «le Minime! k. etc. (S*ct*l. op. cit.. t. II, p. 3o8.)
*La salle, en tout très vaste, fut <I«>cor<V 'le M^-pu et de la pi» pour la circonstance. Dan* la partie «lu fond ifoit une extrade en lioi.s, e'Ievi* d'environ 4 pied* au-<le»»u« du carrean de lit «aile», etc. (Cf. Jenn Massetin. op. rit. . p. î< et suiv.) Voir Mir les ternies aux arclie-
sMuh la note de la présent* /mrorfiw/f'an , ri-apré* p. vu. note i.
ui< INTRODUCTION.
prolester contre les stipulations matrimoniales du traité de Blois. * l.es États, n'ayant pas à voler sur des subsides, se bornèrent ~à requérir, conformément au désir intime de Louis, le mariage de Claude de France avec le futur François l"*.
Les convocations des Etals généraux permettent de suivre la marche de l'esprit absolu dans la monarchie. Peudant la première moitié du xviK siècle, il n'y a point, en réalité, d'États généraux; après Pavie, même, on ne les convoque pas. L'Assemblée de 15a 5 n'est composée que de notables. En janvier i 558, après le désastre de Saint-Quenliu, c'est encore une assemblée de notables qui est réunie.
Les guerres de religion amenèrent le retour des Etats généraux. Les premiers furent réunis à Orléans, peu de temps après l'avènement de Charles IX. l/ouverture, le l 'i décembre i56o, fut surtout marquée par un célèbre discours du chancelier de l'Hôpital. Les trois ordres délibèrent séparément; ils se séparent le 3i janvier t5(ii (n. st. ), sans avoir pu pourvoir au déficit : « Mais il avai^ été convenu que, après une consultation du corps électoral, chacune des treize provinces du royaume désignerait un député- de chaque ordre pour arriver au moyen d'équilibrer le budget. Les 3o devaient se réunir dans un délai de six mois. Ils siégèrent, en effet, à Pontoise, en août i50i(1'. Mais, réduils à 26, car les i 3 députés du clergé se rendirent au colloque de Poissy ... Le tiers état proposa la mise en vente des biens du clergé, qui devait rece\oir une partie des revenus n.
Les État^de 1 5»io eurent d'importants résultats : c'est en conséquence de leurs résolutions que furent publiées les ordonnances dites d'Orléans en i5oi,de Roussillon en i563, et de Moulins en 1 566.
Les Ktats suivants furent convoqués à Blois et réunis le <) décembre 1 5- G. La Ligue triomphe dans les élections.
Les prétentions constitutionnelles des Etals de 1 5Go y paraissent mûries, aggravées. La majorité vote la guerre contre les prolestants pour rétablir l'unité religieuse du rovaume, mais elle refuse tout subside, voulant, au préalable, obtenir des réformes. Henri IH proposa lui-même d'aliéner une partie du domaine royal : « Mais des écrits récents avaient
1 i'.f. Etait gtnfi-nu.1 Ht Pwloit* (i.'iôi l, cahier du litrt tint, par Henri Tiimne. ntrhivisli- ilf» I-iiimIc». MonHlc-Mnr>«!i. iKC,;. in-8-.
INTRODUCTION. *v»
habitué le peuple à considérer le domaine comme un trésor sacré; le jurisconsulte Chopin venait, dans un ouvrage magistral d'étudier iti nature de ce patrimoine, qu'il appelait la dot de la république *. Bodiu, député du Vermandois, l'un des chefs de l'opposition du parti des imliliques, flt repousser la demande du roi, "eii affirmant une fois de plus que le roi n'était que simple usager du domaine».
Henri 1(1 convoqua de nouveau les Étals à Blois en t'tHH. * Cette l'ois encore, les élections tournèrent en faveur de la Ligue, alors au paroxysme de son fanatisme et de sa force. *
La réunion, qui ne comprenait presque que des députés tout dévoués aux Guise, s'ouvrit le 16 octobre 1088. Tous subsides lurent, comme en 1 57G, refusés avant l'accomplissement des réformes. «Henri 111, abreuvé d'affronts, y mit fin par un coup d'Étal sanglant. Les Guise furent assassinés. Le grand prévôt pénétra, avec des soldats, dans la salle des délibérations du tiers et arrêta les chefs des ligueurs . . . Les députés se dispersèrent bientôt pour exciter leurs électeurs à venger le coup d'Étal par la guerre civile. *
Les États dits de la Ligue (sur lesquels on trouvera quelques détails complémentaires ci-après, p. xxxu, note 1) furent tenus au Louvre, dans les locaux occupés aujourd'hui par la salle Laca/r et les pièces voisines; ils avaient été "convoqués pour pourvoira la vacance du trône laissé vide par le cardinal de Bourbon. L'Espagne appuyait la candidature d'une infaute, petite-fille de Henri il ». Le Parlement de Paris déclara que la loi salique interdisait l'élection de l'infante. Henri IV ayant abjuré à Saint-Denis, le ah juillet iôo3, les États se dispersèrent.
Henri IV ne réunit qu'une assemblée de notables à Rouen eu tôoli.
Nous voilà ainsi parvenus aux États généraux de 1 61 A- 1 61 h qui
;l' Cf. lit Ikmnnin h'ranriae , libri III, 1S74, in-V; traduction français de 1606, ia-fid. Hem1 Chopin . crlébre jiiriwtHWulk . «Mail né nu Biilkiil, eu Anjou, en 1.U7; il mou rat .111 Cubant, prt's île Pari*, le * février 160».
l*' Outre le» oiivrafp»* déjà cité*, roiicrmanl le» .•iochiis hlatii, pi tv-jx qui «ont indiqués an (lalalogite de t'kulotn de Franc* , t. VI, p. 1 cl s. voir en parlinilior : Forint morale et particulière J- la
m«t. ok iMruM, — 1.
cnnumlinn H lit la tirant tirs .ivumifrr» nntitimlei ries l iait gtatram: de Franc, justifiée par fHtttt aulkenti<l«t*( recueilli |wr LaloiiumC Doni.!. l'iris, 178'.!, S vol. in-8". Dilil. n*l.. I* '/i3; flnW dt pieté, Mt/fiailrt et autluiiliquts conterumit lit tenue de* Emu ginrmmx d'Orienn, en iif>t> ««« Ch«rlr$ /A, dr llloit en l'tjG, de llltiit <■* i.'tSX *»*« Henri III, de Parti tn 1 6' 1 4 nom ImuU XIII. Pari» , 1 7K9, H \ o! . in-S'. Bil.l. uat., U ' lltcnett dr,fkirr,Kr^
*ui INTUOIM CTKl\.
doivent particulièrement nous arrêter. Nous nous sommes surtout attaché, dans la rapide analyse qui précède, à montrer le côté extérieur, décoratif, si l'on peut dire, des Étals, ne pouvant qu'incidemment étudier leur action et leur rôle; on ne comprendrait pas, toutefois, les usages, les coutumes parfois singulières, les cérémonies mêmes des Etals généraux de 161 h et de 1789, si l'on ne savait par quelles voies étroites, hasardeuses, s'était, petit à petit, formé le cérémonial de ces États.
Les États généraux de toii-totT) siégèrent à Paris; les divers locaux qu'ils occupèrent sont imparfaitement décrits dans les recueils spécialement consacrés à ces Étals; ces locaux mêmes ont tous disparu; l'histoire de l'ancien Paris, enfin, ne saurait être trop connue; autant de raisons qui motivent les détails auxquels nous allons nous arrêter.
('es États de ini '1 sont-ils hien les précédents immédiats des assemblées parlementaires? Nous verrons plus loin que les assemblées de notables, ou même les États convoqués ou projetés entre 1 H 1 h et 1789 ne brisent pas ce lien que nous voulons créer; mais, sur ce terme même d'assemblées parlementaires, une observation s'impose. Ouand les anciens parlements, qui formaient à leur manière des assemblée» parlementaires . cessent, an début de la Révolution, leur longue existence, des assemblées délibérantes élues reprenneut aussitôt ce nom de parlement , et de celle succession, sous un nom pareil, d'assemblées si diverses, sont nés connue des ignorances, ou du moins des malentendus.
Une publication très répandue, "due, nous «lisent les éditeurs, à l'initiative libérale de M. le duc de Mornv », est intitulée : Archives parlementaires de tj8y à 1860 -'\ Comment expliquer un pareil' titre pour la période 1 787- 1 789 ?l,es éditeurs paraissent avoir fait dater l'ère parlementaire de l'Assemblée des notables de 1787, bien qu'ils ne donnent d'autres pièces concernant les assemblées de 1787 el 1 788 que celles contenues dans V Aranl-propos et dans V Introduction de
rttux tir* Uvt$ nrdrfM tmx hUitx fffHfrtiuT r/ Or/ivui* lïrrurtl C0wj>!tt Àn dfhalM lêffitlultjii tl pAitupws d?\
m i!'i6n,dt Moi* eu t.~>jG,ile IttoittM t.ïfiS, <lr Pu- CMambret frmêraitr*, clr, |'»ri». iH6u. ill-S". Bil.l.
ri» m i6i4. Pari». 17%, 3 vu), jti-8". Bibl. mil.. u»l., Ije '/â-j. ■ ÎHons Jpmhis «lire. . . i|w les .4i-
I j> Y 1 5 . Pour li* iWiuiii'ïil» miiniiwrih mir le r»1- cltnrn parlcmmlaim sont w>e* île finitialivr liU'-
Miini! que nou» «limitons ri-aiM*» |>. lumv. mie n> M. Ir dur oV Morn» • 1 Attrtiummi He lu
Arclucr* pnr/nui-nlairr» ,lr i-S- à iSlin. 1" i^hlion. I. II. p. 11 I
IVrilODLCTlOV vu,.
Thuau-Granville ">; mais, de 1787 à 1789, les véritables archives parlementaires sont les archive* des Parlements. Los Assemblées de notables «le 1787 et 1788 auraient-elles eu quelque caractère des assemblées que Ton nomme maintenant parlementai res? On ne saurait vraiment le Soutenir, pas plus qu'on ne saurait donner cette qualification à quelque grande commission composée de notabilités françaises qu'il plairait au pouvoir de réunir à litre d'assemblée consultative. Les anciens États généraux eux-mêmes ne ressemblaient en rien, soit par leur origine, soit par leur fonctionnement, aux assemblées parlementaires : dans leur origine, le droit d'exclusion, qui appartenait au roi, les privilèges qui permettaient à certains personnages d'être membres de droit des Étals, viciaient la source en principe élective; dans leur fonctionnement, la division en trois chambres délibérant séparément, les humiliantes conditions imposées au tiers état, les difficultés mises à faire entendre les vœux du peuple, le droit appartenant au roi de dissoudre les Etals suivant son bon plaisir, formaient autant d'obstacles à la liberté première des assemblées parlementaires telles que la Constitution anglaise les avait fait connaître. Ces États généraux, toutefois, dans leur imperfection, furent la base sur laquelle s'appuya la première de nos assemblées parlementaires, et c'est en quoi leur histoire nous importe. Pour cette première assemblée même, on remarquera encore que si, par méthode simplilicative. on donne à sa naissance la date du h mai 1789, qui fut celle de la réunion des États généraux, les premiers résultats de ces Etats ne présentent aucun des caractères du système "parlementaire; les trois chambres sont séparées; on parlemente bien, mais le mol a, là encore, uu autre sens. La Chambre des communes se déclare Assemblée nationale le 17 juin 1789, mais cette déclaration ne fait pas encore l'union des ordres. L'incertitude qui règne sur les droits de chaque ordre, les contestations soulevées, ne permettent aucune assimilation avec le Parlement, tel qu'on l'entendait déjà en Angleterre avec deux chambres, tel qu'on l'entendra en France avec diverses chambres au xi\'" siècle, parce que la reconnaissance légale fait défaut. Légalement, le Parlement ne sera constitué que le 27 juin 1789, lorsque le roi aura adressé aux
<■> AtMHl-pnpo* H lulroduttion m'a en tttp de fan n cl rpjirodaiU dans la rtini|irt=<si<Mi "lu W«- U parti* romptifiiinilaire ilu Momttur jiuMiee va niit-w:
xxviii " 1NTK0D! <:TI0\.
deux premiers ordres la lettre fameuse qui ordonnait la délibération en commun. Si donc, dans une recherche aussi confuse, il fallait donner une date précis*' à l'origine des assemblée* parlementaires , c'est la date du '>~j juin 1789 qui devrait être choisie. Mais une réserve plus précise s'impose : le mot parlemetitaire uni à assemblée, comme nous l'entendons aujourd'hui de l'ensemble des Chambres électives et délibérantes, n'existait pas pu réalité de 1789 à 179") au moins, et ce n'est que l'habitude constante de voir toujours le passé à travers le présent qui impose en quelque sorte cette dénomination.
Quelques historiens se sont attachés à rechercher aussi à quelle date il avait été question, pour la première fois, à la veille de 1789, delà convocation des filais généraux'1'; recherche puérile en vérité, puisqu'il toutes les époques de crises, el elles furent nombreuses de à 1 789, les Etats généraux apparaissaient à la fois comme un espoir pour le peuple et comme un épouvantait pour le pouvoir royal, qui, pour éviter d'entendre les justes doléances des opprimés, ne craignait pas d'avoir recours aux pires habiletés.
Il n'y eut, avons-nous dit, de ttii7i à 1789, que des assemblées do notables et des commencements ou des projets d'Étals généraux. Voici, eu remontant le cours des années, les plus importantes de «tes assemblées, et le résumé que nous allons faire permettra de reconnaître que les seuls États de 1016 forment le lieu que nous cherchons entre les assemblées parlementaires et les anciens États généraux.
Les assemblées de notables convoquées en 1787 e! 1788 sont indiquées soil par les historiens, soit par les bibliographes, comme les préliminaires des États (généraux. Nous avons vu la confusion singulière des Archives parlementaires de tjSj à ij8g; les auteurs du Catalogue de l'histoire de France oui commis pareille méprise en confondant sous le titre d'un chapitre intitulé Etats généraux ce qu'ils nomment, par double inexactitude, la <» première assemblée préliminaire des notables,
,; Pions retivnvon* au* preuve» que mm» avons Tltum-Grauviltr , le chapitre intitule : «Ile» vains
donne** »ur ce sujet dans notre fUruril it inru- elWl» fait» *oi» le» règne» de I-ouk XIV et de
ii«ri»f* rr/bh/i aux Atato ffhtrntuj- Hr 17%. t. I, l-ouis XV pour obtenir la convocation de* État*
Introduttmi , p. ctv et «uiv. génerauv - . ( Kcraprenion du Momtrwr, I. I, p. 8»
V "ir M»*, dan. \hhrMr,h>, .lu tWtcar de et «uiv.)
INTIIUIH TTIOY im
1 7 ^7 c'1 'a r «l<*riiit*r»' assemblée prèHminmre des notables. 1788* (les Assemblées r/e notables (c'était, en effet, un choix l'ail parmi les notables dti pa\s et non la réunion d'une catégorie existante ) turent bien à la vérité, données psir le pouvoir royal comme les préliminaires des États généraux; on leur soumit même dans cette vue quelquesunes des1 diflicultés que soulevait celle grave et laborieuse entreprise de la convocation; mais ce n'était là qu'une habileté; la réunion des notables elle-même n'était qu'un procédé dilatoire, grâce auquel on espérait éviter les Éats généraux et le règlement de comptes qu'ils comportaient. Les Assemblées de 1787 et 1788 doivent être étudiées, sans doute, si l'on veut connaître les origines de la Révolution, mais, n'ayant pas la source élective des Etats généraux, n'ayant ni la même action, ni le même objet, elles ne peuvent être considérées comme des Assemblées jtreliminaires. Elles étaient achevées complètement, et séparées plusieurs mois, avant que les États généraux fussent réunis; c'est donc méconnaître les faits les plus précis et apporter aux tentatives désespérées du pouvoir royal une inutile défense que d'unir, * grâce à la confusion des mots, des assemblées en tous points dissemblables.
Lorsque le système de Law eut bouleversé les iinances, le régent songea très sérieusement à réunir les États généraux (J'; l'abbé Dubois, qui avait les meilleures raisons de redouter la lumière, fit échouer l'entreprise. Que fut-il devenu des États généraux promis par les conspirateurs à la solde de Philippe V? N'est-ce pas une révolution — comme il n'en fallait pas — que uous eussent donnée les princes légitimés? Querelles de princes sur lesquelles nous n'avons pas à nous arrêter.
Les préliminaires de la paix d'Utrecht seraient intéressants à étudier si l'on voulait seulement connaître le désarroi jeté à la cour de Louis XIV par la seule proposition faite par l'Europe coalisée de con-
"■ (J. CnUtlofpie de l'histoire àt Yr&nct t t. VI. p. '.itf-'ii. Le* ouvrage* relatifs à ce» assemblées (HirUnl li* ente» Le "/i-iy H \* — Voir
sur cw assemblé», aui Arrbiw* nationales, 1rs document* cotes : AD. i, i3 et ift; kk, i3-»6-i:!i;: II, i&47,<*F\ i»i8.
" Voir ci-âpre*, p. so. note i. U même Cafa-
togue il t'Iluloirt de Franet qui, dans ce litre, e»l ■rteiart. rite, sima eiTcur. le» documents relatif* mu a«i<emblee« de notalile» et en particulier le /Wé»-rer4a/ île f.Utemkièr de nototlet . . . 17SH.
[*; Voir, sur ce» projet» d'Étata généraux . Ie« dneunw>«U consens aux Archive» nationale» «ou» la cte k , fi76.
xxi INTItOlH "C.TIOY
voquer les États généraux, avant tout pourparler de paix. Là encore, avortemenl complet de tout appel à la nation ; et puis, c'est le long règne, le triomphe du système autoritaire, sans homes, sans mesure: «rsi veut le roi, si veut la loin.
Avec la Fronde, nous avons ces commencements d'Étals généraux dont nous avons déjà parlé. Trois cents nobles assemblés malgré la régente, mais soutenus par le duc d'Orléans, avaient demandé la con\<>cation des États généraux. Pendant une de ces rares et courtes périodes où disparaissait momentanément l'influence de Mazariu , les États fuient autorisés par la régente; la convocation fut d'abord faite pour Orléans, en 1 (iAg, ensuite pour Tours, en iuTm Mazariu avait trop à craindre d'une pareille assemblée; la noblesse n'offrait plus, étant divisée, les mêmes dangers; les États furent une seconde fois et délinilivenient alors ajournés ^.
L'Assemblée de notables de i 6uf>- 1 Gay fut tenue à Paris «dans la salle haute des Tuileries'31, à laquelle on monte par le bel escalier suspendu. Ce lieu avait été gâté par le feu du vivant de M. le connétable de Luynes, mais tout y avait été répand et ladite salle fut entièrement tapissée». Après une messe solennelle à Notre-Dame, le 3o novembre, l'ouverture, différée par suite d'un débat de préséance, eut lieu le a décembre. Le roi « était assis dans sa chaire et la reine sa mère, près de lui, dans la sienne, sous un dais de velours violet tout parsemé de Ivs d'or». Le roi ne prononça qu'une courte harangue, mais le garde des sceaux s'étendit longuement sur les motifs qui avaient amené le pouvoir à convoquer les notables, et nous retiendrons de ce discours deux points qui vont nous permettre de montrer la confusion des assemblées d'Étals généraux proprement dits et des assemblées de notables, confusion
■'■ Sur ces tëuit» un» tenus ilr l'i'io cl il3.ii. »iegérenl clan* -la grande salle de M'' l'areheveipie voir CataioffvtJ* t'kuloire Je Frnuer, L VI , |i. .'lu. de Tour* » ; l'a»Memlilée de* notable» dr 1C117 Iml
;,) Au» terme» de I'» ordonnance du garde de la m'ance dans la grande «Ile de l'arehete>liM <{.•
prevote et vicomte' de Pari»- du »* «ont Hi5i Je» «mien, etc. — Voir ci-apre*. p. 80, et «iiiv.. !■•
assemblée* do Iroia États de Pari», pour l'élection chapitre u du prêtent ouvrage,
de» députes et la rédaction du cahier, étaient ou»- 1 Mrrmrt Jhmpu*, année 161C, p. yS6. Voir
voquee» pour le h septembre iG.ti -dans ta grande ri-aprea, p. |55, noie 1, le* détails donné* à ce
«aile de lArcItevécbé de Pari»- . oii siégea I A«»em- *ujtl par M. A. Uerty. Le conipb- rendu tris deve-
Mee constituante en octobre-novembre 1789. |je» loppé de cette asaeiulilee de ifi »li »e trouve dan» le
«Ile» de* pillai» c'pîscopuui furent souvent utili- .Mrrrwrr français. t. Ml. p. -.'iti-Si :l, et p. et
seea ponr les tenue» d'États : le» Klal» de 1 484 suiv. de la i" partie du meute volume.
INTRODUCTION. xxu
telle, qu'il est impossible de donner de ces assemblées un classement précis.
«Le roi vous a convoqués en ce lieu, dit-il, pour avoir vos avis sur les plus grandes et importantes affaires de son État, à l'imitation des rois ses prédécesseurs, qui, en pareilles occasions, ont assemblé quelquefois les trois ordres du royaume, quelquefois des personnes eboisies particulièrement , quelquefois* fun et l'autre, tout ensemble.
frLe roi Henri H, au mois de janvier 1 558, voyant le royaume épuisé de ses finances, et peiné des nouvelles charges mises sur le peuple, à l'occasion des guerres, assembla, pour les nécessités de l'État, en la salle de Saint-Louis au Palais, à Paris, les trois ordres de son royaume, et, outre ce, il appela les députés de toutes ses cours de parlements, comme le rapporte M. le président de Thou, au xiv" livre de son Histoire, disant que M. Jean de Saint-André, mettant les genoux en terre, remercia le roi, en termes fort sensibles, au nom de la cour de parlement de Paris et de toutes les autres du royaume, dont les députés étaient présents, de ce qu'il avait composé un quatrième ordre des magistrats qui rendent en son nom la justice au peuple, et l'avait joint aux autres ordres du royaume.
cEn cette assemblée, M. le cardinal de Lorraine parla pour l'Église, M. de Nevers pour la noblesse, ffl. André Guiart du Mortier, mettant aussi les genoux en terre, parla pour le tiers ordre, et M. le cardinal Bertrand, garde des sceaux de France, fit la clôture de la séance. r>
Ainsi, pour le garde des sceaux de Louis XIII, la distinction essentielle pour nous entre États généraux et assemblée de notables n'existe pas; l'assemblée de 1 558 lui apparaît bien comme une assemblée d'Étals généraux (c'est du moins ce que l'on peut déduire de ces mots : "les trois ordres de son royaume»), alors que ce ne fut, à n'en pas douter, qu'une assemblée de notables; et ce que l'on constate aussi , c'est que, passant en revue tous les États antérieurs, il omet les États de 1093, qu'il nous faut mettre au nombre des États généraux, bien que Sauvai ait écrit : «Kn i5ç»3, dans la grande salle [du Louvre I se joua la farce des Ktats de la Ligue, convoqués à Paris le t 1 janvier Les
Siuvil. Ilutoire tl rcekertkr det HnlHjmtrt de rl'.e qui s>s( |ia«<; «font le Uuvn> <k plu* hiM.ita riHt de Pari*. I. Il, p. i3, rlinpiln» intitulé : rH|H«".
INTHOIH CTIOV
frroeès-rerban.e de ces Kl«ts ont lait l'objet d'une importante publication de M. Auguste Bernard, i|ui doit èlre signalée pane que Ion y remarque, sans parler des notices jointes , un plan très curieux intitulé: <t Plan de la partie du Louvre construite sous Henri 11 et dispositions intérieures des salles où se tinrent les États généraux de t5o3 '
L'assemblée de notables de i 0 2 6'1' fui close «le 2 'i lévrier 1 O27, jour de Sainl-Mathieu, en la même salle des Tuileries où lomerlure avait été faite « [Mercure français ■). La Déclaration du rei futur le rrtobliëêemeut de tws les ordres de son royaume et le soulagement du peu /de, qui en lui la déclamatoire conclusion, porte la date du 16 février ifii-.
Le mécontentement provoqué, môme dans l'entourage du roi, par la brusque rupture des Ktats généraux de iGi'i, auxquels nous allons enfin arriver, amena quelques membres du Conseil du roi à solliciter, en 1617, une nouvelle assemblée d'Ëlats généraux, eu vue de donner
'' IX Aug. UtKvtau, /'rorw-iciiuinx rfr» finit genërauj- Ae /.î;y.ï. Collcelinn il? doeiiineul» inédit* sur l'histoire de France. Paris, i84a, in-A". Bibl. nal. . I."/3o 1. 'h * registres des Klsls généraux de iSg.l, «rit M. Bernard, portent que celle assemblée tint ses séances an I .ouvre dans 1rs ap|karlciiicnls de la famille Rivale. . . les salles i>ii s* réunirent Ira Étais de la Ligue et qui, connue par hasard, ont été conservée* dans le» batiiticnls «duel-, remontent à Philippe Auguste, peut-être nicuie aux rois de la première race, si I on s'en rapport»' a quel(|i>cs écrivain*.. . La salle où le due de Mayenne uuvnt eu séance publique les États de 1 j<)3 est précisément celle où, plu» dVdeut siècles après, 1/iiin XVIII, sur la lin de «on régne, faiviit l'ouverture des chambres législatives.- M. Aug. Bernard a joinl au plan déjà cité (voir, inttne ouvrage. Aitptndirti, X , p. 7&H ) une série de notices explicatives; voici la partie qui uous iutérinae plus particulièrement : »B. Grande salle du Louvre »u salle haute. C'est dans celte grande galerie que le duc de Mayenne ouvrit le* États généraux do 1 5u3 ; mais il n'y reste plus aucune trace des diVwnlioie. de celle époque, par suite <les modifications qu'on lui a (ail subir pour l'approprier ii «es diverses di*linations. On a même complètement changé la physionomie de U salle en réunissant !<• s.-eond étajo- un premier et en masquant les i riis-es de I ouest. Tuu-
U fi us , pour donner une idée de l'a «-emblée de i Mi'.i, j'ai imliqué . d'après le registre du tiers état , la disposition des sièges des assistant-. <>»innie je l'ai dit , c'est dans celle salle que Loui- W'III ouvrit plus lard le» assemblées législatif». Pour l'approprier à celle deruière destination , on * construit au liant et tout autour une galerie destin'*- au publie privilégié qui élait admis à relie solennité. An-iles-oiis de cette grande pièce el au ivj:-do-ebaus*ée élait [a udlt ban* du l-ouvre . aujourd'hui *alle il'* o>ru tidts) , où furent pendus, en i.'irji. par ordre du due de Mavenne , l»iichard. Auroiiv, Enioimt el Vmelinc, ruininc auteurs du meurtre du président el dea conseillers Tardif el Lautier».
Suit la 'Distribution de la salle haute du Umvir daus la séance du »li janvier i.*>i>3t et la description des annexes : anùrkambrt du roi , chambre «#w roi, ckamhrr du lit, gnrit-rnbt du roi, etc. l a utile haute est aujourd'hui la salle Laraie.
,; Les documents imprimés relatifs « celte assemblée de notables de i6ï(i-ili»7 sont conservi* n la Bibliothèque nationale sous la cole Le"/i-4. t.f. fMlatng* de /'iiWrc de Fraarr, l. VI. p. 3*. \j> harangue du garde des -ecauv a été reprodnile , d'après le Mercure frfutenit, dans Prucet-icrbal tir ce qui t'ttt panne' a /' t*tentblêe de* notable* tenue aa /Mini» dci Tuilerie* ei fswe itiiH. Paris, 17K7, m -S", l!.ld. nal.. IV/i.
INTRODUCTION. ixun
l'achèvement nécessaire aux réformes inutilement tentées en Hîi 'ii(it"). L'opposition des ministres fit échouer cette entreprise, mais, pour calmer les mécontents, on accorda une assemblée de notables qui fut convoquée à Rouen et dont « l'ouverture fut faite le lundi quatrième de décembre, en la grande salle de l'Archevêché». «Le roi, lit-on dans le Mercure jrnnçoh, après s'être donné des ébats de la chasse au château de Gaillon, entra sur. la fin de novembre à Rouen, où la plus grande part des mandés s'étaient rendus. » L'Assemblée ne commença réellement que le 9 décembre. Le Mercure nous donne une minutieuse description de la salle de PArchevêché, et publie (p. 201-216) *le chaïer qui en fut dressé durant les 18 jours de sa tenue»; il comprend «vingt propositions» et est daté du 26 décembre 1(117 M. Les délibérations ne furent donc pas de longue durée; le 29 du même mois de décembre l'assemblée fut dissoute, «sous prétexte d'une indisposition du roi, qui forçait de remettre les délibérations à Paris». Ce ne fut qu'en 1626, comme nous l'avons vu, que l'on songea à les reprendre.
omkixes des liras de 161 &-i6t5. — lltr installation imifoiisLLK. — «utre edikhk*
SO.1T D'ABORD DÉSIGNÉS POIR LEUR SÉANCES. COMI'TK RKNDU DE LKL'IIS DéLIIIKR ETIONS.
LE VEHCU&E FBAXÇOIS. LE RBXIT DR FI.OiHONI) RAPINK.
On ne saurait, à aucun titre, trouver dans les assemblées que nous venons de rappeler sommairement", le lien cherché entre l'ancien et le nouvel état de choses. Les États généraux de 1G1A, au contraire, auxquels nous amène le cours des ans, sont si véritablement les précédents immédiats de ceux de 1789, qu'on les voit constamment rappelés, en
Cf. jMrm patentée dn mi pour la eoiiroean'on de l'nuembttt que Sa Majesté ml être tenue afin aTy retondre ce qui ft néeettaire au bien dr te» Etat , repot et mulagemeul Je te» tujett , dalle* dn 4 octobre 1617. ((Alahgue de Metont de France, I. VI. 37. Lin divers ouvrage* relatif* à relie assemblée «ont cotés W/1.17.) \*t roi ne liornail dans en Icltm à -convoquer le* mandés prie de non,*; l<! lieu n'était |ian indique*; le Mercure indiqua que les notables se rendirent -a Rouen , oit
<"*!• i»irwit*. - - 1.
Sa Majesté avait aligné par d'autre* Mires ladite a«sembl<;e-. On trouvera dans une plaquette inti- |idée:OraVf rentable de l'atttmblèe de* notable* laite e<t la ville de Rouen (Parts, tûiio, in-fl*. Riblfnat., IVV7). une gravure, montrant la disposition île relie awemlilre et portant, comme celle de i<ii '1. la signalur* : Joan. Zarako, Polanat jeeit. lin double de celte grnvurr su trouve dans l'ouvrage intitulé L'Hercule fmapai, Rouen. 1618, in-i •>. Rihl. nul..
:ux,v ivrimiH ctioy
1788 et i yHy, dans les actes de 1'aulorilé royale el des parlements relatifs à la convocation: dans Variât du Conseil du ô juillet 1788 -concernant la convocation des Etals généraux dans un autre arrfiduConseil du 8 août 1788 «qui fixe au 1" mai prochain la tenue des États généraux". \ï<urA ' du parlement de Paris, du a5 septembre 1788, portant enregistrement de la Déclaration royale, du a 3 septembre, déclare «que la Cour ne cessera de réclamer pour que les États généraux, indiqués pour le mois de janvier prochain, soient régulièrement convoqués el composés, et ce suivant la forme observée eu 161 4*; ïarriH du Conseil du 5 octobre 1 788, « portant convocation de l'assemblée des notables reconnaît que, « en 1 G 1 A, l'ordre du tiers état fut presque exclusivement représenté par des personnes qualifiées nobles*', et que "les inégalités entre les bailliages et sénéchaussées se sont encore accentuées depuis irii'i . . . Les provinces réunies à la couronne, depuis i6i'i, forment aujourd'hui la septième partie du royaume». Le maintien des formes anciennes pour la convocation et la composition des États généraux est vivement sollicité à la fois par le parti des princes, opposé tout d'abord à la convocation même des États, et par le parti des parlements qui. tout en demandant les Étals, craignent les innovations el redoutent surtout le doublement du tiers aussi bien que le rote fmr téte. Le ]M»uvoir roval dut tenir compte de ces sollicitations intéressées et , dans le Rèf'leineut joint à la Lettre royale de convocation^, il est déclaré que «le roi. en réglant l'ordre des convocations el la forme des assemblées, a voulu suivre les anciens usages autant que possible; Sa Majesté, guidée par ce principe, a conservé à tous les bailliages qui avaient député directement aux États généraux de 1 (> 1 fil , un privilège consacré par le temps-, etc.
Les Étals généraux <\o toi h ont donc, pour le dessein que nous poursuivons ici, une importance capitale; nous ne nous occuperons ni de leur histoire, ni de leurs conséquences, mais de nombreuses inexactitudes ont été répandues sur les divers locaux où siégèrent ces Étals, el c'est une préface nécessaire, nous parait-il, (pie de rappeler, d'après
premières lettres royale* exp^An portent la (la te 4 4 janvier i*So,; te HfffltihtM ffttttrnl joint h ces lettres servit de ha*e pour ceux qui furent publiés ultérieurement. — On trouvera 1rs
texte rien divers actes, que nous Tenons d'c'numérrr, ilaits notre lltrunl île Aonmtnt» rtlatif* a In mit iwo lion Art A(«<« yéiwrnrttr At t . t. I . p. i <, et Miiv.
INTItODUCTION.
<rautheuli(|ues témoignages, l'histoire des édifices qui virent assembler les députés de 1 61 à.
Les luttes d'influence qui s'agitèrent à la Cour, après la mort de Henri IV, — Marie de Médicis, ses favoris et le Parlement d'un côté, les princes de l'autre, — amenèrent, comme l'on sait, après de longues tergiversations, le scandaleux traité de Sainte-Menehould (1 5 mai îGi 6), par lequel les princes obtenaient non seulement des pensions, des emplois, mais encore une somme de 65o,ooo livres «pour payer les frais de leur prise d'armes »; ils obtenaient aussi la promesse d'une prochaine convocation des États généraux et rengagement qu'il ne serait donné aucune suite aux projets de mariage et du roi avec l'infante Anne d'Autriche et de la princesse Elisabeth, sa sœur, avec Philippe III, sans que les États généraux aient donné leur adhésion.
Voici maintenant ce que nous apprend, sur les origines des États de 161/1, un récit contemporain et authentique, le Mercure français :
\6li. Par le premier des articles de Sainte-Menehould, accordés à M. le prince «le Condé, les États généraux se devaient tenir à Sens et la convocation s'en fit dta lors au Iroisièm*» île septembre'". Mais le roi et la reine contraint* «l'aller à Poitiers et en Bretagne ès mois «le juillet, août et septembre, la tenue desdits États fut remise au i o d'orlobre ensuivant.
l)«-puis la publication de cette remise, le roi ayant fait le premier acte de sa majorité en son Parlement <sl et la plus grande partie des députés des trois ordres de la France s'étmil renilue à Paris, Sa Majesté fil, le i3 octobre, publier à son «le trompe qu'il voulait que la tenue des «lits Etats se fit à Paris et no» à Sens. Et que les députés jà arrivés eussent à s'assembler, savoir : le clergé au* Augustins, la noblesse aux Cordeliers et le tiers état «-n l'Iiôte! de ville. Mais après la première assemblée, la noblesse, puis le tiers état, supplièrent le roi (afin que les trois ordres puissent plus facilement s'entreconférer) de leur permettre de tenir aussi leurs cbamhres ou assemblées aux deux aulm salles des Augustin*, afin d'Atre proches de celle «lu clergé, ce «pie le rui leur accorda. Ainsi les assemblées «les trois ordres se firent au* Augustin*
Une remarque à faire dès maintenant el tnii montrera l'importance de l'installation matérielle des assemblées el de l'histoire, par suit**, dos
S'J (X L*Urt du roi eemienant le utantienettt de Sn Majtttc pour la coHvoerittOH de* Etal* dt ce royaume ai la tHlt de Se** (7 juin iGii). {('.atntogHe dt tkittotre d* Front*. t. VI, p. 3.'», piw non cotée.) ' <:f. Ordre de la téanee tritttc «» Parl'utenl, le
tut trnnt en ton lit de justice , pour la déclaration île m majorité, le deuxième d'octobre l'ait dt grâce ilit i. Vir-noc, «. d., in-f.il. BiM. oai.. IJ."/334.
Mercure fronçait, I. III. .V eonlinu«li»ii. l'ari». 1(117, in-i 9. BiM. nal., 1.1.' , 7 B.
xxxm INTRODUCTION.
édifices où elles siégèrent. Le pouvoir royal, en lOtfi, non seulement désijjne, en plus «lu lieu réservé aux séances royales, trois édifices distincts, mais encore il les a choisis disséminés, autant que le permettait alors l'étendue de la ville, de manière à rompre tout projet d'entente et d'union des ordres. La décision, à vrai dire, ne fut pas maintenue vraisemblablement parce que l'on fut vite rassuré, mais l'acte de prévoyance existe.
Relativement à l'ardeur des luttes engagées en 1788 et 1789 sur cette question de la réunion des ordres, ce ne sont en réalité, en îtii '1, que des timidités, des velléités d'indépendance. Ce n'est pas de ce côté que se portent les vœux de l'opinion; la misère générale, l'affaire des jésuites, le maintien des franchises de l'Kglise gallicane, la lutte contre les prétentions de la cour de Rome passionnent uniquement les esprits. En 1789, — est-ce imprévoyance? est-ce fatalité? — alors que depuis plusieurs mois l'agitation est profonde dans le pays, sur le fait de la réunion ou de la division des ordres, l'administration royale non seulement groupe tous les ordres à Versailles, dans un même édifice, mais commet cette faute énorme, pour ses intérêts, bien entendu , de ne réserver qu'une salle à la fois pour les assemblées générales et pour les séances du tiers état. Que fùt-il advenu cependant si, le 20 juin 1789, les communes devenues Assemblée nationale, n'avaient pas été réduites, pour délibérer, à se réfugier au Jeu de Paume et à s'engager par serment, sous la menace d'une dissolution, à donner une constitution à la France? Que fùl-il advenu encore si, le 2 3 juin, à l'issue de la séance royale, l'Assemblée nationale avait eu à son usage une salle particulière? Dreux-Brezé n'aurait pas eu à paraître, Mirabeau n'aurait pas parlé et, l'occasion manquant, le décret d'inviolabilité des membres, qui fit reculer les adversaires de la Révolution, n'aurait pas été reudu. Aux grands effets de petites causes. Le détail des édifices où siégèrent les Étals est donc imjHutant à connaître.
Et quels traits de mœurs disparues dans les anciens récits! «Le dimanche i3r du même mois, lit-on dans le Mercure français, on enjoignit de jeûner les mercredi, vendredi et samedi suivants pour nous préparer et disposer : r à la procession générale qui se ferait, des Augustin» à Notre-Dame, le dimanche 26, où devaient assister Leurs Majestés et les députés; 20 à l'ouverture des Étals qui se ferait le lendemain dans la salle de Bourbon; et S" à la sainte communion,
I\ THODICTION.
xxxvn
laquelle devait se faire ensemblement par tous les députés eu I enlise des Auguslins, le samedi ensuivant jour de la Toussaint" r>.
Avant de parler des divers édifices qui servirent do cadre aux Etats de 161 '1, il nous faut donner le tableau même de ces États, tel que nous l'a transmis un curieux esprit.
Rorimond Rapine nous a laissé, dans son Recueil Irhexacl®, les détails les plus authentiques sur les séances dps États de 161 4. Il était avocat du roi au bailliage de Saint-Pierre-le-Moutier et fut élu député; il raconte d'abord les élections faites dans son bailliage et comment les Étals, d'abord convoqués a Sens, furent ajournés parce que «le roi et la reine firent un voyage dans les provinces de Poitou et de Bretagne pour apaisor les émotions et désordres. . . Enfin, «Leurs Majestés revinrent à Paris où ils désignèrent de faire tenir les Etals généraux, et pour cet effet, le roi envoya ses lettres, du h octobre, pour se trouver au dixième dudit mois en ladite ville de Paris.
. . . Le a 3* dudit mois d'octobre, M. Gascoing, lieutenant général'31, et moi, arrivâmes en poste à Paris pour lu fuit de notre députalion où, peu de temps après notre arrivée, nous ouïmes une publication qui se fit par quatre hérauts d'armes revêtus de leurs cottes, semée* de grandes fleurs de lys d'or, par laquelle on faisait savoir à tous les députés fies trois ordres que Sa Majesté voulait et entendait faire l'ouverture des États généraux de son royaume, par lui convoqués au dixième dudit mois, le lundi vingtième d'icelui, en la grande salle de Bourbon, et que cependant Su dite Majesté voulait et entendait qu'ils se trouvassent et convinssent tous, le lendemain ii, en la salle des Auguslins, pour conférer un chacun des ordres, séparément entre eux, sur les cahiers et mémoires de leurs remontrances. . . Cela fut ainsi exécuté et se trouvèrent là, de l'ordre ecclésiastique, Messeigneurs les cardinaux de Sourdis et de La Rochefoucauld, plusieurs abbés, prieurs et autres prélats, lesquels M. de Rhodes, maître des cérémonies*'1, Kl mettre dans une salle des Auguslins,
>'' Op. cit., t. III, 3" coutiunalion. p. 7.
:t> /forint/ très exact et amt dt tout et qui l'ul fait tl posté de tiogulitr et mémorable en l'attemblée générale des États ternit i Pari* eu l'aune* j 6 ; 4. . . Par», niât, in-V. Bihl. nat, U"/43.
'*' "Ki furent députés [du bailliage deSaint- Pierre-le-Moou'er] , nobles hommes et «âges maîtres ittienne Gascoing, lieutenant général, e< Florimund Rapine, conseiller et avocat du roi audit bailliage. » (RttueU exact, p. 3.)
<*' rtïuillaome Col, chevalier, seigneur de Ithode* et de Cheniaul . grand maître de» cérémonies de France, premier écnyer tranchant et porte-cor-
nette blanche du roi , fol reçu , en survivance de son père, » la rharge de prévôt et uiaitre des cérémonies des ordres du roi en i5q3 et inutirtit en 1616.1 U avait épousé Anne de ltrouilly. Son frère, François Pot, «fat pourvu en i6n de la charge de prévôt et mntlre des céréuionies des ordres, mais il ne l'exerça qu'après ta mort de son frire aîné, en 1616. Il fnl tué au siège de Montpellier en lOn*. (Visât»», La Maison it France, I. I\. p. 3so.) liuillaiime Pot était un desceudmil «le Philippe Pot. dont nous mon* relaté ci-desnu* le discours aux Klats de Iji généalogie de rrtlc famille wi
trouve dai» la Maison de France 1 hc. cit.).
INTHODl CTlUN.
qui avait été. préparée pour cet effet ... Se trouvèrent aiis>i en une autre salie desdit* Augustin» plusieurs «Mgneurs et gentilshommes. . . Kn uni- autre salie «'assembla le tiers .'Ut, qui était composé de plusieurs lieutenants généraiii de province, et autres personnes notables.
Floriraond Rapine entre ensuite en de longs détails sur les débats soulevés, particulièrement dans le tiers état, par des questions de préséance, les mêmes, pour ainsi dire, que l'on remarquera en 1 789 au coure des assemblées électorales de Paris, fichez les députés de Paris qui désiraient se donner dedans leur ville la principale autorité par-dessus tous les autres députés»; de là de longues querelles pour la présidence, pour la nomination du secrétaire; la rivalité, qui fut si ardente en 1789 entre le prévôt des marchands et le lieutenant civil, semble une continuation des débats de 1 6 1 4. Le secrétaire du lieutenant civil fît eniin l'appel des députés «en tenant en main le livre contenant l'ordre des derniers États tenus à Blois en i588». D'après les listes communément indiquées, le nombre total des députés était de 464, ainsi divisés : i4o pour le clergé, i3a pour la noblesse, 192 pour le tiers état. Robert Miron(l', prévôt des marchands, tenait particulièrement à l'exécution de l'ordre du roi, qui «avait ordonné au tiers élat la maison de Ville de Paris pour y tenir l'assemblée», mais la chambre du tiers décida *que Sa Majesté serait suppliée de trouver bon que l'Assemblée se tint aux Auguslins, afin d'avoir plus de facilité de conférer, aux occurrences, avec Messieurs du clergé et de In noblesse, des points qui mériteraient leur communication <t.
Déjà apparaît la préoccupation du tiers étal de n'être pas séparé des deux autres ordres; il n'est pas question, sans doute, de vole en commun, mais ce sont là des commencements. Le roi acquiesça, comme uous l'avons déjà vu, à celle demande, et notre député note que « le vendredi 17', le clergé et la noblesse s'assemblèrent au lieu des Auguslins, chacun en leurs chambres»; que, "le samedi 1 8e, le tiers état s'assembla pour la seconde fois au même lieu des Auguslins», et puis nouveaux débats
'Robert Miix>a. seigneur du Tremblay, conseiller du rai en ses conseils d'État el privé, conseiller au Parlement et prfoidenl aux enquêtes", fut prévôt de* marchand* de i(h6 a 1616. Une liste très compléta des prévAls .les marchands
et eVbevLn» de Pari», de iH.R à .789, a été publiée dans le DiUmamit it* nm it Paris de F. .1 L. Liitac , p. •% (&5 et stiiv. On trouve aussi dans Feum\ . op. cit., t. Il . p. 1 536. la -Suite de* prévdt* de» marchand-, el Mv\ in* de Pari» Hepn is Tan 1 4 1 1 - .
INTRODUCTION
sur la question de savoir si on opérerait par bailliages ou par provinces.
Le 20 octobre, troisième séance du tiers état aux Auguslins; on nomme pour greffier tM. Halé, secrétaire du roi et normand de nation ... et on lui donne ensuite, à la pluralité des voix, deux assesseurs ou évangélistes pour exercer conjointement avec lui la charge de greffier »('>.
Nous ne pouvons suivre notre rédacteur dans les longs détails ou'il donne sur chacune des séances; un curieux rapprochement cependant à noter. Le 20 octobre, le tiers état décide d'envoyer une députation à la noblesse pour la complimenter; les députés «sont conduits jusque dans le parquet. . . u. « L'on avait apprêté une chaire pour ledit sieur lieutenant civil*1' qui devait porter la parole, et un banc pour les assistants qui y étaient au nombre de douze, un pour chaque gouvernement; il rejeta la chaire qui lui avait été préparée et s'assit sur ledit banc, pour être tous au même rang, disant que ses compagnons et lui étaient tous de même députation et qu'il ne désirait aucun honneur qui ne leur fut communiqué. » C'est en termes à peu près identiques que Bailly, le 20 juin 1789, au Jeu de Paume, refusa le fauteuil qu'on lui offrait'11.
Au compte rendu de la 5' assemblée du tiers état, le 22 octobre, on lit : tCeux qui désiraient sortir de la salle des Augustins (qui était le réfectoire, lieu humide et désagréable, au prix de la commodité qu'ils se promettaient si l'assemblée du tiers état se faisait en l'Hôtel de Ville qui avait été ordonné par le roi) mirent en avant la proposition d'y aller suivant ledit mandement du roi et aussi que chacun y serait bien plus sainement, principalement en la saison de l'hiver où l'on allait entrer. D'autres, qui n'étaient de cet avis, combattaient cette proposition à cause de la faci>
1 On lil plus loin, a ce sujet, que proposition '• Henri de .Mesuras, chevalier, svmneur d'Irval.
fui faite «de «voir quels titres on donnerai! nu\ conseiller du roi en te» conseil* d'Etal ei privé.
rieurs lieutenant général de Limoges et Glapis*oii lieutenant civil de la vide, prévôté et viromté de
■|iiî avaient été élus assesseurs ou évangélistet du l'aria, fut nomme' prévôt de» marchanda en itiiH
greffier. Ouelque*-niM dînaient qu'il le» fallait ap- elooolinné en ifi*o. (Cf. FmiuKi.t. U, p. >ôn<).\
peler contrôleurs; d'autres disaient que ce mot Voir sur l'bolct de Mesmnv qui était situé rue de
donnait atteinte à la fidélité du greffier, mais qu'il «raque et rn«S«inte-Avoye. ei-apre», p. 33o, note 1 .
les fallaitappeleraaseaseurs; d'autre*: évangélisle» . •*•• »0n m'offrit un fauteuil, je le rejetai. Je ne
■mirant ce qui avait été fait an* Ktals de Blois der- devais pas être a*si» devant l'Assemblée debout; je
ni»r*. Enfin il fut résolu qu'on le* appellerait évan- restai ainsi toute cette journée pénible.- (,VrWnr<
géli»4es.. /h «Wii de h liéroMon , t. I, p.
xt I.NTROIM CTION.
lité de la conférence avec le clergé et la noblesse. . . Enfin l'a lia ire fut mise en dt-libéralion . . . Il se trouva, à la pluralité des voix, qu'il était plus expédient de demeurer en ce lien-là que d'aller en l'Hôlel de Ville, pour les considérations ci-dessus. « On envoie une députatiuu au roi pour lui demander de sanctionner cette résolution, et les députés rapportèrent que M. levèque de Beauvais avait obtenu du roi ce que nous demandions, quoiqu'il eût ci-devant ordonné l'Hôtel de Ville, dont nous fûmes tous bien aises. M. le prévôt des marchands promit à l'Assemblée que la ville ferait accommoder le lieu, en telle sorte que tous en seraient contents, dont on le remercia*. Nous voyons en effet, au compte rendu de la journée du 2^1 octobre, que le prévôt des marchands " lit faire lecture des lettres du roi, adressantes auxdits sieurs prévôt et échevins, par lesquelles il leur mandait et enjoignait de faire convenablement préparer et accommoder le réfectoire des Augustins, pour y tenir l'Assemblée du tiers état, en telle sorte que personne n'y reçut aucune incommodité. De fait, on commençait déjà à y travailler aux frais de l'Hôtel de Ville, qui fut cause qu'on prit une autre chambre cette matinée . . . *.
L'ouverture solennelle des États, annoncée pour le 20 octobre, n'avait pas encore eu lieu; de longues discussions s'étaient élevées dans les chambres pour le règlement des préséances à la procession qui devait er la séance d'ouverture^1.
I>" dimanche -Mi" dudit mois, raconte Floriuiund Rapine, tous les ordres si- rendirent dans le cloître des Augustins sur les 8 heures du mutin. La reine, Monsieur, frère du roi, ensemble plusieurs princesses Unit du qu'autres, \ vinrent entre <| et »u. M. de Rhodes, maître des cérémonies, ayant fait distribuer, de la part du roi, un cierge blanc à chnnui des députés, lit mettre à la tiMe de lu procession tous les mendiants et paroisses de Paris (jui s'en allèrent à Notre-Dame1" et n'y firent «pie passer, de peur de remplir par trop l'église. Kn après, il fit mettre les députés du tiers étal en ordre, (pie lui-même appelait par liaillia^es, selon l'ordre observé en 1ÔS8 aux Etats de Rlois. c'est-à-dire «pie les derniers marchaient tous les premiers et en front, parce que ceux qui sont plus proches du Saint- Sacrement sont ceux que l'on estime être en ran|; plus honorable. Il nous lit tous ranger dans le cloître dudit lieu en forme de haie, deux à deux . et chacun marchait avec les codépulés d'un
' Cf. /.Wrr oherri en U prvcet.um ginir«k <lu récit ,k Montrai., que ..ou» public..* eu
/«île à Pari* le j6 oetobrt 1616, k roi, U rtine, ifprmtieN, ci-après, p. ici.
jiriaeri et prineeucs de Fraiict y atùtlant. p»ur l/e* df'lail» que donne ici FI. Hapine paur-
rwMroir U ptupit a iléeotùm *»r Chomu sweea dit r«ieut tin amiplétfs par ceux que l'on remarque
Km» généraux, par M. ('.. J01 aoxv. Pari», *. «I.. dan» le l/<w«re /rnumii , l. III. .V cnnlioiialion,
in-8'. HibL naL. Lb»/a«. Voir aussi les eitrails p. M cl suiv.
INTRODUCTION
VU
même bailliage, sans qu'un bailliage devançât ou marchât avec l'autre Donc, au
nombre de près deux cents, ceux de justice revêtus de robe noire, cornette et bonnet carré, avec chacun un cierge blanc en main , ceux de finance ou de robe courte avec ie court manteau, ouvert par les côtés pour jwswr les bras, et la tocque, l'on fait avancer les premiers par l'une des portes du cloître sans entrer dans l'église , mais soudain l'on vit venir un gentilhomme qui aidait à M. de Rhodes, qui fit rentrer les premiers dans le même cloître, pour faire passer toute l'assemblée par le milieu de l'église des Augustin», disant que le roi et la reine voulaient voir tous les ordres. Proche la porte du chnmr de ladite église, nu* hautes formes à main droite, était le roi sous un dais richement paré; à main gauche était lu reine, découverte sans dais; dans la nef il y avait un pocle de toile d'argent sous lequel le Saint Sacrement se devait mettre et duquel les quatre bâtons étaient tenus par Monsieur, frère du roi, M. le prince de Condé, M. de Guise et M. de Join ville; chacun en passant faisait de grandes et profondes révérences à M. le prince, et il y en avait là exprès qui disaient : &duez Moniteur le prince. Et étant sortis de l'église, la procession passa au milieu des régiments des gardes, tous disposés avec leurs armes en forme de haie; les rues étaient tapissé*!» jmr où la procession passa, qui fut tout le long du quai des Augustins; elle vint passer ensuite devant Saint-Séverin , sous le petit Châlclet (l> et de là à Notre-Dame.
Il y avait des milliers de personnes, tant par les rues qu'aux fenêtres et jusque sur les toits des maisons. Comme nous fumes arrivés dans l'église Notre-Dame, M. «le Rhodes nous lit asseoir par ordre sur des bancs couverts de tapis verts qui pour cet effet avaient été préparés.
Florimond Rapine donne ensuite de nombreux détails sur les dispositions faites dans l'église, sur les tentures, les ornements, sur Tordre suivi, etc.
M. le cardinal de Sourdis fit la prédication; . . iil exhorta un chacun de rendre au roi ce qui appartenait au roi, et à Dieu ce qui appartenait à Dieu. . . Ce fait, chacun se retira qu'il était 3 heures après midi , quoiqu'il ne fût que 1 1 heures quand le tiers état sortit des Augustin».
Tous les détails de cette procession seraient à rapprocher de celle qui eut lieu à Versailles le k mai 1789; la même longueur de la cérémonie soulève les mômes plaintes. En 1789, les députés du tiers état, en particulier, convoqués à l'église Notre-Dame dès 7 heures du matin, ontété retenus jusqu'à h heures du soir,2>.
■•> A I Vxlrûnild Je I* rue du l'ctit-Pont, vers la Seine. !>"* pièce» les plus curieuses sur le Petit- Cliùtdet mmiI contenus dans U Topographie île k Fnnet, Bibl. Ml, Estampe». V\ *5o. Oo trouvera «nssi des détails intéressant* dan* la Topographie dit deux Pari* , région ecnlrnle dp Ftliiivrrsit", pur
Hl«t. ou l'oin. u. — 1.
Bm-rr et Lcgiliii, p. 36* et sniv. Noter en particulier de» gravures montrant le Petit ChàitlH eu 1781 (p. 36i).
'' N.mis donnons de nombrem détails sur celte procession du H mai 1789, ci-après, pages 8 <"t simnutc*.
INTHOIH CTION.
L'ouverture solennelle îles États eut lieu le lendemain.
U iuiuli 17' dudit moi» d'octobre, écrit FI. Rapine, tous le* députés du clergé, île la noblesse el du tiers état se trouvèrent à midi en l'iinlisiillf de la grande salle de Bourbon, suivant le commandement que le roi leur en avait fait.
Kmiron a ou 3 heures panit un héraut d'armes, revêtu de sa cotte parsemée de Heurs de lys d'or, dmis une loge ipii était sur la porte de ladite grande Mille mu appela les députés avec une telle confusion el mélange, qu'on ne put reconnaître si c'était par gouvernements ou par bailliages qu'on était appelé. Si bien que rbariin entra en foule el comnte il put dans la salle. Il y avait grande quantité de bancs à droite el h gain lie. couverts de lapis verts. Le tiers état se mil sur les derniers, la noblesse sur le milieu et le clergé, devant.
Toutes les loges, tant hautes que basses . <le ladite salle étaient remplies d'hommes el de femmes, comme aussi tout le parterre de ladite salle. Ce qui apportait une grande confusion de voir que 'toutes sortes de jiersonnes étaient la reçues indifféremment, au lieu qu'il n'y devait seulement avoir que les députés el autres personnes servant à l'Etal. Cependant tout élail plein de dames el demoiselles, de gentilshommes et autre peuple, comme si l'on se fût transporté là pour avoir le divertissement de quelque comédie. La plupart des députés étaient mécontents de ce désordre et disaient qu« la France était incapable iurdrt.
Le roi, la reine, Monsieur, frère du roi, M. le prince de Condé, M. le comte de Soissoiis lenant le bâton de grand maître, M. de Mayenne, grand chambellan, la reine Marguerite, plusieurs princes et princesses, ducs, comtes, seigneurs et barons y étaient. Le roi, la reine mère et la reine Marguerite étaient sous un dais de velours violet semé de fleurs de Ivs d'ori,;. Ledit sieur de Mayenne couché aux pieds du roi. M. le chancelier, au-devanl duquel marchaient les huissiers , ayant la chaîne d'or au col . vélu d'une robe de velours violet cramoisi, assisté de tous messieurs les conseillers d'Etat et des quatre secrétaires; M. de Vil— leroy qui marchait à roté el de (tic\ M. le président Jeannin qui y était pareillement.
[Cm? discussion de personnes s'élèvq entre «MM. les conseillers d'Ktal, d'épée el de robe » el n MM. les députés du clergé et de la noblesse 1.] Sa Majesté . assistée de la reine sa mère, de M. le chancelier, de» autres officiers de la couronne et de MM. les secrétaires d'Etat, pourvoit sur-le-champ à ce grabuge, et il fui ordonné qu'un banc serait mis de chacun coté, devant ceux sur lesquels étaient assis MM. les conseillers d'État.
Notre auteur donne ensuite le texte du discours du roi, *qui parle peu*; il sétend sur le discours du chancelier. ^ qui était M. de Sillery*
*' En 1 789 , des dispositions («miles sont pris»; si l'on se reporte au plan de l'architecte Pari» (ci -après, p. 16). on voit une antitaUe élaldie sur la rue de» Chantiers, el au-dewus de la porte roramnoupiant à la grande salle, un -balcon d'où le Itérant fil l'appel».
:,) » Voyons ce qui »e fit le lendemain à l'ouverture des Klato dans la salle de Rom-bon. Celle grande salle et son lambris étaient entièrement peint» de fleur» de ly*. el au haut d'iHIe. du enté
de Saint-fierinnin-l'Amiecroi», l'iait on grand dais ou tribune en forme de théâtre ou éebafaud élevé de trais inarches , au milieu duquel était un grand marchepied rt »ur icelui nn antre sur lequel le roi ne mit en «on siè«e. Tout I* théâtre était couvert de tapisserie de velours violet semé de fleur* de ly» d'or. » ( Werr «r» fnutcoù . op. cil., p. hj.) Voir la Jjravure Plan d rrvmtntalim , %. A . page Xl.v, el le» délai!» complémentaire* donne» dans i'ApptnJicr n' I. ci-après, p. t\\\v.
INTHODLCTION.
et qui p harangua l'espace d'une heure». "... Ce l'ait, M. de Marquemonl , archevêque de Lyon harangua pour le clergé fort succinctement. M. le baron de Pont-Saint-Picrre harangua pour la noblesse, tout debout et le chapeau en main, lequel fut fort long, entremêlant tant d'allégations d'histoires profanes, qu'il faillit demeurer court deux ou trois fois, et encore finit-il son discours sans y penser, la mémoire lui ayant manqué. * Enfin, <?M. François Mirou, prévôt des marchands, président «lu tiers état, les genouils en terre W, parla aussi succinctement en ces termes», et Fl. Rapine nous donne en entier ce curieux discours, puis il ajoute seulement : «Ce fait, le roi se leva et chacun s'en retourna étant presque nuit v.
Le récit de Fl. Rapine, qui jette tant de lumière sur les usages et les mœurs d'autrefois, serait à lui seul une véritable Introduction aux États généraux de 17H9; nous n'en pouvons donner que de courts extraits. Quelques paroles du président de la noblesse montreront cependant quelles étaient alors les hautaines prétentions de ce corps au regard du tiers état; admis auprès du roi le 17 novembre 1 6 1 4 , le baron de Sennecey se plaignit -rde ceux des \illes, qui, méconnaissant leur condition, voulaient s'égaler aux hommes d'épée. . . J'ai honte, Sire, de vous «lire les termes qui, de nouveau, nous ont offensés: ils comparent votre Étal à une famille composée de trois frères; en quelle misérable condition sommes-nous tombés si cette parole est véritable ! v
Fl. Rapine poursuit donc minutieusement sou histoire de chaque séance et arrive ainsi à la séance de clôture du 2 3 février 1 6 1 5. Ici, les détails donnés sont trop curieux pour être omis :
Le -j3 d ud il mois^, \a c\Mniv des fonts fut assignée, en In salle de Bourbon : tous li-s députés s'y rendirent sur les 1 1 heures du mnliti; mois si ce nVliu'l la clôture d'une si ini-
Cf. Harangue protumeet en la tulle du Petit- humiliante coutume, et le |
Hisurbm, le aj oriohre 1S1Û, à l'ouverture det Etait n'insista pas.
généraux tenu» à Paris. . . , par M™ b.S. de Marque- 1 ' -Le lundi i3 février, jour prie pour la clôture
mont. Paria, t6t5, in-tt*. | llihl. naU, Le"/-.) îles États, les trois ordre» se rendirent a la «ail* de
et 3.) Denis-Simon de Marqnetnojit avait été nommé liourbon. laquelle était di»posée et préparée en la
ardievêque de Lyon en 1 6 1 1 : il mourut le 1 6 no- iiv'im forme qu'il a été dit ci-de«ju* en I ouverture
vembre i6q6. (Cf. Guis, Sertrt tpueooontm.) desdits Etats, sinon que Mineurs du Conseil du
;!; Il y eut des tentativea faite» en 1789 |iour roi et les niallres des requêtes furent assis et rangés
du lier» étal l'obligation ancienne de parlera Inut joignant le U «titre du roi, Intimant le visage
i devant le roi; les cahiers du tiers éUt pro- vers tes Ktats el le dos vers le théâtre . comme les
terrent vivement . pour la plupart, contre celle «Ain, d'État qui étaient entre eux. Par le peu
ïltt
INTHODl CTION.
portante action uni nous v appelle, je voudrais passer sous silence cette cérémonie, pour ne point donner de tache à la nation française et marquer de honte et de vergogne leurs humeurs si peu fermes et constantes et totalement ennemies d'une sage et honnête gravité. Car en une action si célèbre et si relevée, en une assemblée si honorable et de personnes de si haut mérite, que l'Europe n'en vît jamais de telle, le désordre et la confusion fut si grande, que je puis dire et assurer avec vérité, avoir vu de mes yeux, et je no le puis rapporter sans pudeur et sans honte, les cardinaux, les évéques, les capitulaus, les prieur», le* abbé*, la noblesse et tout le tiers état pressés et poussés sans ordre, respect ni considération, mu
milieu des piques et des hallebarde», tant le désordre fut grand, honteui et indigne
Tant y a que les trois ordres attendaient à la porte de la salle pendant que plus de deux mille courtisans muguets et muguetles et une infinité de gens de toutes sortes avaient pris le» meilleures places. Aussi quand tout le monde fut entré, il y eut une telle presse, qu'il ne fut
pas quasi possible de faire faire »ilence à ceux qui avaient à parler Or comme un rha-
cuii fut entré, prit place (gui put, autant le député que celui qui ne l'était pas; Imites le» galeries étaient pleines d'hommes et de femmes.
Le roi, la reine, Madame, les princesses du sang et autres; M. le comte de Soissons,
M. le duc de Mayenne y étaient proches de lueurs Majestés qui étaient sur un théâtre
haut élevé, miiis un dais parsemé de fleurs de lys d'or; M. le chancelier était à coté du roi, et pruche de lui MM. les conseillers d'Etal. M. l'évéque de Luron parla pour l'Église un assez long temps, et ayant achevé il porta le cahier du clergé au roi qui le prit et le donna à M. le chancelier; M. de Scnnecey parla pour la noblesse environ un quart d'heure, qui porta
semhlahlement son cahier au roi M. Mirou étant h genoux sur un carreau de velours,
proche d'un petit banc rouvert d'un drnp d'or à fleurs de lys saris nombre, parla aussi pour le tiers étal en ces termes.
Florimond Rapine donne ensuite le texle in extenso de la harangue si courageuse et si souvent rappelée de François Miron, dont certains passages reviennent presque textuels dans les cahiers du tiers état de 1789: fCe pauvre peuple, qui n'a pour partage que le laheur de la terre, le travail de ses bras et la sueur de son front, accablé de laille , d'impAt du sel, doublement retaillé par les recherches impitoyables et barbares de mille partisans, a été' vu manger l'herbe au milieu des prés avec les bêles brûles. Autres plus impatients sont allés à milliers en pays étranger, détestant leur terre natale, ingrate de leur avoir dénié la nourriture, fuyant leurs compatriotes, pour avoir implicitement contribué à leur oppression en tant qu'ils n'ont pu survenir à leurs misères*, etc. Il terminai! ainsi : « Qui pourvoira donc aux désordres? Sire, il faut que ce soit vous.
île soin m»' les capitaines îles ponles et autres ipii en étaient churgis \ moinil apporté, l'votreV ayant éU: |*rniise à un mie iW personne* de tout scie.
il s'y vit encore uw plus grande confusion qu'a la séance de l'ouverture, ce qui causa un grand désordre. . . - . «le. ( Urtrurt frumyù, «p. fil. . p. \<i.\.)
vu. INTHODl CTION.
Vous avez assez de moyens de le faire Voire pauvre peuple qui n'a plus que la peau sur les os, qui se présente devant vous tout abattu, sans fonce, vous en supplie an nom du Dieu éternel qui vous a fait pour régner, qui vous a fait homme pour avoir pitié des hommes el père de votre peuple pour avoir pitié de vos enfants
El ayant achevé, continue FI. Rupine, il présenta comme 1rs autres son rahii-r couvert dr velin n fleurs Je lys d'or sans nombre, ayant aux deux côlés les armes de Fronce cl «le Vivanv. roi le pril semblablement et le donna aussi nudil sieur chancelier. Ce fait, le roi prononça ces paroles, setanl découvert : ^ Messieurs , je vous remercie de lanl de peine qu'avez prise pour moi depuis quatre mois. Je ferai voir »os cahiers et les répondrai promplement et favoniblemenl -.
Comme il eut achevé, chacun se relira qu'il était près de 8 heures de nuit.
La suite du Récit de FI. Rapine est à citer, parce qu'on y p«ut voir un précédent de ce qui s'est fait le so juin 1789 au Jeu de Paume :
\m mardi ai* dudit février, écrit-il. jour de saint Malhias, tous les députés du tiers état, ou la plupart, se transportèrent aux Auguslins pour se voir, el croyaient que M. Miron s'y trouverait afin de nous rendre, les uns aux autres, quelque sorte de compliments: mais il n'y voulut plus entrer, non seulement ce jour, mais aussi les autres suivants, et s'excusait sur ce que le roi et .M. le chancelier lui avaient fait défenses de faire aucune assemblée. Alors nous commençâmes de voir et remarquer, comme dans un miroir, nos fautes passées; et les plus gens de bien regrettaient infiniment la lâcheté et faiblesse de laquelle nous avions usé en toutes les procédures des États.
Dès le grand matin, toutes les tapisseries el les lianes furent ôlés de la rhatnhre, nu nous avions accoutumé de faire nos assemblées et délibérations, et tenait-on la porte fermée, tant on craignait l'assombléc de tout le corps. Et à dire vrai, ceux qui se sentaient coupables de tant d'exactions et larcins, el d'une dissipation si prodigieuse des finances du royaume, avaient bien sujet de craindre une nouvelle assemblée, en laquelle, peut-élre. Dieu et le propre intérêt de notre mère commune, de notre patrie et de l'innocence de notre roi, eût suscité quelqu'un qui eut réveillé les autres du profond sommeil qui nous avait tenus comme assoupis pendant quatre mois.
Mais que deviendrons-nous pendant huit ou dix jours qu'on nous répute comme personnes privées, coupables de lèse-majesté, si nous entreprenons de faire une assemblée? Nous venons Ions les jours battre le pavé du cloître des Augustin*, pour savoir ce qu'on veut faire de nous. . . L'un frappe sa poitrine, accusant sa lâcheté, et voudrait chèrement racheter un voyage si infructueux, si pernicieux à l'État et dommageable au royaume. . . L'autre minute son retour, abhorre le séjour de Paris, désire sa maison, voir sa femme et ses amis, pour noyer dans la douceur de si tendres gages, la mémoire de la douleur que la liberté mourante lui cause. Tous ensemble cherchent les moyens pour être congédiés . . .
INTRODUCTION