LA SAI.I.K DU M AN KGK
vant : au début «le cette même séance du uG décembre, « un membre de la Commission des douze1" annonce que la clé remise par le ci-devant roi à Thierry^, le ta août dernier, et dont Louis a déclaré n'avoir aucune connaissance, est cependant celle qui ouvrait l'armoire de fer au château des Tuileries. Il présente en même temps quatre clés servant à des tiroirs des appartements du ci-devant roi. La Convention ordonne que ces clés seront déposées sur le bureau avec la note de Thierry, pour être représentées à Louis ». Aussitôt que nie ci-devant roi-? eut achevé la courte protestation citée, eut lieu entre le président et lui un échange de paroles ainsi rapportées au Moniteur :
La Phksidkht à Louis. La Convention n décrété que cette noie voua serait représentée (un secrétaire présente a Louis l'inscription présumée écrite de sa main sur l'enveloppe des clé* trouvées chci Thierry). Connaissex-vous celte notcî
Louis. Pas du tout.
Lr. Pbésidmt. La Convention a décrété aussi que les clés vous seraient représentées. Les re-
Louis. Je nie ressouviens d'avoir remis des clés aux Feuillants, a Thierry, parce que tout était sorti de ehex moi et que je n'en avais plu* besoin.
Louis. Depuis lo temps, je ne puis les reconnaître. Je ne reconnais pas les notes. Je nie souviens d'en avoir vu plusieurs.
Ls PiÉsiBiWT. Vous n'avei pas autre chose n ajouter pour votre défense?
Louis. Non.
Lr. Pbïbidem. Vous pouvci vous retirer.
Louis sort de la barre avec ses défenseurs. 11 est conduit dans la salle des Conférences >'■ pour y attendre la décision de l'Assemblée.
Après une courte discussion .« l'Assemblée décide que la défense de Louis Cape! sera signée de lui et de ses défenseurs, déposée sur le bureau et c|u'il sera ramené sur-le-champ au Temple. Il est une heure'') i\
Voir, pour la Commission des doute, le chapitre consacré par M. Aaua» mit "Précédent» du Comité de («il.it public, don» l'/ntiW.cUo. des Papier* du Comité dt salut public, 1 1.
Un décret de la Convention, du -io septembre 1793, avait prescrit la remise h la Commission de» vingt et un des cinq elefe trouvée* dans l'apprieinenl du sieur Thierry (de Vitle-d'Avrai 1, sous une envelop|>e portant celle inscription de la main de Thierry : "Ciels que le roi m'a remises aux Feuillants le 10 août 179»". fie. (cf. Ti ivir, np. cit., I. IV. n* 3964). Voir sur Thierry do Vùïed'Avrai ci dessus, p. 3, note 7. Thierry de Ville-
d 'A vrai est indiqué dans 1111 grand nombre d'ouvrages comme étant Tunedcs victimes des massacres de septembre 1794. Roland, cependant, déclara a la Convention, le 3 janvier 1793, au coors d'une discussion relative aux scellés apposés sur se* papiers : -Je me suis opposé a ce qu'ils fassent levés. . . pair» qne je soupçonnais que Thierry n'était pas mort. . . J'ai appris depuis qu'il ciail passé en Angleterre.» (Compte rendu Momtrur. réimpr., t. XV, p. âti.)
|J| Nous n'avons pu lixer l'emplacement de la salle désignée sous ce nom.
"i .Vwu'iwr. r/inipr., t. MV. p. «<lb\
Lu gravure que nous reproduisons montre, dans la partie droite, Louis XVI à la barre, entouré de ses défenseurs; un membre de l'Assemblée lui passe une clef qui paraît énorme, et il tient à la main la note remise par la Commission des douze. C'est donc bien à ce moment de la séance que se rapporte la scène. Cette gravure nous permet de connaître les dispositions de la salle en décembre i yg-j : on y peut voir ces « tribunes des extrémités de la salles qui jetèrent si souvent le trouble dans les séances W. Aucun changement n'ayant été fait à la disposition générale, lorsque la Convention avait remplacé la Législative, il paraît bien que les fenêtres qui se remarquent à droite donnaient sur le jardin des Tuileries, puisque, parla décision du 97 décembre 1791, la Législative avait décidé de transporter sur le coté Nord le fauteuil du président qui auparavant occupait la partie opposée. 11 y aurait sans doute d'autres détails à relever au cours des longues discussions provoquées par le procès de Louis XVI >*!; le tumulte et les cris des tribunes si vuiuement rappelées a au respect qu'elles doivent à la Convention permettraient de 6xer quelques points relatifs aux arrangements intérieurs; nous ne pouvons cependant que renvoyer le lecteur aux nombreux ouvrages consacrés au célèbre procès.
Des graves événements ou des journées troublées qui marquèrent la période comprise entre le jugement de Louis XVI et le mois de mai 1 793, nous ne retiendrons que les tentatives insurrectionnelles des a5-a6 février et 1 0-1 1 mars 1793.
Des symptômes d'un caractère enrayant, écrit le rédacteur des lUvolaùnu de Paru, ù propos «le la journée du a5 février, nous menaçaient depuis quelques jours d'un événement sinistre : une disette factice, semblable à celle de 1783. se manifestait à Paris depuis quelques jours. I* débit du pain éprouvait des lenteurs, rt la difficulté d*en avoir «uait déjà coûté des larmes à plus d'une citoyenne.
Le savon qu'on se procurait encore, il y a un mois, à tA et 16 sous la livre, était monté à Ai sous et déjà plusieurs blanchisseuses gémissaient sur l'impossibilité de continuer leur état.
' ' ■ On trouverait quelques détails sur l'ensemble ■le la salle et sur la disposition des tribunes dans nue gravure, sans date et sans nom d'auteur, conservée » Carnavalet ( Topo/papiùt de l'arit, volume 9) portant, avec quelque* versets, cette mention : tTiré de l'Évangile selon Sninl Lue. chap. 1x1 -. La scène sp rapporte, croyons-nous, aux incidents qui marquèrent la seaikce du & janvier 1791. lorsqu'il fut procédé h l'appel des ecclésiastiques fonctionnaires public* qui devaient prêter serment, La forme des tribunes, des lustres, de» poêles est . dans celle gravure, nettement indiquée. Nous ne l'avons |iag reproduite ici |>arce que certaines biiarrcrii-s eu diminuent le pris. C'est qu'une sorte de rayon céleste semble frap-
per l'orateur eccleMaslique refusant «le prêter serment et qui se trouve dans la tribune située au-dessus de l'entrée de la barre. La situation re<pective du fauteuil «lu président et de la barre «tait, eu janvier 1791. rappelons-le. absolument contraire à celle qui evislait en décembre 179a. On voit sur cette gravure que, sur la tri- 6, c'est-à-dire eu face du président et de> s, on avait installé 11 n ca'cndrier mobile eu deux parties contenant, l'une, l'indication >lu jour. l'autre, le quantième du mois.
l'i La bibliographie la plus complète sur »lr procès et l'exMilion de Louis XVI» se trouve dans l'ouvrage «le M. Toi nssci si souvent cité. I. I,
LA SALLE DU MANÈGE
Déjà, des plaintes amères s'étaient fait entendre dans les tribunes du Conseil général de la commune. Ailes vous plaindre h la Convention! avait-il été répondu.
Le conseil fut snivi. Dimanche, parmi les pétitionnaires, plusieurs crièrent : Du pain ti du ëtivon ! Ces cris étaient appuyés hors do la salle par des groupes nombreux et animés. La Convention écoute tout cela avec assex de froideur el ajourne a mardi pour y faire droit; loin de calmer et de satisfaire, celte détermination aigrit encore davantage, etc.
De nombreuses boutiques d'épiciers furent pillées, surtout dans les rues des Giuq-Diamants et des Lombards.
Plusieurs femmes avaient des pistolets à la ceinture et ne s'en cacbaienl pas. Parmi ces femmes-là, on a vu beaucoup d'hommes déguisés, etc.
. . . Les désordres populaires sont dus à l'impuissance des loisel à l'impérilie des magistrats. . . Mardi [16 février], on voulut comme réparer l'incroyable apathie de luudi. Dès les h heures du matin, on battit la générale. . . La présence de fortes patrouilles en imposa à quantité de feuiroesqui espéraient répéter lespectaclc de la veille. Hue Saint-Honoré, leurs desseins n'étaient pas douteux "' etc.
La dispersion de cette tentative insurrectionnelle sur de nombreux pointe de la capitale parait avoir écarté tout danger sérieux de la salle du Manège.
Ces troubles étaient-ils dus au seul a renchérissement des comestibles dont souffrait le peuple r>? ou à l'étranger, «à l'or de Pitl, de François et de Guillaume**? Les journées des 10 et 11 mars permettraient de croire que de mystérieux agents provoquaient des désordres dont le parti contre-révolutionuaire espérait tirer avantage.
Nous venons d'échapper, lit-on dans le même journal à la date du 16 mars, au plan de contre-révolution le plus vaste et le plus pervers qu'on ait encore osé depuis le 1U juillet 1789 . . . Dans deux on trois séances de la Convention, ses commissaires, les généraux et le Ministre de la guerre se donnaient des démentis, comme pour préparer apparemment les esprits aux nouvelles fâcheuses arrivées officiellement de Belgique vendredi 8. On en fait part aussitôt à la municipalité, c'est-à-dire vers les 3 heures après midi. Entre 6 et 7 heures du soir, ordre aux spectacles de baisser la toile; le tambour appelle tous les citoyens aux sections; on s'v porte en foule et la désolation est peinte sur tous les visages. Cependant , que se passait-il à la Contention T Une chose bien étrange. . .
Duliem, en terminant un violent discours contre <rces folliculaires dont l'unique emploi est de corrompre l'esprit public-, avait dit : itJe demande que les journalistes soient tous expulsés de la salles. Des bandes se mirent alors à envahir les bureaux de rédaction. « Lue bande d'hommes armés de pistolets, de sabres et de marteaux se présente à 9 heures du soir chez Gorsas, rue TicquetouneW, en-
m litvolHlwia de Para, n* 190, dn »3 février au 9 mars 1 79a. La bibliographie complète de ces deux journées se trouve dans l'ouvrage de M.Totastti (op. ci';., 1. I, n" 3git-3g«4 \
>rj Gorsaspublia.de 1789 à 1798. une «crie de journaux qui se continuaient en changeant fréquemment de litre : Courrier de VtreaïUtt. . . , Courtier de Parie. . . , Courrier de* département* , etc.
fonce les portes, brise les casses et les presses de son imprimerie . . . Les a oo spadassins qui s'étaient portés chez fiorsas dirigent leurs pas vers la rue Serpente et vont droit aux bureaux de la Chratàque^ ,:, etc.
On peut évaluer de quinte à vingt mille les émigrés de tout sexe, de tout âge, de toute condition, qui ont trouvé le secret de rentrer à Paris. . . Ces gens sont chargés d'instructions dont ils s'acquittent avec lele et fidélité; ils ont commission aussi de se glisser partout et d'y jouer un rôle convenu aux tribunes de la Convention, dans les comités populaires, aui asseni- Idées de sections, dans les groupes, etc. Le complot révélé par la commune n'est plus un mystère, d'après les renseignements de* ces émigrés qui font parmi nous autres, habitants paisibles et insouciants de Paris, ce que font les espions lâchés dans une année ennemie. Quels servir*» signalés ils rendraient à leurs maîtres dont ils sout bien payés, s'ils venaient à bout de faire égorger quelques député», n'importe lesquels, dans l'assemblée mémo de la Convention!. . Depuis longtemps, il est à l'ordre du jour le projet de transporter la Convention ailleurs ou de la dissoudre tout à fait au niotcn de grandes violences exercées sur ses membre* . . Toujours est-il que la Convention a couru de très grands risques. . . Le» conspirateurs étaient en force et leur audace énorme, jusque là qu'ils ont osé se présenter à la Convention avec un drapeau blanc fleurdelisé et point de couleurs nationales aux cravates. . . Une chose affligeante et qu'on ne saurait révoquer en doute, c'est que celte conspiration échouée, comme par miracle, celte trame infernale a été ourdie au sein des sociétés populaires. Le foyer de cet incendie, longtemps couvé, dans l'ombre du mystère, était aux Jacobins et aux Cordeliers, et ce n'est point une conjecture. Le Ministre de la justice s'en est expliqué ainsi dans son rapport officiel fait jeudi à la Convention : «Dimanche 10 mars, entre 8 et 10 heures du soir, je crus voir un grand mouvement autour de la Convention; il y avait aussi grand nombre de fédérés dans les rues. Je me rendis chez le ministre Clnvière que je ne trouvai point; je fus de là cliex celui des affaires étrangères. Un de ses employés qui venait des Jacobins nous annonça qu'on y avait fait la motion de se diviser rn deux bandes. Tune pour se porter à la Convention, pour se défaire des députés qui avaient défendu Capel, et l'autre pour aller égorger les ministres . . .->
. . .Quoi qu'on en dise, eoutinue le rédacteur, il est suffisamment prouvé que, le matin du samedi 9, des particuliers se sont emparés des avenues des tribunes de la Convention. . . Des particuliers, dans les cafés qui environnent la Convention cl sur la terrasse qui l'avoisine, disaient tout haut qu'on ne laisserait entrer que des hommes dans la Convention, [tarec qu'il devait s'y faire une expédition. Quelques-uus, interrogés sur l'espèce d'expédition qui devait avoir lieu, ont avoué qu'il s'agissait de couper la téta à quelques députés. . .
Nous avons choisi le récit des Révolu
L'adresse est indiquée : «Chei l'auteur, rue Tiquelounc, n" 7*, quelquefois : rue Tiquelonne. n* 3 1 . M. Tourncui a tait de ces diverses publications de Corsa» une étude très complète et très intéressante dans sa BibliagntpkU (tome II, u" io»s8-io«33); nous y renvoyons le lecteur. Antoine-Joseph fiorsas avait été élu député à la Convention par les départements de l'Orne et de &?ine-et-Oise. Il opta pour ce dernier département.
1* de Paru, parce qu'il était important
• Le Cmrrier de* départements, écrit M. Touroeux . cessa de paraître après les journées des 9 1 mai et des i"et 9 juin. Corsas, enveloppé dans la proscription des Girondins, monta sur récksfnu<l le 7 octobre 170,3.*
(l' la Ckrmifu de Pari* (si août 1789a5 «ont 1798), 8 vol. in-A\ Bibl. nat. Le '/s 18. Voir la notice consacrée à ce journal imt M. Tonriieux. BMùtgmpkie, t. Il, n* toSio.
LA SALLE DU MANEGE
d'avoir, sur ces obscures manœuvres de partis, l'opinion d'un journal ami des sociétés populaires; nous n'avons d'ailleurs, du long article consacré à ces événements, tiré que passages essentiels. Vergniaud donne sur l'heure, avec son opinion *sur la conspiration dont la France avait failli être victime*'1', un résumé et comme la genèse de ces tentatives insurrectionnelles. Après avoir montré les divisions qui s'étaient élevées parmi les membres de la Convention, les uns « estimant que la Révolution devait être linier, les autres «effrayés de la masse des ennemis qui menacent nos frontières r, pensant qu'il fallait au contraire <r continuer le mouvement n, il montre les agitations soulevées par le jugement de Louis XVI et par *les événements de Liège. . . avec le tableau des trahisons qu'on attribuait à nos généraux-".
Dans ci- moment, continue l'orateur, des citoyens de Paris ont mis en avant l'idée que l'établissement d'uu tribunal révolutionnaire devenait indispensable, que nos généraux devaient être mis en état d'accusation devant ce tribun.il; que les ministres étant d'accord a>ec des membre» proscrits de cette assemblée, il fallait réorganiser le ministère. . . L'idée d'un tribunal extraordinaire fut adoptée11', mais il n'en fut pas de même de celle relative an ministère. Celte dernière fut presque unanimement rejetée; mai$ il ett ttttntirl ir irmmtrrr minmrat Farùtoavtif roM/tftt rfwor^rtwi^cr f\inwec et ot^ttHiSfr m wte iwe ictnpt ri Ir Iribufiol ci if ntiflMjfTc.
Vergniaud analyse rapidement les origines de la conspiration, les rassemblements formés autour du Manège, sur la terrasse des Feuillants : *La nuit du dimanche au lundi fut arrêtée devoir être la nuit de l'exécution; le soir, des hommes armés se rassemblent aux Champs-Elysées, pendant que des groupes très nombreux grossissaient sur la terrasse des Feuillants n. Vergniaud expose ensuite « pourquoi ces complots ont avorté*. Il en attribue l'échec à cinq causes distinctes :
D'abord, les membres proscrits de la Convention n'étaient pas à la séance; les assassins eu ont été avertis par leurs espions. . . Second obstacle : surveillance du Conseil général de la commune que vous avez déclaré dans cette nuit avoir bien mérité de la patrie. Troisième obstacle : surveillance du Conseil exécutif dont les membres étaient eux-mêmes enveloppés dans la proscription. . . Quatrième obstacle : le bataillon des fédérés du département du Finistère qui, heureusement, n'étant pas encore parti, resta toute la nuit sur pied, prêt n voler au secours de la Convention nationale. Cinquième obstacle : opposition et surveillance des sections qui étaient loin de partager les projets criminels des conspirateurs. . .
L'Histoire des édifices, «pie nous étudions, ne peut être séparée des grands
|l; Le discours de Vergiaud fut prononcé dans U séance dn i3 mars; noos nulisons ici la version des Aéra/Mliou J* Paru (n* 19s); «die diffère essentiellement de celle du Moniteur (n" de» i5 ot iti mars).
"> Décret du 9 mars 1793 : *La Onvention nationale décrète rétablissement d'un tribunal
criminel extraordinaire, pour juger, sans appel et sans recours au tribunal de cassation, les conspirateur* el les contre-révolutionnaires*. Les documents imprimés relatifs à la formation et aux acte» du tribunal révolutionnaire ont été relevés dans la Biblmgrnykit si souvent citée de M. Tôt uns. . t. I, n" 39*5-3974.
événements dont ils furent le théâtre; c'est ainsi quïl nous faudrait souvent sortir du cadre un peu étroit de l'installation matérielle des assemblées; il y aurait eu, par exemple, de plus amples détails a donner sur cette conspiration liée aux journées des 3i mai, i" et a juin 17/13 que nous retrouverons au chapitre suivant. Nous renvoyons pour le surplus aux bibliographies spéciales'" et aux textes que nous n'avons fait que résumer.
Les troubles provoqués par le public des tribunes prirent, au mois d'avril, de telles proportions, que l'on en vint à proposer le transfert de la Convention à Versailles*.
Le Comité des inspecteurs de la salle n'est occupé, a l'époque où nous sommes parvenus, que de l'installation prochaine de la Convention aux Tuileries. A cette période se rattache un document que nous avons déjà cité : le Rapport fait au nom du Comité det impecteur» de la nalle, sur le placement de» comité*, par Sergent, député du département de Paris ('■'. I*e sous-titre en résume l'objet : «Aménagement du palais des Tuileries en vue de l'installation des services de la Convention, suivi do deu\projels de décrets, l'un sur un concours ouvert pour l'établissement des Comilès-archm* , l'autre sur les démolitions exigées par cette transformation-, etc.
Citons encore, au nombre des mesures préparatoires du transfert de l'Assemblée, le décret du a A avril «793, ainsi conçu :
La Convention nationale, après «voir entendu son Comité d'inspection de la salle, décrète «v qui suit :
AaT. 1". Le rhateau et le jardin appelé» des Tuileries porteront désormais le nom de Palais et Jardin national.
Art. 2. Le Ministre de l'intérieur, chargé de la surveillance du Palais national, le sern au*si de l'inspection, entretien, embellissement du Jardin national, de la place do la Révolution " et des Chnoips-tëlysées.
A»t. 3. Charge le Ministre de l'intérieur de faire disparaître du Jardin national les échoppes, boutiques, étalages et haillons qui l'ont transformé eu une espèce de marché l*1.
La Convention prenait, le 9 mai 1793, la décision suivante : *La Convention
"I Cf. Bihliagmphie de M. Touroscv, t. I. n" 3975 el buïv.
Au cours de U séance du 3o avril 1793, après une scène tumultueuse des tribunes, Giiadct ■lit : "Je demande que la Connu lion nationale décrète que, lundi, sa sésnee sera tenue a Versailles». {Moniteur.)
;'' Rapport daté du 18 février 1793. lin p. nat., s. d., in-8\ Arrh. nat-, AD, vm, 34.
1,1 Le dernier de» doVrels voté* par la Convention dans sa dernière séance, le 4 brumaire an iv (s6 octobre I7g5), est ainsi conçu : -I. \ dater du jour de 1a publication de la paix générale , la peine de mort sera abolie dans toute U République française; II. La place de la Révolution portera désormais le nom de place de la Concorde. \ l'roeh-vtrhal.)
Version du Jo«rW du Dthau.
• an ut
décrète que, demain. elle tiendra séance dans le nouveau Inral prépaie dans le Palais national t..
Le 10 mai 1793, elle tenait enfin sa première séance aux Tuileries 1 . dans la salle à laquelle on travaillait depuis près de six mois. Nous la retrouverons la pour continuer l'histoire de son installation matérielle, au chapitre suivant.
La destinée politique de la salle du Manège n'est pas achevée toutefois avec le départ de la Convention. Abandonnée pendant quelque temps, après le mois de mai elle fut, avec le ri-devant couvent des Feuillants, attribuée aux diverses administrations qui se partagèrent la manufacture extraordinaire d'armes à Paris. On lit dans le Rapport de Carnot du 3 novembre 1793 : « La maison des Feuillants a présenté des ressources pour tous ces objets [administration particulière pourla fabrication des canons de fusils]; l'administration y est déjà établie, les magasins sont disposés. . . et la salle qu'occupait jadis l'Assemblée nationale est destinée à être l'entrepôt général des fusils achevés, en attendant qu'ils soient envoyés aux années" w. L'occupation à ce titre dura pendant l'année 1796. Un arrêté du Comité de salut public du 5 mars 1796 porte : *Les inspecteurs de la salle seront invités de mettre à la disposition de l'Administration générale désarmes portatives, les remises, écuries, etc., aboutissant, de droite et de gauche, à l'ancienne salle des assemblées nationales- v.
Li Constitution de l'an m qui, à côté du Pouvoir exécutif , créait deux conseils, ramena l'un d'eux, le Conseil des Cinq-Cents, à la salle du Manège, celui des Anciens demeurant aux Tuileries.
Les Cinq-Cents demeurèrent au Manège du aH octobre 1 79a , jour de leur constitution définitive '^jusqu'au 31 janvier 1798. Ils allèrent, à cette date, prendre séance dans la salle du Palais-Bourbon que l'on avait préparée pour eux à la suite de longs et coûteux travaux.
": Ijp Moniteur, au «impie rendu de cette séanre •lu 1 o mai 1 793 . m- fait aucune allusion il lïnslol- Islion nouvelle.
>r> Rapport i»r la manufactura, extraordinaire d'arme* établie à Pari», publia dan» Iti Ctrrctfmndanct de Carnot, par Él. Ciuaiwv. I. III, p. ,'jjo.
|S Papier* du Gimiti de tnlut public, rwucil Al - LARD. I. XI, p. 554.
La dernière séance de la Convention fui levée le 4 brumaire an iv ( 96 octobre 1 7y."> ) , ii 1 hc tint el demie. Ceux ilra membres de la Convention qui avaient été réélus au Cnrpt législatif se réunirent ensuite en corps électoral -pour compléter, aux terme* de* décret» des 5 et Ct fruclidor, Ir-t ilcuv
tiers ilm membres qui iloivenl rester dans le Cor|H législatif*. Le 5 brumaire, à y heure* du noir, le> opération* électorales étant terminée», le Corp» leffitlatif te forma aux Tuilerie*. La séance, levée a 'i heure* dn mâtin . fut repriae le ti brumaire; âpre* lu vérification (les pouvoir», le Corot législatif établit -In lisle des mcmhn* que le sort s désigné» pour chacun de» conseil»-. Aussitôt l'Assemblée se sépare en deux conseils. - Les membres du Conseil des Ciuq-Onts se rcuileul à l'ancieunr sali' de l'AsseuihliV coniui tuante dite, du tfaaèyrs . . . »L ■ Couseil des Anciens se forme dans la salle qui a servi aux séance» de la Convention.* (Compte rendu
dl. MmmW.v
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