SM.I.K DU MANKHK
Iji salle du Manège disparut avec se* dépendance», lorsque, en exécution de* arrêtés de» consuls des 17 vendémiaire et 1" floréal »n m " furent entrepris les Iravaiix nécessaires pour l'élabluiimnienl de* rues de Castiglione et de Hivoli.
Nous reviendrons plus longuement sur les derniers temps de In salle du Manège, si oubliée maintenant malgré la célébrité des événements dont elle fut le Ibéiltrc. lorsque, au coure de» assemblées dont nous essayons de fixer le cadre, ■ions en serons venus aux divers lucaux occupés par le Conseil de» Cinq-Cents.
LES AMEXES DE Ll SILLE Dl MIXEfiE. LES COUVERTS HKS KEULLAVTS ET DES CJPICIMj.
LEUR IIISTOIBE. LES HOTELS DE Ll PLACE VEXM>«E, IXCIMS M«£rOS h ET 9.
I>e* annexe» principales de la salle du Manège dan» lesquelles étaient établi* les plus importants services dis Assemblées nationales, comités, bureaux, arrbives, imprimerie, etc.. sont au nombre de quatre : le couvent des Feuillants dans lequel était presque enclavée la salle du Manège; le couvent des Capucins, dont elle était séparée par le passage qui conduisait de la rue Saint-Honoré (en lace la place Vendôme) au jardin des Tuileries, enfin les deux hôtels de la place Vendôme qui portaient alors les numéros h et 9. La Législative et la Convention ne conservèrent de ces annexes que les deux couvents de* Feuillants et des Capucins.
Is* Feuillant».
Le couvent des Feuillants, qui portait dans la rue Saint-Honoié, en 1784, le il" 43o, est le plus important a connaître dans se» détails, parce que les membres îles trois assemblées qui siégèrent au Manège y vivaient ou y [tassaient nécessairement, soit pour se rendre aux bureaux, comités, service», qui y étaient établis, soit pour entrer ou sortir de la salle des séances. Le meilleur résumé que nous connaissions, aussi bien de l'histoire même des religieux Feuillants, que de l'installation de leur couvent, se trouve dansMillin; nous croyons donc devoir donner ici la plus grande partie du chapitre qui leur a été consacré par cet auteur f\
»ll aéra perré une nie dam l'aligneiarnl <lr «■Ile de la |ilae* Vendôme. <nr If terrain» «V» FcuiHanls H crut du Manège, juaqull la irrrttttJr» Tuiltr iea . . . • 'Il m perre une rue ■lai» toute la («ligueur «lu pa*M|p? <lu Manège ju«ipi'a «He Saiol-Klureultif. rir. (art. i" et i ■le ïarrtWdu 17 iftiilëimaùv an \).
' ,U* terrain. apparlai.il a la R4*.lili.|<tt. liluAi <laiia le <uM.«*r <lu toi**' . la
ler-rnue iln Feuillant*, ton* le» terrain* nera|iei |wr Iea KraiUanla, lot Capucin* rt I' Awiiinptioti m" roui nin en truie.» ( Art. 1" de l'arrête' «lu 10 Boi*dl an \.) Oe» aie*» arr*« «• Imowail tm partirulier ilan» le bitliommur aV' rwi *V Paru, de Laïaiv. »ui moU (juUgtmw. .afaw-ïlUaar «I ffnwti, p. i<>8. <l>Sel âyi.
'' MlLLU, lafàfai'ira nmlamaiti , Parit, 1790i7!(K, Siul. id V. IIiM.mi . I.j i/3S. l.l.p. 1-K1.
Les Feuillant'* étaient une réforme de l'ordre de (liteaux. O fut doui Jean de la Barrière, abbé de Notre-Dame de Feuillans, qui commença, en France, la réforme qui a pris le nom de cette abbaye. Jean de la Barrière était né en i544 dans le Quercy. Charles de Crussol lui résigna l'abbaye de Feuillans ') en 1 56a; il en prit possession en 1 565. Nous citons maintenant textuellement :
Henri III, instruit de la piété des religieux de l'abbaye de Feuillans, en voulut «roiri Paris; il pria le saint abbé de lui en envoyer soixante, pour lesquels il fit bAtîr le couvent que je dénis, rue Saint-Honoré, vis-à-vis la place de Vendôme
Dom Jean de la Barrière les accompagna lui-même. Ils entreprirent ce voyage à pieds nus, sans sandales; malgré la faiblesse où les jeûnes et les veilles les avaient réduits, ils faisaient tous leurs exercices dans le chemin, comme s'ils eussent été dans le monastère, sans que cinquante cuirassiers, qui les accompagnaient de la part du roi, les détournassent de leur dévotion.
\je roi qui était au couvent de» Bons-Hoinmes , dans le bois de Vineennes, lesenvova recevoir à Cbarenton, où ils arrivèrent le .3 juillet .388 [sk i'>88]^; il alla lui-même a leur rencontre. Ils se proslenièirut tous à terre, et le roi, liw avant fait donner la bénédiction par le canliaal de bourdon qui l'accompagnait, il les releva et les conduisit daus ce couvent, ou il les logea et les enlreliiit jusqu'à ce que, leur couvent de la rue Sainl-Honoré élaul achevé, ils en prirent possession le 8 septembre de la même année. . . [Suivent détails sur la vie de Jean de la Barrière.]
Il mourut dans celte ville j Home | dans son monastère de Saint-Bernard , le sô avril 1 6oo. . . Son «rur fut mis dans une boite et envoyé à l'abbaye de Feuillans, et, en i6*6, lorsqu'on transporta ses ossements dans un sépulcre de marbre, au milieu de la même église de Saint- Beruard, on en donna la tête et les pieds à M. Spondé, évêque de Pamiers, pour les porter aussi aux Feuillans, où la tête est seulement restée, les pieds ayant été portés à Paris, dan» le premier des deux monastères de son ordre.
Depuis celte époque, l'abbaye de Feuillans est devenue rhef-d'ordre , les religieux lirent de* établissements considérables... Depuis l'époque de leur fondation, les Feuillans de la rue
''' «Feiullans, Fuiium , dan* le Haut-Langue- a Jean de la Barrière ainsi qu'à ses moine». U doc, diocèse de Rieux, |tarfoment el intendance maison des (Wneaux où il avait d'abord voulu
de Toulouse, a «56 habitant*, célèbre abbaye pincer les Hicronimites. (p. 3oo). -L'ostel de,
d'hommes. Elle n été. fondée le (i île» ides de jnil- Carnatdx*. sur lequel on trouvera des détail*
tet l'an i 16-1 , telon d'autre» t îôg. à deux lieues (mime ouvrage, t I, |i. «99), avait été vendu a
de Brieux, sur la rivière de Touche. Elle était tille Henri 111, le 7 novembre i585, -pour la somme
de la Cresut, au dioctie de Langrcs, mai» à pré- de 3333 écus sol et un lier»».
>ent c'est le clief de la congrégation de la plus "> D'après llurtaut et Magny. ils arrivèrent à
étroite observance de Citeaux. L'abbé e»t électif, Vineennes 'le 11 de juillet de l'an iSS^n.
triennal et général de cette congrégation. Celte »La date de l'établissement des Feuillants à Pa-
abbaye vaut en tout de revenu vingt-cinq à trente ris. écrit à ce sujet M. t'eraand Bournon , indiquer
mille livres." (Snugrain.) L'abbaye de Feuillans par Lebeuf, est inexacte. L'année 1077 fut celle où
*e trouvait li I T*l de la Bastide^des-Feuillants alors le fondateur de l'ordre. Jean de la Barrière, vint
la Bastide-Clermont < Haute-Garonne), pour ta première fois k Paris, où il était appelé par
' M. itiBTr a donné dans ta Topograpkv du Henri 111; mai* ses religieux ne s'installèrent qi*'
l ieux Parût, I. I, p. «0,9 et suiv., un très inlé- dix ans après, en jnillet 1Ô87. dans le couvent
r>*Manl résumé de l'histoire dn coiivcul des Feuil- que le roi leur avait donné.* (Rretfaitiimf «V Inhbt lants. On y voit en particulier que «te roi donna, l.fbtnf.)
LA SALLE DU MANEGE
Saiut-Honoré oui acquis d'immenses rirluauies : ils avaient un vaste terrain, avantageusement »ilué ; ils y ont Ut «fcwr de magnifiques bâtiments dont la location leur produisait nn menu
Portail oV Im maitv*. — Celle maison * sa porte d'entrée en face de ta place Vendôme el a |>our point de vue la statue équestre de Unis XIV. Le portail est décoré de quatre colonnes corinthiennes isolée», d'un entablement et d'un fronton ; on toit sur cette port* un beau basrelief circulé sur le dessin et le modèle donnas par Jean Goujon; il représente Jean de la Barrière qui, à la lê> de set religieui. montre à Henri III le plan du monastère qui s'élève sur ce terrain qu'il lui a donné; on toit dans le fronton l'éeu de* arme* de France et de Navarre.
Après avoir passé cette porte, on enlre dan* one belle mur qui conduit aux Tuileries par un passage qui se prolonge le long de In maison. A coté est la porte d'entrée dn routent : celte porte est en f»re de celle que je tien» de décrire ; elle est en toussnre avec des refans et ornée d'un beau médaillon en relief qui représente saint Bernard.
A main gauche, dans la mente cour, est l'église. Elle fut commencée en 1601, au moyeu de» aumônes qu'on Ht à ces rcligiuw pendant le jubilé du commrncciueDt du dernier siècle, Le roi Henri IV en posa lu première pierre et ordonna que ce monastère jouit de tous le* droits et prérogatives que possèdent les maisons religieuses qui sont de fondation royale. Ce bâtiment fui nrlieté en 1608. . . Le roi Henri IV se regardait comme fondateur de ce monastère, conjointement avec son prédécesseur Henri III. Il leur donna l'abbaye du Val, pour que sa mense pal •••rvir n leur entretien ... Ce coûtent avait d'abord été bâti à la bile sons la conduite d'un religieux qui lit des bâtiments vastes et commodes; mais il ne les plaça pas sur le même niveau. |je» religieui ne voulurent point s'en rapporter à lui pour la construction du portail.
Malgré les libéralités de Henri III et de Henri IV, le portail restait encore à faire; Louis XIII toulul bien entrer pour une somme considérable dans la dépende nécessaire et l'entreprit. Il fut construit et achevé en itiii par MansartC11.
Le portail est composé dp deui ordres d'architecture posés l'un sur l'autre. . . (Suit une description minutieuse du portail. ]
L'intérieur de l'église e*t propre et orué; la nef est décorée de dou«e chapelles, six de chaque cVité. [ Suit la description de toutes ces cbapolles, des épitsphe», etc. |
... La seconde chapelle renferme le lomlieau de Claude de Laubcspine. . . La troisième rliopcllc renferme le» lomlwaui de la maison de Rostaing. . . Après cette chapelle, on voit la chaire. . . Les Iroit antres chapelles sont également peinte» et décorées, mais, du reste, elles n'ont rien de remarquable; une d'entre elles »p|»arleuait s M. de Beringbem, premier érurer du roi. Ce»! dan» cette chapelle qu'a été enterré le maréchal d'Uicllcs. mort à l'aris le to avril 17,10. . . La septième chapelle est celle qui appartient a MM. l'ellelier. La huitième a appartenu à MM. de Vendôme. On y >oit une statue de la Vierge, qui est de Jacques Sarrasin. . . Dans la neuvième e>t le tombeau de Guillaume de Monlholon. . . Dans la chapelle suivante, en face de l'autel, ou toit le lomheau de Louis de Msrillar. (L'auteur donne sur les divers personnages qu'il cite des détails biographiques 1res étendus. ]
Dans la dernière chaule, on voit plusieurs peintures de Simon Vouct. . . Sur le jambage,
0> V.,.s donnera,., a la fin de celle notice quel- reproduite dans l ou.rage .le M. G. U«oraa. h.
que, indications sur les vue» de ce portait qui ont Oirtier. «V Porù \ pl. n . n1 73 1. ét#puMire..l.Wd-eiV..,md»«n de Allemand 1 Prearm. M.o«rt , m «K-, 666». le premier
qni « trouve dans la colleetiou Deataillenr, a été de, céTébrei arrlutecie. de ce „Mu.
CHAPITRK III.
entre les deux dernières chapelles, est le lomlieau de Henri de lorraine, comte de Harcourl , el d'Alphonse de Lorraine, son fils. [Suivent détails biographique».]
\a rhœur. — Le cbieur est séparé de la nef par une rampe de fer et quelques marche*; il est accompagné de colonnes torse» dorées. . . Le tableau du maître-autel est une Amrnptan, par Jacques ilnael. . . Il y a dans le chœur deux grandes chapelles. Dans la chapelle à droite est le tombeau de Jesnne-Armande de Schomberg. . . La seconde chapelle renferme le tombeau de Raymond Phelipeaux. . . Il y a autour de l'église une galerie supérieure qui n'a rien de remarquable : on y voit seulement une petite chapelle de la Vierge, avec un oratoire. . .
Hhaur thi nligirux. — Le chœur des religieux est d'une forme semi-circulaire et d'une grande propreté. . . il est orné de plusieurs grands tableaux qui représentent la lie de Jniu- Chritl. (le sont d'aseei mauvaises ropies faites d'après Rubens. . .
CluiprlU de StoMtt-Margurritr. — Auprès du chœur des religieux est une petite chapelle d'un style gothique dont les murs sont peints en marbre. . . Auprès de celle chapelle est la sacristie, dont une autre porte donne dans le cloître.
Ije tioitre. — L'architecture du cloître n'a rien de remarquable : toute l'histoire de la vie de saint Bernard y est peiule à fresque. Ces peintures étaient d'Aubin Vouel et d'une grande beauté ; mais aujourd'hui elles sont entièrement dégradées. Les vitraux de ce cloître sont célèbres et dignes de la curiosité des amateurs d'art. On y a peint, eu quarante carreaux, la plus grande partie de la vie de Jean de la Barrière. [Suit une description de chacun de ces carreaux que l'on voit reproduits en gravure dans les planches joiutes au texte.]
\a ckapihr. — Le chapitre était orné de plusieurs beaux tableaux, parmi lesquels ou en distinguait un de M. Vien représentant la résurrection de Lazare. . . En ce même endroit, ou voyait aussi les tombes el les épitapbes de dooi Eustachc de Saint-Paul Asseline. . . mort religieux feuillant, le »6 octobre de l'an iCio. et de dom Pierre de Siiinl Joseph, mort iv juillet i66a. . . ces tombes n'existent plus.
Le ré/ertwrr. -- Le rélectoire est curieux pour ses tableaux, dont quatre sont peints par Restoul et représentent l'histoire d'Bslher et du roi Assuérus. . .
La bibliothèque t': — La bibliothèque , sans être considérable, était rependant curieuse; le vaisseau n'en est pas grand, mais il est bien décoré par des pilastres corinthiens d'une assez belle menuiserie. Au-dessus des armoires , on voyait une suite des portraits des généraux de la congrégation de l'ordre IJ', depuis Jean de la Barrière jusqu'au dernier. [Suivent détails sur les ouvrages imprimés el manuscrits de la bibliothèque.)
" Cf. Fai«us, l.et «ricwiM UbtioiÂiqK, de Paris, L U, p. iHt.
Nous avons donné cet extrait de la notice de jViV/in de préférence à celle consacrée aux Feuillant» par Hurtaut el Maguy, parce qu'elle est. sur certaiu» piiinls, plus complète; mais il y a lieu de foire .(bserver que Millin, en de nombreux pssages
el sans indiquer la source, a copié ■arvilemeut Hurtaut et Magny. — V oir, ci-deMou> , les preuve*.
wl* bibliothèque, «sus «>ire des plus nombreuses, est cepeudant très curieuse; le vaùaeaii n'est pas bien grand; uwis il est décoré d'une
belle menuiserie.. (HisTHUTel \l»«ii», 1. 111. p. iX)
LA SALLK DU MANÈGE
L'apothica'trrrit. — L'apoibicairerie était I* plu» propre et U plu» ornée du royaume 1 . Elle axuit été commencée en 1637 par le frère Christophe de Saint-François. . . (*tte apothiniirerie sert actuellement de salle à un des restaurateurs de l'Assemblée nationale.
Salir du ni. — Cette salle est à roté de l'église; elle est entourée des portraits de nos rois!* et de nos reines, depuis Henri Kl jusqu'à Louis XVI. Cette salle sert aujourd'hui pour les assemblées du district. Klle est précédée d'un vestibule décoré de plusieurs grands tableaux. . .
Les détails donnés ensuite par Millin concernent les vitraux, rr les hommes célèbres du couvent », le (-costume des Feuillants"», etc.
Jaillot, dans ses Recherche* criliqne», après avoir résumé, comme nous venons de le faire, les débuta des Feuillants, la construction de leur église, dont la première pierre fut posée par Henri IV, le 97 mars 1601, ajoute :
Klle fut finie et dédiée, le 5 août 1608, par le cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux, sous l'invocation de saint Bernant. Le portail, commencé au mois de février if>i3, fui achevé Tannée suivante, et, en 1*176, on a élevé celui qui fait fan* à la plure Louis-le-(irand. I. • passage qui communique aux Tuileries a été ouvert pendant la minorité du roi pour faciliter à Sa Majesté le moyen de venir à l'office aux Feuillants"1.
Dans un savant travail que nous avons eu déjà l'occasion de citer. M. do Boi*lille écrit :
Ouoique les religieux, surtout les Feuillants, eussent utilisé en maisons de rapport une partie des terrains qui bordaient la rue 1 , il restait encore bien des espaces inhabités propres aux duels et aux rencontres armées^. (Test dans le marché, tout près par conséquent de l'hôtel de Vendôme lf', que le duc de Nemours fut tué par son beau-frère Bcaufort (it>5*j); c'est dans la ruelle même, en plein midi, que le père de Saint-Simon se battit contre M. de Vardes, en idh-j, sous les fenêtres que la jeune et belle duchesse de Chitillon occupait près de In nouvelle porte PI,
Le passage qui séparait les (iapucins dos Feuillants avait soulevé entre 1rs deux
W * L'apothicairerie est la plus |wopre et la plus ornée du royaume» , etc. I IIustaut Ct M.xr.xr, L III ,
(>> «La salle qu'on nomme la ttttte d« roi est à cAté de l'église. Elle est ornée de portrait» de n»< rois*, etc. (Husmr et Mxciv, t. III. p. i5.)
f,) JxlLLOT, op. cit., kl, p. 47.
™ "Ils avaient le prixilège de loger les nonces à leur arrixée à Paris.* (Noie de M. o« Boisi.ii.le. )
W Les plans et vue* les plus complets sur l'hôtel de Vendôme et sur ta place I.ouis-le-Grand se trouvent dans la To/n^niphie de France 1 [Biblio-
thèque nationale. Kstampes. volumes cotes V*. a3i et i35).
-r L'enquête d'avril i630 représente* la grandi- -rhanssée du faubourg Saint-Honoré. la plupart •boueuse et pleine de grands tas d'immondices-, ainsi que le Marché aux cbexanx et les quatre nu cinq rues avoisinantea. » — Fkmsiex. Preuve . t 11, p. i3o. (Note de M. de Boisulle.)
<T| La troisième porte Saint -Honoré à la jonction de la nie (loyale aclueUe et de la rue Saint-Monoré. FJIe fut démolie en exécution des letUe* patenta du M avril 173». (Cf. ftirtiotuuiire de Luxât. )
couvents de nombreuses difficultés. Voici les détails que nous donne à re sujet M. de Boislille dans le mime travail :
Un arrêt du Conseil dn |5 septembre 1G01 (Arch. nat., KM, fol. 58) donne quelques lumière» sur l'origine de ces deuxYouvcnls [ les Kenillaiils et les Capucin* j rl de leurs prétentions réciproques à la propriété des terrains mitoyens entre eu». Ils venaient de M~ du Perron l; qui. en lififl, avait vendu à la reine mère nue maison, tenant d'une part à l'hôtel des Coquilles, el d'autre part aut héritiers Boisseau. Catherine fit don, à son tour, de -rterrain et jardin, tenant d'une part 4 M. de La Trémoîlle, d'autre part à Jean rt Pierre de Laleu, pour y être hiti nu temple et routent de religieux de saint François ou Capucins-, et ce don fut confirmé par Henri III, dès son arrivée en France, le ;»& septembre tà-jh. Ce mime prince acheta pour les Feuillants de la maison de Siiinl-Rcrnard, en i585, la maison et le jardin des Laleu et un jardin du duc de ReU. De même, en i.'kj7 et 1598, Henri IV augmenta leur couvent du corps d'hôtel habile auparavant par l'écuycr Pluvinel. (Voir la Tupogmaki* historique , par Bertv, I. I, p. 309-307.) Pour mettre fin aux litiges issus de celle miloyeonelé. l'arrêt de 1601 ordonna qu'il serait ouvert, en Ire les deux couvents, une rue de doute pieds de large el fermée de portes aux deux bouts, qui servirait exclusivement au roi pour aller de son manège a l'hôtel de ReU et au faubourg Saint-Honoré. Telle est l'origine de firapas.se des Feuillants, souvent citée dans l'histoire des temps révolutionnaires ' :
Il demeura encore des religieux Feuillants dans les dépendances du couvent longtemps après l'occupation de l'immeuble parles services des Assemblées nationales.
Une enote des Commissaires administrateurs des biens nationaux datée du •«.'{ avril I7QH, est relative faux travaux effectués au couvent de la Mercv,rue du Chaume au Marais i'1, eu face de l'hôtel Soubise, pour la translation des ci-devant religieux Feuillants*; ? précédemment on avait destiné ce couvent pour une prison1". . . des travaux en ce sens avaient été commencés-: un délai est demandé : *il sera possible de transférer définitivement les Feuillants le mois prochain D,i:.
Le couvent des Feuillants el ses dépendances furent démolis, en très grande partie, lorsque, en exécution des arrêtés des consuls, des 1 7 vendémiaire et .
"> Sur * Marie de Pierrevive, dame du Peron-, voir Bebtï, op. cil., t. Il, p. asg, Appendic- w.
11 La p'««! i/m Vicloim el lit plarr Yrndnmf. par M. ni (Wslulr. op. cit., p. cjH, noie.
•'' La plus grande partie de ce couvent subsiste encore; il |x>rte, rue des Archives, le n* 45. Le volume coté V, ->>ih (Bibl. aal. . estampes), confient, sur l'église de» religieux de la Merci, des documents intéressants. Une note manuscrite y esl jointe : *Kn 1 6 ■ 3 , Marie de Médicis (il donner aux P. de la Merci la eliapelle dotée H fondée |«ar la famille «le Braque-. . . elc.
• Cf. «Lettre de M. Boilly aux administrateurs
îles bien» nationaux, les priant <l aiti>'iiagcr le couvent des Pères de la Merci, qui doit servir de mui- «111 d'arrestation aux prisonniers arrivant à Pari», pnronlreile l' Assemblée inlimul.-. sujiiîllel 171(1 -. .Arch. uat.. F". 863. Pièce citée par M. Tinn. op. ri/., t. III. n" 4453.)
' Arch. mt. . C , 177. Voir.p. i78.soSel -in. le détail des locaux omii** par I' Vsaemblée dans le enu vent des Feuillants. — On Iroiive. dans le in'ine carton '. C. 177 1. un - Plan delà nouvelle distribution à faire pour placer le limité de marine à l'extr inilé du bâtiment qui formait l'infirmerie des ri-devant FemlLiiH»-. pièce juiiite à une lettre duj3 mai 171)1.
LA SALLE DU MANQUE. 28l'
i" floréal an x'", fuient percées les rues de Castiglione et de Rivoli. Quelques parties demeurent encore, en bordure de la rue Saiut-Honoré ; elles portent actuellement les n°* aïo et -i35 - .
Nous avons peu de choses à ajouter ici ù ce que nous avons dit, dans les pages qui précèdent, des destinations diverses du couvent des Feuillants pour les trois assemblées qui l'occupèrent à titre de dépendances, de novembre 1789 ù mai 1 793. Après la promulgation des décrets relatifs aux biens nationaux, la municipalité de Paris fut substituée, pour ce couvent comme pour tous les autres couvents d'hommes, aux droits de la nation1».
Le couvent et ses abords furent encombrés, par suite de l'installation «les assemblées au Manège, par une foule d'industriels et de commerçante. Dans une lettre des administrateurs du département de Paris, datée du 18 janvier 1791, il est question <rde la suppression des échopes établies dans le passage des Feuillants et qui y occasionnent des embarras favorables aux entreprises des lilous*.
La même pièce nous apprend encore que nies gouverneurs des Tuileries exerçaient seuls la police dans ce passage, et ils s'étaient arrogé le droit d'autoriser ces construclious en faveur de leurs domestiques pour so rédimer des pensions de retraites qu'ils devaient à leurs anciens services*. La municipalité se plaint en résumé de son impuissance à refréner ces abus tv.
Il avait été question antérieurement, pour le couvent des Feuillants, de diverses destinations.
On lit dans un Rapport présenté par Prugnon à l'Assemblée constituante le 26 septembre 1791 : r. La maison des Feuillants offre un local assez vaste pour contenir ce corps administratif [le Département]; la maison des Capucins suffira et beaucoup au delà au petit nombre de comités qu'auront nos successeurs, . . Vient la question de savoir si le Département achètera ou louera simplement la maison des Feuillants. D'abord il entend n'en occuper qu'une partie, et il est le premier à proposer un simple loyer, jusqu'à ce que le temps et. la réflexion lui suggèrent d'autres mesures ^ 9, etc. Ces dispositions demeurèrent à l'étal de
Voir ci-dessus, p. 97Ô, «I n-aprôs, p.
«Les constructions «y métriques u" a* y cl •i35 oui Ai? élevée* par le» Feuillants en bordure .le leur couvent.- (Dictionnaire géographique, de JuAvtlt, p. 33-iy.) Dan» les Quai-tiers de Paru, par M. tî. LmiVtiik, nu remarque (pl. \ 1, nu-dessous ■l'un plan reconstitue de* alentours de lu toile du Mnaige, une vue des "Bilirueot* des Feuillants encore existant. 18901. Dans In ni^rae planche . nue nuln* gravure montre le» "ltcxt?5 du couvent des Feuillants, à l'un., ai novembre 1 H J y - .
«!«. i.n ioiru r.». — t.
Répondant à une demande de renseignement* surdivers locaux lou&. Gnillotin dit. dans In st'ance du an, septembre 1791 : *\a* emplacements de* Capucins pl des Feuillants ont éli* en partie occupé» |Xr l'Asscinlili'e ualioiwlc. sous que jamais il ait iU rien compté à I* muniripalitt' qui a été iniv aux droits de la nation pour les biens nationaux-. "; Arch. nat..C. i3*.
•*' Rapport du l'.nmitt d' emplacement tur la destination dei édifiées publies de Paris. (Paris. '79' ili-8". Ilibl. nul., ljt"/iihh.) Ce Rapport est Irè»
projet; l'Assemblée constituante ne vota, le -t 7 septembre 1 97 1 , qu'une partie du Projet de décret joint au rapport de Prugnon et, malgré les instances du Directoire du département, l'Assemblée législative ne donna pas suite aux modifications proposées.
Le peintre David obtint l'autorisation de transformer en atelier une partie de l'église des Feuillants pour son tableau du Sennent du Jeu de paume, qui, en raison de ses grandes dimensions, demandait un emplacement spécial. Nous renvoyons à ce que nous avons dit ci-dessus à ce sujet " .
Mais de tous les occupants du couvent fondé par Jean de la Barrière, il n'eu est pas, en dehors des Assemblées nationales, de plus célèbre que la 'Société de» amis de lu Constitution, connue sous le nom de Club de* Feuillant», qui donna en réalité sa qualification au parti des modérés, aux Feuillants - . Nous avons déjà eu l'occasion de uous en occuper a propos d'incidents survenus entre les membres de l'Assemblée nationale et les membres de celte société, en décembre 1791. (Voir ci-dessus, p. :u3 et suiv.)
L< gravure intitulée * Veiie perspective du Portail de l'église des Ml. PP. Feuillants *, que nous reproduisons (p. a 1 o, planche hors texte), montre une grande partie du passage dit - des Feuillants-; à gauche est le couvent des Capucins; au milieu est l'entrée qui donnait rue Saîut-Honoré . précisément en face de la place Vendôme J. (Voir aussi le plan terrier de 170Ô, dont une page est reproduite ci-dessus, p. 1 '>•], fig. -19. )
Les documents concernant les Feuillants de la rue Suint-Honoré conservés aux Archives nationales sont extrêmement nombreux, particulièrement dans les sénés H. L, LL et S. On en trouvera le détail duns l'Inventaire méthodique, p. a 10. Très nombreux aussi sont les plans, gravures, dessins, etc., conservés dans diverses collections publiques relatives au couvent des Feuillants; nous n'indi-
importanl pour l'histoire 'le l'an», à celte époque; nous en «tonnons, pour ce motif, les partira essnntictk'3 «u\ Appendice, a' XVtl. .Vous renvoyons aux notes «pie non» avons jointes à ce Rapport pour les détails qui ne peuvent trouver place ici.
:' I* ^Mémoire île* ©uvraj^ de «.Tnirerie faits pour la charpente ilu lahlpaii qui doit représenter le Serment du Jeu dr paume, placé aux Feuillants* , fut l'épie par l'architecte Paris, a 3<jy livres, le 1 ^ janvier 1792. ( Arch. nat. , C, i3a.)
,; »A« moment où la République fut jurée, plusieurs membres de cette Assemblée entrent que la Révolution devait être finie... D'autres , au contraire, pensèrent a en continuer le mouvement. Di-s
lurs, le» premiers furent, parles seconds, appelés Feuillants modères; reui-l« furent, à leur lotir, traités d'agitateurs et d'anarchistes. * 1 Diacnur* de Yerjjniaud , déjà cité.) La bilJiojjraphic complète du Club de» Feuillant* se trouve dans l'ouvrage de M. Tolmiux, t. II. 11- n853-(,875. - Voir aussi A. Cmiuatl, Le* eUh* contre- rèrolutioimaire* , p. 377 .168.
-L'église [du nouveau couvent des Capucine»] qui devait faire perspective au fond de la future place . à ('opposite de celle des Feuillants, fui dédiée à saint Louis le 17 août 1680,.» I 1-* pl"ce de» Victoire* et la place Yeud&me, |iar M. or. lioiMiLLE, op. ci'., t. XV. p. 11 3.i
querons ici que les sources principales. La Topographie de la France (Bibl. nat., Estampes) contient, dans le volume coté V". a3u, des pièces très importantes. On y voit des détails sur les Feuillants dans un plan de l'hôtel de Noailles. qui, sur la rue Saint-Honoré, confinait aux Feuillants et qui devint, en 181/1, l'hôtel Eperlon; a noter encore une «Vcûe du couvent des Pères Feuillants*, dessin au crayon daté de 1707, et une «Vue de la démolition du couvent et de l'église des Feuillants, près le jardin des Tuileries, érifjé en 1676 et démoli en 1806*.
Le volume coté Va. au a, contient en particulier une eau-forte intitulée « Terrasse des Feuillants avant la construction de la rue de Rivoli. 181 g -. Une pièce très importante est conservée dans le volume V*, 62a, c'est le «Plan du lotissement des terrains dits des Feuillants, sis à Paris, impasse du Monlliabor-. Le lotissement projeté s'applique aux terrains compris entre les rues Saint-Honoré, de Castijjlione, de Rivoli et du Dur-de-Bordeaux (actuellement du Vimjt-Neuf-Juillet); les noms des différents propriétaires du terrain sont indiqués sur ce plan qui n'est pas daté, mais que l'on peut, par quelques détails, reconnaître avoir été dressé entre 1826 et i83o(,).
La collection Destailleur contient plusieurs pièces curieuses : -Démolition du couvent des Feuillants * (op. cit., t. IV, p. 3a) que nous reproduisons ci-dessus (fig. 37)'-- ; « Bâtiment des Feuillants, rue Saint-Honoré - (t. II. p. â8); <r Entrée du couvent des Feuillants et vue du dôme de l'Assomption, dessin de Lailemand- (oy). rit., t. Il, p. 5(i; un double se trouve p. "B 7 ).
Une vue des er Feuillants dans la rue Saint-Honoré* se trouve dans un plan de «Bercy, enlumineur du roi*, publié dans la seconde moitié du xvir" siècle Jl (V% u,3).
Blondcl a reproduit (op. cit., p. 102) le «Portail de l'église des Feuillants, rue Saint-Honoré, bâti en i(>a& sur les dessins de Mansard*, et le «Plan et élévation de la porte d'entrée du monastère des Feuillants, rue Saint-Honoré, en face la place Louis-lc-Grand-.
"' Une ordonnance royale du l 't mai ifisC avait prescrit l'ouverture d'une ^nouvelle rue qui formera le prolongement do la rue du Marché Saint Honoré jusque» n la rut* de lUvoli , cl qui prendra le nom du oW de Ihriemtxr. Une dérision mini»térielle du ig iioùt iH3o attribua à cette nie le nom de Vitifft-\'euf Juillet. (Cf. Dktiumuùre , de Uns*, p. 35a. | C'est donc de i8»6 à i83o. si le* indication* du plan »>nt exacte», que ce loti^M.meilt fut établi On |ieut voir l'iiupanae du Mnnthahor telle qu'elle existait alors dan» le plan tiré de l'Atla* matrict de* dmtiaiuet île la etmrtmne, i8a5. que iinus reproduisons ri-dcMii*. Iqr. 36.
-'' I ne aquarelle conservée dans la meiite collection, même page. wt également trè» eurieute: elle porte cette mention : -Démolition du eouveiil de» huillants. Dagoly M-.
■'■ Le plan de Y Iterev fut publié en 16'ih. «C'ett. dit M. Franklin , une grossière imilatitin de l'excellent pian de (ioiubou«t.> (Cf. I.e* meim plan» de Pari», par A. Franklin. Paris. 1878, « vol.in-V. Bilil. n«t.. Lk' ia33i..l. II, p. i-i4.ï Il y eut de nombreux tirage» de ce plan, avec des varianteo pour I» nm qui entourent le pion proprement diL I/exemplaire conservé aux F.«tan.pe» (V. »i3) e»l postérieur h i66fi.
LA SAI.LK Dl MAM'IIK. 28.Ï
Voir dan» /Vw <i Imwwn la dgn (t. Il, p. 37, Tiiilsn'*») : r Éjflis,- des Feuillant d'après une gravure do Van Merlin 1 1 6Gu )t.
Vniei enfin, d'après le savant Répertoire do M. Tuuley (I. III, jHistim). l'atmlymdes prinri|wiux documents de la période révolutionnaire relatifs »n\ Feuillant* de In rue Saint-llnnoié :
ï njar» 1790. Déclaration cl»» biens mobilier- et immobilier» dépendant du mona»lére. de Saint-Bernard des Feuillants de I* nw Saiiit.||oi>c>ré et de l'abbaye du V»l y réuni» '". aiu-i que de leur» reieuiis ri charges, fournie par M. Philippe (Sudelarl. procureur de ce roonosiére. (Arch. nat.. S, Aif.6.)
5 juillet 1790. Mémoiic présenté a l'Assemblée nationale par M. Guillnunie-Jarqui's de Favunne, littérateur. a>inmi*Kairt du comité permanent du district de .Saiot-AndryS-dos-Arcs, alin d'obtenir In restitution de tableaux qui déçurent l'apnlhir«irerie de In nini-oo des Feuillants dr lu riii-Sainl-Honoré. i Areb. nat.. D. XIX, ti3. n* .tin.)
i'i novembre 1790. Lettre des comitésd'aduiitiistraliun ccc.leViastique et d'aliénation rénniî. aux administrateur* de» bien» nationaux, les autorisant à couaenrr proviuiircmcnl le» Père- FeuillanU dans leur couvent de la rue Saiiil-llonoré, conformément à leur demande. Iyu.ee »nr leur service à U chapelle de» Tuilerie». (Arch. nat.. I), XXII, 1, nr 7.1
a'i novembre 17911. Lettre des comité* d administration etclé«ia»liquc et d'aliénation réunis. nu\ administrateur» de» biens nationaux, autorisant le transport dans l'église des Capucins des livres de» Feuillant», alin d'empêcher toute dilapidation. (Mime source.)
99 décembre 1790. Lettre de* comité* d'administration ecclésiastique et d'aliénation réuni*. aulnrUant les adtnini»iraleiir* des bien» naliouaux à faire remettre, à titre de prêt, par le bibliothécaire de la municipalité, le» livres de piété, d*h>»1oire ou aulr», demandés par le» Feuillants. (Même source.)
il juillet 1791. Lettre de9 eoiuiuissaires administrateurs de» bien» nationaux à talilié Lehlond, secrétaire de la Commission des savant», Je prévenant de l'enlèvement du cabinet d'histoire naturelle se trouvant anx Feuillant* et le priant d'envoyer M. Monget pour assister A relie opération. (Arch. nat.. F'». Ci
i3 juillet 1791* Procès-verbal de déménagement d'un cabinet ffhisluire naturelle et d'un médailler par M. Jacques-Joseph Hardy, assisté de MM. Gaspard-Michel Leblond et Antoine Mongei . . . qui ont été dépotes dans une de» salle* des Capucin* de la rue Saint Honoré. (Arrh. nat.. S. iififi.)
n8 juillet 1791. Prorès-verhal d'riili'»cnieiit, par M. Jaeque*-Jo«eph Hanly.de l'argeuterie du couvent d» Feuillants, du poids de i3C marcs i onces \ gros et de son transport a la Monnaie, à l'exception d'un reliquaire d'argent, représentant sainte Anne et la Vierge, porté, le 1 5 aoflt précédent . & la demande du mi , ii la chapelle du château de» Tuilerie», et de deux calices d'argent blanc, d'on ciboire de vermeil, et d'une boite pour les saintes huiles, laissés, avec In ceinture de sainte Marguerite, en velours cramnÏM, garnie de larmes d'argent, en la possession de» religieux , pour la célébration de l'office divin. (Arrb. nat., S. Al ISS.)
" Sur l'union de l'abbaye de Notre-lamxe-du-Val au monastère de» Feuillant», voir les relaté» dan» flnmlnirt uélanfyar, p. S 1 1>.
286 CIIAPITRK III.
ai septembre 17141. Lettre des commissaires de l'administration des biens nationaux nu Comité des savants, le priant de visiter l'intérieur de l'église de» Feuillauts, d'examiner iiotnmment le roaltre-autel que la Société des ami- de In constitution, séant aux Feuillants, voudrait faire abattre en vue de la tenue des séances. ( Areh. nat., F'", fin'1.)
Le» Qipurtn*.
L'emplacement du couvent des Capucins (-tait occupé, au xv' siècle, par ia maison de la Coquille, qui comprenait en outre un jardin et une cerisaie : * L'hôtel de la Coquille, cci il M. Berly 1 . fut adjugé en i'ta4 à Nicolas de Neufville, seigneur de Villeroy ; il passa ensuite à son fds Jean et enfin à la reine Catherine, qui y établi! les Capucins-.
Les Capucin» avaient été <t formés en communauté régulière * par une bulle du pape Clément VII, du i3 juillet i5a8.
Le cardinal de Lorraine, écriL le même auteur, qui avait connu les Capurins au concile de Trente, en fil venir quatre en France et les logea dans son parc de Meudoii. Ces qualre religieux étaient italiens, mais ils ne tardèrent pns à trouver des prosélytes français qui, aidés surtout par les aumône* de levéquc de Sislenm, s'installèrent au village de Pirpii* 1 faubourg Saint-Antoine), où Charles IX , au mois d'avril 107 a, les autorisa a s'établir en leur permettant de quêter et en les prenaul sous sa protection particulière. . . Le pape Crégoire XIII approuva leur établissement par une bulle du (i mai 1.176. Au mois de juillet de la même année, Catherine de Médicis leur lit don de l'hôtel des Coquilles nu faubourg Sainl-Honoré et de deux maisons continues, concession ratifiée par lultres patentes du -i'> septembre >'>~ 'i et par d'autres lettres de juillet t S^ti qui furent confirmées le tu octobre itîoo, av«* toux les privdèges y relatés. La permission de bâtir avait été accordée par les lettres du ia septembre 1 '> 7 '1 ; il* en profilèrent pour faire construire leur chapelle En iCo3. temps où le couvent avait atteint,
à peu près, les mêmes dimensions que celles qu'il offrit h l'époque de sa destruction, on commença l'érection, sur une plus vaste échelle, d'une nouvelle église qui fut achevée en 1C10 et dédiée le 18 novembre de cette même année, par le cardinal de Joyeuse. Cette église, dont le choeur f<H relkâli en 1735, était simple et fort différente en cela de celle des Feuillants. On n'y admirait guère que le retable du maltre-autel, tableau de Lebrun, représentant l'assomption de la Vierge. Parmi les personnages qui y furent enterrés, on cite le frère du chancelier Brularl. Athanase Molé, frère du président Mathieu Molé; le Père Séraphin, un des prédicateurs ordinaires de Ijouis XIV; le Père Joseph (Le Clerc du Tremblay) connu pour la part qu'il prit au gouvernement sous le ministère du cardinal de Richelieu, et le fameux Père Anne de Joyeuse, inhumé près du Père Joseph, devant le grand autel. . .'- .
C'est également en iCo3 que furent reconstruits le mur séparant le jardin potager d'avec le jardin destiné à la promenade, celui qui longeait le pare des Tuileries et les bâtiments de la communauté, ponr l'usage de laquelle le roi accorda un quart de pouce d'eau le 10 février tC33. En 1731, on refit le mur de bordure sur la rue Saint Honoré et le portail de ce côté.
•,J Bcavv, Tvpr^txtpkir kitlonijut du rieux Paru , I. I.p. 307.
l*> l-a collection Destailleur conserve un dessin lavé a l'encre de chine fie Dvlainnnee, montrant -le
louibenu do F.-M. l«Te|licr, marquis de Louvui». dans l'église des Capucins Saint-llnnoréi<. (Ribl. nat., Kstam|>es , t. VI. p. 1 45. ) Voir aussi IIi stii t et Simm. t. II. p. 38 et sniv.
LA SALLE Dl MANÈGE. 287
qui fut décoré avec un peu plus ite luxe qu'on n'avait l'habitude d'en étaler aux portes des couvents ";.
L'histoire du couvent des Capucins se lie, par le voisinage et par la communauté de divers intérêts, à celle des Feuillants; nous ne reprendrons pas ici ce que nous avons dit dans les pages qui précèdent, particulièrement à propos du passage conduisant au jardin des Tuileries qui séparait les deux monastères 2 ■'.
Lorsque 1'Assetuhlée nationale vint s'installer au Manège, lu i o novembre 1789, quelques locaux des Capucins étaient déjà occupés par l'imprimerie de Baudouin, imprimeur de 1 Assemblée. Les religieux étaient demeurés dans une partie du monastère qu'il est difficile de déterminer, puisque nous ne possédons que des indications générales et non de* plans détaillés.
Dans un document que nous savons être de mai 1 790, l'Inventaire de Houdon l , on voit rémunération des réverbères qui se lrou\ aient dans la salle et dans les
11 BtKTr, op. cil., Louvre et Tuileries, t. I, p. 3oq. \jr passage qui suit «mlicnt plusieurs inexactitudes : *La maison de* Capucin» du fauhourg Saint-llonore, y iil-on, était une des plus
importantes de cet ardre en France Comme
loti autre» établissements monastiques, elle fil titpynruât eu i^ffo par l'Assemblée nationale qui. «prés avoir, le 6 juillet, chargé ta municipalité Je itiïpotrr les tniimeult , y installa ses bureaux, le 3o».
Celte appréciation erronée a été. de toute évinVnce, empruntée au Dietnmmrt de Luxât, où scideniiiit on la relève : 'Car un arrêté du 6 juillet île rôtie année [1790], l'Assemblée nationale chargea la municipalité de Paris do rendre libres les bâtiment* île* Capucius. voisin* de la «die de» séances de cette assemblée, et |«ar un autre du 3o du même mois, elle y établit se* bureaux*. (I,xzvre. op. cit., p. 'ifi(i). Berty |K<ursuit ainsi :
"Un arrêté eousulaire du i"fiortalan 1. ordonnant la vente de tontes les propriétés nationale» comprises entre les Tuilerii* et la rue Saint-Honoié. a causé lu destruction complète des deux ciments des Capucine et des Feuillants, mr l'rrn- }*l(tcrment dcufutls , par un mire urrttidn if WitoVmimrv «x 1 , on perça . en conlinuation de la rue <|ui conduisait a la place Vendôme, une voie nouvelle qu'un décret du 1 1 juin 1811 iK>mma nre île
Cnstiglione Entre le courent des Capucins
/' celui des damtt de t'Attomption , mais sur le fond* <le celles-ci, il avait, dès la fin du xvi" si«Vle, un lissage conduisant de la rue Sainl-Honoré aux
Tuileries: ce [Missajfe existait encore en 1 79^ et parait mw'r e'/é tapprimr peu tir temps npra-. Il serait fastidieux de discuter les inexactitudes coutenues dans ces lignes; remarquons seulement : t * que les décret* des 6 et 3o juillet 1790 ne chargèrent pas du tout »la municipalité, de disposer le* bâtiments» (voir ce que nous disons de ces décrets ci-dessus p. 178); a* l'autour donne exactement k* dates des arrêtés des 1 7 vendémiaires et 1 " floréal an x ; mais , en supposant que relui du 1 " floréal an v (so avril 1801) était antérieur a celui du 17 vendémiaire (9 octobre iroi), il a rendu la plirnse incomprébeiuible ; 3" il n'y eut pas enfin , au xvm' siècle, de passage allaul de la rue Sainl-Honnré aux Tuileries , eutro les Cnpurins et l'Assomption : ce passage existait entre les Feuillant» et 1er Capucins. Nous avons eu souvent l'occasion d'en parler au cours de ce chapitre. ( Voir aus*i les divers plans que nous publions. )
' Voir ri-dessus le passage extrait de l'ouvrage de M. De liotsiiuk: I.a place de* lïctoirt* cl In plnct IVunfcme. (p. -«Ho 1. A propos de la foire Saint-Ovide cpii s installait tous les ans, de la fin d'août au 1 5 septembre, sur la place Vendôme, le même auteur note que c'était iriin religieux du courent de» Capurins qui avait habilement provoqué et enl retenu cette vogue*. I*e très inléresont* détail* suivent sur cette foire qui fut supprimée à In suite de l'incendie de* baraque* en 1777. 1 (>p. cit., I. XV. p. 19K.)
Arrh. nat.. I). XXXV. .. - Voir ci-dessn*
dépendances; on y lil en particulier (p. .m) : « Réverbères duns le couvent des Capucins : à la porte du café de la (Sation, i ; au passage des Capucins et aux maisons «le bois, '5; dans le couloir, m; grande cour des Capucins, i ; passage de l'imprimerie. 3; dans le corridor du -x' étage, 6; au i" étage, iijau 3' élage,3; chez les frères portiers Ciipucins, 3; dans divers lieux aux Capucins, !">•".
Une «supplique des Capucins de la rue Saint-Honoré à l'Assemblée nationale r portant seulement : Juillet îjffo, contient les passages suivants :
Nosseigneurs, les (lapnrins de la me Saint-Honoré mit l'honneur de vmis exposer qu<- li* sieur Baudouin doul l'imprimerie occupe dt^jà ([raluilrmeiit le tiers de leur maison vient d'obtenir de MM. les commissaires de F Assemblée nationale un* permission de s'emparer encore de luut un dortoir de leur couvent. Si l'opération du sieur Beaudouin s'exécute . le dortoir qu'où se propose de démolir joint le dortoir liabilé |Nir les inGrnics et les malade» qui ne pourraient
supporter toutes les incommodités d'une |;raude démolition Toutes 1rs chambre* vacantes
étant occupées depuis six mois pnr plusieurs de messieurs les députés, «jue les égards et même
les besoins de la maison ne permettent pas de renvoyer Les Capucins feront observer aux
pères de la patrie leur extrême indigence.
Ils demandent «pie Ton » transfère incessamment dans une maison «iticlconque de la capitale les religieux de leurs trois couvents <■) qui demandent à rester dans le cloître I11-.
Une autre r requête des Capucins de la rue Saint-Honoré au Comité ecclésiastiques, datée du h juillet 1790. s expose l'impossibilité où ils se trouvent de séjourner plus longtemps dans leur maison envahie par le public et demandent leur translation au couvent des Capucins du Marais, rue d'Orléans-. Le Comité donne un avis favorable w.
Les religieux du couvent de la rue Saint-Honoré étaient, vers ce temps-là, au nombre de 07 W. Le i3 mai 1790, dans un Mémoire adressé au maire et aux représentants de la commune, ils exposent, concurremment avec les Capucins du Marais, <r l'horrible indigence à laquelle ils se trouvent réduits, par défaut d'argent, de provisions et de crédit-. Ils demandent nleur réunion en un seul couvent > -.
Le décret de l'Assemblée nationale «lu 3o juillet 1790 qui. par l'intermédiaire
' Le» «Icui autres couvents étaient ceuv du Marais, rue d'Orléans, et de» «^apiu-ins de Saint- Louis, nie et ciuuis&û: d'Aiitin. dont la chapelle est aujourd'hui l'église Sainl-Lonis-d'Anliii. Voir les dncuinents relatif* à ces troU couvents, rtyertoriés par M. Tubtsï. op. cil., t. III. u" 'n-'i- 43 19. et l'iuti'remnte notice da Dictionnaire de t.*/ «ai (p. 381-38-jî.
* Arcli. nat.. I». XIX, 45, 70»', pièce non cigm* , mais d'une authenticité certaine.
"' Même source, pièce analysée par M. Trrm. op. cit., t. III. 11' 'i*8<i.
Cf. -Procwt-terbal de vi«ite du couvent. . . par le* officier* municipaux chargés île pmcéiler ou recolemenl du mobilier et de recevoir les d'-rlarations des religieux l au n.iinhre de eimpianlesept), »o avril 1700." C(. Timir.i. op. cit.. t. III, n* 4ï85.
1 Arcli. nat.. I>, XIX, US. n* 118. pi.-ce analyser |iar M. Ti r.Ti:v,op. ci'f. , t. III . n* hiH-;.
LA SALLE DU MANÈGE. 289 de la municipalité substituée à l'État comme propriétaire des biens nationaux,
mettait à la disposition des commissaires de la ville le couvent des Capucins, permit de se rendre aux vœux des religieux. Le « procès-verbal de translation des Capucins Saint-Honoré aux Capucins du Marais*, par les commissaires municipaux, est daté du 9 août î^go'1'. Divers textes se rattachent à cette opération : c'est un tt État des effets qui ont été laissés dans la maison des Capucins Saint- Honoré, le lundi 16 dudit mois d'août*; un autre «État des effets meublant la sacristie du couvent des religieux Capucins de la rue Saint-Honoré transférés en celle des Capucins du Marais, to août 17901**. Le a 8 septembre 1790, ordre fut donné par les commissaires de la ville et les présidents des comités au portier de l'hôtel de la place Vendôme, n" 9, «rde laisser sortir le» meubles et effets appartenant à ces comités, qui doivent être transportés dans leur nouveau local, maison des Capucins Saint-Honoré'5'*.
Un s tableau de la distribution des comités dans la maison des Capucins et des bureaux pour les élections, portant cette date: septembre 1790'*', montre les divers locaux occupés à cette époque par l'Assemblée nationale. Nous avons donné ci-dessus (voir particulièrement p. 169, 178, 18a et -108) des pièces imprimées pour la commodité des députés et intitulées : Dùtributwn du local, qui reproduisent la plus grande partie de ce tableau.
Nous avons vu plus haut que <r toutes les chambres vacantes étaient occupées pur messieurs les députés*. Alors, en effet, que les Feuillants n'avaient loué aucune chambre aux députés, nous n'avons pas trouvé moins de quatorze de ces derniers qui, en 1790, habitaient aux Capucins. Ce sont : Boudarl (François-Simon), curé de la Couture, député du clergé des bailliages réunis à Arras; Breuvart (Jean- Léonard), curé de Saiut-Pierre de Douai, député du clergé de la gouvernance de Douai; de Launay (Jean-Marie), pricur-rectcur de Plouagat-Chatelaudren, chanoine prémontré, député du diocèse de Tréguier; du Bourg-Lancclot (Joscph- Joachim-François-Esmé-Jean-EmmanucI), recteur de Reliers, député du diocèse de Bennes; Fleury (Jean), curé d'Iges, député du clergé des bailliages dont les députations furent réduites à Sedan; Larreyre (Jean-Baptiste), conseiller au sénéchal de Tartas, député du tiers état de la sénéchaussée de Tartas; Lompré (Claude- Bénigne), chanoine, administrateur de la cure de Champlitte, député du rlergé des bailliages réunis à Vesoul; Lucas (Julien), recteur du Minihy-Tréguier. député du diocèse de Tréguier; Martin (Jean-Jacques), curé de Saint-Aphrodise de Bézie.rs, député du clergé de la sénéchaussée de Béziers; Milscent (Marie-
(,: Arrh. nat. S, 37o.r>. Cf. Ttem. »/<. til., Capucin» <l* la chauMte d'Anlin. (Cf.Ti mi. »p.