XI
gneurLoys de Clermont, sire de Bourbonnais», qui l'ormèrenl l'ensemble du terrain occupé ensuite par le Petit- Bourbon.
On peut, ajoute-t-il après celte éiiuméralion détaillée, au moyen des textes précèdent, se faire une idée assez nette de ce que devait être l'hôtel de Louis de Bourbon. La forme, eu plan, se rapprochait de celle d'une croix irrégulière, dont trois branches aboutissaient sur les voies publiques (quai, nie» des Poulies cl d'Autriche) <[iii circonscrivaient l'îlot; la quatrième aboutissait à l'hôtel de .Marigny. On ne voit point que cette bizarre disposition ait été modifiée avant la lin du \iv" siècle. A cette époque, l'hôtel fut rebâti après avoir été considérablement augmenté au moyen de nombreuses acquisitions. . .
[L'auteur donne rémunération de la * série de maison» r qui formèrent l'agrandissement projeté ; puis il reprend ainsi :|
La reconstruction de l'hôtel de Bourbon ne semble pas avoir eu lieu avant 1 3yo , car c'est le j3 avril de cette année qu'en fut donné l'alignemert sur le quai-". Cet alignement ne suivit pus les anciens vestiges, mais l'encoignure de la rue des Poulies''21 étant conservée, il déplaça de quinze pieds vers le Midi l'angle de la nie d'Autriche, en empiétant sur la chaussée du qi'ai. ce qlii valut à l'évêque de Paris une indemnité de 100 livres. L'alignement sur lu rue des Poulies fut donné assez longtemps après, le i" mai 1 .'loj, et la prise de terrain qui en résulta fut évaluée à 4o livres. A celle époque, l'hôtel de Bcurbon devait èlre en grande partie rebôli, puisqu'il est appelé le gmnd l,o*lel neuf dans une charte de 1 396. Au mois de février i3rj7, le roi permit d'y conduire « le gros d'un poys de l'eaue des fontaines n qui venaient au château du Louvre.
En 1 i 1 8 , au moment où les Bourguignons chassèrent «le Paris les Armagnacs, l'hôtel de Bourbon fut pillé, et le duc ayant cessé pendant plusieurs années de payer les cens dus au chapitre de Saiii(-Geimain-l'Au\errois, celui-ci , en vertu du privilège aux bourgeois, obtint, le h novembre i fini, que l'hôtel lui fut adjugé. Cette circonstance décida le duc à en faire don, le ao décembre 1 6ati, au duc de Bedford, régent du royaume, à la charge d'acquitter les redevances arriérées. Dans la suite, les Anglais ay ant été expulsés de la capitale, le duc de Bourbon rentra en possession de son manoir, et deux transactions eurent lieu, en 1 '1 A H et i/i.mj, entre lui et le chapitre, pour l'amortis* ment définitif des sommes qui restaient à payer.
L'arrêt de confiscation rendu, le 37 juillet 1037 |J), contre le connétable de Bourbon fut
"' Source indiquée: Arcb.de l'ftmp.. eart. S, u3. Plu» exactement, rue du Petit-Bourbon. \oir AppnMct», n- II, la note relative à l'étendue de la roc de* Poulie*.
''■ La date de cet arrêt est exacte, bien qu'elle paraisse invraisemblable, puisqu'elle est postérieure a la mort du connétable, qui fut tut- le 6 mai 1S17 (voir le texte de cet arrêt dam l*amberl, t. XII, p. «do); il y aurait eu lieu cependant de mentionner les Ltttrtx d'abolition de» «n ef* mutas contre U eomilable Ht Itourbo* , dtpuii m sortit £m iv^iMinaf et aiHtrt $tt iwjwoirt dtpttiÊ $n
mort, données o Aiufoolérue, en mai i»3o. (Cf. Um.UT, t. XII, p. 3il,.) Aux terme» de ces lettres, sont «nuls et de nul effet el valeur tous arrêts, violence».. . faite contre ledit feu M" Charles de Bourbon ... et spécialeuieiil l'arrêt prononcé en notre cour de Parlement à Pari», le » 7* jour de juillet i5*7. . . mettant le tout an néant parles- «iiies présentes , comme chose non advenue, en remettant du tout en tout ledit {eu M" Charles de Bourbon en sa bouue famé el renommée «. etc. (Op. cit., p. 345.) Voir d outas détail» sur celte alTaire aux page» qui suivent.
L\ll
INTHODICTIOY
I,- commencement de la ruine de l'hûl«l. On te démolit ni partie; un dérasa, par exempte, l.i |wtiUr tourelle en encorbellement du coin de la nie des Poulies; un brisa tes érussoiis, i>n macula les portes de cette couleur jaune que le bourreau appliquait au» maisons dfs coupables de haute trahison ;,). De nouvelles mutilations (s'effectuèrent à la fin du xvï* siècle, lorsqu'on perça, à travers les dépendances, une rue allant au Louvre; mais on respecta la < hapelle et la grande salle oit se tinrent les Etats généraux en 1 6 1 4 et qui 6ervit de théâtre pour la Cour sous Louis XIII et l^ouis XIV. L'hôtel avait été acheté, dit-on, ôoo.ooo livres !' par Marie de Médicis; nous ignorons le nom du vendeur et la date de la vente. Vers 'i <>6't , on fut obligé, pour élever l'aile orientale du Louvre moderne, de détruire la plus grande partie du IVtit-Bourbon, ainsi qu'on disait alors; la chapelle, particulièrement, disparut, lie qui restait fut divisé en deux parties : on établit, vers le Nord, les écuries de la reine et, vers le Midi, le garde-meuble de la Couronne'5', à l'usage duquel on lit servir plusieurs de* anciens bâtiments. Knfin le tout fut rasé en vertu des lettres patentes du mois de décembre 1 7 58 , relatives au dégagement des abords du Louvre. Le commencement de la démoution précéda même la publication des lettres, car elle fut entamée le ao septembre, suivant un passage du journal de Barbier. Le terrain est resté vague ensuite et a été clos, jusqu'à ce» dernières années, d'une grossière palissade. Aujourd'hui, c'est un jardin dépendant du Louvre et fermé par mie grille en fer forgé. L'hôtel de Bourbon devait être un des plus magnifiques du vieux Paris . . .
M. A. lîerty donne ensuite de longs et minutieux détails sur les diverses parties de cet hôtel; nous y renvoyons le lecteur, sous réserve cependant îles recliliculions que M. A. Betty a faites ultérieurement de plusieurs
1 détail» parais-"*!)! avoir été (tuise» dan* Ifurtaut «I Magny, qui donnent cependant d'antres renseignements sur celte affaire : rLo connétable ■le Bourbon ayant été dfclaré criminel de lè*-majeslc', en i5a3, on aema du ad sur le soi où éiait «a maison; ses armoiries y forent brisées et le bourreau barltouilla les fenêtres et le* porte* de ce jaune infamant dont on barbouille les maisons de* traître*. Ce prince fut tué devant Rome le 6 mai i .'107, en montant le premiers l'aNant. Les soldats. d<ml il liait adoré, après avoir aarragé Rome, cm prièrent son corps a Caètc et lui dressèrent nn tombeau dan» une chapelle. Le Concile de Trentiordonna qu'il serait exhumé, apparemment paire qu'il n'est pas permis de combattre le Pape, lors même qu'il ne fait la pierre que comme prince temporel. On avait jeté son corpa auprès de la porte du ehilteau de Gaëte. lin officier français de la jpirni*on le initdan» une grande armoire vitrée, où on le voyait encore en,i6(io, bien conservé, debout, botté, appnyé »nr un bAton de coinniamleinent et
vêtu de *» ni*aquc de velours vert, cliamarrée ih grande galona d'nr.« (()p. cit.. I. IV, p. sgo.t
!" Le chiffre qui est ici donné par M. Berty parait absolument invraisemblable, et il est bien regrettable qu'au tien d'un (fit-on, l'auteur 11 ail pas mentionné la source. Sauvai écrit à ce sujet : 'François I". en i5'j3, commanda que l'hAtei de la Reine, le Petit-Bourbon et I hAld neuf appel.' l'hôtel d'Étempe*. parce qu'ils tombaient en ruine, fussent encore vendus et dont la vente néanmoins ne commença qu'en 1 S5 1 ... ; l'hôtel des ducs de Bourbon , ap|»elé le Petit-Rourbon et confisqué par François 1", avec le* autres bieua du connétable, fut vendu en même temps 6, i s 5 livre*. - ( (>p. fit. , t. 11, p. 18&.) Les preuve* uoe nous donnons cideaaus témoignent qu'il ne peut être question ici de l'autre ho le) do Petil-Bonrhon , «tué rue Saint-
Jr>r(jnw,
" Voit- le plan de Jean de la Caille, daté de 1 7 1 '1 , ci-après, p. i.xm . et ce <jue non» disons du génie-meuble. ci-a|trè*, p. nvm.
INTRODUCTION
assertions contenues dans ces pages" (t. I, p. 37-39). Ces rectifications nous eussent empêché d'utiliser les passages qui suivent ; il en est d'autres, croyons-nous, qui eussent dù èlre faites.
H.;. U. — K vir-nt du plan Je Jeon »■ li Ciilu ( 171
Un point , en particulier, nécessite quelques explications. Il s'agit de l'étendue exacte de la rue des Poulies, que M. Berty mentionne, sans réserve d'époques, comme allaut jusqu'au quai de l'École. M. A. Berty
||J Voici le début «le la uute rectificative que l'un trouve dm* If mime ouvrage, t. Il, Appendice* : 'La chapelle du uuuwir ii'e-tait |»iat située au lieu ■H! nous «voit* indiqué «ur In feuille V 1 1. 1, p. 3g), mai* en bordure mm- ta rue du Petit-Bourbon, dont le dérochement était formé par la façade occidental*' de l'édifice, comme ou le distingue parfaitement sur le plan de (lomUiiisL Kgaré par les dimensions béa fausses qui sont mentionnées dans le manuscrit appartenant h M. Il Houx de linry , noue avoua confondu la ckupelle cure la /fronde utile, lai|uelle. offrant des croisillons et une abside, prend , sur diverse» vues, l'aspect d'une véritable église , ■lont une tour, placée tout auprès et coiffée d'un toit pyramidal . ligure le r lue lier. l<oin de mesurer
3a toises de longueur, ainsi que le rapporte le manuscrit précité, la chapelle n'en avait probablement |mis plus d'une dizaine, de sorte que le chiffre de neuf toises prêté h son comble semble exact. Sur le plan de Math. Merian, la chapelle apparaît surmontée d'une flèche qu'on retrouve sur le dessin du m* siècle (reproduit t. I, p. i34 J, où il est étrange que le bâtiment si remarqua hle de la grande salle soit entièrement supprimé. » Il y a lieu de remarquer que la ckaptlte de llmrbon se voit tré« nettement sur U plupart des anciens plans de Paris: le Plan de la eenrice de Sainl-lierumm-deÊ-Prrt , publié par la .Société de FHiilaire de Parit, porte même en toutes lettre*, près de Milice, ces mots : «Chapelle de Itourbou*.
lx.» ivruoiM CTIOV
indique constamment la rue <los Poulies comme bordant l'hôtel de Bourbon du côté de l'KsI; celte rue n'est cependaul ineiilionuée le plus communément suit, dons les plans, soit dnns les ouvrages les plus connus, que comme s'étendant de la rue Sainl-Honnré à la rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois, la partie allant jusqu'au quai jetant connue soit, autrefois, soms le nom ries Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois, soit, vers la lin du xvn* siècle, sous le nom de rue du Petit- Bourbon. Voici, d'ailleurs, la notice que M. A. Berly a consacrée à cette rue des Poulies, objet du litige: «Elle est qualifiée de rue du Noyer ou Nouier en des actes de 1 353 et i35i, a raison de certaine maison du Noyer qui l'ut réunie à l'hôtel de Bourbon en i38â; enfin, depuis le xv* siècle, elle a été fréquemment appelée rue de Bourbon ou du Petit- Bourbon, à cause de cet hôtel. Un titre de 1 5 8 3 mentionne une maison faisant le coin du quai et de fia rue de Bourbon», et des baux de i 7 'i<> et de i;55 portent que certaines maisons étaient situées rrue anciennement appelée des Poulies el actuellement du Petit-Bourbon». Ces textes viendraient, il semble, à l'appui de notre thèse. M. A. Berly conclut cependant ainsi : * Toutes les appellations autres que celle de nie des Poulies n'ont été d'ailleurs qu'exceptionnelles el le plus habituellement on a considéré la rue comme se prolongeant jusqu'au quai». Nous reconnaissons volontiers que, dans quelques textes, la rue des Poulies est donnée comme s'étendant jusqu'au quai; on ne peut, d'ailleurs, en raison de9 usages de l'ancien régime, rien donner d'alïirmalif et de précis, puisque la précision en ces matières n'existait pas; mais ce n'est qu'exceptionnellement, croyons-nous, contrairement à M. A. Berly, que, dans les derniers siècles, le nom de rue des Poulies était donné à la partie voisine du quai. Nous avons réuni, dans une note séparée (voir Appendices de X Introduction , \i' II), les arguments que nous n'aurions pu exposer ici sans donner à une discussion incidente une importance démesurée.
Voici, d'ailleurs, un extrait de .laillol qui confirme nos diverses objections :
Hue du Petit-Bourbon. Elle commence rue des Poulies , au coin de la rut? des Fossév- Saint-Germaiii, et aboutit aux quais de l'École et d<* Bourbon. Au xiti" siècle, te quartier s'apjtelait m Oiterirhe; le nom s'en est conservé longtemps dans la rue appelée d'Otlerichr ,
INTHOnUCTION.
tf Autraiehe , £ Autriche et tf Autruche, dont parti»- subsiste encore ft forme le cul-de-sac des Péres-de-l'Oratoire. (Jette rue se prolongeait jusqu'au quai de Bourbon, appel*'- simplement alors, ainsi que ceux de l'Ecole et du Louvre, Granifrue sur lu riritre. C'était dans relie rue d'Autriche qu'él.iil hàli le palais on hôtel du Petit-Bourbon; il s'étendait par derrière jusqu'à la rue qui eu a pris le nom et qui était kl cimtïnuation de celle Je» Fouh-Saint- Germain. A côte" de lu chapelle de cet hôtel, il y avait une rue qui allait de celle d'Autriche au cloître de Saint-Cermain et formait une équerre ijui portait, dans »e* deux partie», k nom du Prtil-ltaurbon; elle fut ouverte en i583. Il paraît que cet hôtel fut bâti peu «le temps après que Plulippe Auguste eut fait augmenter le Louvre.
[Jciillut discute longuement ensuite quelques assertions de Sauvai, puis il écrit :] La révolte el l'évasion du connétable de Bourbon, en 1 5 a 3, donnèrent lieu h la confiscation de ses biens, et, en conséquence, cet hôtel fut démoli en partie eu 1Ô97: on en conserva la chapelle, et la galerie, qui était fort vaste, a servi de salle pour les spectacles que la (Jour Ht représenter à l'occasion du mariage de Louis XIII. et pour les ballets et la comédie sous Louis XIV. Ce fut aussi dans cette galerie que se tint l'assemblée des Etats du royaume en t d 1 '1 et 161 S.
. l ue partie de cet hôtel est entrée dans la construction du Louvre, et il n'y a pas longtemps qu'il en subsistait encore des restes où étaient les écuries de la reine et le gardemeuble de la Couronne"1, qu'on a démoli depuis quelques années, pour découvrir la superbe colonnade du Louvre qui fait, Ajuste titre, l'admiration des plus grands connaisseurs1-'.
M. À. Bertv lerniiur ainsi sa notice sur la rue des Poulies : - Les lettres patentes du «il> décembre 17.18, relatives au dégagement des abords du Louvre, ayant prescrit d'abattre tous les bâtiments situés devant la colonnade, ont Tait disparaître les deux tiers du côté occidental de la rue des Poulies; le côté oriental, entamé par l'établissement de la place Saint-Germain-l'Auxerrois, ordonné par arrêt du Conseil du i3 novembre 178 A, a été détruit en très grande partie par suite du décret du 3 mai t856i.
L'hôtel du Petit -Bourbon, morcelé à diverses époques, disparu! dans la proportion même des agrandissements du Louvre [a); sa situation se rapprocherait donc, dans la partie voisine de la rue du Petit-Bourbon et du quai, de l'angle môme que fait aujourd'hui la grille du jardin de l'Infante, en remarquant toutefois que la rue du Louvre, qui correspond ici à la rue du Petit-Bourbon, est plus large que cette ancienne rue. Une lettre du ministre de la Maison du roi annonce, le 39 mars 1790,
'' Voir, p. uni. Ie|tlun de La tiuHe, »7 1 4. ('' Voir dans Tdïteï. op. cil., t. III, a" 1970.
<" J»ator. Rcekenhti critiqua: l. I, quartier «971. 197*. 1 980 H »8.U-»8<j.t , article» reUifc dn Louvre, p. 11. Kd. de 1 78-». an d^ge-ment des abords rlu Louvre ver* 1790.
but. » s rmriccs — i. r
INTHODL CTION.
que -lf roi a approuvé le plan dressé pour la suppression des maisons de la rue du Petit-Bourbon et f établissement a" une grille à la place de as maixoi>*»W. M. Berty a publié (I. I, p. i 39) un Plan restitué du vietur Louvre qui montre l'emplacement du Petit-Bourbon dans ses rapports avec les constructions actuelles; le même auteur nous donne (t. II, p. 1 33) les détails complémentaires suivants: «Si les fouilles [de 1866] n'ont point fait apparaître un tronçon intact de la rue d'Autriche, elles ont permis néanmoins d'en fixer l'encoignure Sud-Est, et de constater que le parcours indiqué sur notre restitution atteignait les dernières limites de l'exactitude; chacun peut s'en assurer le compas à la main. L'angle Sud- Kst de l'hôtel de Bourbon était un peu plus ouvert que ne le donne le plan dont la copie est placée page 3 s (1.1), et l'angle Sud-Ouest du manoir offrait un pan coupé racheté à une certaine hauteur par un encorbellement que n'a point oublié l'auteur du petit plan des archives de Saint-Ciermain-l'Aiixcrrois (voir t. I, p. 1 35). Cet angle Sud-Ouest était de 90 degrés, ce qui implique qu'il y avait, à l'entrée de la rue, une légère irrégularité d'alignement ; le sommet de l'angle correspond à l'extrémité d'une perpendiculaire longue de 1 1 m. 80, élevée sur le mur extérieur du Louvre, à 1 7 m. 71 du pavillon du |K>nt des Arts, n
L'hotel qui vit les deux importai) les séances d'ouverture et de clôture des Étals de 161/1-161 '> fut, an cours de sa longue existence, le théâtre et le centre d'événements que nous ne poumons seulement évoquer sans sortir des bornes de ce travail, «('/était des fenêtres de celle maison qui lui avait appartenu, écrivent Hurlant et Magny, que Charles I\. pendant le massacre de la Saint-Barthélemy, lirait, avec une longue arquebuse, sur les huguenots qui passaient Peau pour se sauver au faubourg Saint-Germain; le Pont-Neuf n'était pas encore bâti ' .7? Décrivant «le principal corps de l'hotel*, M. Berly indique que «l'on remarquai!, au-dessus du pignon, une sorte de balcon fermé, dans le genre de ceux que les Anglais nomment oriels 1 », puis il donne ici cette note : r Au \\nr siècle, on a cru, à tort, que ce balcon était celui où se serait placé
■'• Arrb. ■>■(.. 0'. .ioi. fol. i3S. pi.'tc oil.V par M. TïitTiiï («/>. cit., 1. III, n" 1977}.
' Op. eit.. I. IV, n' 590.
<> linlron se remarque en particulier dan* I.' PImh de la remit* if S«i»l-C,rrnain-r ivrti-
rrùt. m' zikrte, pnhlio par la Société de riluluire ilt Paru ; voir ainsi 1rs diverse» vue» <li* l'Iinle! >lu IVtil-Bnurlmi) qui onl eïé publiée» par M. \. ISmtv, dans la Topographie kittoi iij»' du rieur Pari», 1. 1. p. 1 5<>. i'i<) et :; 1 7.
INTHODl CTION. UWi
Charles IX le jour do la Saiul-Barlhélemy, pour tirer sur les protestants rt. Discussions vaines, puisque la preuve ne peut être faite.
Ce qui parait, d'autre part, hors de doute, c'est que l'hôtel de Bourbon était comme le centre de mauvais lieux , particulièrement du côté de la rue d'Autriche. M. Berty cite des lettres royaux de février l5i<), dans lesquels on lit, à propos du logis bâti par Villeroy : «Derrière de laquelle maison et jardin répond en une petite rue nommée la rue d'Autriche, assise derrière la maison de Bourbon, où y a plusieurs j>etîLs porches et méchantes maisons où par ci-devant se tenaient femmes de méchante et dissolue vie, tenant bourdeau. Et pour autant que ladite rue est à l'écart et le lieu peu fréqueuté et habitué de gens, s'y retiraient ru (Tiens, paillards, larrons et autres méchantes gens 1 Ainsi se trouvent expliqués les v lupanarcs de Bourbon r> dont parle Rabelais ' .
Comme nous aurons à traiter longuement de la salle du Jeu de Paume de Versailles, nous ne pouvons omettre de rappeler ici les deux jeux «le paume construits par François I" en face de l'hôtel de Bourbon, sur la rue d'Autriche, et adossés aux auciens murs de l'enceinte de Philippe-Auguste'5. Voici comment Sauvai raconte leur établissement : «Avec le temps, toutes les basses cours ont été minées. . . En i53o, François I" jela tout par terre , pour faire à la place, du côté de la rue Fromauteau, celle que nous appelons la cour des cuisines; il fit aussi bnlir deux jeux de paume, du côlé de la rue du Louvre Ci, à façon de baraques, l'un vis-à-vis l'hôtel de Villeroi et l'autre du côté du Petit-Bourbon, qui avaient dans «euvre ai toises et démit» de long sur 7 toises a pieds un quart de large *1».
L'hôtel du Petit-Bourbon senit pendant de longues années au dépôt du garde-meuble de la Conronue. Le plan de La Caille que nous reproduisons (lig. B, p. lxiii) montre en quelle forme réduite les locaux qui servirent en ttii4 étaient employés, cent ans plus tard, comme garde-
'• Bmtt, Topographie hUtorifu» du nW Pari,, tagrwt , liv. Il, <h»p. vi. VA. Ksminjfart e( Jotuint. 1. p. la. neaii. I. III, p. i5o.)
' »EtiquoipMae£-y<Mi.l«t«iipi.,voo5«iilli«., Ces de.u jeux de paume sonl très tlairemenl
eatudieiw au dict l'aria? Kespondil IV»- indiqué dan* le «Plan restitue? du vieui l»mrc- .
diolier : «Noua Iranfiletno» la Sequane au dilucule de M. Bï«ï> i op. cil. , 1. 1. p. 1 1>\ i. «I crepuxule. . . (Vrtainea discute» noua iaviaons ' '110* do rAutruche ou iw du Louvre, i i File» lupanares de Quimp-Cailbnl , de MataNi. de umt\. t. IV, p. i3o.) ml de »e, de Bourbon, de lliieieti. . . rie. (Pau- '■■ S»i ui., «p. cit., I. Il, p. \X
Lit III
INTHOIH CTIUV
meuble Le «garde-meuble du roi" est très nettement déterminé dans le Plan terrier de 170.S (Arcli. nal., Q1, 10993, p. i/t8). -La démolition du Petit-Bourbon ayant été ordonnée, écrivent Hurlant et Magny, le garde-meuble a été transféré au mois de mars 17. '18 à l'hôtel de tïonti, près le collège des Quatre-Nations, et cet hôtel ayant été démoli pour la construction du nouvel Hôtel des Monnaies sur le même emplacement, ce magasin général des précieux meubles de la Couronne a élé transféré à l'hôtel des Ambassadeurs extraordinaires, ci-devant l'hôtel d'Évreux 1 , et enfin près de la place de Louis XV, où il est aujourd'hui [1779], derrière la colonnade, rue Royale ;î , construite en même temps <|ue la place 3 . *
Les représentations graphiques de l'hôtel du Pelil-Bourbon sont nombreuses. Une des plus curieuses par le détail est celle qui se trouve dans le Plan de Incentive (h Saûit-Gertntrin-FAuxerrw* , xvi' siècle, reproduit (héliogravure Du jardin) par les soins de la Société de l'histoire de Paris * ; on y voit les mentions : Lostel de Bourbon et Chapelle de Bourbon. La rue du Petit-Bourbon, de la rue de l'Autriche à la rue des Fossés-Saint-Germain, ne ligure pas sur ce plan; elle permettait de communiquer directement du Louvre au cloître de Saint -Germainl'Auxerrois et fut, au dire de M. Berty, «ouverte eu 1 583 s r. Ce plan, s'il est exact, serait donc antérieur à cette date. La façade de l'hôtel, du côté du quai, apparaît très clairement dans les gravures suivantes : r Elévation panoramique des quais du Louvre et des Tuileries sous le règne de Louis XIII « (Beuty, op. cit.. t. I, p. 3 17); Vue prise de l'hôtel de \csle * d'après le retable du Palais de justice* (/>/., I. I,
' U |>;iUi»<lo l'Éljw*, Mli fii 171K, pour le rodile d'Évirnx. par l'architecte Molct. acheté en 1754 par la m.irt(tii«e «le Pom|wdcmr i voir le» plan» et |;rns lires coiiserros dans La Topographie Je lu France, Ktlanipr». V. -fHV rf. Iti <«d«i , .IrcAi- Ifcturt fraiiraitr, I. III, p. i.'ifii.
(1- Cf. L'Hilct ilu Mmi^thr Je la Marine, par M. Ch. I)rru>«R > Mémoire* Je la .W»'rV Je rHittaire Je Pari,, t. Y, p.3i<il.
Op. cit. , t. III , p. lia. LAImaitach royal lie mentionne l'administration «In «jaiilf-raeuble qu'à ilalpi de l'nnni-e \-~>f>. On voit alom que M.deFontnnicu avait , depuis 1 7 1 7. la rharçje -<l intendant cl
côninUeur gênerai de* mc«dd< » de la couronne». Ile 1 7 ''9 " 1 7°^- 'p (janle-meulde se trouve -quai et holelde Conlii ; en 1 7<»y. on le voit: oliold dra Ambassadeur» extraordinaires», où d reste jusqu'en 177'L En 177Ô, In notice iudiqne(p. ilîG): «line Ssiint-Fluredtin. Le ffarde Binerai demeure rue Royalp , place Loti i» X V, a Tholel du jjarde-meulde - .
l' lin» particulièrement eiioira par lea soin» Je MM. Unenoii .1 de l*»tovrie. (Voir le BuSetin de 1880, p. 71 et 70. ) Les pnhlicationa de la Société de l'hittoire Je Purix n'indiquent pa» 011 e*t conservé l'original.
1 Op. rit.. 1. 1. p. *o.
IXTRODl'CTION. un
p. 169); Vue de lu rive droite de la Seine «d'après le tableau provenant du monastère de Saint-Germain-des-Prés * (id., t. I, p. t66). «Le Louvre vers 1 620, d'après un tableau du temps appartenant à la ville de Paris?» (Bertv, t. II, p. 1 6 A , gravure hors texte). Le volume delà Topographie de la France coté V", 22^4, contient plusieurs pièces très importantes relatives à l'hôtel du Petit-Bourbon se rapportant à l'époque où il était occupé par le garde-meuble.
Il nous faudrait, pour en linir avec les Etats de 1 G 1 4 , indiquer ici les meilleures sources de leur histoire, mais elles sont, en vérité, trop nombreuses. Nous nous bornerons à renvoyer au Catalogue de l Histoire de France (t. VI, p. 35-37); à la liste que nous donnons ciaprès, p. i.xxxjv, des documents manuscrits les plus importants, conservés à la Bibliothèque nationale; au Catalogue du département des manuscrits de la Inblwthèyue Sainte-Geneviève : « Etats généraux de
I (» 1 5 ~ (t. I, n° 18a); enfin, aux documents suivants conservés aux Archives nationales : Cahiers des métiers et corporations : K, (t^h-G'jh; Cahier de la .Noblesse : H, 768.
CtOCLUSIOV METHODE SUIVIE POUR LA PRÉSENTE PIBLICVTIOV
SO> PH> fiÉNKML.
Il ne nous reste plus, pour avoir terminé cette longe Introduction , qu'à exposer le plan général de notre ouvrage et la méthode suivie.
Le plan primitif do notre publication a été agrandi par les décisions mêmes du Conseil municipal. Nous n'avions proposé, en effet, qu'une reproduction des deux plans de l'architecte Paris, avec notices sur les salles occupées par les assemblées parlementaires [de la Révolution. Le rapport du 27 février 1896 (voir plus haut, p. u) indique que : r A ces plans pourraient être joints tous autres documents relatifs aux bâtiments occupés par les séances du Conseil général de la commune de Paris, du Comité de salut public et des clubs les plus importants?».
II serait fort à souhaiter, sans doute, qu'une œuvre semblable fût entreprise; la délibération du ai novembre 1898 réduisit cependant l'ouvrage à de plus modestes proportions en décidant <? la publication de
m 1NTH0IH CTIOV.
l'histoire des édifices où ont siégé les assemblées parlementaires de la Révolution française et de la première République ».
La substitution, toutefois, du mot édifice» à celui de salle» étendait le champ de notre étude; les assemblées parlementaires eurent besoin, dès leur origine, en effet, de nombreuses dépendances ou annexes pour les bureaux, les comités, les archives, etc.; nous avons été amené ainsi à rappeler, sommairement du moins, l'histoire des édifices entiers ( Archevêché, Tuileries, etc.) où ont siégé les assemblées.
Nous avons vu les indécisions qui régnent, chez la plupart des historiens, sur la date précise du commencement des assemblées parlementaires; une difficulté d'un genre pareil existe pour reconnaître à quelle date finit exactement la première République. L'arrêté de M. le Préfet de la Seine approuvant la délibération du 2 1 novembre 1898 porte que «cet ouvrage, autorisé par délibération du h mars 1896, comprendra deux volumes : le premier, relatif à la période comprise entre le 5 mai 1789 et le 10 mai 179.3; le deuxième, relatif à la période comprise entre cette dernière date et le 9 novembre 1799^. On peut considérer, à bon droit en effet, que le coup d'État du t8 brumaire, en amenant la chute du Directoire, mit fin au régime des institutions libérales, mais si la République a réellement disparu, comme conception politique, nominalement elle existe encore. Il .suffit, pour en faire In preuve, de se reporter aux textes des constitutions.
La Constitution de l'an m fut renversée le 18 brumaire an vin (9 novembre 1799); la Commission consulaire nommée le lendemain, 19 brumaire, prépara une autre Constitution qui fut promulguée le 22 frimaire an vm et prit le nom de cette date; cette Constitution, qui portait création de trois consuls, fut modifiée par le sénalus-cousulte du iG thermidor an x, qui établit le consulat à vie au profit de Bonaparte et par celui du 22 floréal an xii, qui créa l'Empire. Ces trois actes réunis formèrent la Constitution impériale, qui fut mise en vigueur le 18 mai tHoA. Mais la Constitution du as frimaire an vin maintenait la République; elle commençait ainsi : w Article I". La République française est une et indivisible», etc. Les arrêtés des Consuls jusqu'en i8o4 sont ainsi intitulés : «Les Consuls de la République. . . <1. etc. C'est donc bien jusqu'au 18 mai 180/j et non au 9 novembre 1799 que doit
INTHODl CTION.
Mil
s'étendre une Histoire des édifice* oit ont siégé les assemblées parlementaires de la Révolution et de la jtremière République. C'est ainsi que l'ont compris d'ailleurs quelques auteurs d'ouvrages publiés par les soins de la Ville de Paris''1. Le mot république survécut même plusieurs années dans des documents officiels à la proclamation de l'Empire
Nous avons donc cru rentrer dans les vues du Conseil municipal et de son rapporteur en élargissant notre sujet au lieu de l'amoindrir et en adoptant pour ses limites la proclamation de l'Empire et non le i 8 brumaire.
Les mêmes vues nous ont porté à prendre dans son extension la plus large le terrain, pourrait-on dire, sur lequel nos recherebes devaient s'exercer.
Les assemblées parlementaires, à leur origine, n'eureut point, en eflet, la vie sédentaire et tranquille, au point de vue de leurs sièges,
' «Après «voir terminé me* reclR-rche» préliliminaire». circonscrites entre les premiers moi* •le l'année 178g el la proclamation de l'Empire { 18 mai j8o4)», etc. (/siWetfwiidcM. M. Tôt avan, en téte <lu t. III de sa Bibliographie rf« l'kù-
Nous ne croyons mirtu bire que «le donner »4ir ce point l'opinion . justifiée par de> preuves, du plus savant bislorien de la Révolution : * En 1 Soi , après l'établissement de l'Empire, écrit M. Anlard. •in célébra i-noore au moins une foi» non seulement l« (été du i4 juillet, niais celle de rétablissement de la République. [Ici celte note : »Par une lettre du 1 1 fructidor an xii (Arck. Ml., AF. iv, jo65), t'orUlis avait propose' 0 l'empereur de supprimer «•lté fête de la République. On voit qu'elle eut encore lieu le 1 " vendémiaire an mm.] En iHo5, d nr fui plut question ni de l'une ni île l'autre de ces fêles.
i-Le timbre des journaui porta la légende Bi/m- Wijik fnmçaur jusqu'au 3 1 décembre ■ 8o5. Le sceau de TElnt fut changé plus tôt : la loi du 6 pluvi.W an xiu eu AU toute image républicaine. Dans la formule de* drfcfel», Napotéou se dit parfois «empereur par les comstitutions de la République*, jusqu'au »8 uuii 1807 inclus. Dans la formule de la promulgation des lois, ee» mots appar*i»«ent pour la dernière fois dans la loi du <9 avril .806 sur le
Code de procédure civile. Puis . c'est - Napoléon , par In grice de Dieu et le» ronsu'luliou». . . -
» Mais l'empereur n'osait pas prendre rie mesuiv formelle et directe contre l'usage du mot de république. C'est seulement après l'entrevue d'Erfurtb (septembre-octobre 1808) où Alexandre et lui se garantirent la soumission de l'Europe, qu'il se sentit assez puissant pour abolir le dernier vestige de la République, parle décret du 99 octobre 1808.
à compter du t" janvier «809 porteront pour légende, sur le revers de la pièce , les mol* : Kmpirt fronçait , au lieu de ceu x de Béputlujtttf nrnfmxr 1 . l'ersounc ne prit garde a ce décret : ce mot de répu- Miqoe, naguère considéré par le |»eople comme un Inlisman de victoire, était oublié, remplacé dan* l'imagination des Français |>ar celui de fapoléon . autre talisman de victoire.
-C'est ainsi qu'après une existence réelleou Dominait? d'environ seite année» (du n sepletnbre 1 70-1 nu 3i décembre 1808), la première République française, qui, dans sa période démocratique, avait fait avec tant d'éclat de si grandes choses, eut cette singulière forluue de sortir de l'histoire presque furtivement, comme elle y était entrée.» (Ilùloire politiame de ta HfvnlutMin françuut , \r*r A. Atuan, l'ari», 10.01. in-8\ p. 779. L'auteur renvoie. |iour plus de détails, à un article sur le même sujet pu blié dans la tfrr«riW du 1 5 janvier 1898.)
ia\h INTHoDI CTIOV
qu'on leur connaît, même en temps de ré\olution, depuis plus d'un siècle. Stms la pression d'événements imprévus, de dangers publics , il en est qui durent siéger, pour quelques heures seulement, hors de l'édifice qni leur était habituellement consacré : ainsi en fut-il de l'Assemblée nationale à Versailles, le ao juin 1789, au Jeu de Paume; le wi juin, dans la matinée aux Récollets, dans l'après-midi à l'église Saint-Louis; ainsi le verra-t-on plus tard encore lorsque les Conseils îles Anciens et des Cinq-Cents durent, après le 18 fructidor, tenir séance à l'Odéon et à l'École de Médecine; a Saint-Cloud, après le t8 brumaire, etc. Nous avons donc cru devoir nous occuper de ces locaux accidentels et prendre ainsi dans son sens le plus étendu les mots : Edifices 01Ï ont siéjré les assemblées \m rlem eu fa ires .
Comme conclusion des vues qui précèdent, voici dans ses grandes lignes, sauf modifications de détail, le plan de notre ouvrage :
I. Ktals généraux et Assemblée nationale à Versailles. La Procession du h mai 1789. Ouverture des États généraux le 5 mai. L'hôtel des Menus-Plaisirs et ses dépendances. La séance du 20 juin 1789 au Jeu do Paume. L'église des Récollels, à Versailles, où l'Assemblée nationale tenta de siéger dans la matinée du 3*4 juin. L'église Saint-Louis, où elle tint séance le même jour.
IL L'Assemblée nationale constituante à Paris. Après avoir tenu sa dernière séance à Versailles, le i5 octobre, l'Assemblée s'installe à Paris dans la grande salle de l'Archevêché. La dernière séance qui y est tenue est celle du samedi 7 novembre 1789.
III. La salle du Manège aux Tuileries. La Constituante y tient sa première séance le 9 novembre 1789. Elle y reste jusqu'à la fin de la session. L'Assemblée législative y lient ses séances pendant toute sa session. La Convention s'y installe à titre provisoire et y tient séance jusqu'au 9 mai 1 79.3 inclusivement.
IV. La salle dite des Machines au château des Tuileries. La Convention y prend séance le 1 o mai 179.1 et y demeure jusqu'à la fin de sa session. Le Directoire se constitue avec les deux Conseils le 5 brumaire
INTRODUCTION. ixu.i
an iv (37 octobre 1790) !''. Le lendemain , le Conseil des Anciens prend séance à la salle des Machines que vient de quilter la Convention, le Conseil des Cinq-Cents s'installe, à titre provisoire, dans la salle du Manège.
V. Le théâtre de l'Odéon; l'École de Médecine. Au coup d'État du t8 fructidor (4 septembre 1797), le Conseil des Anciens tient séance dans l'amphithéâtre de l'École de Médecine; le Conseil des Cinq-Cents, à l'Odéon. Lesdeux Conseils s'y déclarent en permanence et y restent trois jours; le 22 fructidor, ils retournent aux salles précédemment occupées.
VI. Le Palais Bourbon, le château de Saiut-Cloud, le Luxembourg, le Palais Royal. Le 29 pluviôse an vi (2 t janvier 1798), le Conseil des Cinq-Cents prend possession du Palais Bourbon qu'il doit occupera titre délinitif. A la suite du coup d'État du 1 8 brumaire au vin , les Conseils siègent, les 19 et 20 brumaire, au château deSaiut-Ctoud: les Anciens dans la galerie du château, les Cinq-Cents à l'Orangerie.
Les commissions créées par la loi du 1 9 brumaire an vin tiennent leurs séances à Paris, dans les salles respectives des Anciens et des Cinq- Cents.
A la suite des modifications apportées par la Constitution de l'an vin (promulguée le i5 décembre 1799), les Consuls sont aux Tuileries, le Sénat au Luxembourg, le Corps législatif au Palais Bourbon, le Tribunal au Palais Royal. L'entrée en fonctions de ces divers pouvoirs est du à nivôse an vin (20 décembre 1799). Les choses demeurèrent sans changement notable jusqu'à la fin du Consulat. La suite ne uous appartient pas.
Le tableau qui précède, des nombreux édifices occupés de 1789 à i8o4 par les Assemblées parlementaires, ne présentait, à vrai dire, aucune difficulté, puisque, pour le dresser, il suffisait de se reporter aux actes officiels; peut-être apporlera-l-il cependant quelque surprise à ceux (et ils sont plus nombreux qu'on ne croit) qui ne savent pas dans quelle salle eurent lieu les débats du procès de Louis XVI <*>.
'•'> Voir sur la transmission des pouvoirs de la l" "Peu après, (Sisors «vaut été charge? de (lit-
Convention aux deux Conseils, Chaprea, p. «74, poser au palais de* Tuileries la salle il"S seaucrs<l<> note 4. la Convention . il s'adjoignit Pereier. • | En note : |
lui* INTRODUCTION.
La plaque cominémorative placée rue de Rivoli, sur un des piliers de clôture du jardin, rappelle que « sur cet emplacement, avant l'ouverture do la rue de Rivoli, s'élevait la salle du Manège». La salle du Manège, ainsi qu'on peut le voir aux plans que nous publions, comme aux plans deTurgot et deVerniquet, ne s'étendait pas jusqu'au point où se trouve la plaque indicatrice; deux w cours ?» la séparaient de la terrasse des Feuillants. La plaque serait donc plus exactement placée vers le côté opposé de la rue de Rivoli.
Nous voudrions, pour que renseignement public fût en ce sens reclilié, que des plans descriptifs indiquant les rapports de l'état actuel avec les anciens monuments fussent placés, comme on le voit pour le (irand Châlelet et l'hôtel de Nesle, près des locaux occupés autrefois non seulement par les Assemblées parlementaires, mais aussi par les États généraux. Le passant, qui ignore si souvent l'histoire de la terre qu'il foule, apprendrait ainsi par quelles incessantes et dangereuses vicissiludes a passé la fondation des libertés publiques.
Nous n'aurons que peu de choses à dire de la méthode que nous avons suivie et des sources utilisées, deux matières qui se trouvent de fait liées : nous nous sommes attaché, en effet, à suivre dans toute sa rigueur la méthode critique, à n'employer aucun renseignement publié par nos devanciers, sans renvoyer expressément à l'ouvrage; à n'utiliser aucune source sans en donner la cote, non pas in globo au début d'un chapitre , mais pour chaque pièce , sans craindre de multiplier les renvois et les notes.
Nous appuyant sur d'authentiques témoignages, nous nous sommes efforcé de faire parler les documents et les textes, en réduisant notre œuvre personnelle au lien nécessaire entre ces textes et ces documents.
La nécessité de faire la preuve a en somme dominé tout notre travail, et bien qu'il y ait aujourd'hui quelque banalité à exposer cette méthode scientifique de travail, il nous faut le faire ici pour nous séparer sur ce point d'un auteur que nous avons cité : M. A. Berty a largement utilisé, par
*('«! dans cette sali* qui* fut prononcée, tesojan- mort.» ( I , Dietwunnrr (Ut nrthilKtr M/raut «à , >ier 1 7«j3 , la «entent qui mndamna Louis XVI a LU*. |».
INTRODUCTION
exemple, les plan* restitués; or nous avons résolument écarté, pour nos illustrations, ce procédé qui n'offre à la critique aucune garantie'1' et qui est destiné à rejoindre « toutes les beautés qu'il faut éviter quand on écrit l'histoire i).
Nous nous sommes attaché à rechercher pour nos illustrations des plans inédits ou peu connus, évitant, par exemple, de reproduire quelque fragment des anciens plans de Paris qui se trouvent dans le bel atlas publié par la Ville de Paris, mais nous avons tenu à ce que la copie fui un fac-similé absolument fidèle, sans la moindre retouche; les documents sont donnés avec leurs défauts, avec leurs tares, et ces reproductions, comme nous lavons dit plus haut à propos des plans de l'architecte Paris, ont présenté les plus grandes difficultés. Les moindres modifications autorisent toutes les craintes, tous les soupçons, mais là encore nous nous séparons d'un devancier que nous aurions aimé à citer sans réserves^1.
Les indications générales des sources utilisées n'avaient plus de raison d'être dès que nous donnions soigneusement les cotes détaillées de ces sources, presque à chaque page; nous nous bornerons, comme bibliographie, à indiquer les ouvrages souvent consultés et que, pour celle
(l> Lu clos plus nuieux evemples des dangers de ces TfliUtiimi se peut voir daus le Plan de Parie tout Philippe le Bel, joint à l'ouvrage de M. Gérawl , Pari* vxa Philippe te Uel, publié en i837, dans la «Aie des Document* inédite tur Vhitloire de France. Si l'on compare, en effet, U partie de ce plan que nou* avons étudiée h propos de l'hôte! de Bourbon avec les plans et In document! Authentiques, les plus singulières diflérenees se rencontrent : la rue ti'Oeterieiê n'est pas a l'ouest de Bourbon, c'està-dire entre cet hôtel et le Louvre, mais à l'est, du coté de Ssùnt-Gennaw-fAuxcrrots ; l'hôtel d'Alenron n'est pas au nord de Bourbon , mai» à l'est , sur le quai. L'auteur a place' au nord de l'hôtel de Bourbon une rue qu'il nomme Jehan-Èenut , qu'il n'a trouve*, dit-il. *ni dans le poème de Guillol de Paris, ni dans le rôle de t3t3, ni dans les anciens plans-' ; mais «destinée «ans doute à établir entre le Louvre et l'intérieur de Paris une communication indispensable, elle devait commencer à la porte du palais, se diriger a l'est*, etc. Et la rue fut fixée sur ces problématiques données Lw dangers de ce* plan* rttiituét se trouvent indiqués dans lesouvrages mômes de M. Berty. Voir, par exemple.
{t. Il, p. iQ&j.la -Comparaison du plau deClaruc avec le plan réej restitué d'après les fouilles- [de itititi], et surtout la planche intitulée: -Plan comparatif du (.ouvre d'après les fouille» de 1 806 et d'aprè» M. de darne. Dans des notes publiées par le continuateur, après la mort de M. Berty, et relatives aux fouilles du Louvre, on lit : -Première erreur. . . Nous ne nous fussions pas non plus fourvoyé si . . . -. etc. (t. Il, p. i 171, et plus loin : -Deuxième erreur . . . Nous avons été trompé pour des cause» analogue»...-, etc. (t. II. p. 118;. Voir aussi la unte du continuateur (U U, p. 1 ■ ri ) ronnnenrnnt ainsi : -Si M. Berty avait vu plus de temps pour revoir son texte . . . - , etc.
^L'ouvrage sera illustré de toutes les vues do vieux Paris qui ont quelque valeur. La plupart seront reproduites en fac-similé, procédé qui est généralement le meilleur, puisqu'il préserve des interprétations douteuses; néanmoins, quand nous avons été certain de corriger avantageusement les défants des modèle*, non» h'mcxmu pat hésité a le faire* , etc. ( Topographie historique du lieux Para , par A. Brin, région • 1 • a Louvre <H des Tuileries, t. I, p. wi.)
uxyi INTRODUCTION'.
raison, nous citons abréviativemenl. Rappelons enlin que, suivant l'usage adopté par nos collègues de la Société de l'histoire de la Révolution, nous n'avons conservé l'ancienne orthographe que dans les seuls cas où la forme ancienne offre un intérêt spécial.
Les réserves qui précèdent ressemblent à un plaidoyer fait en vue de c irconstances atténuantes; elles ne nous font pas méconnaître les imperfections de notre œuvre, niais ces imperfections viennent surtout du champ immense offert à nos recherches et du nombre considérable de sources qu'il nous aurait fallu consulter aussi bien en France qu'à l'étranger'1' si nous avions voulu écrire une histoire complète des édifices où oui siégé les assemblées parlementaires; celte histoire complète eut dépassé, de toute évidence, le plan qui nous était fixé par le Conseil municipal. Les Tuileries, par exemple, nous arrêtent longuement parce que la salle du Manège et la salle des Machines, qui virent siéger la Constituante, la Législative, la Convention, les Anciens et les Cinq-Cents, se trouvaient dans son domaine; quels développements eût pris cette histoire s'il nous eût fallu remonter seulement au temps dont nous parle Sauvai, où les bourgeois de Paris avaient leur maison de campagne dans <r cette grande pièce de terre* qui s'étendait vers les murs de la ville entre la rue Saint- Honoré et la rivière^? Si notre œuvre n'est pas, pour toutes ces causes, définitive, elle pourra du moins servir de base sérieuse aux travaux de nos successeurs.
Nous n'ignorons pas qu'il est d'usage d'adresser, eu cette place, des remerciements à tous les collaborateurs, érudits obligeants ou habiles chercheurs, sans lesquels une entreprise comme celle-ci serait presque impossible, mais comment acquitter pareille dette, sans injustice, quand les créanciers sont si nombreux? Il est cependant des devoirs auxquels nous ne pouvons manquer et des plaisirs que nous ne voulons perdre,
1 Iji bibliothèque de ni- Thomas l>biil>|«. à Clirtlenliani . contient en |Mirticulier un -llappnrt sur lin-talUlioii de la salir do la Cunvenlinn , an i"-. qu'il serait important de connaître. (Cf. Inrtalmre mmmtirt Att mauiucriii u rapportant a thutoirt At Fnatr, publié par M. Henri 0«o-<t. dans la «lAfiboty** <U tÈcolt de* 0»rfr« .le iKHy . |>. 0,0 et «uiv. i
"J -Pierre dp» K->sirts.en iMj. avait une mai-
son de rampajjne dans cette grande piècp «le lerre qui est environnée tant des vieux H nouveaux murs de lu ville que de In nie SaiiU-llonoré et de In rivière, et que présentement couvrent les oeuvrai» •te l'Assomption, des Feuillant*, de» Capucins, la grande Écurie, un fort grand nombre de maisons ■le particuliers , le palais et le jardin des Tuilerie*. « |S»it»L. Ilwloire ri rtrhrrtkt* tir* «Hl'ufuilit tic In
INTRODUCTION