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NOTES ET APPENDICES DE L'INTRODUCTION
(|ue, le lendemain th, tous les députés nommés parles trois ordres du royaume, pour la tenue des États généraux , s'assembler aient aux Augustins chaque ordre dans une chambre séparée. La première séance eut pour objet principal de régler l'ordre dans lequel on «|>pellerait et on rangerait les députés. Il y eut divers avis : les uns voulaient qu'on appelât les députés par provinces, les autres par bailliages; mois, pour se conformer à l'ordre des derniers Étals de Blois, de i588, on se rangea par bailliages; l'élection des présidents et des secrétaires de l'Assemblée, les délibérations sur la forme d'opiner, les députations d'ordre à ordre pour se complimenter respectivement, quelques délibérations sur le jugement des contestations survenues entre les députés, relativement aux droits de préséance, enfin la vérification des pouvoirs des députés, employèrent les six ou sept séances qui se. tinrent avant la procession. Cette cérémonie religieuse eut lieu le dimanche 26, cl le lendemain le roi fit l'ouverture des États dans l'ordre suivant :
Tous les députés des trois ordres eurent commandement de se trouver à 1 1 heures du matin dans la grande salle de Bourbon, au Louvre : les ecclésiastiques et les députés du clergé, dans la chapelle; les députés de la noblesse dans la galerie, et le tiers état à un espace qui est avant la grande salle, pour de là être tous appelés par ordre de leurs provinces et introduits dans ladite salle et prendre les places qui leur étaient destinées pour assister a l'ouverture des Etats, que le roi fit ce jour-là.
Celle salle forl grande est tournée tout autour de deux galeries l'une sur l'autre, avec des baluslres peints en blanc comme tout le reste, la plus haute soutenue par la plus basse, par des colonnes rangées par bon ordre d'architecture, faisant des arcades à l'endroit des fenêtres, lesquelles se trouvant plus hautes que le reste de la seconde gallcric et sur lesquelles néanmoins on ne laissait pas de se ranger, y ayant des baluslres comme au reste de ladite gailerie, cela faisait une fort belle vue. Le ciel de la salle était en von le blanchie et parsemée de fleurs de lys; le dessous des galleries étaient (sic) des niches avec des statues des empereurs romains à l'antique el des colonnes; et, du pied de ces niches jusqu'au plancher, il y avait quatre ou cinq degrés comme aux amphithéâtres, sur lesquels on plaçait ceux de la Cour, et étaient séparés des bancs, qui étaient préprés au milieu de la salle pour les députés, par des barrières qui régnaient tout au long de la salle.
Le tiers de ladite salle qui était destiné pour le roi et les princes était élevé plus que le reste de la salle de deux grandes marches, hautes de trois ou quatre pieds, tout couvert d'un parterre de salin bleu en broderie de fleurs de lys d'or, les marches de même. Sur le milieu de ce parquet, qui était enfoncé dans le bout de la salle, laquelle est faite en niche et était tapissée, on avait dressé un grand marchepied, sur lequel étaient le dais et les chaises du roi, x1*', et de la reine, mais celle du roi était plus élevée que celle de la reine.
Sur un autre petit marchepied couvert d'un parterre de velours violet en broderie de fleurs de lys d'or, de la mémo parure qu'étaient toutes les chaises, de la hauteur de trois ou quatre pouces seulement, la reine était à main droite du roi, s, mais un peu plus arrière et hors de ce parquet et du dais; et un peu plus arrière, à la main droite de la reine, était la chaise de Madame, c, et celle de la reine Marguerite en même rang, p, mais un peu plus éloignées les unes des autres; à la main gauche du roi, hors du dais el un peu plus arrière que h» chaises du roi el de la reine, était la chaise de Monsieur, s, et au niéuie rang celle de Madame Christine, r, éloignées comme les autres, de façon qu'il se trouvait que la reine el les enfants de France précédaient la reine Marguerite.
Voir. *or le» t'.nwl» Augustins, /«ItoJikIkk , p. «.« el nuiv. — ^> <>• lettre» eorrespuoilent aux indications de la graviin» reproduite (p. xu . fig. x).
NOTES KT APPENDICES DE L'INTRODl CTION.
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Tous les sièges étaient rangés au travers de la salle, et derrière il y avait une grande barrière tapissée, par delà laquelle étaient deux quadres de vingt-quatre chacune (jiV) des cent gentilshommes, avec leurs haches ou becs de corbin et force autres gentilshommes; entre cette barrière et la chaise du roi et contre ladite barrière étaient les deux capitaines des cent gentilshommes, parés avec la cape et la tocque, et les archers de la manche avec les hoquetons blancs; et Monsieur de Vitry, capitaine des gardes, derrière lu chaise immédiatement, et Monsieur de Souvrey un peu plus derrière: derrière celle de la reine était Monsieur le commandeur do Sîllery, son premier écuyer, La Châtaigneraie, capitaine de ses gardes, et Madame de (ïuiereheville, sa dame d'honneur; derrière la chaise de Madame était le comte de La Rocheguyon, qui lui servait d'écuyer, paré de chausses plissées et à colet à bandes en broderie d'or et d'argent, le capot de même, le bas attaché blanc et la tocque de velours noir, et Madame de La Boissière; derrière Monsieur était Monsieur de Brèves, son sous-gouverneur, et Ouhailly, capitaine de ses gardes; derrière Madame Christine était Monsieur de Monglas, qui lui servait d'écuyer; derrière la reine Marguerite qui était fort parée, était Monsieur de Fontaine Chalandré, qui lui servait de chevalier d'honneur.
Le roi était vê tu d'un habit à bandes de gris de liu, la chausse et le collet et la cape couvertes de broderie d'or et de diamants , le bas attaché , gris de lin, et la tocque de velours noir, avec une masse de hérons noirs, et le cordon de gros diamants, la chaîne et les diamants du capot de même qu'il porta le jour de l'acte de sa majorité. La reine ne portait qu'une chaîne de grosses perles.
A main droite de la chaise du roi, prenant selon que le roi était assis sur l'échafaud, plus bas que le grand marchepied en long, il y avait deux bancs à dossier couverts d'un drap de velours violet à broderie de fleurs de lys d'or, séparés l'un de l'autre d'un pied et demi; le premier pour les princes du sang, u, l'autre pour les autres princes et ducs, i. Cette séparation de bancs fut résolue au Conseil secret deux jours auparavant, non pas sans grande difficulté. Au premier banc étaient assis Messeigneure les princes de Condé et comte de Soissons, vêtus de noir, le bas attaché et la cape: le premier avec son collier de l'ordre, le second paré d'une chaîne de grosses perles seulement, et l'enseigne de son bonnet de grosses perles aussi, pour n'être guère chargé, à cause qu'il relevait de maladie. I.es deux princes se serraient du coté d'en haut vers la reine Marguerite, si bien qu'entre lu séparation des bancs susdits ils laissaient une grande place vide à leur banc. Du côté des autres princes, étaient (sur le second banc) Monsieur de Guise, qui n'était pBré que d'un cordon de pierreries, ayant les habits de deuil ordinaires; Monsieur de Reims après; Monsieur le prince de Joinville, qui était paré et avait cédé à son frère à cause de la soutane: Monsieur d'Elbeuf, qui était aussi paré, tout vêtu de deuil; les ducs d'Epernon et de Sully remplissaient le banc qui venait aboutir les degrés du grand échafaud. Vis-à-vis ces deux bancs, et à main gauche du roi., était un grand banc à dossier, h, couvert de même velours violet, en broderie de fleurs de lys d'or, qui était un peu plus reculé de Madame Christine que n'était celui des princes du sang de la reine Marguerite, pour laisser l'espace par où le roi et la reine entrèrent. Sur ce banc étaient Messieurs les cardinaux du Perron, de La Rochefoucauld et Bbnzy, tous avec leurs robes et grandes chapes de camelot rouge; les autres cardinaux qui étaient alors en France n'y voulurent point assister, à cause qu'ils prétendaient devoir être assis h la droite du roi. non à gauche ; et encore ceux-ci n'y fussent pas venus, n'eut été que le grand-maitre des cérémonies leur fil dire que le roi trouverait mauvais s'ils n'y venaient pas, et qu'en ce eas-Jà les pairs ecclésiastiques étaient près d'occuper les places, pour les exclure à jamais de toutes cérémonies, sur quoi ils se résolurent
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NOTES ET APPENDICES DE L'INTRODUCTION
de venir. Après eux, et en nu1 nie suite, étaient les ducs de Vcnladour rt de Monlhaxon , et Messieurs de Bouillon, de Brissac et de Bois-Dauphin, maréchaux de France, i, remplissaient le banc jusque* aux degrés de l'échafaud, et occupèrent celle place qu'ils n'avaient pas accoutumé d'avoir, s'y étant logés sans qu'on la leur eut donnée, ayant accoutumé (Fêlre assis sur le premier degré de l'échafaud , au-dessus des secrétaires d'Étal. Monsieur do Mayenne, grand chambellan, t, était assis sur deux carreaux en velours violel à (leurs de lys d'or, avec un carreau de même dessus, pour Monsieur le grand-maitre, u. Cette charge fut exercée ce jour-là pour Monsieur le comte , qui tenait rang de prince du sang, par le duc de Fronsac, fils du comte de Saint-Pol, jeune de n à lit ans, vêtu de chausses à bandes, le collet et le capot couverts de broderie d'or, le bas attaché minime, et force pierreries tant sur l'habit qu'au cordon de sa locque ; il était assis sur celte chaire et tenait a la main droite le cordon de grand-maitre. Il faut noter que quand le roi vint, il était assis, tournant le visage vers le roi et le dos à la compagnie, et encore tant que le roi parla; mais après qu'il eut (ini, se levant, lit la révérence au roi et s'assied de l'autre coté, tournant lr dos au roi et le visage à la compagnie.
A ses deux côtés et un peu plus loin de sa chaire, étaient les deux huissiers de lu Chambre, m, avec leurs masses et chaînes d'or et demeuraient à genoux.
Entre cette chaire et le banc des cardinaux, il y avait une autre chaire à bras non endossée et de mémo parure que celle-là, pour .Monsieur le chancelier, o, laquelle était mise de façon que Monsieur le chancelier tournait le dos aux cardinaux et regardait les princes. Monsieur le chancelier portait une robe ;i grandes manches de velours noir, ou tanné bleu brun, avec des parements au devant et un poignet de panne de soie rouge cramoisie, et un bonnet carré; il avait un huissier du Conseil avec sa chaîne d'or, debmit derrière sa chaire.
Hors de l'échafaud et vis-à-vis du roi, était la table des secrétaires d'Etat, p, couvert*» d'un grand lapis en salin bleu parsemé de (leurs de lys d'or el une grande écritoire audessus. Les quatre secrétaires étaient Messieurs de Loraenic, de Puisieux, de Seaux et de Pont-Chartrain, assis sur un banc appuyé contre le dernier degré de l'échafaud, couvert de même satin et Heurs de lys.
Sur eux el sur le haut de l'échafaud étaient assis les autres huissiers du Conseil, tenant Ih place qu'on a accoutumé de donner aux maréchaux de France.
Tout le reste, des deux cotés de la table et de l'échafaud, était rempli de seigneurs el gentilshommes de la Cour qui y avaient pris place.
A la galleric qui régnait autour de celte grande niche, étaient les dames principales de la Cour, et sur la porte par où le roi entra, étaient les princesses du sang et autres, pour avoir en face les princes.
A la main droite de la table des secrétaires, on avait mis quatre ou cinq petits bancs en long pour Messieurs les conseillers d'Etal de robe longue, et les maîtres des requêtes, », entre lesquels conseillers d'État Monsieur de Villeroy lenail un rang comme premier conseiller d'État; ces bancs ne venaient pas aboutir jusques aux degrés de l'échafaud, pour laisser place à un nuire qui était de biais, auquel furent assis Messieurs de Courtanvaut, premier gentilhomme, el le comte de La Hoche-Foucault, grand-maitre de la garderobe.
A gauche de ladite table, il y avait un pareil nombre de bancs pour les conseillers d'Étal de robe courte, s. comme chevaliers de l'ordre el seigneurs qualifiés , et derrière eux, les secrétaires du roi, avec leurs toques de velours, comme étant de la maison du roi; aussi *e qualifient-ils secrétaires du roi, maison et couronne de France. Il y avait aussi un pareil
NOTES ET APPENDICES DE L'INTRODUCTION
mm
banc biais pour l'autre premier gentilhomme de la chambre, et y fut assis Monsieur de Termes, et Monsieur de Liancourt, gourerneur de Paris111.
Depuis le bout de ces bancs jusqu'à la porte de la salle, étaient encore rangés en travers les bancs pour asseoir Messieurs les députés des trois ordres (t le clergé; v M. l'archevêque de Lyon, son président; x la noblesse; t M. le baron de Saint-Pierre, qui harangua pour l'ordre; z le tiers état; sa M. Miron, prévôt des marchands, son président). Ils étaient deux de front et séparés par un passage qui allait tout du long de la salle, large de sept ou huit pieds. Ces bancs étaient couverts de draps verts, comme ceux des conseillers
Monsieur de Rhodes, (si), maître des cérémonies, et quelques gardes du roi, près de lui, était placé au milieu de ladite salle, qui faisait la séparation des bancs rangés de large. A ses deux cotés se tenaient deux héraults (ce), revêtus de leurs casaques, avec les fleurs de lys d'or et autres armes.
Les États de Paris ne produisirent pas, à beaucoup près, l'effet qu'on avait lieu d'en espérer. La régence de la reine y fut généralement louée et approuvée et le parti de M. le prince y eut partout le dessous ; à cela près, tout s'y passa en contestations et vaines disputes entre les ordres; ce n'est pas que chacun des ordres ne se fût proposé quelque but principal : le but du clergé était d'obtenir la publication du Concile de Trente, le rétablissement de la religion en Bésrn, et quelque règlement favorable touchant la provision des bénéfices consistoriaux et l'exercice de la juridiction ecclésiastique. La noblesse attaqua la vénalité des charges et la sus|>«nsion du droit de l'annuel, appelé PauUOê. Le tiers état demandait principalement la révocation des commissions extraordinaires et la diminution des tailles. La Cour parut accorder quelques légers articles à la noblesse et au tiers état, avant la présentation des cahiers; mais l'exécution n'en fut pas de longue durée, et aussitôt que les cahiers purent été présentés, les États furent rompus.
[On trouve in fi** la Ptrmiuxon d» M. U grand mvdtre dn ch-émwin, datée du 93 mars 1789 et signée du marquis de Dreux- Bresé : «Permettons, y lit-on, au sieur Nyon, libraire, de publier un ouvrage intitulé. . . lequel nous a paru être assex exact, à quelques omissions près, et ne rien dire de directement contraire à ce qui s'est passé en 1 61 â et dans lequel nous n'avons rien trouvé, quant au cérémonial , qui doive en empêcher l'impression, quoiqu'il ne puisse cependant servir de base à aucune prétention».]
"> -Charles du Plessis, rieur de Liaucourt. rnart|ai» de Guertheville , avait d'abord été pourvu de tu charge de lieutenant général au gouvernemenl de Paria ; il devint gouverneur en 1610: il mourut en 1 6so (Cf. S.tevAi. t. III . p. ôo* 1. On voit dans Sauvai i]u« U. de Liancourt. gouverneur de Paris . Iinbilail l'hôtel du Petit-Bourbon ; il a'agil iraisemblaLleaieat de l'hotei voisin du Louvre; rappelons, toutefois, qu'tf y avait alors plusieurs hô-
tels de ce nom à Pari*. Felibien, rendant compte du TV Dam qui eut lieu le t6 septembre t6ti «pour rendre grâces à Dieu de I "heureux succès do voyage du roi», donne de nombreux détails sur le cortège qui devait >e rendre "i mi-chemin de Bourg-la- Reine 1 au-devant du roi, »et eo cet état, ajoute-t-U, allèrent trouver mon dit rieur de Liancourt, gouverneur de cette ville au Petit-Bourbon». (Op. cil., t. ÏII.p. 5»3.)
ic NOTES ET APPENDICES DE L'INTRODUCTION.
DE L'ÉTENDUE DE LA BUE DES POULIES AU XVII' SIÈCLE; À PROPOS DB L'HÔTEL DU PETIT BOURBON.
(Voir /nftWurtion, p. hit.)
Etudiant l'hôtel du Petit-Bourbon ù propos des Etals de 1 6 1 4 , nou» indiquons à diverses repiis«» que cet hôtel formait alors un îlot compris entre le quai de Bourbon ou quai de l'Ecole, la rue d'Autriche et la rue du Petit-Bourbon qui, priant du quai, formait équerre en retour vers la rue d'Autriche. A celle partie de la rue du Petit-Bourbon qui allait du quai au point de jonction des rues des Poulies et des Fossés-Sainl-Germain , M. A. Berty donne communément le nom de rue des Poulies. U parait bien que, dans les temps anciens, cette désignation existait"1; nous reconnaîtrons encore que l'on trouve, dans quelques documents de forme authentique, cette partie de rue désignée sous le nom de rue des Poulies'11. «Toutes les appellations autres que celle de rue des Poulies, écrit M. Berty, n'ont guère été qu'exceptionnelles, et le plu* habituellement on a considéré la rue comme se prolongeant jusqu'au quai. » Sans remonter à la période antérieure à celle qui nous occupe (16 «a), nous croyons, contrairement à l'avis de M. Berty, que ce n'est qu'exceptionnellement, soit par suite d'erreur, soit parce que l'on n'avait pas autrefois sur ces matières des idées aussi précises qu'aujourd'hui, ce n'est qu'exceptionnellement, dis-je, que le nom de rue dis Poulie* était donné i la rue bornant l'hôtel de Bourbon à l'Est , et comme , au cours de notre travail , nous n'avons cessé de délimiter par le terme de rue du Petil- Bourbon les locaux qui nous occupent, il nous faut justifier notre dire.
Dans aucun des anciens plans de Paris, même ceux du xvi* siècle, on ne voit la mention rw de* Poulie* au delà de la rencontre de cette rue avec celle des Fossés-Saint-Germain. Dans le plan de la tapiuerie, le mot Poulie* s'arrête précisément à la rue du Fotté-Saint- Germain. Le plan de Du Cerceau indique, entre Saint-Germsin-l'Auxerrois et le Petit- Bourbon : Fotti Saint-Germain , et non Poulie*.
Au chapitre intitulé : Rue du Petit-Bourbon, M. Berty ne traite que de la rue qui s'étendait au nord de l'hôtel de Bourbon'5', où, même pour la période antérieure a 1610, il parait bien que la description est insuffisante, puisqu'il cite lui-même «un titre de 1 583 qui mentionne une maison faisant le coin du quai et de la rue de Bourbon n.
Dans les plans de Quesnel (1600) et de Vassalieu (même année), la mention rue des Poulies se trouve seulement dans la partie voisine de la rue Saint-Honoré, bien que l'itot du Petit-Bourbon soit nettement délimité. Dans le plan de Gomboust (1 65 1 ). qui nous
<*' Des baux de s 7A6 et de i;55 portent que certaine» maisons étaient situées «rue nneieuneineul appelée des Poulies et actuellement du Petit- Bourbon *. (Bea-rr, Topographie hittarunte du Vieux Parit, t. I.p. 86.)
(*> Dan» des lettres patentes du 95 mare 1719, il est question de r l'ancien abreuvoir an coin de la rue des Poulies». (Cf. F^limbh, op. cit., I. Il, p. 48a.) M. A. Berty cite un extrait du censier de l'évéché de 1 » 9 9, portant: «Unie des Poulies. qui «ominence en la grande nie de Sainl-rJoooré et
Huit sur le quai de la rivière, envers l'o«tel de Bourbon*.
m »Ls rue du Petit-Bourbon commençait à la rue des Poulies et finissait à la rue d'Autriche. Elle fut ouverte en i583 sur lo terrain de l'hôtel de Bourbon on de Petit-Bourtioo, le long du mur de l'ancien hôtel d'AlençoD... Cette voie nouvelle, qui devait être large de 16 pieds, était destinée à faciliter les communications entre le Louvre et les euvirous de l'église Saiut-Germaui-l'Auxern.is. etc. (Brarr, op. cit., t. I,p. so.)
NOTES ET APPENDICES DE L'INTRODUCTION
montre le plus clairement les dispositions de la chapelle et de la grande salle du «Petit- Bourbons, les mots rue du Petit- Bourbon sont inscrits dans la partie comprise entre la rue des Poulies et la Seine; ils sont répètes dans la rue ou passage allant de la rue d'Autriche à Sainl-Gcrmain-i'Auxcrrois. Les mêmes indications se relèvent dans le Grand terrier de îj8Sw (Areb. nat., Q 10993, p. i48) et dans le plan de Jean de la Caille {1 71 4) dont nous reproduisons ci-dessus un fragment (Introduction, p. uni, fig. a). Les mêmes détails concordants se trouvent dans Ilurlaut et Magny : * Rue des Poulies. Elle se termine à la rue Saint-Honoré, à la nouvelle place du Louvre et au coin de la rue de* Fo**é*Samt- Germain-TAujctrroit» (op. cit., t. IV, p. 435), et au mot : «Rue du Petit-Bourbon. Elle va de la rue des Poulies au coin de la rue des Fossés-Saint-Germain et aboutit au quai de l'École et de Bourbons. Les auteurs d'une Nomenclature de* rue* de Pari* publiée par les soins de la Ville de Paris <*• ont adopté cette désignation : «Rue du Petit-Bourbon. Elle commençait à la rivière et se terminait à la rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxcrrois. Elle fait partie de la rue du Louvre» (op. cil., p. 791). et ailleurs : «Rue des Poulies. Supprimée par un décret du i5 novembre 1 853 ; elle est actuellement confondue avec la partie de la rue du Louvre comprite entre le* rue* de Htvoli et Saint- Honoré v (op. cit., p. 798).
De ces exemples, de ceux que nous avons donnés sommairement (ci-dessus, p. uiv), et d'autres très nombreux qui pourraient être indiqués, il résulte que, contrairement à l'opinion de M. Berty, c'est exceptionnellement que, pendant les trois derniers siècles au moins, on a donné le nom de rWi»w à la totalité de la rue comprise entre la rue Saint-Honoré et la Seine, et que la partie voisine de l'hôtel de Bourbon, que nous avons a défendre, portait le plus habituellement le nom de rue du Petit-Bourbon. Le prix qui s'attache à l'histoire des moindres détails du sol parisien justifiera , pensons-nous, les développements qui précèdent.
EXTRAITS DU « PROCES -VBBBAL DE LA CHANBRB DE LA NOBLESSE DBS ÉTATS DE 1614*
[Parmi les nombreux documents manuscrits relatifs aux États de t6i4 conservés à la Bibliothèque nationale (voir ci-dessus, p. lxxxiv), l'un des plus précieux est intitulé: «Recueil de ce qui s'est observé et passé durant la tenue des États généraux à Paris, convoqués par le commandement du roi, commencés le n 7* octobre, finis le a 3* février 1 6 1 5 , par le sieur de Montcassin, député pour la sénéchaussée d'Albret et secrétaire de la Chambre de la noblesse». C'est en réalité le proeit-verbal le plus exact de cette chambre'1'.
<'> Ce plan porte, en outre, cette mention : «V 18. Maison à porto coebère. appelée le Polit Bourbon, appartenant au roi».
» Vitk <t< /W Xomnutaw* dn me» publifw* «I priiéei, par M. Beck. géomètre en chef. Paris, 1898, in-4*.
l'* M. Berty nous w-nible avoir donné, d'autre part, une explication exacte du nom de celte rue. auquel les anciens auteurs avaient trouvé diverses et contestables origines : « 1-es poulies en question ,
écrit-il, constituaient un appareil destiné a travailler les draps et servaient a une opération du
magti. Les textes produits à l'appui de celte assertion ne semblent, en eflet, laisser Bucun doute sur l'explication. C'était une abréviation de PouKa d drap». [Op. du, t. I, p. 85.)
Un double de ce document est conserve', même département, sous la cote N. acq. fr. soi i, sous le litre de Pmet-verbal de la «Mette, sans
NOTES ET APPENDICES DE L'INTRODUCTION
Nous avons préféré le récit de FI. Rapine, qui contient sur l'installation matérielle des États de plus nombreux détails; en voici cependant quelques-uns tirés du Recueil de Monteassin.] «Du 1 6* octobre. Les députés «'étant rendus. suivant le commandement fait par Sa Majesté, dans le couvent des Grands-Augustins, s'assemblèrent séparément, chacun des trois ordres en diverses salles, dont celle de la noblesse respond de son entrée en la grande cour des Auguttins». . . (p. 5). — «Du ai* octobre. M. de Rhodes, grand maître des cérémonies, bailla un mémoire des rangs que le roi entendait devoir être tenus a la procession et ouverture des Étals. Auxquelles actions Sa Majesté entendait que l'on marcherait par bailliages encore qu'on opinât par provinces». . . (p. a5). — On trouve (p. 3t et suiv.) «l'ordre que le roi veut être gardé en la procession générale que Sa Majesté entend faire dimanche prochain a 6* de ce mois. . . La procession, partant des Augustin», ira à Notre- Dame, prenant son chemin le long du quai des Augustinsjusquesà la barrière des Serpents qui est au bout du quai Saint-Michel, et de là ira passer devant l'église Saint-Séverin jusques à la rue Saint-Jacques et de ladite rue sous le petit Chèlelet et droit a la rue Neuve- Notre-Dame. . . Les églises des paroisses de Paris marchant en ladite procession selon leur rangn. . .
« Du lundi 37 octobre 1 6 1 4. Les trois ordres se rendirent en la grande salle de Bourbon suivant le commandement que le roi en avait fait, où étant prêts à se placer dans les places qui étaient préparées selon les rangs des bailliages et sénéchaussées, MM. les conseillers d'État d'épée et de robes rouges s'étaient placés devant MM. les députés du clergé et de la noblesse; ce que ne pouvant souffrir représentèrent au roi qu'outre le déplaisir qu'ils reçoivent de telle entreprise, il leur resterait à jamais une honte d'avoir été tenus en si petite considération; de quoi MM. les conseillers d'État avaient pu désirer cette prééminence sur eux qui représentent tout le royaume, et dirent assex respectueusement qu'avant faire paraître une si grande faiblesse de jugement et de courage et laisser une si honteuse marque d'eux à la postérité, ils aimaient mieux se retirer. A quoi fut |K>urvu surle-champ par le roi assisté de la rein e,M. le chancelier, autres oflieiers de la couronne et MM. les secrétaires d'Etal fut ordonné qu'un banc de chacun côté serait mis devant ceux oh étaient assis MM. les conseillers d'État, et ainsi exécuté à même instant, qui fit que MM. les conseillers d'Etat furent mis derrière MM. les députés du clergé et de la noblesse. . . Après le susdit règlement, le roi parla peu de mots; M. de Sillery, chancelier de France et de Navarre, commença à parler, assis sur une chaire sans dossier, après s'être néanmoins levé et salué le roi. . . Le mardi matin, vingt-huitième octobre, on n'entra point, pour ce que c'était le jour de saint Simon et saint Jude» (p. 34). — Clôture des Etats : «Le aï' février, après dîner, environ 3 heures après raidi. MM. les députés de tous les ordres se rendirent en la grande salle de Bourbon avec le même ordre qu'à l'ouverture des Étals et que (ne) pour ne rien faire il se peut dire avec vérité qu'il y eut un peu de confusion causée, non par la négligence de ceux qui avaient la charge et la direction de telles actions, niais par le grand nombre de personnes qui s'était coulé pour voir une si grande et si célèbre action» (p. aC5).
mention du nom de Monteassin. Nous ne pouvons entreprendre d'étudier ici les variante* que l'on remarque daits le* divers documents portant ce titre, conservés manuscrits à la Bibliothèque nationale. Dans une lettre do marquis de Dreux-Breté
du mois d'avril 1 789 , on voit que le grand maître de* cérémonies de Louia XVI avait désiré voir ce Recueil de. Monteassin : «J'ai demandé ce manu* rit, écrit-il, il n'est pas a la Bibliotlièque royale». (Areh. nat., K, 679, dossier G4.)