NOTRE-DAME DE CHARITÉ
dédié au Cœur de Marie, l'autre au Sacré-Cœur de Jésus. Elle mesure 20 mètres de longueur sur 8 de largeur. L'église est dédiée à Notre-Dame des Martyrs. Le maître-autel, de marbre blanc et à face double, du dessin de Fabiscb, offre des bas-reliefs représentant des grappes de raisins. Dans le sanctuaire, un beau Christ de grande dimension fut donné par le cardinal Fesch. A droite du Christ, un tableau représente le baptême de Notre-Seigneur par Doré, peintre de Nantes ('183i ou 1836); à gauche, ï Adora/ion des Mages^ toile ancienne, don du cardinal Fesch.
Du côté de l'autel du Cœur de Jésus, se trouve un tableau : Sninl-MicheL non siané, donné également par le cardinal Fesch. Du côté du Cœur de Marie, tableau de Florentin
Intérieur de la Chapelle du Refuge Saiiil-Miclicl.
Servant, représentant Notre-Dame des Martyrs. Au fronton extérieur de l'église, statue de la Sainte Vierge.
Si, de la chapelle extérieure, on passe à l'oratoire intérieur, on voit la petite chapelle des enfants, qui, malgré sa simplicité, porte ce cachet d'élégance qu'a su imprimer à toutes ses œuvres Pierre Bossan. Six colonnes de marbre la divisent en trois nefs ; les deux chapelles latérales aboutissent à deux autels dont les statues sont dues à Fabisch, l'une représente Marie-Immaculée, l'autre saint Joseph ; les autels de marbre blanc sont du même style ; la rosace qui domine le sanctuaire de la chapelle extérieure sort des ateliers de M. Bégule.
La communauté possède une relique notable : un os du bras de saint Gébouin, vulgai-
Histoire des Églises et Chapelles de Lyon, II. 41
rement saint Jubin, archevêque de Lyon (1077-1082), donné, le 25 octobre 1825, jour de la reconnaissance du tombeau de ce prélat. D'autres reliques proviennent des Génovéfains.
Enfin, comme souvenir, un beau portrait du cardinal Fesch donné par lui-même, et dont la bienveillance pour le monastère Notre-Dame de Charité se révèle dans la lettre suivante, datée du 9 octobre 1814 :
« Monsieur d'Albon m'écrit pour la seconde fois sur votre maison, et je vois avec plaisir qu'il vous seconde avec beaucoup de zèle. Il me demande du mobilier de mon palais pour orner votre appartement; il n'est pas obligé de savoir que la pauvreté est votre plus belle tenture, et que le simple et pur nécessaire d'une religieuse ne mettrait pas en grand frais un archevêque quelque pauvre qu'il fût.
Néanmoins je veux bien orner votre parloir intérieur ou votre salle de communauté de deux bons tableaux et de la copie du plus beau Christ qui ait été fait. Monsieur Alibert vous remettra ces objets; il vous remettra aussi 1.000 francs dont vous ferez l'usage que vous jugerez à propos... J'ai appris avec satisfaction les protections puissantes que vous vous êtes attirées. Cependant, je me confie plus pour l'extinction des dettes que vous avez été obligées de contracter, dans l'obole de la veuve et dans les actes d'amour de Dieu que vous ferez faire à vos filles, et qui vous ouvriront les trésors inépuisables de la providence. Je vous remercie des prières que l'on fait pour moi. Continuez à m'écrire aussi souvent que vous voudrez et soyez convaincue de l'inviolable attachement que j'ai voué à votre communauté et des vœux que je fais pour votre conservation. »
Cette bienveillance de Mgr Fesch a été continuée par ses successeurs et par les vicaires généraux de Lyon qui se sont occupés du Refuge, en particulier le digne M. Barou et le vaillant M. Recorbet.
M. Barou, ancien vicaii'e général de Lyon.
Antoine Hecorbet, ancien vicaire général de Lyon.
LA DKSEIiTE