‹ Histoire des églises et chapelles de LyonChapitre 111 sur 174 · NOÏRE-DAME-DE-CHARITÉ DIT REFUGE SAINT-MICHEL · texte numérisé non relu

NOÏRE-DAME-DE-CHARITÉ DIT REFUGE SAINT-MICHEL

En 1641, un religieux Oratorien, le vénérable père Eudes, frère de l'historien Mézeray, fondait, dans la ville de Caen, l'institut Notre-Dame de Charité qui devait être confirmé plus tard par une bulle du pape Alexandre VII, datée de 1666. Le but de cet ordre est de se dévouer au salut des âmes ; aussi les religieuses Notre-Dame de Charité ajoutent-elles aux trois vœux ordinaires de religion, celui de travailler à la conversion des personnes, qui se mettent sous leur conduite. L'institut possédait déjà plusieurs maisons avant la Révolution ; il en compte aujourd'hui trente-quatre.

Le Refuge de Lyon, appelé, comme celui de Paris, Saint-Michel, fut créé en 1811. Le cardinal Fesch, ayant obtenu de Napoléon, son neveu, un décret autorisant cette fondation, quelques religieuses de Paris vinrent inaugurer l'œuvre du refuge à Lyon. La supérieure était M'"'' de Bois-Jouan, née de Chevigné, d'une illustre famille de Nantes. Sous sa conduite, la communauté vint occuper d'abord l'ancien monastère des Carmes- Déchaussés. M. l'abbé Goulard, curé de Saint-Louis-Saint-Vincent, fît à cette époque un don considérable pour la nouvelle fondation, tout en priant la supérieure de se charger d'un orphelinat dont il avait la direction. La proposition fut agréée et l'orphelinat installé à côté du refuge. En même temps, M. Goulard intéressait à cette belle œuvre une

réunion de dames charitables qui devinrent les premiers membres de Fassociation connue SOUS le nom de Saint-Michel. Les ressources étaient trouvées et par là même le refuge fondé ; depuis il n'a fait que grandir et prospérer.

L'année suivante, le cardinal Fesch qui affectionnait cette maison dont il se regardait, à bon droit, comme le fondateur, conseilla aux religieuses de faire l'acquisition de l'ancien

couvent des Génovéfains situé sur la colline Saint-Irénée. En 1814, les réparations étaient terminées et les religieuses s'installaient dans cette nouvelle résidence qu'elles ont toujours occupée depuis. En dehors de l'orphelinat dont il a été parlé, se trouvent trois sections distinctes, la maison de Préservation, où les parents peuvent envoyer leurs enfants exposées aux séductions du monde, le refuge proprement dit, port de salut pour les naufragées de la vie ; enfin l'œuvre des Madeleines pour les pénitentes qui, après une longue probation, désirent finir leurs jours dans la pénitence et la vie religieuse.

Le couvent fut construit,^ vers 1750, pour les Génovéfains, par l'architecte Soufflot ; autrefois tout le haut était surmonté d'une terrasse avec balustrades de pierre, celles-ci furent démolies en 1811, sauf sur les pavillons, pour élever un étage de plus. La chapelle fut édifiée, en 1825, sur les plans de M. Loras, et bénite, ainsi que les chœurs intérieurs des religieuses et des Madeleines, le 10 avril 1829, par Mgr de Pins, administrateur apostolique du diocèse de Lyon. En 1859 et 1860, M. Pierre Bossan construisit le chœur des enfants. Il offre l'aspect d'une chapelle, prolonge l'église en droite ligne et forme avec elle une croix parfaite. Le chœur des religieuses occupe le bras droit et celui des Madeleines le bras gauche.

La chapelle extérieure n'a qu'une seule nef avec deux petits autels de chaque côté, l'un

Chapelle du Refuse Saint-Michel.

Page 1