CHAPITRE X
SAINT-NIZIER. — SAINT-JACQUES OU SAINT-JACQUÈME. — SAINT-LAURENT. BUE ET SAINT-BENOIT — SŒURS DE L IMMACULÉE-CONCEPTION,
INSTITUTRICES DES AVEUGLES. — ÉCOLE OZANAM. INSTITUTION DES CHARTREUX. — NOTRE-DAME DE BELLECOMBE.
ES dernières parties de cet ouvrage comprendront quelques-unes de nos plus importantes églises : Saint-Nizier qui avec l'église Saint-Jacques, ou Saint-Jacquême, reçut fréquemment dans ses murs les réunions de ce que nous appellerions aujourd'hui le Conseil municipal, et qui dès I lors appartient presque autant à l'histoire consulaire qu'à l'histoire religieuse ; puis Saint-Bonaventure, que nous verrons un peu plus loin, i^^^^ et qui groupe autour de lui les organisations corporatives de la cité demeurant, jusqu'à la fin du xviii*' siècle, le centre religieux des assemblées professionnelles, l'église du Travail et des petites gens.
SAINT-NIZIER
Les origines de Saint-Nizier sont fort obscures. Une tradition, malheui^eusement tardive, rapporte que saint Pothin arriva à Lugdunum, en remontant le Rhône, et qu'il établit un modeste oratoire dans le quartier actuel Saint-Nizier, au milieu des pécheurs et des petits marchands à qui s'adressa d'abord son apostolat. Une autre opinion, récente, mais non dépourvue de probabilité, soutient que les réunions chrétiennes eurent lieu à Saint-Irénée, dans les cimetières qui avoisinaient la ville. Quoi qu'il en soit, une légende sujette à caution rapporte que les cendres des martyrs lyonnais jetées dans le Rhône par ordre des
païens et pour empêcher tout culte chrétien, furent miraculeusement amenées sur le bord, et recueillies par les fidèles. Ce sac de cendres saintes fut vénéré à Saint-Nizier durant tout le moyen âge.
Au temps de l'historien Grégoire de Tours, l'église des Sainls-Apôtres existait depuis longtemps; elle prit, plus tard, le titre de Saint-Nizier, du nom de ce saint évêque, qui y fut enterré. A cette époque, l'église des Apôtres fut cathédrale, et cela pendant plusieurs siècles; six évêques y eurent leurs tombeaux : saint Rustique en 499, saint Yiventiole en 517, saint Sacerdos en 551, saint Nizier en 573, saint Priscus en 585, et saint Genis en
Au temps de Charlemagne, Saint-Nizier était devenue abbaye, mais d'un genre particulier : « elle était canonicale, et non pas monacale, ses membres étaient clercs et n'étaient point liés parle serment de pauvreté que prêtaient les moines proprement dits. Elle subsista encore dans le même état jusqu'à la fin du xii" siècle, mais elle ne conservait que de faibles marques de son ancienne gloire. » Dans les statuts de l'église de Lyon, publiés en 1175, on mentionne l'ordre que les églises abbatiales gardaient entre elles : Saint-Nizier n'y est qu'au 3'' rang après Saint-Just et Saint-Paul, et avant la Platière. « Deux bulles d'Innocent IV, de 1251 et 1252, prouvent que l'abbaye Saint-Nizier était supprimée à cette époque. Il en fut de même de celles de Saint-Irénée et de Saint-Paul, et le titre d'abbé de Saint-Just fut réuni à l'archevêché. » Dès lors, <( Saint-Nizier ne fut plus qu'une simple paroisse desservie par un curé ou recteur, avec des clercs qui l'aidaient h porter le poids des fonctions pastorales. Tel fut son état pendant tout le xiii*' siècle. Vers la même époque, elle fut incendiée par les sectaires de Pierre Valdo, puis restaurée à la bâte.
« Louis de Villars, archevêque de Lyon, érigea Saint-Nizier en collégiale. Il y établit, en 1305, un corps de seize chanoines, et régla que l'un d'eux porterait le titre de sacristain, serait chef du chapitre et aurait la charge des âmes tant des chanoines que du reste de la paroisse. » Un autre chanoine fut nommé maître de ch(jeur, pour le soin de l'office. L'archevêque annexa à la collégiale l'archiprêtré de Lyon et des suburbes. « A l'égard des seize chanoines, il ordonna que les six premiers seraient prêtres; cinq autres, diacres, et cinq, sous-diacres. Deux ans après, le chapitre de Lyon s'adjoignit à son archevêque comme fondateur du chapitre de Saint-Nizier : dans un acte de 1307, il ajouta aux quatorze paroisses données par l'archevêque, celles de Gênas et de Millery. »
Parallèlement à cette création du chapitre, l'archevêque fit beaucoup pour la construction de l'église ; il publia, en 1303, des indulgences en faveur de ceux qui contribueraient à cette bonne œuvre. En 1307, il renouvela ses instances après avoir donné, ainsi que le chapitre, un grand exemple de générosité, en fondant un patrimoine considérable pour la dotation des chanoines. »
Les constructions ou restaurations de la basilique n'avancèrent pas beaucoup pendant tout le XIV® siècle ; elles furent arrêtées en partie par les guerres civiles allumées entre les chanoines et les habitants de Lyon. Parmi les bienfaiteurs de cette époque, citons Jean de Marines, qui, avec grande générosité, commença à bâtir le sanctuaire vers 1303. « Ses armes sculptées au milieu de la voûte et aux piles exiérieures qui la sou-
SAINT-NIZIER ' 351
tiennent du coté gauche, monlrenl qu'il en éleva une portion. » André de La Fay fit construire le maître-autel. Plus tard, le sacristain, Jean Joly, plein de zèle, s'occupa.
SainL-Nizier. Les clochers vus du liaut du transept.
durant de longues années, à poursuivre à gi'ands frais l'ouvrage commencé. <( Outre le presbytère ou abside, dont il jeta les nouvelles fondations, il fit beaucoup d'autres répa-
rations et construisit, du côté droit du sanctuaire, la chapelle de la Madeleine, qui marquait déjà la forme que devait avoir tout le reste de la basilique. Ce reste était encore bien considérable, puisqu'il était question de toute la nef avec les bas côtés et les chapelles. En 1454, on commençait à bâtir le clocher au-dessus de la porte de gauche, et l'on ébauchait la façade. L'église Saint-Nizier obtint pour cela, du chapitre de la cathédrale, de faire extraire de la montagne de Fourvière, de grosses pierres antiques provenant des ruines des monuments romains. En 1486, les confrères de la Trinité firent bâtir, à la suite de la chapelle de Saint-Sicaire, leur chapelle qui est une des plus grandes de cette église ; elle occupe deux arcades. Au même temps, l'héritier de Barthélémy Buyer fit élever la chapelle contiguë.
« Malgré tous ces travaux, la basilique n'était point achevée. Pierre Reiiouard, riche marchand de cette paroisse, et qui avait été échevin en 1499, 1509 et 1513, fut un des plus zélés pour terminer le tout. Outre les meubles et les ornements d'église dont il enrichit Saint-Nizier, il y fit plusieurs constructions considérables, fit abattre le maître-autel pour en élever un autre plus magnifique, mais il mourut en 1528, avant d'avoir pu l'achever. Il chargea ses héritiers d'y mettre la dernière main, ce qu'ils exécutèrent avec ardeur. » On leur doit la chapelle souterraine dite à tort Saint-Ennemond, puisque le corps du saint évêque de Lyon était en la possession de l'abbaye Saint-Pierre. « Il ne restait plus, pour achever l'édifice, qu'à élever un portail dont la magnificence répondît à celle de toute la basilique. Le célèbre Philibert Delorme, natif de Lyon, revenant d'Italie, oii il avait passé une partie de sa jeunesse et acquis de grands talents en architecture, fut chargé, en 1536, de la nouvelle entreprise ; il la commença sur un plan tout nouveau et entièrement étranger aux formes adoptées dans le reste du monument. Son œuvre est fort belle, sans doute, en elle-même, mais son inopportunité a toujours frappé les esprits les plus prévenus. Il avait élevé déjà la façade jusqu'à la corniche, lorsqu'il fut appelé à Paris, par le cardinal du Bellay, son protecteur, qui voulait le produire à la cour. Depuis lors, son ouvrage est resté imparfait.
« Vers 1585, on reprit les travaux, et le portail méridional de la façade fut élevé d'après les dessins d'un architecte dont le nom n'est pas venu jusqu'à nous. En 1646, une délibération consulaire permit à la fabrique de faire bâtir des boutiques depuis celle qui existe sous le clocher jusqu'à la Fromagerie, pour subvenir à l'entretien d'un prédicateur pendant le carême, et aux autres charges de l'œuvre et marguillerie de Saint-Nizier. En 1730, l'extérieur du vaisseau fut réparé et toutes les cloches furent refondues. Le consulat donna mille livres à cet efPet. Quelques années plus tard, on fit regratter tout le dedans de l'église ; M. Peysson, syndic du chapitre, fit alors détruire parles ouvriers une centaine d'armoiries qui marquaient la foule des bourgeois qui avaient contribué à la reconstruction de la basilique ; ce repiquage seul coûta près de 12.000 francs. Le chœur était alors-
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Pierre tombale de Nicolas Navarre, évèque auxiliaire de Lyon.
SAINT-NIZIIC 1{
SaiiU-Nizicr.
Gargouille.
dans la nef eL le maîlre-autel en était séparé par une balustrade en cuivre. Le chœur fut transféré à l'extrémité de l'église. Plus tard encore l'autel fut placé à l'intersection de la nef et des bras de la croix. M. Peysson avait donné 1.000 écus pour le reconstruire en marbre, mais il ne vécut pas jusqu'à l'accomplissement de son jîrojet. »
A la Révolution, Saint-Nizier svibit bien des outrages ; l'édifice fut néanmoins préservé de dommages plus considérables, par le courage de P. Gayre, commissaire du Directoire, de R. Lenoir le père, enfin de l'abbé Navarre, ancien président du chapitre. Gayre demanda (( que Saint-Nizier fût rendu à son ancienne destination. Grâce à sa persévérance courageuse et à son désintéressement, il triompha de l'opposition la plus vive, il obtint des ordres positifs pour prendre possession de l'église dont les clefs lui furent remises le 25 germinal an \. Le 7 brumaire an VI, l'église fut bénite de nouveau et consacrée par MM. Renaud et Ponçon. Le l*^' ventôse an YIII, Primat, devenu évêque de Lyon, vint établir son siège à Saint-Nizier », qui devint ainsi la cathédrale du clergé assermenté. Mais, après la Révolution, elle fut réconciliée au culte catholique.
Saint-Nizier est un vaste édifice gothique à trois nefs avec chapelles latérales. La façade est, comme on Ta dit, de style Renaissance, elle est surmontée de deux tours avec flèches aiguës, dissemblables : l'une du xvi^ siècle, de même ordre que la façade, l'autre, de style gothique, construite au xix^ siècle, par M. Renoîl, architecte.
La façade est ornée de plusieurs statues ; ce sont : au-dessus de la porte principale, saint Nizier ; plus haut, le Sacré-Gœvu' ; enfin, au sommet, la A^ierge Mère. Au-devant des deux clochers se trouvent les statues des saints Pierre et Paul.
Le maître-autel est de marbre blanc ; il est décoré d'un basrelief représentant, séparés par des colonnettes, Notre-Seigneur et les apôtres. Une barrière de marbre blanc entoure le chœur par devant et sur les côtés; de grandes boiseries revêtent les murs de l'abside et encadrent les buffets d'orgues situées à gauche et à droite de l'autel. Au milieu, à la hauteur de la tribune, se voit un grand Christ. La petite nef de droite renferme les chapelles, dont voici l'énumération.
1° Ghapelle de la Croix; l'autel de marbre blanc et noir est orné du monogramme du Christ.
2° Ghapelle dans le transept, sous le vocable de Notre-Dame-de-Grâces. L'autel de marbre blanc est décoré d'un magnifique bas-relief, les apôtres se rendant au tombeau de Marie après son Assomption ; au-dessus de l'autel, statue historique de Notre-Dame-
Hisloire des Églises et Chapelles de Lyon. II.
Sainl-Nizier. Galeries et pignons.
de-Grâces. Contre le mur on a placé, gravée dans le marbre, une bulle d'Innocent IV, adressée au recteur de Saint-Nizier, et dont voici la traduption : « Votre église eut le titre de cathédrale et fut la première établie à Lyon, elle possède un autel élevé par le bienheureux Pothin, premier archevêque de Lyon, et le premier dédié en Gaule à la \'ierge Marie, où de nombreux miracles s'opèrent, dit-on. Çésirant favoriser votre église el le cidte qui est rendu à la Mère de Dieu, nous accordons quarante jours d'indulgence aux fidèles qui, après s'être confessés le samedi et les jours de fêtes de la Sainte Vierge, visiteront votre église. »
3° Chapelle Sainte-Elisabeth ; l'autel est de marbre blanc, rouge et gris. Le vitrail représente la sainte reine rencontrée par s^n mari pendant qu'elle visite les pauvres et les prisonniers; suivant la Iradilion le paiu qu'elle disli'ibuait se changea en roses.
4" Chapelle Saint-Joseph ; l'autel de marbre blanc est décoré d'un bas-relief doré : Joseph et Ma|iie sont sculptés à mi-corps, celle-ci tient l'enfant Jésus qu'adore un ange. Au-dessus de l'autel est la statue de saint Joseph partant l'Enfant-Dieu. Le vitrail, géminé^ représente, en haut, le saint patriarche avec Jésus entouré de deux anges ; plus bas à gauche, l'Adoration des bergers et dans le second plan Içs Mages conduits par l'éloile; à droite, la Famille, et au
second plan deux anges présentant la nouvelle tlèche douta été surmontée l'église. Au-dessous du vitrail, un monument de marbre l)lanc porle l'inscription : « A la mémoire de Mathieu Ménaide, chanoine d'honneur et curé de Saint-Nizier, décédé le -14 janvier 1855. »
5^ Chapelle Sainte-Catherine; l'autel est larbre polychrome, blanc, gris et rouge ; il est éclairé par un vitrail représentant la sainte qui confond les philosophes de son temps; en haut, un ange lui apporte la couronne et la palme du martyre.
6° Chapelle Sainte-Philomène ; l'autel est de pierre et orné du monogramme de la sainle; au-dessous on voit une peinture sur fond or, représentant cette vierge martyre. A droite de l'autel, sur un piédestal, on a placé la statue du bienheureux A'ianney, curé d'Ars. Au-dessus, le vitrail, signé : Lavergne, offre les sujets suivants : le saint curé d'Ars ; à gauche, sainte Philomène; à droite, un ange portant un instrument de musique. La nef de gauche renferme les chapelles ci-après énumérées :
1" Chapelle du Sacré-Cœur; elle coudent un bel autel de marbre blanc, dont la face est ornée d'un bas-relief représentant la Cène. Le retable, aussi de marbre blanc, est élevé et
Saint-Nizier. Galerie et contrel'orts du nord.
le nie
SAINT-NIZIER
possède quatre scènes sculptées, savoir, de i>aiudie ;i droile : Jésus el la Samaritaine, Madeleine implorant son pardon au.v pieds de Jésus ; le divin Maître et les disciples d'Emmaus; Jésus et les petits enfants. L'ensemble est couionné de la statue du Sacré-
Distriljuliun de (jaiii, par la confrérie de la Trinité, vitrail de L. Bcgule, à Saiiit-Xizier.
Cœur, aussi de marbre blanc, tandis que deux anges adorateurs sont peints à ses côtés.
2° Dans le transept de gauche se trouve la chapelle Saint-Nizier ; Taulel est de marbre blanc, noir et rouge ; il est surmonté de la statue de saint Pothin apportant à Lyon une
slaluetle de la Vierge Marie. Contre le mur, on a placé une plaque de marbre sur laquelle est gravée une longue inscription, mention d'une indulgence accordée par Clément XIV, le 17 janvier 1760.
3*^ Chapelle de la Sainte-Trinité ; ou y remarque un magnilîqne autel de marbre blanc, surmonté d'un retable très élevé et décoré de sculptures : Dieu le Père, sous la forme d'un vieillard assis, montre son Fils en croix, tandis qu'au-dessus plane le Saint-Esprit ; le groupe est abrité sous un dôme de marbre. Cette chapelle, la plus vaste de toutes, est éclairée par deux beaux vitraux, œuvre de notre collaborateur L. Bégule, et datés de i894. Le plus près de l'autel porte l'indication : « Lecture des statuts de la confrérie de la Sainte-Trinité, fondée en l'église des Saints-Apôtres, le 6 décembre 1300. » Le deuxième : « Distribution statutaire des pains, par la confrérie, en la place des Cordeliers, le jour de la Sainte-Trinité. » Entre ces deux vitraux se trouve un petit édicule de marbre blanc élevé à la mémoire de Benoît Déroziers, ancien curé de Saint-Pierre, puis
de Saint-Nizier.
4° Chapelle Saint-François de Sales ; l'autel de marbre blanc, est orné, sur le devant, du monogramme du saint. Le vitrail représente huit scènes de la vie de cet évêque, parmi lesquelles on remarque : le prélat visitant son diocèse ; saint François donnant un règlement aux religieuses de la Visitation ; sa discussion avec Théodore de Bèze ; il bénit un enfant à son lit de mort. 5° Chapelle Saint-Louis de Gonzague ; l'autel, de marbre blanc, est à la manière antique en forme de table. Le vitrail représente plusieurs scènes de la vie du saint Jésuite : sa première communion ; il annonce à son père sa détermination d'embrasser la vie religieuse; il soigne les malades; sa mort; les anges accompagnent son âme aux pieds de Notre-Seigneur.
6° Chapelle des Saints-Anges ; l'autel est de marbre blanc. Le vitrail représente Jésus au désert servi par les anges.
7° Chapelle des Fonts-baptismaux. En face de l'autel, contre le mur, se voit un basrelief représentant le Saint-Esprit descendant dans l'âme de l'enfant baptisé, tandis que l'ange gardien veille sur lui. Le vitrail offre (rois scènes : le baptême du Christ; Jésus guérissant un malade ; le baptême de Clovis.
Dans la grande nef, vaste et belle chaire de bois sculpté ; la cuve est ornée de statuettes : le Sauveur du monde ayant à ses côtés les quatre évangélistes encadrés par quatre anges.
Le chœur de l'église est éclairé par deux rangées de vitraux à dessins géométriques, séparées l'une de l'autre par les tribunes qui font le tour de l'église. La grande nef possède des baies géminées sans vitraux. Dans les transepts se trouvent deux rosaces : celle de droite représente le couronnement de Marie, entourée des chœurs des anges ; dans celle
Mosaïque de la crypte de Saint-Nizier, d'après une aquarelle de M. l'abbé Desgeorges.
SAINT-MZIKH
Inléiieur de Paint-Nizicr.
de gauche, saint Jean repose sa tête sur le cœur de Jésus, tandis que tout autour de celte scène volent des Chérubins.
Au fond de la grande nef, sur la tribune, se trouvent de vastes orgues, éclairées par un grand vitrail représentant saint Polhin, qui offre l'image de Marie à la vénération des fidèles.
Nous avons omis à dessein, dans la description qui précède, les œuvres d'art éparses^ dans l'église afin de les réunir dans un même ensemble.
C'est d'abord, dans le transept de droite, au-dessus de l'autel, une Crucifixion qui n'est pas sans quelque mérite. A côté, la fameuse Vierge Mère, d'Antoine Coysevox. On sait qu'elle fut faite pour être placée à l'angle de deux rues, à l'extérieur d'une maison : c'est ce qui explique que la Mère et l'Enfant paraissent regarder de côtés différents.
Au fond du transept, une peinture moderne représente la Vierge Marie et l'Enfant-Jésus soutenus par les anges et debout sur une sphère. En descendant les chapelles de droite, on trouve une peinture médiocre de sainte Elisabeth de Hongrie, et plus bas un tableau assez remarquable de la Sainte-Famille, œuvre du xviii*^ siècle.
Dans la chapelle suivante, il faut remarquer aussi une Fuite en Egypte^ assez pittoresque. En voici une description sommaire :
Sur la gauche, saint Joseph s'avance, de profil, et s'appuie sur un bâton de voyage. Il est vêtu d'une tunique bleue dégageant les jambes nues, et d'un manteau rouge relevé sur l'épaule. Plus au centre, la Vierge, de face, s'avance également vers la droite, vêtue de rouge avec un manteau bleu, tenant sur un linge blanc, l'Enfant nu, endormi. A droite, deux hommes, l'un de face et agenouillé, l'autre debout et de profil, avec un bonnet rouge et pour unicjue vêtement une draperie sombre autour des reins, sont occupés à lever la pierre d'un tombeau. Aux derniers plans, dans le ciel, des têtes de chérubins.
Dans le transept de gauche, l'autel du Sacré-Cœur est entouré d'un beau retable gothique dessiné par MM. Benoît, père et fils, et exécuté par le sculpteur A^aganay. En haut de ce retable, au centre, le Christ montre son cœur ; au-dessous, dans des niches, quatre bas-reliefs représentent, de gauche à droite, Jésus et la femme adultère, Jésus et Madeleine, les disciples d'Einmaûs, Jésus et les petits enfants ; enfin, devant l'autel, la Cène.
Dans les chapelles de gauche, se trouvent plusieurs peintures dont voici l'énumération : L'Ascension de Notre-Seigneur ; saint Irénée, évêque de Lyon, peinture du xix*^ siècle ; saint Pothin, sculpture de marbre blanc, par Chinard ; la Sainte Trinité, beau retable gothique moderne, en marbre blanc ; l'Adoration des Mages, tableau de grande dimension ; le Sacré-Cœur vénéré par des anges, peinture médiocre ; saint François de Sales apparaissant à une religieuse, et le baptême du Christ dans la chapelle des fonts baptismaux.
SAINT-JACQUÊME