‹ Histoire des églises et chapelles de LyonChapitre 133 sur 174 · SAINT-JACQUES OU SAINT-JACQUÙME · texte numérisé non relu

SAINT-JACQUES OU SAINT-JACQUÙME

La confrérie des pèlerins de SainL-Jacqnes el de Notre-Dame de Montserrat, fut établie à Ijyon avant 1.')13. « A l'origine, dit M. de \\alovis, pour être membre de la confrérie de Saint-Jacques et de Notre-Dame de Montserrat, il fallait, outre les témoignages de bonnes mœurs et de piété, avoir accompli au moins un pieux voyage en Galicie et en Catalogne, el en présenter des lettres testimoniales. Les insignes des pèlerins, c'est-à-dire le boui don, la gibecière, une longue robe, la ceinture et le rosaire, le cbapeau à larges bords et le mantelet ornés de coquillages, devaient être revêtus par tous les membres pendant le voyage obligatoire, lors des fêtes du saint palron, aux processions et aux inhumations des confrères. Plus tard, on se contenta d'une simple promesse de pèlerinage obligatoire. » La confrérie Saint-Jacques étant une des principales de la ville, jouissait de la considéralion publique et de la bienveillance des autorités ecclésiastiques. Parmi ses protecteurs, on cite plusieurs arche vêque de Lyon, et en particulier le cardinal François de Tournon qui gouverna notre ville de L531 à 1562. Les pèlerins qui, lors de la surprise de la ville par les Protestants, en 15(52, avaient perdu tous leurs titres, renouvelèrent leurs statuts à diverses reprises et obtinrent, soit des bulles pontificales d'indulgences perpétuelles, en 1656, soit les approbations de l'archevêque en 1710 et 1730 ». Ne croyons pas que les voyages soient la caractéristique exclusive de notre siècle : la confrérie comptait, en 1730, quatre-vingt-neuf pèlerins de Compostelle. C'est un joli chiffre pour Lyon. Les officiers étaient un recteur, un vice-recteur, un trésorier, un secrétaire, un maître et un sous-maître de chœur, deux censeurs, quatre maîtres des cérémonies, deux infirmiers, quatre courriers. En 1755 la confrérie comptait cent vingt-huit pèlerins. « Elle faisait quatre processions solennelles par an : la première à Notre-Dame de Fourvière ; la seconde, en bateau, à Notre-Dame de rile-Barbe ; la troisième, le jour de la bénédiction des raisins ; la quatrième à la chapelle Saint-Roch. On y portait des bourdons uniformes à pommes rouges pour les simples confrères, dorées pour les anciens en charge. » L'association fut dissoute par la Révolution.

La chapelle Saint-Jacques, proche Saint-Nizier, n remontait avant le xi*^ siècle. Le voisinage du pont de Saône a dû entraîner la fondation d'un oratoire ou d'un petit hospice avec chapelle, à son issue orientale comme à son débouché occidental. Les documents historiques constatent l'existence de ce petit monument dès l'année 1267 ». Pour la description de l'oratoire cm ne saurait mieux faire que de citer l'étude si documentée de M. de Valons. « La chapelle, petit édifice, dont le flanc d'environ vingt mèlres de longueur, développait sur le côté méridional de la place Saint-Nizier et près de son angle sud-

François, cardinal de Tom'ncîn, arcliex èque de Lyon.

ouesl, se composait intérieurement d'une seule nef voûtée, divisée en trois travées et terminée à l'orient par une abside semi-circulaire voûtée en cul de four et plus basse que la nef. Cette abside formait le cbœur réservé aux pèlerins ; un peu en avant, s'élevait le

grand autel qui anticipait sur la première travée. La deuxième travée constituait, pour ainsi dire, une chapelle à part, sous le vocable de Notre-Dame de Montserrat, dont l'autel s'adossait au mur méridional en face de la porte principale. La dernière travée était divisée dans sa hauteur en deux étages, dont l'inférieur formait le prolongement de l'édifice, et le supérieur, de six pas en saillie, servait d'oratoire particulier et n'avait vue sur la nef que par une fenêtre. On j parvenait au moyen d'un escalier intérieur, mais quoique l'usage de cette tribune fût réservé aux possesseurs de la maison contiguë, elle n'avait pas de communication directe et à niveau avec cette maison.

« A l'extérieur, la chapelle masquée au couchant par la maison dite de Chaponay, englobée au sud et à l'est dans les habitations particulières, n'avait de façade libre que sur la place Saint-Nizier, et encore sur la moitié de son étendue, la partie inférieure en était-elle cachée par une ou deux boutiques basses. Une balustrade couronnait la muraille de cette façade soutenue par quatre contreforts ou piliers surmontés de clochetons dont l'un, à l'est, portait les armoiries des Chaponay et le dernier, à l'ouest, le même blason mi-parti de Palmier. La porte principale, au milieu de la façade, en face de l'autel de Notre-Dame, offrait les caractères arclîitectoniques du xv^ siècle. Elle se composait de deux arcs concentriques reposant sur quatre colonnettes à chapiteaux décorés de coquilles. Au milieu, sur le tympan ou sur le trumeau, une base rappelait l'existence d'une statue détruite vraisemblableuient en 1562. La fenêtre au-dessus, de même style, était divisée, par un meneau, en deux baies de vitraux peints, représentant, le premier, un saint Jacques et les armes de la ville avec la date de 1575, le deuxième, le blason de la confrérie et la date de 1603, enfin tout en haut les armes de France dans le tympan. La partie orientale de la façade se trouvait ajourée d'une fenêtre éclairant le maître-autel, et du côté opposé, à droite de la grande entrée, une autre porte, surmontée d'une statue de la Vierge, donnait accès dans la chapelle par la dernière travée. Une rose percée dans le mur oriental, au-dessus de l'abside, ornée d'un vitrail portant en

Sainl Jacques, peinture de M. Couvert, éelise Saint-Pothiii.

Notre-Dame de la rue Neu\ e, en lôbO.

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