‹ Histoire des églises et chapelles de LyonChapitre 138 sur 174 · INSTITUTION DES CHARTREUX · texte numérisé non relu

INSTITUTION DES CHARTREUX

Nous eussions aimé, dans ce volume, faire une plus large place aux maisons d'enseignement, rappeler le souvenir de ceux qui, après la Révolution, présidèrent à la réorganisation de cet enseignement libre, de nouveau et plus que jamais menacé, qui le firent refleurir au cours du dernier siècle, les Thibaudier, les Hyvrier, les Peyre, et d'autres

encore. L'espace restreint dont nous disposons ne le permet pas, et nous n'oublierons pas que nous avons spécialement à décrire les églises et chapelles.

Toutefois, nous ne pouvons point omettre de tracer en quelques lignes l'histoire et la description de la chapelle de rinstilution des Chartreux et de l'École Ozanam, deux monuments récents qui font honneur à notre ville.

La chapelle fut bâtie sur les plans de M. Tonj Desjardins, architecte départemental et diocésain. Elle fut consacrée en 1865, par Mgr Donnet, archevêque de Bordeaux, en présence de M. Vaïsse, préfet du Rhône, de La Saussaye, recteur d'Académie, et d'une nombreuse el choisie assistance.

La façade de la chapelle est particulière-

Le chanoine Peyre, ancien supérieur des Minimes, ment élégante. DaUS le tympan qui SUr-

l'un des restaurateurs de l'enseignement libre , , , /^i ■

au XIX» siècle. montc Je porche, on a sculpte un Christ

enseignant des enfants réunis autour de lui. Le haut de la façade se termine par une statue de la Mère de Dieu abritée sous un dais de pierre sculptée. Le maître-autel est de pierre sculptée; il porte au-devant un magnifique basrehef représentant le Christ accompagné de saint Jean l'Évangéliste, saint Polycarpe, saint Pothin et saint Irénée, quatre personnages dont se réclame l'église de Lyon à ses origines, puisque saint Pothin fut envoyé à Lyon par saint Polycarpe, disciple de l'apôlre

INSTITUTION DES CIIAHTRKI X

saint Jean. Le retable de l'autel est en forme de créneaux ])eints et dorés. Dans le chœur, à droite et à gauche, sont placés deux petits autels dédiés l'un à saint Irénée, second évêque de Lyon, dont la statue hiératique surmonte l'autel, l'autre à la V ierge Marie. Tout à côté, contre le mur de l'abside, deux fresques, œuvres du |ieinlre Sublet; signalons également les riches boiseries et les stalles sculptées, placées le long des murs de la nef.

La chapelle est éclairée par douze vitraux, cinq dans le chœur, six dans la nef et un à la grande baie de façade; les dessins en sont dus à M. l'abbé Dubois. Ces verrières sont divisées en trois compartiments, et chacun d'eux comporte six médaillons représentant des scènes c[ue nous décrirons ci-dessous. Au bas de la nef, s'ouvre une vaste tribune sur laquelle est placé l'orgue.

M. l'abbé Hyvrier, fondateur de l'Institution des Chartreux, voulait, par les vitraux de

sa chapelle, offrir une prédication aux regards de ceux qui viendraient s'y agénouiller. M. l'abbé Dubois, dont nous avons cité le nom, alors professeur à l'institution, expert en iconographie, fut chargé de réaliser ce désir. L'éminent supérieur suivit dans tous ses détails le projet de composition des vitraux, le fit soumettre à l'approbation du célèbre

Chapelle tic l'Institution des Cliartrcux.

Père Cahier, à Paris, et confia le dessin des cartons à Steinheil père, peintre de la Sainte- Chapelle dont VioUet-le-Duc achevait la restauration. Cette œuvre exécutée d'un seul jet, avec toutes les délicatesses d'un autre âge, demanda trois années d'un travail ininterrompu.

Depuis 1864, les vitraux de la nef étalent les sept dons du Saint-Espril aux regards des générations d'élèves. A chaque verrière correspond l'exposé d'une des sept vertus que l'Esprit saint fait germer dans l'âme du confirmé : d'abord esquissée par un des justes de l'ancienne loi, jeune le plus souvent, comme Samuel, Daniel, David, elle est réalisée par les saints de la Loi de grâce, après que Jésus l'a inscrite, au sommet du vitrail, par un acte de sa vie mortelle. Au sanctuaire de la chapelle, les vitraux théologiques de Bourges sont reproduits dans Isl Nouvelle alliance^ V Apocalypse, le Jugement dernier qui enseignent la doctrine de l'Église en s'aidant des scènes émouvantes de la passion du Sauveur et de la i< Légende » de la Vierge Marie. Le cycle des deux Eve et des deux Adam de notre primatiale de Lyon est reproduit à la grande rose de la façade, au-dessus du septième don : la Crainte de Dieu, qui domine la tribune de l'orgue.

L'ensemble de ces douze verrières, dit M. l'abbé Dubois, séparées par les seuls piliers de la chapelle, forme une immense mosaïque lumineuse, sans aucune ouverture fatigante pour les regards. Le verre très irrégulièrement coulé qu'on y a employé, donne mille scintillements diamantés; et l'harmonie des nuances est celle que l'on admire dans le tissu des cachemires des Lides. »

Page 1