‹ Histoire des églises et chapelles de LyonChapitre 139 sur 174 · ÉCOLE OZANAM · texte numérisé non relu

ÉCOLE OZANAM

Édifiée en 1906-1907 sur les plans de M. Pascalon, architecte, la nouvelle chapelle de l'école Ozanam s'élève à l'angle des deux rues récemment percées, et parallèlement au monument expiatoire des Brolleaux.

Lorsqu'en 1881, M. l'abbé Girodon, disciple et collaborateur du digne abbé Thenon, vint abriter les débuts modestes d'un externat de lycéens dans la partie du vieux couvent des Capucins louée à cet efPet, la possibilité d'y construire une chapelle ne fut même pas envisagée : trop de nécessités immédiates absorbèrent à la fois la soUicitude du fondateur et les ressources dont il disposait. On se contenta donc tout d'abord d'un obscur réduit resserré entre deux chambres de directeurs et aménagé vaille que vaille en oratoire commun. Les anciens de l'école ont cependant gardé un souvenir ému de cette première chapelle, « si petite, dit un spirituel chroniqueur, que la flamme timide de la veilleuse en faisait le tour plus d'une fois ».

Cette installation provisoire, devenue rapidement trop étroite pour le nombre croissant des élèves, dura trois ans à peine et fut remplacée par un édifice bien simple encore et fort éloigné de la conception classique, mais dont l'inauguralion fut saluée comme un véritable événement.

KCOLK OZANAM

La cciur et raiicicmie chapelle, aujourd'hui disparue, de l'école Ozanaiii.

Au flanc gauche du vieux monument des \'iclimes, près de la porte du caveau, s'amorçait une salle oblongue, divisée en petits conipai timeuts et éclairée de fenêtres inégales : elle avait servi jusque-là aux bons Pères de » Pénitencerie » pour la confession des hommes. On abattit les cloisons, et l'espace ainsi dégagé devint la nef de la nouvelle chapelle. Peu de temps api^ès, on co nstruisit à la suite, un transept et une abside dont la voûte cintrée fut raccordée tant bien que mal au plafond surbaissé de la salle. On meubla, on orna peu à peu l'intérieur pendant q u ' à l'extérieur une

végétation luxuriante de vigne vierge et de lierre envahissait les murs bruts, et là, pendant plus de vingt ans, se concentra toute la vie religieuse de la maison : messes, bénédictions, catéchismes et conférences. Plus rien ne reste aujourd'hui de cette chapelle rustique ni de la funèbre pyramide qui la couvrait de son ombre : sur leur emplacement soigneusement nivelé s'aligne la rue Créqui et les passants indifférents foulent aux pieds leurs communs souvenirs. L'édifice actuel, dû à l'initiative laborieuse de M. l'abbé Genevet, successeur de M. Girodon, et à la générosité de l'Association des anciens élèves qui en a soldé les frais, s'adosse en partie à l'extrémité sud des bâtiments de l'école. La vue, de l'extérieur, en est imposante. D'immenses verrières, encadrées de pierre blanche, découpent les façades; celles-ci sont terminées, à l'est et à l'ouest, par un pignon orné d'une corniche composite qui se prolonge sur les deux autres côtés. Le soubassement sur les rues, haut d'environ trois mètres, est en pierre de Saint-Martin-Belle- Roche : il est percé d'ouvertures pour l'aération du sous-sol.

A l'intérieur, le vaisseau est d'une seule nef de 10 mètres de largeur sur 24'" 50 de longueur, prolongée par un chœur à pans coupés de 7'" .50 de largeur sur 6"' 50 de pro-

ChapcUe de l'école Ozanani.

fondeur. Le maître-autel en bois peint et le vitrail signé Bégule qui se voit au-dessus, sont, avec le confessionnal et la table de communion, des reliques de l'ancienne cbapelle. Le

plancher en ciment armé recouvert de liuoleum a une pente de 15 millimètres par mètre sur toute la longueur de la nef, jusqu'aux deux marches qui surélèvent le chœur.

La voûte en plein cintre est formée de briques minces recouvertes d'une chape en chaux lourde armée : elle mesure à son sommet 13'" 50 audessus du sol. Au fond s'étage la tribuue principale où se trouvent deux autels ; quatre autres petits autels garnissent en bas les coins de la nef. Une seconde tribune de forme « loggia » est prise au nord dans l'épaisseur du bâtiment voisin :

ici le mur est percé de trois baies séparées par des piliers à chapiteaux ioniques supportant une corniche et formant des pénétrations dans la voûte. De ce même côté sont les trois porte par où l'on accède dans l'édifice : il n'y a pas

Intc'i-ieur de la chapelle de l'école Ozanam. ^ entrée SUr IcS rUCS.

|: Cette nouvelle chapelle a été bénite le 26 juillet 1907. L'inauguration solennelle en a été faite quelques mois plus tard, le jour de la confirmation (28 novembre), par le cardinal Coullié.

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