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LES OHATORIENS ET SAINT-POLYCARPE

martyre. Leurs attitudes sont belles, leurs visages respirent le calme et la grandeur ; elles occupent toute la hauteur du coffre et ne laissent de place qu'au socle et au bord saillant de la table supérieure qui est décorée d'ornements dont les ciselures sont très fines. Au-dessous, derrière les têtes des saintes, court, dans toute sa longueur, une frise d'un motif antique. Au-dessus de l'autel, au centre du retable, dans une niche, la Sainte Vierge entoure de ses deux bras l'Enfant-Jésus qui, debout sur le genou gauche de sa mère dont le pied est posé sur un escabeau, penche la tète vers le peuple et dirige ses mains vers Marie pour indiquer qu'il faut recourir à elle. Ce groupe est attrayant.

Le maître-autel, posé le 18 juillet 1856, est artistique; il est orné sur le devant d'un groupe représentant Notre-Seigneur donnant à saint Pierre le pouvoir des clés. Notons enfin la riche mosaïque du sanctuaire, les marbres de différentes teintes qui parent le chœur même et la fresque de Janmot représentant le moment décisif de la Cène où Jésus- Christ, debout, une main sur son cœur, offre le calice à ses apôtres en disant :

« Prenez et buvez. »

La chaire, d'un aspect monumental, évoque les ambons des basiliques constantiniennes. Posée en octobre 1864, elle fut décorée, en novembre, des deux statuettes assises de saint Pierre et saint

Paul, qui, outre La Cono, IVesque de M. JaninoL, à Saiiil-l'ul\ ciiipo.

qu'elles contribuent

beaucoup à l'effet général, ont, prises à part, une réelle valeur. Elles sont l'œuvre de Dufraisne, l'auteur des principales sculptures de Fourvière ; l'abat-voix en chêne est d'un merveilleux dessin, où le premier regard reconnaît le crayon de Bossan.

A droite, chapelle Saint-Joseph; l'autel de marbre noir veiné est surmonté d'une statue du saint et plus haut on a peint, dans une fresque, la mort du saint patriarche. Tout à côté, chapelle du Sacré-Cœur avec autel de marbre blanc, décoré d'un bas-relief et surmonté d'une statue du Sacré-Cœur dans une niche dorée. A gauche et à droite on a placé les statues de saint Poly carpe et de sainte Catherine. Dans le transept de droite, on voit la statue de saint Sébastien et des peintures représentant saint Joseph, saint Polycarpe et saint Clair. La chapelle Saint-François-Regis, qui suit, contient la statue du saint ; à gauche, se trouve un petit au tel dédié à saint Antoine de Padoue, avec statue du saint religieux et nombreux ex-voto; plus loin, un tableau représente la Vierge et l'Enfant-Jésus visités par sainte Elisabeth et saint Jean.

A gauche, chapelle de la Croix avec ancien autel de marbre rouge et blanc ; contre le mur, Jésus en croix entre la Vierge et saint Jean; à droite, un groupe de Notre-Dame de Pitié. Tout à côté, statue du bienheureux Viannej, curé d'Ars, par Romillard d'Angers. A la suite, chapelle de la Sainte Vierge; Tautel est orné de bas-reliefs représentant les saintes Thérèse, Rosalie, Barbe, Cécile, Agathe, Philomène, Catherine, Marguerite, Geneviève, Blandine, x\gnès et Lucie. Il est surmonté d'une statue de la mère de Dieu, et plus haut d'une peinture : la crèche. A droite et à gauche on a placé une statue de saint Louis de Gonzague et de sainte Philomène. Sur un édicule voisin on a gravé cette inscription : <( Ici repose le cœur de Pierre Gourdiat, né à Tarare, décédé à Lyon le 25 mars 1845, à l'âge de 82 ans, confesseur de la foi en des mauvais jours, chanoine

d'honneur de la Primatiale, curé pendant 25 ans de la paroisse de Saint-Polycarpe; il fut le père et l'ami de tous ses paroissiens ; aidé de leur concours, il agrandit cette église et fonda près d'elle l'hospice destiné à la vieillesse indigente. »

La chapelle suivante est sous le vocable de saint François-Xavier et fut érigée en 1861 ; à droite, sur une plaque de marbre blanc, on a gravé l'éloge fait par Léon XIII de Pauline-Marie Jarieot, dont le cœur est conservé dans cette cha-

La cliapclle do l œuvi-e de la Piopayalioii du la Foi. pcllc. A gaUchc 86 trOUVC la

statue de saint Jude, et près

de là les tableaux du Sacré-Cœur et de l'iVnnonciation. Plus bas se trouvent les fonts baptismaux ornés d'un bas-relief : le baptême du Christ.

On ne saurait mieux terminer cette notice qu'en donnant quelques courts détails sur la vie si belle de M"^ Jarieot, dont on vient de rappeler le nom. Elle naquit à Lyon, le 22 juillet 1799, septième enfant d'Antoine Jarieot et de Jeanne Lattier.

L'enfant fit sa première communion le 16 avril 1812, et le même jour, reçut le sacrement de confirmation. Dès l'année 1816, elle brisa avec les vanités terrestres et se consacra tout entière à Dieu. Le ciel se servit d'elle pour être un des principaux instruments dans la création de l'Œuvre d'apostolat dont il avait formé le dessein.

Pauline s'occupa des missions étrangères, travailla à raviver la dévotion du saint Rosaire, d'où naquit l'Œuvre du Rosaire-Vivant, honorée de brefs du Saint-Siège ; elle songea

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