‹ Histoire des églises et chapelles de LyonChapitre 75 sur 174 · CHAPELLE DES PERES JESUITES · texte numérisé non relu

CHAPELLE DES PERES JESUITES

' rue Sainte Hélène 1

JÉSUITES DU COLLÈGE DE LA TlilMTÉ

deniers par mois pour les enfants dont les familles en avaient le moyen ; ceux pauvres, dont le nombre et la réception étaient attribués au consulat, devaient être enseignés gratuitement.

« Il y avait alors à Lyon un père jésuite dont les prédications très suivies faisaient sensation, le père Edmond Auger ; c'est à lui qu'on s'adressa. » Les Jésuites acceptèrent la proposition du Consulat, mais ils négocièrent en vue « d'obtenir une augmentation de l'indemnité de 400 livres tournois » accordée jusqu'alors aux professeurs. Ce chiffre tout à fait insuffisant fut doublé^ et on promit aussi aux Jésuites que le bail conclu avec eux le serait à perpétuité, condition qui seule u pouvait permettre à la congrégation de faire, de ses propres deniers, les dépenses indispensables pour des constructions et pour le mobilier ».

A mesure que le nombre des élèves progressait, on augmentait aussi les branches d'enseignement et par conséquent le budget. Ainsi, en 1591, le consulat octroie deux cents écus d'or au soleil (( pour la création et l'entretien d'un cours de philosophie et d'un cours de théologie ». Le renvoi de France des Jésuites, en 1594, suspendit l'essor du collège ; ils le quittèrent le 31 janvier 1595, pour dix ans. Rentrés en France, ils furent réintégrés en 1604. « Un nouveau contrat fut passé avec eux, le 3 juillet, dans lequel on visa la plupart des clauses consenties dans celui de 1567.

L'administration municipale promit de pourvoir à un agrandissement dont le besoin était devenu incontestable. »

Le 29 novembre 1607, le P. Jacquinot « exposa en séance du consulat, la nécessité d'une reconstruction motivée par l'exiguïté du local et l'afïluence des écoliers, et y présenta, en même temps, les plans qui avaient été préparés. Le corps consulaire fît bon accueil à ces demandes, approuva les plans, tout en faisant observer que l'on pouvait, pour le moment, se passer de l'église, et enfin consentit à donner 6.000 livres aux PP. Jésuites leur laissant le soin de fournir le surplus. La première pierre fut posée par le corps consulaire, avec le cérémonial d'usage, le 19 décembre 1607, à deux heures du soir, dans l'angle des deux bâtiments, où existait auparavant une maison acquise par le consulat du sieur George Cornuty, sise rue Henry, aboutissant à la rue du Pas-Etroit de bise, la dite rue de soir, la rue de Montribloud (le prolongement de la rue Mulet actuelle, vers le Rhône), de vent, le grand corps de logis des pensionnaires du collège, appartenant à la ville, du côté du matin ».

La collège de la Trinité avant l'arrivée des Jésuites (d'après le plan scénogi-aphiqiie de 1550).

Plus tard, on s'occupa de la chapelle dont la construction fut confiée à l'architecte Etienne Martellange. Pour en donner une description, nous résumerons les pages si documentées écrites par M. Charvet qui a minutieusement étudié l'histoire du collège de la Trinité. Le grand autel était élevé en août 1622, et sa dorure fut achevée le 17 octobre; il a été refait au milieu du xviii*" siècle par Delamonce. Cette époque est probablement celle de l'inauguration de l'église, puisque saint François de Sales y prêcha

le 4 décembre. A cette occasion, M'"" de Blonay, supérieure du couvent de la Visitation, dans lequel l'évêque de Genève logeait lorsqu'il séjournait à Lyon, lui avait fait préparer un carrosse ; le prélat le refusa en disant : « Il me ferait beau veoir aller en carrosse prêcher la pénitence de saint Jean et la pauvreté évangélique. »

« Les orgues, exécutées en 1623, furent fournies pour le prix de 1350 livres par Simon du Pré. Les retables des chapelles paraissent avoir été, pour la plupart, ordonnés d'après un modèle uniforme par un nommé Beauregard ; nous ne pouvons affirmer si les détails historiques se rapportent exactement à ceux qui subsistent. Martellange avait projeté six chapelles,

trois à droite et trois à gauche. Au centre, en correspondance avec l'entrée latérale de l'église sur le collège, était une sortie sur la rue Neuve, ces deux issues occupant chacune une chapelle. Les autels étaient placés, selon l'usage ancien, non contre le mur latéral de l'église, mais contre les murs séparatifs du côté de l'orient. Cette disposition dut être changée lors de l'embellissement de l'église, au xviii^ siècle, et il est fort possible que, dans ce remaniement, quelques retables aient été transportés d'une chapelle à une autre, circonstance qui rend très difficile la coordination des vocables et descriptions du xvii'' siècle, avec ceux du siècle suivant et avec l'état actuel.

Cliapelle tlu Sacré-Cœur (église actuelle des PP. Jésuites).

Page 1