Heliotus, pastor EcclesiaeSessiacensis
S. RuPHUS, Ecclesis Gaiensis Pastor.
De BohS. — PONCET.
DuvALLUs, Senior.
Dalum Gaii 7/17 X^"» 1661.
vm
Lettre du Pasteur Samiid Bernard au Pasteur Ulrich.
(ArdiÎTes de Zurich, GeSL VI, 97.)
Genève, le 18 février 1662.
Monsieur et très honoré Père,
Je viens de recevoir avec votre lettre les cent Ecus blancs qu'il a 4>la à Messieurs de Zurich de nous ordonner. Ceus de Bâle nous en ont envoyé autant et ceus de Berne cent et cinquante présentement. Sans doute la grandeur de nos calamités les a touchés, et ils nous laissent espérer qu'ils ne nous abandonneront pas si nos affaires tirent en longueur. Nous leur sommes a tous extrêmement obligés et nous les remercions de tout notre cœur. On vous aura déia donné avis la semaine passée que nos parties auoient obtenu un Arrestdu Roy donné dans le Conseil d'eohaut , qui confirme toutes les ordonnances de M' llntendant, lequel est venu le faire publier, a fait murer tous nos Temples, ne nous laissant la permission de prescher qu'à Fernex et Sergy^ a ordonné que nos Cloches seroient oùses es Eglises des Papistes, ce que l'on a fait de quelques unes^ et a décrété prise de corps contre sept des Pasteurs, que l'on n'a pas encore exécutée. Nous attendopa de M. de Ruuigny , qui nous a pro* mis de se présenter an Roy pour notre suiet, le remède à tous ces maux. Dieu y répandra sa bénédiction, s'il luy plait* Nous prenons conseil de tous nos frères les plus intelligents et les mieus affectionnés. Nous avons fait resolution de ne déférer point a cet arrest par obéissance en préchant aus liens où il nous renvoyé, mais pour le présent de prescher seulement en deus antres maisons de fief qui nous restent. De n'abandonner point nos troupeaux, de ne nous en éloigner ^uere et les visiter et consoler les malades le plus souuent que nous pourrons auec le zèle et la prudence que nous demandons à Dieu. Nous nous reposons sur sa providence, et qooyqo'il nous frappe, nous baisons sa main comme celle de notre père; nous le prions qu'il ait pitié de nos maus, qu'il écoute les vœus et les soupirs de ses enfans, qu'il touche de repentance les cœurs de tous les profanes, qu'il repurge sa maison et fasse luire sur nous sa face en iustice et en consolation. Que vos Eglises en ressentent les douces influences, que Votre Illustre Republique iouisse de paix et de la grâce de Dieu, qu'il conserve vos personnes, vos familles, et
— aes —
vos saintes charges. Je salue très humblement tous Messieurs tos Collègues les Pasteurs et Messieurs les Professeurs. Je suis partie colièrement»
Monsieur et très honoré Père, Votre très humble et très obéissant serviteur,
S. Bbrnard.
Lettre du Pasteur 8. Bernard au Pasteur Ulrich.
(ÀrchiTeg 4e Zarich, Gest. VI, 97.)
Monsieur et très honoré Père,
La connoissance que nous avons du zèle avec lequel vous prenés part à nos Interesls nous oblige à vous informer de l'état de nos affaires^ qui est que Monsieur le Député général de nos Eglises a enfin obtenu audiance du Roy, lequel nous a promis Justice et l'on établit des Commissaires pour examiner nos Droits. Cependant parceqne les choses peuuent tirer en longueur et qu'il est très dangereus d'abandonner nos privilèges» selon le conseil de nos frères, nous auons deaia repris sept de nos Exercices (outre t^s ^atre maisons de fieO st nous prëdions devant nos Temples, qui sont encore murés. Peut-être que nos prédications et la ferueur de ao8 prières auront quelque rapport aus trompettes que les sacrificateurs sonnèrent douant Jerico et qu'elles obtiendront de la miséricorde du Père Céleste la chutte des murailles qui s'opposent en quelquei^sorte à sa gloire et au repos de son Israël. S^il nous donne de meilleures nouuelles, nous vousen ferons part, afin que notre ioye se communique a vous comme nous avons porté notre douleur iusq<tes à vous. Et afin que vous connoissiés d'avtant mieux la Justice de nos plaintes, nous vous envoyons des Copies du factum de nos droits et de nos raisons, que nous avons fait imprimer à Paris. Il y en a une Copie pour vous et Messieurs vos collègues que i'honore de tout mon cœur. Je vous prie d'en présenter une à Monsieur le Bourguemaistre pour Messeigneurs du Conseil que nous remercions toujours de leur libéralité et de leurs charitables offices, priants Dieu qu'il les conduise touiours par son Saint Esprit, qu'il les
anime du zélé de sa gloire et qu'il tes couvre de sa sainte protec* tiou. Et pour l'autre» ie vous prie de l'envoyer à Messieurs de Saiat Gai et les ressouvenir de notre besoin. J'espère de votre bonté que vous ne refuserés pas de prendre cette peine et que vous agreerés que ie continue à vous dire que ie suis.
Monsieur et très honoré Père, Votre très humble et très obeisssant serviteur et fils au Seigneur,
S. Bernard.
De Geneue, ce V Âuril 166S.
Appréciation des succès de la Mission Royale dans le pays de Gez, d'après les documents protestants contemporains.
Les registres de la Vénérable Compagnie de Genève mentionnent, outre la lettre de l'évèque d'Aranthon à Louis XIV, deux autres écrits publiés vers le même temps par les ecclésiastiques romains sur les succès de la Mission royale. On lit dans ces registres, eu date .du 14 Août 1663 :
€ A esté leûe la relation de la Mission royale au pays de Gex, imprimée à Lion chez Simon Mathurin? rue ferrandière par laquelle il est représenté que les Missionnaires ont fait et font tous les jours de grands progrès au dit pays au fait de la Religion ; à quoy a esté adjousté que les dits Missionnaires font glisser un livre intitulé la conversion du S^" Martin cy devant ministre contenant trois traits (traités?), par lequel s'efforcent d'esbranler les familles [es plus considérables dudit pays, lequel livre il est expédient d'avoir. Ea après a esté dit que la dite Relation est un commentaire de la lettre que l'Evesque d'Annecy a cy devant escrile au Roy de France, s'il
sçroit point à propos de respondre Advizé de laisser le seing
de respondre aux dits Actes publics à Messieurs les Pasteurs des Eglises Reformées des Eglises de Bourgongne. En après, charger le Secrétaire de faire venir de Lion le susdit livre de Martin à quel prix que ce soit. D
Les pasteurs de Genève ne sauraient encourir pour cette décision aucun reproche d'indifférence. En novembre 1662, ils avaient déjà
— tes —
pris la plama 60 fàTBur des Eglises du pays de Gex. L'année suivante, comme le prouve un fragment de Banlacre que nous allons citer, on répondit encore de Geoète aux écrits catholiques. Enfin, les membres des Eglises attaquées étaient dans Tobligalion de réfuter eux-mêmes ces narrations mensongères, et ils ne tardèrent pas à s'acquitter de ce devoir. On lit en effet dans la brochure intitulée : Suite des maux que souffrent les Eglises du pais de Gex :
«On nous veut imputer.... d'avoir fait violence aux nouveaux convertis, qui est une pure supposition : aussi bien que le bruit qu'ils sèment partout d'avoir tant advancépar leurs pratiques, qu'ils oot fait dans le pays trois mille convertis, qui est une calomnie des plus noires, estant constant que dans le dénombrement le plus exact on n'en pourroit conter plus de 25 ou 30, la pluspart gens de rien, et le reste gagné par des artifices estrahges de promesses et de menaces.9
Un autre écrit, intitulé: ^Réplique à la Réponse pour le P. Eveque de Genève et les Missionnaires du pays de Gex, 1664, 9 est plus ex* plicite encore :
< N'est-il pas vray qu'ils ont esté plus de quinze jours dans la seule paroisse de CoUonges sans y gagner une seule personne, qu'ils n'ont rien fait à Toiry, rien à Crozet, rien à S. Jean, rien à Feroex, rien dans la baronnie de la Bastie, rien à Prevessin, rien en plusieurs autres, et où sont donc les trois familles qu'ils ont gagné par semaine 7 Quant à Divonne, bien loin d*y avoir quarante-cinq familles, vous n'en avez pas peut-être une douzaine. Je scay bien qae la violence du Seigneur et du Curé du lieu en ont plus fait changer là qu'ailleurs ; mais le nombre n'approche pas de celui que vous marquez, et ce sont des personnes de si peu de considération que je ne scay si l'Eglise n'a pas plustost gagné que perdu dans leur changement, etc. 9
Baulacre confirme ces assertions de la manière suivante dans ses Recherches sur la Canonisation de S . François de Sales (Biblioth. Impartiale, tom. ni. Leyde, 1751} :
<i:Sur la fin de la mission, il parut un écrit sous ce litre : Relation des succh qtM^Dieu donne à la Mission Royale de Gex^ proche de Genève. Ces Missionnaires y font sonner fort haut leurs exploits dans ce pays là. Mais vous allez voir que la gloire qu'ils veulent ac«
qoérir par là, c'est préciseaienl aox depeos de eelle de S. François de Sales. Plos ils exaltent leurs conquêtes^ et pins ils diminiient celle que la Bolle avoit atlriboée à son Saint. C'est ce qae je fais TOUS faire toocher aa doigt.
c Dans le temps qoe ces Missionaûres s'applaodissoient le pins de lenrs vicloires, il parut vn Ecrit à GenèTe qni ftisoit sentir combien leor triomphe étoit mal fondé. Cette petite pièce m'est toinbée entre les mains ; en voici le titre : Lettre sur ie sujet des succès de la Missiom de Gex, comtenus dans une Rdation publiée depuis peu. Cette lettre est de 1662'. Ces missionoaires y sont raillés fort moment sor leurs conquêtes imaginaires. On leor dit qu'outre les fonds qu'il y aToit en France pour les Hissions, ils avoient encore su ramasser des sommes considérables pour celle-ci ; qu'ainsi il leur importoit de faire monter fort haut leurs conversions. La fastueuse Relation avoit établi qu'avant qu'ils vinssent dans la Province de Gex, il n'y atM^îl encore que 300 catholiques, parmi 17,000 Huguenots, et que depuis la Mission, il y en a près de 4000. La lettre de Genève entre dans un détail des plos circonstanciés, d'où il résulte que tous leurs progrès aboutissent à 30 ou 40 personnes quils ont fait changer de Religion.»
Lettres de différentes Eglises réformées de France aux Eglises réformées du EaiUiage de Gex.
(Archives de Genèye^ IHèces hist., n» 3436.)
De V Eglise de Lyon.
A Lion le 24 Feuurier 1663.
Messieurs et très honorés frères.
Pendant que vous avés poursuiui vostre bon droict par les voies delà Justice, nous auons prié Dieu très instamment qu'il lui pleust
' Banlaere fiât eneiir d'une année , pnisqne la mîttion eut lien en 1603.
flescfair le cœur de vos Juges à vous la rendre: et a presant que Q0U8 voioDS qu'il a pieu au Seigneur de visiter en sa colère vos poures Eglises^ nous en gémissons auec vous et meslons nos larmes auec les vostres. Il n'y a point de cœur tant soit peu humain qui ne soit esmeu au récit de vos malheurs, et combien en douonsnous estre touchés sensiblement, nous qui sommes unis auec vous par tant de liens si sacrés et si estroits? C'est pourquoi , Messieurs et très honorés frères, nous vous prions d*eslre persuadés que nous contribuerons ce qui dépendra de nous pour vous secourir en celte triste occasion et pour vous aider à relever vos ruines si le Seigneur vous en présente encore quelque moien. Lorsque vous le requerrés, nous vous ferons paroistre. Dieu aidant, Teffect de nos promesses. Reloués vos courages abatus, et espérés contre toute espérance en celui qui ressuscite les morts. Il ne vous délaissera point , il ne vous abandonnera point. Apres auoir laissé agir Tiniustice des hommes pour deploier sur vous ses iustes chastimenls, il reueillera les émotions de ses entrailles et vous donnera les tesmoignages de son amour. Il vous fera expérimenter qu'il n'y a qu'un moment en sa colère et que toutes choses tournent ensemble en bien a ceux qui le craignent. Mais quoi que puisse entreprendre la passion aueugle des ennemis de la vérité, ils ne sauroyent pourtant nuire au salut des esleus de Dieu. Ils peuuent esleuer les enseignes de Babel là ou estoit establi le pur seruice du vrai Dieu ; mais ils ne pourront pas establir Tidolatrie dans le cœur des fidèles. Ils peuuent vous oster vos biens, mais ils n'empescheront pas que le Seigneur Jésus ne soit vostre gain en la vie et en la mort. Us ont peu démolir vos Temples , mais ils ne sauroyent vous empescher d'esleuer a Dieu vos mains pures en tout lieu, et puisque vous estes les Temples du Sainct-Esprit, vous pouués partout adorer le père en esprit et en vérité. Ils inquiettent vos Pasteurs pour les empescher de vous paistre de science et d'intelligence; mais le Souuerain Pasteur ne laissera pas de faire son œuure , et de vous conduire en toute vérité. Vous aués desia expérimenté le secours d'en haut : Car il ne faut pas douter que ce ne soit le S^ esprit qui est l'esprit de paix et de douceur, qui vous a portés a souffrir auec tant de patience la violence de vos persécuteurs. Il vous continuera encore à l'auenir son assistance, et ne manquera pas d'accomplir sa vertu dans vostre foiblesse. Vous aués esté comme des colombes en suportant sans aucun fiel tout le mal qu'on vous a fait, nous espérons que désormais vous emploierés la prudence du serpent, pour fermer l'oreille à la voix des séducteurs qui tascbent (ainsi que vous
zz es ii^^ juieentéderE?angile.
xdiff^ rEV à la parole de Diea et
1 !::iini3ae i t<m8 ê£Eet ioaqaes
ziee aas Jei aÉnrti. Ce sont les
lofirs *?ar ?ûipw mtaa sommes
nnostre de Lion et
r« r£z.ia Âf '-T
MoBilSIES A XB llHUBlS
9aiB aaaa:} iitïari anse Tins rixii uns WÊiemSmes le triste eut ie 7.19 Lr.:aB, «c ies j» xoics /i: M.Ti i ig rse b pfaie ftoit fraaie , «c lam v^nmtmt mzsgts-rss » Tîcr% 2s3?. Mais nôtre dtvijisir r «c i& htaxbini'j mssné lar Lf 1 annais^Je rédt de tos S'Mil^ae», îiiatTiiia l'ius Iikihb^is TTsia^ ^urs b leCre que ^<y^B aoÀ 9ra la 3*y..it» le i*ias écrxs. ^j^ic^ Caccaz^'e f a Ciit la r'»f«e::^«->a à -a»Ti->i> ïc»i3 ic'lx» la Ciamnix-iiii i» Sainte; et comme ei> «t ♦«t.i'^Bi^t Vsj^r.^, ift T'.r» i!^i:;i.:i, tus se detiés point if<^*;t«*r, '^^''^ ^A f.*r:>t*^ f<ei'^':cv», *z:* i* nti» lâm^e fusqaes ^/^ ♦^..^ f ^/^.y^^*. Miu yk^'j: Ti'€ti ^çr* 3ccK5:a to« attendes i»'>nj U %^Afp'\'.% -î^ C^.a<s fie c'V-re Casse «: rsûil des antres de ^Mâir Pv^\u^Af tX ^p<5 uf^xt Sr-vfc «'aBeoitl^n iia? peo de setu^\u^^ l%ffy% isf\ffU% ^ÛTt qn^'A e$t a propos dy iccscnter tos le- U^, ittin f\nH p^f 0a C4!>fr«mon e4>o<i^rt, tos jostes denandes y soient ^/fU%i6^kHf tiffnéUnr Itctnre ém^nre plos fortea^ft les entrailles d4 l^fti« U^ Aéipniéê, et qo'elle fosse aoe plus psissanle impression ^ \mf ^AfffiU Cest ee qoe noos rous prions d'agréer, toos assurant ^n'éiUfM^ que les forces de nôtre J^Use sMent grandement dim'sunhê pnr Un â^^pennen extraordinaires qoe nous anons faites pfm nouê défendre contre lee indues vexations de nos aduersaires
et par les notables pertes, que nous auoDS peu d'espérance de pouuoir réparer, nous vous ferons connoitre, autant que nôtre pouuoir nous en donnera lemoien que nous sommes affectionnés jusqu'aux pierres de Sion : et en attendant que nous vous le témoignions par les effets, nous prierons Dieu de tout nôtre cœur, qu'il lui plaise guérir la plaie qu'il a faite, que sa main soit bonne sur vous , et qu'il vous donne de posséder vos âmes par patience, et de trouuer grâce deuant ses yeux. C'est le vœu très ardent
Messieurs et trés-honorés frères.
De vos très humbles et très affectionnés frères les Pasteurs et Anciens de l'Eglise Reformée de Caen; et au nom de tous
De BEAnuoNT. Bochart.
A Caen, ce 15 Mars 1663. Yoysel? Antien.
De V Eglise de La Rochelle.
Messieurs et très honorés fireres,
C'est avec vne douleur très sensible que nous avons appris le triste et pitoyable estât de vos pauures troupeaus. Nous voyons par le récit que vous nous en avés fait que le Seigneur est grièvement courroucé contre toute son Eglise. Car nous n'avons point esté exemts des coups de ses verges non plus que vous. Il n'est pas que vous n'ayiés ouï parler de nos extrêmes afflictions. Il a pIû a nôtre bon Dieu de nous oster presque entièrement ce peu d'avantages qui nous estoient restés, et sa main s'appesentit sur nous de jour en jour. Il plaist aussy à sa providence de permettre qu'on nous suscite continuellement des procès qui nous engagent en des despences infinies, et notre Troupeau se diminue tous les jours à mesure que nos nécessités vont toujours en s'augmentent. Ce n'est pas pour nous dispenser de vous prester la main tout autant qu'il nous sera possible que nous vous parlons de nôtre misère, mais seuUement pour vous faire part de nôtre douleur, comme vous nous avés fait part de la vôtre. Car d'ailleurs. Messieurs et très honorés frères , nous vous supplions d'estre fortement persuadés que
•o Bôtre poute . A :9B '«■» jHHDB receToîr de nous
n'avons pas
par les Eglises
Messieurs, de
-"? : 1 --fr-Me *j± loir» PnrâMe qui se doit
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:-'.: i^ ± "»^ jnoLcur par nos soins
j- ^ ..« — -^ .,« .^^ r^ons ses wilableiDent en
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:. ^ ..».:. . -leu.^ .^oa&JuiB' aaasj, qa'il soit
ns jasoi* il ibII iwtt fortifie •jios éà son Paradis,
-. . :* -. - : • ^ •'nîT e .r^a^ ift i tan» Cest ce que
L< -• ->:^ :: , -"> - ^^.li ra :iV*-.iffs ^ ^ôlre Vie , estant
-j -ïsaBtâ ar^nans et fireres en
r* v-^yMg in ITfftisc Refor-
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:.— nsr. -- r^ ' ï ^-.•- * :-..^£^-i*. — LaniE, Pasteur.
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t/,fr.n\fi' 1 vk* î «".îa.^ n 1*1 1* jit^jw uy *^ w ■• wàsBA Esprit, et *v'» -»'''*» ^'*. /«.-i'iâ ^»iâ «ifiraiLi.* xu risutt. HBMe corps dont '^'^f.ys o .* af :*ftj. .^ iiiê/, ^i» ift iwi*J » ical» ^6 Tos bJeus et ^y/ 44 '*.>./ ;|^ vw* *«v-*:: esinuTT^L :.-<^ id* ^-.TŒà ;i*èyoB3 ressenti les -•//v)^ >v^W ^vvi ^ ?<-'>!> T^ '«^ isTïzere affiictioa ne nous ail
naorez de douleur» et que nous n'ayons versé nos larmes sur les mazures de tos pauures Eglises désolées par la Ajrenrde nos ennemis. Ouy Messieurs les sanglantes persécutions qu'on vous a faites nous ont touché jusques au vif, nous auons de vos souffrances toutes les compassions que nous deuons auoir, et nous auons abondamment pleuré sur la froisseure de Joseph. Vos disgraees et vos calamitez, nous Tapoûons, sont extrêmes» mais vous scauez bien. Messieurs et très honorez frères» qu'elles ne sont pas extraordinaires àTEglise de Dieu» quelle doibt être chargée de croix, qu'elle na ici bas pour appennage que la haine et la persécution du monde» qu'elle est dans une guerre sans paix et sans tréue» et qu'enfin elle porte ici bas le nom de militante parce qu'elle est appelée à souffrir et a combattre» et que c'est seulement dans le ciel qu'elle triomfe éternellement. C'est la sa condition sur la terre qui la rend semblableason diuin chef qui a été consacré par afflictions. Nousscauons bien que les nôtres ne sont pas réduites par la grâce de notre Seigneur dans l'état déplorable ou nous voyons les vôtres ; mais irous n'ignorez pas» Messieurs» les persécutions auxquelles elles sont exposées» et les playes et les brèches que l'on fait de toutes parts à la désolée Sion» si bien que nous avons sujet de tout craindre si Dieu n'a pitié de nous. Il est uray que nous nous en rendons indignes par les taches et par les désordres de notre vie, car il est sans doute que rien ne trouble notre paix que nos propres fautes» que rien ne fait nos afflictions que nos péchez. Dieu est obbligé de nous châtier lorsque nous ne sommes pas bien sages» de nous faire sentir la pesanteur de sa main lorsque nous profanons l'abondance de ses grâces et de nous enlever nos libertez et nos biens les plus chers et les plus précieux lorsque nous en faisons un mauuais usage. Je ne veux pas ici mettre la main sur vos playes, mais appres la confession que vous en faites» je puis bien ajouter que certainement celles de nos Eglises sont grandes» inueterees» puantes en la présence de Dieu» et incurables enfin si le fer et le feu de sa justice ny apporte quelque remède, ayans rendu inutile celuy de sa diuine bonté. Cependant, Messieurs et très honorez frères» il ne faut pas perdre courage et nous sommes tous iodispensablement obbligez d'employer tous nos efforts pour reparer quelques unes^es brèches qu'on nous a faites ; Que si dans ces temps fâcheux il ne plaist pas a Dieu de les bénir accause de nos péchez, essayons d'arrêter lefunesle cours de sa colère par nos prières continuelles et par les ardens mouuemens d'une profonde et sérieuse repentance, alors Dieu nous fera la grâce de nous faire luire des jours plus heureux ;
U noDs fera €oanoitre qoe 8on Eglise a toojoars expérimenté que ses compassions ne se peauent épuiser, et que s'il y a des moments en sa colère, il y a des siècles en son amour et en ses miséricordes. Faisons de noire costé en tout temps et en tontes occasions ce qui est de notre deuoir, et Dieu asseorement ne manquera pas dexsecuter ses saintes et immuables promesses en faneur de ceux qui sont de son alliance» et qui leseruent en Esprit et en vérité* il nous fera voir le ponctuel accomplissement de ce qu'il a prédit par son Proféte Esaîe : Pour certain l'Eternel consolera Sion, Il consolera ses désolations, il rendra son désert semblable a Eden et ses landes au jardin de l'Eternel ; C'est la grâce que nous luy demandons et pour vous et pour nous de tout notre cœur , qu'il rassemble vos dispersions, qu'il redresse vos tabernacles renuersez, qu'il rétablisse son seruice dans les lieux désolez, qu'il guérisse vos playes, qu'il reléne vos mazures, que fléchi par nos prières et par nos larmes communes, et vaincu par notre obéissance et par notre amandemeot. Il munisse et vos troupeaux et les Pasteurs d'une fermette d'une constance et d'une patience inuincible au milieu de vos plus grandes épreunes, qu'il vous anime tous d'un saint zèle a sa gloire, et qu'il vous comb 1 de ses plusviues et plus abondantes consolations, et de ses autres bénédictions les plus rares et les plus prétieuses. A ces vœux passionnez et sincères, nous faisons bien état de joindre tous les charitables secours dont nous serons capables dans le fâcheux état ou nous nous trouuons, et qui réduit beaucoup de nos Eglises a des peines et des dépenses incroyables; Nous l'aurions déjà fait de notre part, mais comme ce que vous pourriez auoir de nous est très peu de chose, et que Nous ne pourrions pas aisément ni de longtemps communiquer votre lettre aux autres Eglises de notre Pro* uince. Nous auons jugé a propos de remettre le tout au (temps) de notre Synode, qui sera sil plaist au Seigneur dans cinq a six semaines, et d'où (nous) vous ferons scauoir ce que vous deurez espérer des Eglises et des personnes qui vo(us sont) 1res étroitement unies, et qui vous embrassent cordialement en notre Seigneur, Nous pouuons vous en assurer de leur part. Nous vous supplions en notre particulier de le croire et que nous sommes sans reserue
^ Messieurs et très honorez frères.
Vos très humbles et très affectionnez seruiteurs et frères en
notre Seigneur, les Pasteurs et Anciens de l'Eglise d'Angon-
lesme, et pour tous
J. Clehg 7, pasteur. fiiaOT, ancien.
Lagrezille, Antien. D. Gaultier, ancien.
(Du 9 Avril 1663.)
De V Eglise de Nérac.
De Nerac ce 4 May 1663.
Messieurs et tres-hooorés frères.
Nous aoions desia apprins par le brait courant une partie de vos souffrances, qui nous avoyent causé une griefue douleur t mais elle s'est bien rengregée à la lecture de vostre lettre, qui nous représente à plein fonds la grandeur et Testendue de vos misères, par rabattement de vos temples, la profanation de vos lieux sacrés, i'insultation de vos adversaires, le déchassement de vos pasteurs, la dissipation de vos troupeaux, Tespuisement de vos moyens, les charges et les foules dont vous estes accablés, et les ordres rigoureux que Ton donne tous les iours pour l'entière oppression de vostre liberté. Yne calamité si grande ne peut estre assez exprimée par paroles et est a peine capable de consolation du costé des hommes. Si c'est toutes fois quelque soulagement que de scauoir qu'il y en a qui compatissent à nos disgrâces et qui arrosent nos ruines de leurs larmes, vous aurez de quoi vous consoler dans le tesmoignage véritable que nous vous rendons combien vos afflictions nous cuisent, et combien nous sommes malades de vostre froissure. Quand nous iouîrions d'une profonde paix et d'un estât fleurissant, nous ne sçaurions nous resiouîr de nos propres biens sans estre ^ mesme temps viuement touchés de vos maux. Asseurez-vous, tres-honorés et tres-chers frères, que vous n'estes pas à l'estroit dans nos cœurs, et que nos entrailles s'esroeuuent au seul souuenir de vos désolations. Gomme estans tous membres d'un mesme corps, vous ne pouaez estre scandalisés que nous ne soyons aussi bruslés, et tout ce que vous souffrez se communique à nous par un pitoyable ressentiment. Ces affections cordiales qui nous lient auec vous, ces charitables mouuements nous font espandre nos ames et nos supplications en la présence de Dieu pour lui demander qu*il vueille* verser son bausme dans vos playes, essuier les larmes de vos yeux, vous fortifier contre ce mauuais temps par les puissances serrettes de son Esprit consolateur, et vous donner enfin le moyen de vous restablir en vous faisant trouver grâce deuant ceux auxquels vous vous adresserez. Cependant, treschers frères, que nous ioindrons nos prière»
aux vostree pour appaiser Tire de Dieu que nous auons sans doute allooiée par un long abnz de ses grâces et par une conversation qui n'a pas respondu a lasaincteté de nostre vocation, vous, ne laissez pas de cercher dans ces rodes espreuues la matière de vostre ioye, voyans que Dieu vous a fait passer par le chemin estroit par lequel il a conduit ses enfans en tout temps, et que ces pertes et ces flestrissures vous sont grandement honorables» puisqu'elles vous rendent conformes à la condition de nos pères au siècle passé et de toute l'Eglise depuis le commencement do monde. Ce vous est une marque que vous n'estes pas du monde, puisqu'il voue traitte avec tant de cruauté, et que la Religion que nous professons par la grâce de Dieu est la pure vérité, puisqu'elle est exposée à tant de contradictions et à tant de combats. Ce bon Dieu qui la vous a faict cognoistre, vous donnera la force et la constance d'y perseuerer iusqu'au . bout, et ne permettra pas qu'elle vous soit arrachée par l'artifice et la violence de ceux qui ont mieux aimé les ténèbres que cette diuine lumière. Euûn il vous donnera l'issue auec la tentation, mettant dés bornes a l'animosité et a la fougue de nos contraires, et vous recueillira de cette dispersion par sa grande miséricorde, qui est auiourd'hui, après nostre paix avec lui, le principal obiet de nos vœux, de nos soins et de nos espérances. Bien que nous ne soyons du tout exempts de trouble et que nous ayons suiet d'appréhender un pareil traittement de la part de ceux qui ne nous aiment pas et qui regardent d'un œil malin nos mutuelles assemblées, si est ce que nous avons encore nos exercices assez libres par le support dont Dieu use enuers nous, et sommes en estât de pouuoir contribuer quelque chose a vostre subsistance par la sobueotion tant de nos prières que de nos commodités. Pour cet effect, nous auons tasché d'eschaufTer par nos exhortations le zèle et la charité de cesleEglise, qui s'est eslargie, sinon selon ce qu'ella voudroit, du moins selon ce qu'elle a peu, pour auoir esté ruinée par les dernières guerres ciuiles, plus qu'aucune autre de la Prouince. 'Nous ne manquerons pas aussi de faire scauoir a nos frères prés et loin l'extrémité de la détresse et de la nécessité où vous avez esté réduits par le malheur du temps, et de les solliciter a faire ce a quoi les oblige nostré sainçte commun*ion , qui est de recréer , par tous moyens possibles, les entrailles des saincts affligés pour la cause de nostre commun Maistre. Nous ne doutons pas, tres-chers frères, que tous ceux dans lesquels il restera quelque sentiment d'humanité et quelque estincelle de pieté ne facent tout ce qui sera de leur pouuoir pour vous aider à sortir de ce destroit où vous a engagés la
iu siècle. Que si toutes les autres Eglises de ce royaume .icitées par vos lettres, comme elles le sont certainement, ous ne diriez mot, par la considération de vostre estât, il int de difficulté qu'elles ne vous enuoyent une somme bien able. En effet tous tant que nous sommes qui faisons pro- 'e la Reformation, sous quelque air et sous quelque climat "( viuions, s'il y a parmi nous quelque communion d'esprit, 10 soûlas de charité, si quelques cordiales affections et mi- "^s, deuons prendre part à vos peines auec des profonds Tients, vous tendre la main secourable, et vous faire sentir oressante occasion que nous sommes véritablement, comme nmes eq nostre particulier.
Messieurs et tres-bonorés frères,
s très humbles et très - affectionnés frères et seruiteurs Seigneur les Pasteurs et Anciens de l'Eglise Reformée Nerac, et pour tous
J. VlGDDER, Pasf^.
MoNiER, pasteur.
DucAssE, ancien.
David, ancien.
Geneste, ancien.
ieurs. Messieurs l$s Pasteurs et Anciens des Eglises Reu Bailliage de Gex, à Lion chez Monsieur Mussard*
De V Eglise de Bergerac.
De Brageraç, ce 6' may 1663.
essieurs et très honnorés frères,
inons apris auec douleur le grand coup que Dieu a frappé ' eu sur vos troupeaux et vous pouues juger questans tous • d'un mesme corps nous nauons peu vous voir dans la *e sans que nos entrailles ayent esté extraordinairement
par la compassion que nous deuons a vos maux. Vos '• n'y a pas longtemps florissantes qui viuoient dans le repos «f ne heureuse tranquîlité se tràuuent maintenant dans laba-
tem^Dt et semblent nous donner juste subiect de craindre que Dieu ne vaeilleoster la parure et les ornemens de la fille de Sion ; il la rend dolente dans vos contrées, il lafflige et lexpose aus outrages des aduersaires; mais bénit soit a jamais son nom de ce quaprenans laffliction ou elle est, nous aprenons a mesme temps quil la fortifie contre les secousses de la tentation ; c'est un tesmoignage qu'il ne veut point labandonner à sa foiblesse et que la bassesse dans laquelle il la met luy sera une occasion de desployer les richesses de sa bopté enuers elle. Nous espérons de ceste bonté de Dieu comme nous le luy demandons de tout nostre coeur quil fera passer enfin son indignation et que voyant les larmes de Jérusalem il guérira les playes qu'il a faites et releuera les tabernacles que sa colère a desolex; comme cest nostre condition destre pèlerins et voyageurs, il nest pas estrange que nous essuyons diuers orages, comme nous sommes estrangers icy bas, ce n'est pas merueille que nous esprouuions quelques vicissitudes fascheuses : par ceste conduitte que Dieu obserue enuers ses enfants il veutesleuer leurs désirs et leurs espérances a quelque chose de plus doux que la prospérité de la terre, a quelque chose de plus noble que ses grandeurs, a quelque chose de plus riche que tous ses biens. Il est bon que nous soyons icy, disoit S^ Pierre parlant de la montagne de Tabor, faisons icy des Tabernacles ; nous dirions la mesme chose du monde, nous y voudrions affermir nos cœurs, si de temps en temps Dieu ne nous faisoit pas voir que tout ce qu'il a déplus doux nest quune petite interruption d*amertume ; les personnes particulières laprenneot par leur expérience, les corps des Eglises le ressentent et les vostres en gémissent auiourd'huy ; Dieu vueille conserver les forts, munir d'une vertu Céleste les infirmes, rapeller le petit nombre des esgarés, entretenir tousiours le zèle de sa maison dans vos cœurs, et vous donner de trouuer grâce devant son oinct ; pour nous, sachans que la compassion ne consiste pas en parolles, quelle ne doit pas mesmes sarrester dans le cœur mais quelle doit produire ses fruictsau dehors par bonnes œuvres, nemanquerons pasaulantque Dieu nous en donnera le moyen de trauailler pour recréer vos entrailles, et de vous donner les effects de ceste communion que les mesmes aduantages de la grâce lien! entre tous les Chrestiens. Et pleust a Dieu que nous peussions faire beaucoup ; car en vérité vous nestes point a lestroit au dedans de nous; nous espérons cepandaot que les autres Eglises de la Prouince a qui nous faisons cogooistre vostre estât, touchées comme nous de vostre affliction et animez dune mcsnae charité contribueront aussi par leur beneficence a
Tostre consolation, de sorte que vojans vos frères dans la compassioD de vos malheurs vous aures un nouueau subiect de bénir Dieu a la grâce duquel nous vous recommandons le prians qu'il vueille TOUS relouer de vos ruines, et vous remettre dans un estât qui vous console et rehausse la gloire de son propre nom; c'est le vœu que font pour vous.
Messieurs et très honnorés frères.
Vos (res humbles et très obéissants seruiteurs et frères au Seigneur Les Pasteurs et Anciens de lEglise Reflformee de Bragerac et pour tous
J. MuRATSL? Pasteur. J. Asibiont, Pasteur.
AaBussT, pasteur. B. D'Aillon, pasteur.
P. Bouns, ancien. P.Babteau? ancien et scribe. FoNMARTM, ancien.
Du Synode de Jarnoi.
A Jarnac, Charente, ce S Juin 1063.
Messieurs et très honorés frères,
Nous auons appris auec un très sensible déplaisir les tristes nouuelles de uos désolations et ce qui augmente le plus nostre douleur est l'impuissance on nous sommes de uous donner le soulagement que nous uoudrions. Il semble qu'en cette conjoncture on vueillie attaquer toutes nos Eglises à la foix, afin qu'aucune ne puisse courir au secours de l'autre, ayant trop d'affaires pour elle mesme; les ruines et mazures de uos temples démolis nous font craindre UQ pareil traitement pour les nostres , on a desja donné des sentences contre les vus et on poursuit les autres, on a fait paier des amendes insupportables a des pastéurs pour auoir fait leurs charges, et l'on en poursui uiuement d'autres, et si le contre coup de uos plaies nous a causé de la douleur, nous appréhendons que celles dont nous sommes menacés/ venans a tomber sur nos testes n'augmentent encore de beaucoup la nostre, et qu'il n'y ait autre différence entre uous et nous en ce rencontre que celle-ci que uous estes entrés les premiers en cette rude épreuue ou on nous engage
tous les jours. Nous auons fait de puissantes exhortations a toutes nos Eglises et particulièrement aux plus fortes, de s'élargir extraordinairement en une occasion si pressante, mais la multitude des charges , et le désir de chacune de se conseruer soy mesme nous fait appréhender quelles ne respondront pas a nos souhaits et a vos nécessités. Mous reconnoissons tous que c'est la voix du Ciel qui nous appelle a lamendement de vie , que- le lion a rugi pour remplir nos âmes d'une sainte fraieur , et qu'il n'y a autre moien de faire tomber les uerges des main de nostre Dieu, que nos larmes, nos jusnes et nos prières , et que quand ce père miséricordieux nous aura assez humiliés il nous releuera de la poudre, que le dernier degré de nostre abbaissement sera le premier echellon de nostre exaltation, il brisera la force et la uiolence de nos aduersaires , il fléchira les cœurs de nos supérieurs pour estre sensibles a la froissTire de son peuple et les rendra fauorables a nos humbles supplications. Cependant Messieurs nous supplions le Seigneur qu'il addoucisse vos amertumes, qu'il nous fortifie dans cette uiolente tentation et qu'il uous fasse uoir de meilleurs jours, ce sont les vŒus,
Messieurs et très honorés frères,
de Vos très humbles et affectionnés seruiteurs les pasteurs et anciens des Egl. R. de Saintonge Anlnix et Angoumois assemblés en Synode a Jarnac et poar tous
GoanoAR, Modérateur.
Habsiilton, adjoint.
PmoLEAu, Secrétaire. — Baili^t, segret'*.
De V Eglise de Poitiers,
Messieurs et très honorés frères.
La connoissance particulière que vostre lettre nous donnoit de ce que vous avez souffert en vos Eglises nous ayant semblé devoir estre portée dans nostre Synode» afin que vous pussiez receuoir des fidèles de cett^ prouince en corps , quelque consolation
plas grande et plas remplie dans tous ses jioincts» ainsy que nous Tesperions; nous u'auons pas manqué de leur faire uoir ce que vous nous escriuiez » et il nà rien esté obmis de nostre part pour vostre recommendation. Mais la mauuaise conioncture ou nous nous sommes trouués nous à tous réduits a limpuissance de prester la main pour alléger le fardeau de vostre peine et de vos afflictions. Il est certain neantmoins que la douleur de vos maux à faict au dedans de nous toutte son emprainte et ; à excité de vifs sentiments. Nous auons considéré les choses qui vous sont arriuées comme choses dignes de lesmotion la plus tendre de nos cœurs et auec cela comme un tableau du trailtement dont on noas menace en plusieurs endroicts, ou nous nous voyons presque a la veille de pleurer aussy la démolition de nos temples et la dissipation de nos Irouppeaux. Pour tascher à destourner cet orage^ s'il est possible» nous sommes obligés à des despenses extrêmes» lesquelles» auec la charge de nos pauures dont le nombre croist de jour a autre sont capables de nous espuiser entièrement et d'aller au delà de nos forces. Dans cet estât» tout ce que nous pouuons faire pour vous » après vous auoir asseuré que nous ne sommes pas moins touchés de la compassion et du desplaisir de vos disgrâces que de la crainte des nostres » c'est de vous partager et a tous ceux qui sont persécutés à cause du nom du Seigneur» nos vœux et nos souhaits les plus ardents , dans les supplications que nous luy adresserons ; et au mesme temps que nous luy demanderons qu'il luy plaise tirer du penchant de la ruiqe et de la désolation ceux qui n'en sont encores que là, le prier de vous susciter et a tous autres qui sont en pareils termes que vous estes» le moyen de reparer vos pertes» et la liberté de reedifier les saincts lieux. Nous noos proposerons tousiours ce but en nos oraisons et désirerions de pouuoir vous tesmoigner plus efficacement que nous sommes,
Messieurs et très honorés frères»
Vos très humbles et très Affectionnés seruiteurs et frères en nostre Seigneur les Pasteurs et Anciens de l'Eglise Reformée de Poictiers et pour tous
D. Barbier» Pasteur. Gousset.
S. Massok» Ancien. Doport» Antien.
D. GoBSRT» ancien. P.Pi06ER»Ancien elScribe.
A Poictiers, ee 21 Juillet 1663.
De l'Eglise de Metz.
A Metz , ce 30 Juillet 1663.
Monsieur et très honoré frère»
Notre compagnie ayant receu vostre lettre nous a donné charge de vous respondre et vous tesmoigner comme nous sommes grandement touchés des maux que Ion vous à suscité, et nostre compas- >8ion est tant plus grande que nous souffrons des semblables afflictions de la part de nos communs ennemis. La Conjuration est uniuerselle et nous espérions qu'estans sur les frontières du Royaume nous en serions exempts comme vous y estes aussy , mais nous voyons bien que le Seigneur veut que le mal se respande partout^ et que le fléau soit desbordé. Outre quantité dautres vexations et tourmens, on nous met hors de nostre Temple que nous possédons depuis soixante et six ans; nous auions. obtenu depouuoir bastir un autre Temple dans un lieu apellé le Retranchement que nous auons commencé auec grande despence; on nous a fait surseoir l'ouurage» et ne tient point à nos contraires de trauailler encores puissamment a nostre (nous) retrancher tout a fait hors de la Ville et nous envoyer bien loing. Yoicy la quatriesme deputation ^n cour depuis huit jours , après les précédentes ; vous ne croiriés point les frais excessifs qu'il nous a falu et faudra faire tant pour le bastiment que pour les deputations et autres dépendances qui nous ont desia tellement espuisé quil nous faut aller a l'emprunt pour ne pouuoir rendre qu'auec la succession de plusieurs années. Cest ce qui nous met dans l'impossibilité de vous secourir à nostre grand regret, estant une Eglise seule en ce pays au milieu de la Lorraine, et n'ayants aucune Eglise voisine comme vous qui auéz les Eglises de Suisses près de vous. En un autre temps et plus facile conioBcture, nous vous eussions de bon cœur tesmoigné par effect nostre bonne volonté. Nous prions le Seigneur de vous adsister et
soustenir auec nous dans des assauts communs, et vous faire obtenir quelque restablissement ou soulagement, demeurants,
* Monsieur et très honoré frère.
Vos très humbles et très obeyssans seruiteurs et frères au Seigneur les Pasteurs et anciens de l'église reformée de Metz et au nom de tous
Jassoy, pasteur. — Gaultier?? ancien.
Estienne Malisat, ancien.
A Monsieur Uomieur Rez, ministre à Fernex au Balliage de Gex,
De ï Eglise de Calais.
A Calais ce 31 Juillet 1663.
Nous ne scauons pas comme il est arriué que vous n'aués receu aucune response a la première que vous nous aués escrite. Sans doute que quelqu'un en ayant esté chargé par nestre compagnie ne sen est pas souuenu. Car nous vous prions d*estre persuadés que nous auons autant que nos autres frères compassion de vostre estât. Nous l'auons bien faict paroistre a lesgard de nos frères qui ont esté affligés comme vous. Mais nous sommes contrains a nostre grand regret de vous dire que les temps sont changes, bien que nos compassions envers nos frères nous soient demeurées en leur entier, et que mesme les esmotions se redoublent en nos cœurs a mesure que nous apprêtions que leurs afflictions s'augmentent. Mais la puissance n'est pas esgale a nostre volonté. Les ennemis ont bruslé nostre temple durant la guerre. Nous en poursuiuons a grands frais le restablissemeut. Quand nous l'aurons obtenu , il faudra une grande somme pour le rebastir. Cependant tant sen £aut que nous ayons moien de ce faire que nous»deuons beaucoup a ceux quy ont fourni par auance a la nourriture de nos pouvres. Yoila, Messieurs et frères, le véritable estât de ceste Eglise laquelle est entièrement hors de pouuoir de vous donner l'assistance que vous
lay demandes. Il n'y a personne en nostre compagnie qui n'en ait un grand desplaiair, et ne soit bien marry d'eslre contraint de vous renvoier a vuide. Tout ce que nous pouuous faire a présent est de ▼ous.recommander a Dieu quy sans nous trouuera les moiens de TOUS faire subsister et vous conseruera parmy tant d'ennemis qoy vous assaillent, et vous rendra victorieux poutre tous leurs efforts. Nous sommes bien resjouis d'apprendre que si peu en ayent esté abbattus, et que tout le reste de vostre Eglise demeure debout. Resjouissés vous donc et vous tenés bien heureux de ce que Dieu quy vous enuoie l'affliction vous donne la force pour la soustenir, et vous veut rendre en ce siècle corrompu des exemples de patience» et de constance vrayement chrestienne. Ne pouuaos a présent vous adsister que de nos vœux nous prions de tout nostre cœur le père de toute compassion et miséricorde quil vous deliure de ceste affliction et de toute œuure roannaise » afin qu'après auoir tout surmonté , vous puissies demeurer fermes et irrépréhensibles jusqu'à la journée de Nostre Seigneur Jésus Christ. Ce sont les vœux de ceux qui sont de toute leur affection.
Vos très humbles et très affectionnés frères et seruiteurs en Jes. Christ les conducteurs de TEglise reformée de Calais et pour tous Trigotel, pasteur.
Faicte et leue en consistoire.
De V Eglise de Nismes.
A Nismes, ce l^^'' aoust 1663.
Messieurs et très honorés frères.
Nous nous intéressons trop en ce qui uous touche pour apprendra sans un extrême (déplaisir , les maux dont il plait a Dieu de vods visiter, et nous uoudrious bien uous pouuoir témoigner nostre chariie autrement que par des paroles : mais uous n'ignorés pas sans doute les grandes attaques que nous auons a soutenir, hes députés qaa
DOQS IT0D8 a Paris pour y poarsoiure nos affaires dous constitaent en des grands frais; il nous faul secourir les églises de noslre prouince, que le malheur du temps a réduites a uoe extrême neces* site; nous aoons des pasteurs interdits, a lentretien desquels il nous faot poumoir; et il y a parmi nous un grand nombre de pauures familles qui ne subsistent que de nos aumônes. Jugés par là si nous sommes en état de nous secourir, ayans nous mesmes besoin de secours : tout ce que nous pouuons faire en uostre faveur est d'adresser sans cesse nos uoeuz au Seigneur, et le prier qu'il uerse sar uous auec profusion, ses bénédictions les plus précieuses , qu'il dissipe le conseil de nos ennemis, et uous donne le moyen dinuoqoer publiquement son nom auec assurance. Nous sommes.
Messieurs et très honorés frères.
Vos très humbles et très obeissans seruiteurs et frères au Seigneur les Pasteurs , diacres et anciens de leglise de Nismes.
CHEmON, p. ROURE, p.
RossELET, m. D'Agulhonet, diacre.
FoRMET? ancien. Combe, ancien.
MaItstee, ancien.
De FEglise de NanUs.
A Nantes, ce 4 Aoust 1663.
Messieurs et très honores frères.
Nous eussions plustost fait response a nos lettres et vous y res« pondrions présentement d'une façon plus particulière si nous auions sceu Tintention de nos frères qui composent les autres Eglises de cette Prouince touchant ce dont vous nous aves escrit a tous en * général; en attendant que nous en soyons informés, ce qui arrivera sil plaist a Dieu dans ires peu de temps , nous vous escriuons ces lignes pour vous assiHrer que nous auons recen vos dtrax lettres.
que Dous auons fait pari de la première aux autres Eglises de celte Prouince et que nous ferons au plustosl tout ce qui nous sera possible pour vous soulager dans l'affliction dont il plaist a Dieu vous yisiler. Nous auons esté fort touches a louie des choses que coqtenoit vostre première lettre et nostre douleur a redoublé quand on nous a fait lecture de la seconde. Nous prions le Seigneur qu'il vous donne de plus en plus son esprit de consolation et de force, afin quil vous sonstienne et vous fortifie dans ces rudes combats que nos ennemis vous liurent continuellement , de sorte que ny mort» ny vie, ny principautés, ny puissances, iiy choses présentes, ny choses a venir ne soyent pas capables de vous séparer de la dilection que Dieu nous a tesmoignee en son fils bien aimé nostre Seigneur Jésus Christ. Ce sont les vœux sincères de.
Vos très humbles et très obeissans seruitenrs et frères aa Seigneur les Pasteurs et Anciens de l'Eglise Reformée de Nantes et pour tous
De Brissag, pasteur.
RfiyixiT VAN N^RSSEM , anciou.
Vaw Vmcht7 ancien.
De r Eglise de Poitiers.
Messieurs et très honorés frères,
Elans, comme nous sommes, les membres d'un mesme corps mystique, il est impossible que les uns soufirent que les autres ne ressentent beaucoup de douleur; Nos précédentes letres vous asseuroient que Taltliction dont il à plu à Dieu vous visiter pour vôtre epreuue nous auoit touchés jusques au fond de l'ame: Cellecy vous fera les mesmes protestations. Nous auons gémi, nous auons pleuré sur la froissure de Joseph, nous gémissons tous les jours et nous humilions deuant le Seigneur, nous luy crions qu'il se loue, qu'il
ayt compassion de sa pauure Sion désolée, car il est temps qu'il ea ayt pitié. Les Seruitenrs de Dieu sont affectiouoés à ses pierres , et ont pitié de sa poudre. Vos maux sont communs presqu'à touttes lesEglizes de ce Royaume; Celles de cette prouincesont furieusement attaquées; on tasche de ruiner le» annexes, quelques pasteurs sont interdits, d'autres condamnés a de grosses amendes, toutes DOS anciennes libertés sont retranchées, et peu s'en faut, anéanties, on entreprend de démolir les Temples , enfin les tentations sont estranges. Mais, loué soit le Seigneur, elles sont encores humaines, et Dieu est fidèle qui ne permettra pas que nous soyons tentés au delà de nos forces ; aûec la tentation, il donnera l'issue salutaire à ses enfans qui le reclament. Sa vertu s'accomplira dans leurs feiblesses. Il ecouttera des Cieux nos requesles ; s'il tarde a nôtre impatience, il ne tardera point a notresalut; après auoir dormi. Il se reoeillera , Il tancera la mer , Il fera taire les vents, et calmera la tempeste. Nous le supplions auec ardeur qu'il nous facetrouuer grâce deuant nostre Souuerain, qu'il fléchisse le cœur de cet inuincible Monarque, naturellement très débonnaire et très clément, afin qu'il écoute favorablement les très humbles remonstrances qui luy seront présentées de la part de toutes les prouinces. La notre a député vers Sa Maiesté, et chargé son Envoie d'un cahier de mémoires et de plaintes. Vous scaués. Messieurs et très honorés frères, qu*il faut faire de grandes dépenses pour son entretien , qu'il eo faut pour soutenir et poursuiure diuers fascheux procès intentés par ceux qui nous sont contraires , qu'il en faut pour suuenir aux pressantes nécessités des Eglises feibles , qu'il en faut pour établir des Pasteurs dans les annexes destituées. Et nos facultés sont petites , et presques épuisées. Les copies de votre triste et touchante letre, où vous dépeignes si naiuement vos désolations furent enuoyees en diuerses de nos Eglizes incontinent que nous Teûmes receûe, et dernièrement encores le Synode en fist lecture publique. Elle tira des larmes de tendresse des yeux de toute l'assemblée, et notre affliction s'augmenta par l'impuissance où nous nous trouvons de vous secourir par des charités réelles. Si nous étions en élat de vous présenter quelques fruits, que S' Paul nomme de justice, vous verriés notre promptitude et nosire allégresse. Dieu vûeille vous soulager luy mesme , accourir a noire commune deliurance , estre nostre bouclier, nostre rempart, nostre deffence. Qu'il vnëille, ce Miséricordieux Seigneur, nous couurir de l'ombre de ses aisles, fortifier ceux qui sont de petit courage, et nous inspi-
rer celai de souffrir avec joye, pour son oom, s'il dous fait l'honneur de nous en reputer dignes. C'est te vœa de.
Messieurs et très honorés frères,
Vos très humbles et très obeissans seruiteurs et frères en N. S. les Pasteurs et anciens de TËglize Réf. de Poitiers, et pour tous
D. Barbier « Pasteur. Gousset, pasteur.
BouRCEAU? ancien. Duport, Antien.
Melun , An tien. Boby, ancien.
(Receue le 4 d'aoust 1663.)
De V Eglise de Châlon sur Saune.
De Chalon ce 7 Aoust 1663.
Monsieur,
Nous sommes sensiblement touchés de vos maux, et prions Dien qu'il vous regarde en ses compassions, afBn de vous en donner deliurance, pour vous resiouir au lieu des jours quil vous a désoles d'une désolation si grande ; nous joignons nos prières aux vostres pour le supplier d'estre appaisé envers vous, et fiiireqne la justice de vostre cause soit cogneue et vous soit ensuite rendue* Suiuant la resolution prinse cy douant n.ous aoons envoyé à Mons' Got a Lyon suiuant vostre ordre par cet ordinaire lettre de change de cinquante liures. Il ne s'est peu faire d'aduantage pour le présent, vous priant d'agréer nos souhaits et de nous croire.
Monsieur,
Vos très humbles et obeissans seruiteurs et pour tous Antiens de l'Eglize R. de Chalon
J. Girard. Jasthial.
A Monsieur Mtmsieur Rey, AT., d Gex.
De CEglise de Bordeaux.
A Bordeaux ce 9 daoust 1663.
Messieurs et très honorez fireres ,
Il est Tray quil y a desia quelque temps que nous receumes vos premières lettres signées de ceux de Messieurs vos pasteurs par lesquelles vous nous faistes la description de lestât lamentable ou voz églises autreffoys florissantes se trouuoyent réduites par le malheur du ten\ps, et eussions esté bien ayses de pouqoir vous donner an mesme moment les tesmoignages véritables de nostre compassion pour soulager en quelque façon voz maux. Mais nous vous prions de considérer que quoyque vostre cheute nous ait sensiblement touchez, toutes les saisons ne sont pas propres en ce pais pour réussir conuenablement aux sollicitations qui se doyuent faire pour esmouuoir les peuples a la charité. Nous auons neantmoins pris enfin nostre temps et estions sur le point de vous enuoyer ooslre beneficence lorsque voz secondes lettres nous ont esté rendues « et de ladresser au consystoire de Lyon comme ne scachant pas un autre voye plus asseuree. Mais puisque vous nous marquez Monsieur Got marchand banquier a Lyon pour la receuoir nous luy en faisons ladresse et vous enuoyons mille Hures que nous auons recueillies parmy nostre troupeau. Nous vous prions Messieurs de les receuoir daussy bon cœur quelles vous sont offertes, bien marris que la somme ne soit pas plus grande ; les fréquentes demandes qui nous sont journellement faites de toutes parts , et le peu de commerce qui se fait icy depuis quelque temps, empeschent que nous ne puissions pas nous eslargir dauantage. Et parce qu'outre les despences auxquelles vous estes obligez pour soustenir ce qui vous reste» il y a de Messieurs voz pasteurs qui sont dans la souffrance nous vous prions quilz se ressentent particulièrement de nostre charité ne doutans pourtant pas que vous ne dispentiez cete subuention auec toute la prudence conuenable. Cependant adorans les jugemens de Dieu qui a voulu vous fraper dune façon si pitoyable
nous gémirons avec vous par les motifs de la communion que nous auons ensemble demandans a Dieu quil adoucisse voz maux et repare voz bresches en apaizant son courroux. Ce sont les sentimens de ceux qui sont véritablement^
Messieurs et très honorez frères.
Vos très humbles et très obeissans seruiteurs les pasteurs et Anciens de l'Eglise Reformée de Bordeaux et pour tous
S. GoYON, pasteur.
De V Eglise d^Anduze.
Messieurs et très honnorés frères.
Nous auons apris auec toute la douleur possible les diuerses et cuisantes afflictions que vous auez ressenties et vous ne deuez point douter du zèle que nous auons pour la consolidation des blessures du corps de Nostre Seigneur et qu'il ne tiendra jamais à nostre Eglise qu'il ne soit versé dans vos douleureuses playes le heaume d'une saincte cbarilé. Et pour vous randre conte, messieurs, de la diligence que nous auons faicte après la réception de vos deux lettres, nous vous dirons que la première nous ayant esté rendue à la veille de nostre Synode, nous la comismes au concistoire d'Alez qui estoit ceste année la chargé de receuoir les lettres aux affaires extraordinaires et d'y faire responce, de sorte que nous auons esté surpris d'aprendre par vostre dernière du 24<' Jullet comment vous n'auiez eu aucune response. De sorte qu'a la réception de ceste seconde lettre nous Iduons comise à leglise de Sauve qui a le soin ceste année de receuoir les lettres et y faire response , auec ceste prière affectueuse que nous leur auons faicte de vous procurer la satisfaction que vous en espérés, leur ayant promis d'y faire en nostre particulier tout nostre possible. Cependant, messieurs, nous auons voulu vous aprendre ces choses pour nostre descharge par-
ticuliere et pour vous asseurer que nous sommes de tout noslre cœur 9
Messieurs^
Vos très humbles et très obeissans seruiteurs et frères au Seig"^ les pasteurs et les Anciens de leglise d'Ânduze et pour tous avec charge
ROSSEL, p'.
A Anduze» ca 10 aoust 1663.
A Messieurs Messieurs les pasteurs et les Anciens des églises recuillies au païs de Getz.
De r Eglise de Saumur,
De Saumur, ce 18 Aovst 1663.
Messieurs et très honorés frères.
Il y a desja quelqve temps que nous receusmes vne lettre de vostre part, par laquelle vous nous dedvisiés le lamentable estât auquel il a pieu à Dieu de vous redvire et nous demandiés nostre assistance et celle de nos frères qui sont icy aux environs. Nous avions desja seu qvelqve chose de vostre afBiction , et en avions esté fort sensiblement touchés , mais vos lettres nous en renouvelèrent la dovlevr , et si nous en evssions esté en pouvoir alors, nous vous les evssions témoigné par quelques elTects de nostre charité. Le Synode de cette Province se devant tenir incontinent après, nous y envoyasmes vostre lettre pour la commvniquer selon vostre désir et nos députés evrent le soin de la faire voir dans la Compagnie. Mais bien qvelle y produisist vn fort sensible effect de douleur et de compassion , si est ce qve les maux des Eglises de cette Province et les grandes et extraordinaires dépenses qu'il leur faut faire pour leur propre subsistance » et pour le soulagement de celles qui y sont le plus particvlierement aflligees empescherent qu'on n'y peust prendre avcune resolvlion alors. Ainsi nous remettions à vn autre temps de vous respondre qvand Dieu nous avroit donné le moyen d'adjovsler à nos paroles qvelqve avtre effect de
nostre compassion. Comme nous estions en cette attente» Messieurs et très honorés frères, vostre seconde lettre nous a esté rendue , et a esté leuè en nostre Compagnie qui ma donné charge de vous en donner advis, et des resolutions qv'elle a prises sur ce qv'elle contient. Elle a donc premièrement ordonné que ie tous temoignerois de sa part qv'eile participe à vostre froissure» et qv'eile prie Dieu de tovt son cœur pour vostre consolation. Il plaist a nostre Seigneur mettre ses fidèles a diverses espreuves, tant povr tevr correction que povr le tesmoignage de sa vérité. Cest a eux a porter la discipline de sa main en patience et à attendre constamment ce qv'il fera povr levr délivrance et povr la gloire de son Saint Nom. Il a esté en mesme temps arresté qv'on feroit faire des copies de vo£tre lettre pour eslre envoyées dans Ses Eglises des environs qvi peuvent estre en qvelqve pouvoir de vous assister, etqv'on sollicitera le plus diligemment que Ion pourra levr response et les effecls de levr chariié. Et enfin , qv'aussitost qv'ils les avront envoyés, nous ferons avssi de nostre part ce que nous povrrons povr vous te«moigner que vostre calamité nous est extraordinairement sensible, et que nous ferons ce qui nous sera possible pour la sovlager. Cependant nous prierons Dieu ardemment qu'il luy plaise de bander et de mediciner vos playes, et sommes.
Messieurs et très honorés frères.
Vos très humbles et très obeissans frères et serviteurs les Pasfeurs et les Anciens de l'Eglise R. de Saumur et pour tous Amyraut.
De l'Eglise de Privas.
Outre la raison generalle tirée de la communion spirituelle que nous auons auec vous comme membres dun mesme corps, laquelle nous fait compatir aux souffrances les uns des autres, il y en a une particulière en ce qui nous concerne. Nous scauons tous que les maux que nous voyons souffrir a autruy nous touchent plus sensiblement et nous pressent dauantage le cœur, lorsque
nous en auons touts les premiers fait Texperience^ et sommes passés par les mesmes oa semblables espreuues ; or il ne faut pas vous raroenteuoir l'embrasement par lequel nos maisons sont passées a cause de nos pèches , ny ceste désolation cogneûe a tout le monde, a laquelle nous ne pouuous penser et en mesme temps commander a la tristesse et aux larmes^ pour vous asseurer que nous sympathisons a vos afflictions, lesquelles nous accroistrions par le récit des nostres non tant passées que présentes, si noslre intention n'estoit plus tost de nous consoler auec vous, et tascher d'adoucir vostre douleur et les nostres, que de les irriter en déduisant ce qui les caose. Nous vouj: dirons donc que nostre Synode est conuoqué au douziesme du moys prochain au lieu du Cheylar, ou Dieu aydant nous ne manquerons pas de faire voir vos lettres; si ce n'est dans lecorps, encas qu'ilyeust de lempeschement, ce sera au moins a tous les membres en particulier, et quoyque le contenu d'icelles se recommande assez de soy mesmes, nous ne laisserons pas de les seconder de nos exhortations et sollicitations, et sommes asseurés que vous ressentirés les effects de laffection fraternelle des Eglises de ce pays, bien que petites, pauures et en petit nombre, de quoy nous vous informerons alors plus amplement. Cependant toutes ces vexations que le clergé nous suscite sont, contre l'intention de ceux qui les nous procurent, ou sans qu'ils y pensent, la voix de Dieu qui nous appelé aux prières, a la repentance et a la patience, et cest l'unique refuge de l'Eglise que Dieu a miraculeusement conserué en ce lieu iusques a présent, et a la dissipation de laquelle le clergé et ses supposts trauaillent auec toute sorte d'injustice; mais Dieu qui na pas permis que le chandelier de sa parolle nous feust osté, et que nous feussions priués de la liberté de nos exercices sacrés que nous possédons paisiblement, quoyquauec des grandes incommodités, nos assemblées n'ayants autre couuerture que la voûte du ciel, enclinera le cœur du Roy a nous rendre justice contre les prétentions et sollicitations de nos aduersaires. Cest la mesme faueur que nous vous souhaitons daussi bon cœur que nous sommes.
Vos très humbles et très obéissants frères et seruiteurs les pasteur et Anciens de TEglise reformée de Priuas
AccAURAT, pasteur.
Dubois, ancien. Delaselve, ancien.
Barrusl, ancien. Blaghiër, ancien.
I Bernard, ancien. Reyset, ancien.
A Priuas, ce26"* Aoust 1665.
De r Eglise de Castres.
A Caslres, ce 12 Septembre 1663.
Messieurs et très honorés frères»
Le desordre qui est suruenu à cete Eglise par le charigement inopiné de tons ses Pasteurs» qui tout à coup par un arrél du Conseil du Roy ont été transportés ailleurs, etdes nouueaus mis en leur place, a retardé la réponse que vous aués attendue de nous, et que nous n'eussions pas aussi manqué à vous faire plutôt, sans cette auanture si surprenante. Nous attendions aussi maintenant depuis que nous auons receu la seconde lettre qu'il vous a pieu de nous écrire, du 24 Juillet dernier, la conuocalion de notre Synode, qui deuoit commencer précisément le iour de demain 13 de ce mois, pour faire voir votre lettre a toute l'assemblée, et animer par sa lecture tons les députés qui s'y trouveroyent, à obliger leurs troupeaus de s'intheresser à bon escient par les entrailles de la charité Chrétiene qui doit régner entre noïis, en la disgrâce si extrême que vous aués soufferte, et pour faire même que dans cete compagnie on avisât ans moyens de vous mettre en état de ressentir au plutôt les effets de la cliarité de toutes les Eglises de cete prouince, autant pour le moins que la pourelé et la misère du tems, dont la pluspart se trouuent asse? affligées, pourroyent le permettre. Mais, comme nous en étions sur cete attente, et qu'il ne faloit plus que faire courir les lettres de conuocation, il est arriué à Timpourveu va ordre de Monseign>* le Prince de Conty Gouuerneur de toute la prouince du Languedoc» qui a fait savoir à l'Eglise qui auoit le droit de cete conuocation, que sa maiesté vouloit pour des raisons importantes que cete assemblée fût différée jusqu'à l'arriuee dndit Seigneur Prince, qui est maintenant a Paris, dans la prouince, arriuée sur le tems de laquelle nous n*auons rien de certain : de sorte que cela ppurroit bien tirer la chose en longueur plus que nous ne désirerions, et que ne le requerroit l'état présent de nos affaires. Tout cela au fond est cause, Messieurs et très honorés frères, que nous nous aquitons vn peu tard de ce que nous vous deuions, et que vous receurés plus tard que vous ne Tattendiés, et que ne nous
l'eussions bien souhaité, cete réponse que nous donnons a vos deus lettres. Ainsi n*a ce pas été le défaut de compassion à vos maus, comme si nous n'en eussions été aucunement touchés, qui a causé ce retardement, et qui nous a retenus dans le silence: car à Dieu ne plaise que nous seussions si peu prendre part à la douleur de nos frères, qui quelques éloignés de corps qu'ils puissent être de nous, nous sont neantmoins si étroitement unis par le lien d'vne commune foy, et par l'espérance d'vne même vocation. Nous en somm'es bien en autres termes ; nous considérons vos maus comme les nôtres, et nous sentons blessés dans l^s playes que vous aués receues, puisqu'au fond vous êtes aveque nous les membres d'vn même corps, tellement que si vous souffres quelque chose, nous deuons souffrir auec vous, et mêler nos larmes auec les vôtres. Nous vous prions donc de croire, et de vouloir même donner de notre part celte asseurance a tous ces troupeaus de vos quartiers, recueillis tous maintenant sous votre conduite, au nom desquels vous nous aués fait l'honneur de nous écrire, que nous auons receu une affliction aussi grande que nous en ayons ressentie depuis long tems à ToccasioD de la votre, et que depuis nous n'auons point cessé d'épandre nos gémissements et nos prières les plus ardentes à Dieu pour votre consolation, et pour l'allégement de vos misères. Auant que d'en auoir été aussi précisément et particulièrement informés, que nous l'auons été effectivement par vos lettres si touchantes et si pathétiques, le report qui nous en auoit été fait d'ailleurs, et les nouuelles bien lugubres qui en avoyent été répandues, nousavoyent tous abattus; et depuis cela votre propre récit a achevé de nous mettre dans la consternation, et de nous accabler de tristesse. Ce sont là les véritables sentimens de nos cœurs que nous vous exprimons, et les larmes d'vne très iuste douleur que nous donnons à la désolation de Sion, à la froissure de Josef, dont le Seigneur a voulu vous rendre va triste exemple par les maus qui sont arriués à son Eglise au milieu de vous. Encore pourtant nous est ce, de même qu'a vous, vne assez grande consolation d'apprendre par votre témoignage que les aduersaires de notre religion n'ayent peu faire jusques ici que bien peu de chose, auec tous les efforts qu'ils ont employés pour ébranler de la fermeté de la foy cens que la violence de ceta tempête ne pouuoit qu'auoir déjà secoués bien rudement, n'y ayant qu'vn bien petit nombre qui ait ployé, et cela encore de gens dont la cheute a donné peu de scandale, à cause du peu d'édification qu'ils donnoyent par leur vie auparavant. Nous en rendons grâces a Dieu, et le supplions de tout notre cœur de vouloir
l"'vl'col?" k'*'.' '^'«'«"««"«^al d'être appauiéenuersT.^, PuiTl?" '^ ''**'^'"^*'"'"«'" ^ voire affliction, de vous fortiii.
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imler D- f.r '"""' P^'^*""»*"' »« crois qu'il voudra l«.r iue^us ni ' ""T'^^ ^"''«^ *'*«" iustlment ces m.s
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Zir'efll riT ' f''^^* ^"'" '«"^ « f-''^' «t 1"'«F« '« leur a " ?l'r "f "''""" "'"" *"« '"«»« "««"re. ii reviene à heur usl'rr'^ r '7' '"^'^ ^« " 8^«'^«' «' q"''' réUblisse bon rdlr i'*' *^''''^ ' '«"' «""'!« consolation, dl à la
iTerét oL n "' ^'"^ '''' ''"' "1" ^"'^«l de nos a«es. et l'io- Ïnouff^Zr''"'* '" '"" *' ^" rétablissement d^fos affaira.
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rmJmull^lT^^^ """' '"' '^^PO^-J'és par surprise, voir
S dan?L T '*""''*/"" '»"« 0°' été faits, et vous trôuaer
reous dans la possession de ce. franchises et libertés, dont vous
aui&> paisiblement ioui sous \t bénéfice des edits du Prince l'espace de tant d'anuees. Outre cete assistance de nos prières^ que nous n'interromprons iamais, nous ne manquerons pas à nous élargir en notre particulier^ et a faire en sorte par nos sollicitations» quand Dieu nous en ouurira l'occasion, que notre prochain Synode exhorte puissamment toutes les Eglises de cete prouince a s'élargir autant qu*il leur aéra possible» es entrailles de la charité chrétiene» en votre endroit» pour soulager votre nécessité par cete subuention, que nous iugeons assez ne pouuoir pas mieus être employée. Encore vn coup» faites nous la grâce d'asseurer de ces choses en notre nom tous les fidèles qui composent le corps entier de vos troupeaus» que nous saluons très humblement» leur souhaitans les plus douces consolations du S^ Esprit , et toutes les bénédictions du ciel en bautf et de la terre en bas» que Dieu peut enuoyer à ses enfans en sa faneur paternelle. Nous lui demandons de toutes nos affections les mêmes grâces pour vous» et le prions de vous revêtir particulièrement de sa vertu d'enhaut» pour vous fortifier puissamment et dans les trauaus extraordinaires que uous aués maintenant à soutenir pour son œuure» et vous protestons que nous sommes très sincerameut»
Messieurs et 1res honorés frères,
Vos très humbles et très obéissants seruiteurs et frères au Seigneur les Pasteurs et Anciens de l'Eglise Reformée de Castres et pour eus
D. Boudé? p. Doulès, Past.
BoNAFons» p. J. Yerdier» pasteur.