CHAPITRE II
Le dénouement faia! de la lutte héroïque soutenue par les Eglises du pays de Gex contre les efforts combinés de Rome et de Louis XIY semble marquer le terme de notre récit. Notre tâche n'est cependant point encore achevée. Si la contrainte parvint ^ éteindre, pour un temps, dans le bailliage le flambeau de l'Evangile , ce flambeau , grâce k la protection divine , ne tarda pas ^ se rallumer, et de nos jours quelques communautés protestantes proclament de nouveau, dans le petit territoire de Gex , la foi de ses anciens habitants. C'est cette renaissance toute paciBque du culte réformé aux lieux mêmes où la persécution se déchaîna pendant près d'un siècle pour l'anéantir qu'il nous reste à esquisser rapidement.
Les réformés avaient entièrement disparu du pays de Gex, à l'exception d'un petit nombre de familles genevoises de la haute classe, qui y avaient conservé des possessions^. Ce fut en 1770, sous le ministère du ducdeChoiseul, qu'ils commencèrent \k y rentrer. Â la suite d'une sédition qui avait éclaté à Genève,
^ Le fonds capital de la bourse des réfagiés du pays de Gex s'élevait, au 31 décembre 1841 , à la somme de 31,755 fr. 99 rapp. , argent de Suisse (environ 46,000 fr. de France). — Nous avons emprunté les détails qui précèdent à une notice historique sur les réfugiés du pays de Gex dans le canton de Vaud, par le prof. D. A, Chavannes (Journal de la Soc. Vandoise d'Utilité publique, année 1842, p. 113). — Voir Pièces justifie, n« XXXV.
• En particulier à Sergy et à Femex. Depuis, la réformation jusque vers la fin du dix-huitième siècle, les seigneurs de ces deux localités furent tous, à r exception de Voltaire, Genevois et protestants.
et dans laquelle lesnali/<, demaDdani leur émancipation, furent repoussés par la bourgeoisie S plusieurs familles de ces natifs se décidèrent à s'expatrier. Quittant le territoire de la république, elles se réfugièrent dans les environs, ^ Yersoix * et surtout à Fernex, où Voltaire les accueillit avec empressement, leur accorda une bienveillante hospitalité, et même, pour les fixer sur ses terres, leur fil construire des maisons aux portes de son château. La plupart de ces émigrés , horlogers de profession, transportèrent leur industrie dans le lieu de refuge que leur offrait Voltaire, à la grande satisfaction de ce dernier , qui, sur ses lîeux jours , aspirait h la gloire de transformer le pays de Gex et d'élever an milieu d'un désert^ selon son expression, une cité florissante*.
Déjà, en 1768» c'était en grande partie d'après les sollicita*tions du setgnenr de Fernex que son ami le duc de Cboiseul avait formé le plan de construire à Versoix une ville française, rivale industrielle de Genève. Voltaire s'occupa fort activement de la réalisation de ce projet ; et persévérant contre le fanatisme du clergé romain dans la noble opposition qui avait fait de lui le défenseur des Sirven et des Calas , voulant en outre faciliter à la colonie naissante les moyens de se peupler , le vieux philosophe exprima au ministre le vœu que la liberté de conscience fût établie k Versoix, et qu'un temple protestant pût s y élever îi côté d'une église catholique. Il donnait à la cité projetée le nomade ville de la tolérance. Ces demandes, trop précoces de
* On donnait à Genève le nom de natifs aux fîls et aux descendants des étrangers admis à Thabitation sur les terres de la république. Les natifs formaient, à F époque dont il s'agit , une fraction considérable de la population geneToise.
* Voltaire, Lettre à M. Dupont, du 10 octobre 1775.
' c Les âmes tolérantes et sensibles, » écrit Voltaire au marquis de Jaucourt, € seront fort aises d'apprendre que soixante huguenots vivent avec mes paroissiens de façon qu'il ne serait pas possible de deviner qu'il y a deux religions chez moi , etc. » — Voir la correspondance de Voltaire, année 4770.
quelques années , ne trouvèrent pas d'écho dans le pouvoir ; et bientôt, vers la fin de décembre 1770, la disgrâce du duc de Choisenl vint arrêter la construction de la ville de Versoiz, en même temps qu'elle enlevait à Voltaire le plus ferme appui de sa colonie genevoise de Fernex. Cette colonie continua cependant k prospérer et , jusqu'à sa mort, Voltaire ne cessa de loi porter le plus vif intérêt.
Le nombre des habitants s'accrut bientôt. Aux Genevois s^adjoignirent des Savoyards, puis des Suisses pour la plupart protestants, en sorte qu'en 1775, s'il faut en croire Voltaire \ h population du bourg, qui, peu d'années auparavant, ne se composait que d'une quarantaine de personnes, avait atteint le chiffre de 1200 âmes. Mais composée d'éléments si hétérogènes, et contenant en outre beaucoup d'ouvriers que leur profession ou l'exiguité de leurs ressources pécuniaires devaient rendre souvent nomades , la population de Fernex diminua bientôt et se renouvelai plusieurs reprises. Elle se distingue encore aujourd'hui par un caractère d'instabilité qu'on peut spécialement observer chez une grande partie des habitants protestants du bourg.
L'œuvre de Voltaire et des philosophes de son école devait bientôt porter ses fruits, et peu d'années après l'établissement de la petite colonie de Fernex, la France se vit emportée par le torrent de la révolution. Ses premières commotions politiques, si funestes à l'ancienne monarchie, restituèrent aux protestants français, dans l'espace de quelques années , tons les privilèges dont un long siècle d'intolérance et de fanatisme les avait dépouillés. Louis XVI , par Tédit de 1787 , leur rendit les droits civils; l'Assemblée nationale leur accorda deux ans plus tard les droits politiques et religieux; enfin, la constitution de l'an III consacra la liberté des cultes , et la loi du 7 vendémiaire an IV en organisa Tétahlissement. Les réformés domiciliés dans le pays de Gex s'empressèrent de profiter de la protection de ces
* Voltaire, Lettre à M. l'abbé Baudeau, i775.
lois réparatrices; dès Tan V, ils fondèrent à Fernex une Eglise pour tous les protestants de TaDcieD bailliage. M. Ebray , de Genève S en fut le premier pasteur.
Depois le traité d'échange de 1754 entre la France et la Savoie, une Eglise protestante existait à Carouge; elle se composait des réformés établis dans cette petite ville et dans les villages catholiques d'alentour. Cest à cette Eglise que fut adjoiote celle de Fernex, h la suite de la loi du 18 germinal an X; dès lors, ces deux paroisses, desservies par le même pasteur, form^ent une Eglise oratoriale qu'un décret impérial du 10 bramaire an XIV réunit bientôt à l'Eglise consistoriale de Genève. En 1803, M. Perey succéda h M. Ebray dans ses fonctions de pasteur de Carouge et de Fernex ; et, pendant toute la dorée de l'Empire , il célébra alternativement le culte dans les deux paroisses, fréquemment secondé dans cette double tâche par quelques ecclésiastiques ou proposants genevois*.
La restauration détruisit l'accouplement bizarre des deux Eglises • et M. Perey restant attaché k celle de Carouge, deve- Qoe genevoise, dut abandonner l'annexe de Fernex. Les protestants du pays de Gex se trouvèrent ainsi privés de pasteur , et l'existence de l'Eglise renaissante fut sérieusement menacée. Si, dans ce moment de crise, le service divin continua à être régulièrement célébré, si les traditions religieuses furent conservées avec soin au milieu des fidèles de Fernex, c'est au zèle et au dévouement d'un des membres de leur consistoire qu'ils en furent redevables. M. P. Viala, originaire de la Salle en Languedoc , mais fixé depuis de longues années à Fernex , et en quelque sorte seul représentant du vieil esprit protestant et national au milieu de la population mobile de cette paroisse.
* Depuis pasteur â Besançon et à Bâie.
* Ëû 1807, te consistoire de Carouge et Fernex se composait de 9 membres, dont quatre de Fernex: MM. Daleizette, maire, J. Luya, P. Viala et F. Teissier. {RabatU-DupuiSj Annuaire ou Répertoire ecclésiast. des Eglises réf. et protest, de FEmpire français. Paris, 1807.)
entreprit, en l*abêence de tout pasteur, la difficile tâche de ? eiller aa maintien de la sanctification do dinunche et de la célébration r^ulière do colle évangéliqoe. Plasieors ministres on proposants genevois se firent un devoir de concourir à ce pieox dessein en prétani à la communauté abandonnée le secours de leurs prédications. Cependant , si parfois il arrivait qu'un obstacle imprévu retint la personne qui s'était chargée de présider le culte , M. Viala prenait lui-même la parole et adressait aux fidèles réunis dans sa demeure quelques instructions simples et édifiantes ; pois tous ensemble élevaient leur âme à Dieu par la prière.
Grâce à cette ferveur , à ce zèle ardent pour la foi réformée quMl avait hérité de celui qui jadis animait ses pères au milieu des gorges sauvages des Cévennes, M. Viala sut entretenir parmi les protestants de Fernex Theureuse impulsion religieuse que leur avait donnée le rétablissement du culte. Aussi , lorsqu'ao bout de cinq années, en 1819, une ordonnance royale eut accordé un pasteur aux réformés de l'arrondissement de Gex,M. Viala eut la joie de pouvoir lui remettre dans son intégrité le dépôt précieux sur lequel il avait veillé d^une manière si exemplaire ^
Tout était à créer dans la nouvelle paroisse au point de vue des établissements matériels; anssi le pasteur qui fut appelée Fernex , M. Albert Eymar , dut-il bientôt s'occuper de la coqstructioD d'un temple. Jusqu'alors le culte avait été célébré dans deux salles contigués que le généreux dévouement de M. Viala avait mises b la disposition des fidèles; mais ce local se trou-
* Le rétablissement d'un pasteur protestant à Fernex ne put avoir lieu sans exciter les craintes de Tévêque de Chambéry , dans le diocèse duquel le pays de Gex avait été incorporé en 1802. Le ministre de Finténeur, auquel ce prélat fit part de ses appréhensions, dut lui écrire pour le rassurer et pour lui rappeler que cette mesure n'était qu'un acte de justice envers les nombreux habitants réformés de l'arrondissement de Gex. (Voir Pièces justifie, f n^ XXXVL)
vait tout il fait insuffisant; la clialeur y était éloulTante, et sou«. vent beaucoup de protestants venus de villages éloignés se voyaient contraints de retourner dans leurs maisons sans avoir pa pénétrer dans l'enceinte ou sans y avoir trouvé la solennité et le recueillement qu'ils eussent voulu voir régner dans leurs assemblées religieuses*. Après une foule de démarches longtemps inutiles, M. Eymar, secondé par M. Viala, obtint du gouvernement Tautorisation de faire construire un temple à Ferncx. Mais il n'était accordé par l'Etat , pour les frais de celle entreprise, qu^une faible somme (2000 fr.), et les ressources des réformés de la paroisse ne leur permettaient pas de couvrir le reste de la dépense. Le consistoire dut alors se décider k adresser un appel k la charité fraternelle de tous les amis de l'Evangile. Cet appel fut entendu ; Ton put recueillir de nombreuses souscriptions en faveur de TédiGce projeté, et la somme qu'elles produisirent permit aux proteslants de Fernex l'érection d'un temple spacieux et l'acquisition d'une maison d'habitation pour le pasteur*. Le nouveau sanctuaire fut inauguré en 1824; dès lors, le service divin n'a cessé d'y attirer un nombreux concours de fidèles qui s'y rendent decommunes même fort éloignées. Bientôt la fondation d'une l)ranche de la Société biblique (1824), pois l'établissement d'écoles pour les enfants des deux sexes sont encore venus contribuer avec succès à unir les protestants de Fernex et à favoriser leur développement intellectuel, moral et religieux.
' Circulaire da censist. de Fernex , dans les Archives du Christianisme, t. V, p. 180.
* Le consistoire de Fernex s'adressa d'abord aux cantons suisses ; les Conseils d'Etat de Vaud, de Genèye et des Grisons lui envoyèrent chacun la somme de 600 fr. , et leur exemple fut bientôt suivi par la plupart des gouvernements des autres cantons réformés. Parmi les personnes qui se signalèrent le plus par leur libéralité en faveur de l'Eglise de Fernex, on peut citer M. le baron Auguste de Staël , et sa sœur. Madame de Broglie, qui donnèrent ensemble une somme de 2000 fr. , et M. Maccauley, qui fit don de 250 liv. sterl. — Ces détails nous ont été communiqués oralement par M. le past. Eymar.
Tousiesréfoitnésdu paysdeGex oes'éiaienl pas groupes aulour de la colonie de Voltaire ; ou eo avail vu s'établir dans différents villages de Tarrondissement ; mais c'est dans la ville de Gex surtout, qu'après Fernex , l'on en comptait le plus grand nombre. Ces derniers ne tardèrent pas à manifester le désir d'obtenir aussi à Gex rétablissement d'un service religieux. Vers la fin de 1 827, d'accord avec M. Duminy, pasteur de la paroisse % ils firent part de leur dessein à M. le maire de la ville; mais celui-ci crut devoir y mettre opposition. Les réformés , peines de ce refus, réclamèrent toutefois avec douceur auprès des autorités compétentes par l'intermédiaire du consistoire de Fernex; ils n'obtinrent aucune réponse. Après un an d'attente, ils prévinrent par écrit M. le maire qu'ils avaient l'intention de se rassembler à on jour fixé pour la célébration de leur culte. Ce magistrat leur fit répondre que si la réunion avail lieu , il se verrait contraint de la dissoudre par la force. Les protestants de Gex, voulant épuiser toutes les réclamations légales , eurent recours à l'appui du consistoire de Lyon, duquel relèvent tous les réformés de l'arrondissement. Une pétition fut adressée par eux k ce corps, qui s'empressa d'informer le ministère de l'intérieur des difficultés éprouvées par ses ressortissants. 'Cette démarche fut couronnée d'un plein succès, comme le prouve la lettre suivante , adressée par le ministre au préfet du département de l'Ain :
c Paris, 15 Mars 1830.
c Monsieur le Préfet ,
€ Le Président du Consistoire de Lyon me rend compte des € difficultés qu'éprouvent, de la part du maire de Gex, les pro* « testants de celte ville pour se réunir en assemblée religieuse
* M. Eymar avait quitté la cure de Fernex en 1824 , après la consécration du temple. Il fut remplacé d'abord provisoirement par M. Gheyssière , puis par M. Verren. Ce dernier eut pour successeur M. Duminyï pasteur actuel. (Voir Pièces jua^c, , n^ XXXVII )-
f sous la direction du pasteur de Ferne^^^; il invoque mon autoc rite pour les Faire cesser. Vous m'avez déjà entretenu de cette « affaire par votre lettre du 22 décembre 1828; mais comme « elle ne m^avait pas été rappelée , j'avais pensé que les pro* t testants de Gex avaient renoncé k leur projet ou que les obc stades qu'ils avaient rencontrés k son exécution étaient apla-
< nis. Puisqu'il en est autrement , je ne puis que vous inviter,
< conformément à la demande que vous me faites dans votre 1 lettre précitée et qui est conforme aux principes consacrés par c la Charte, k donner aux protestants de Gex l'autorisation néc cessaire pour se réunir en assemblée religieuse. Munies de
< cette autorisation, ces assemblées ne pourront être inquiétées a dès que le propriétaire du local se sera pourvu près de l'auto-
< rite municipale de la permission voulue par Fart. 2d4 du « Code pénal.
€ Recevez, etc.
€ Le Ministre Secrétaire d'Eial de Tlotérieur.
< Pour son Excellence, le Conseiller d'Etat chargé des affaires
€ des cultes non catholiques.
c (Signé) Baron Guvier. i»
Peu de temps après cette lettre, le dimanche 25 avril 1830, avait lieu la nouvelle inauguration du culte réformé dans la ville de Gex, après une interruption de 170 années. Une pièce de la maison d'un des membres de TËglise, disposée d'une manière simple et commode , réunit , dans cette cérémonie solennelle, le nombre de 130 personnes. M. le pasteur Duminy, qui célébra le service, s'attacha, dans un discours remarquable, à faire sentir aux fidèles les obligations que leur imposait celte restauration du culte de leurs pères; il leur rappela que ce culte ne (levait jamais devenir pour eux une cause d'antagonisme envers leurs concitoyens de la communion romaine , qui , pour la plupart, s'étaient intéressés à leurs efforts, et maintenant applaudis-
saienl à ao succès qai plaçait prolesianls et catholiques sur an pied d'^lilé ; pois il leor moDtra que la prédicatioa do par EvaDgile devait, ao eootraire, avoir poor effet de resserrar toas les lîeos d'amilîé et de bienveillaoce qoi ooissent k Gex les habi* taols des deoi commonioos. Depois eette toodiante cérémoDÎe, qoi laissa ooe profoode impression chez toos les assistants , oo service religieox est célébré r^lièrement a Gex le premier di« manche de chaqoe mois par les soins do pasteor de FemexS
Plos récemment , le coite évangéliqoe a aossi été rétabli à Divonne, village dans les environs doqoel se troove domiciliée une popolalion d'environ 80 réformés , et où la création d'an établissement de bains attire en ootre, depois quelques années, de nombreux malades, appartenant en majeure partie à la communion protestante. M. le pasteur Duminy inaugura, le 27 joillel 1851, ce nouveau service, qui, depuis cette époque, est célébré chaque année pendant Tété par les soins de la société genevoise de secours religieux pour les protestants disséminés, sous le patronage du Conseil presbytéral de Feroex. Le culte a lieu dans une salle du bel établissemeni hydrothérapique, obligeamment prêtée par le propriétaire , M. le docteur Paul VidarL
La restauration du culte réformé dans la contrée dont nous retraçons l'histoire s'est également opérée hors des limites actuelles de l'arrondissement de Gex. Le traité de Paris, du 20 novembre 1815, détacha six communes de l'ancien bailliage, comprenant les villages de Meyriu, Yernier, Saconnex le Grand, Pregny, Collex, Yersoix et plusieurs hameaux , pour les céder à la république de Genève, devenue canton suisse'. Les catho-
* Nous avons puisé tous les détails relatifs à la restauration du culte réformé à Gex dans des documents manuscrits dont nous devons la communication à l'obligeance de M. Pictet de Sergy.
' Il fut un instant question, en 1814, dans les hautes régions diplomatiques, de Tadjonction du pays de Gex à la république de Genève. Ce pro-
liqaes de ces commanes ne (ardèrent pas k se mélanger jus* qu'à un certain point avec leurs concitoyens protestants , dont un nombre assez considérable s'établirent sur le territoire réuni au nouveau canton, et c'est par le fait de ce mélange et de la bonne harmonie qui n'a cessé de régner entre les habitants des deux communions que le culte réformé a pu être rétabli dans trois des villages cédés.
n le fut d'abord à Versoix, grâce aux soins de M. Mouchon, pasteur de Genthod. En 1835, aidé du concours des nombreux protestants domiciliés dans la commune , ce respectable ecclésiastique se procura dans Yersoix un local modeste, mars suffisant, qui fut disposé en chapelle, et où, depuis cette époque, un service religieux est célébré tous les dimanches de la mauvaise saison par le pasteur de Genthod.
La même année vit une chapelle protestante s'élever b Yernier. M. le pasteur Naville, chef d'un établissement d'éducation distingué , était fixé dans ce village depuis plusieurs années, et y célébrait chaque dimanche dans sa maison un culte domestique auquel les réformés du voisinage étaient heureux d'assister. L'approche du jubilé anniversaire de la réformation de Genève en 1835 inspira à M. Naville l'idée de faire construire une chapelle qui lui permettrait de réunir, en plus grand nombre qu'il ne pouvait le faire chezJui, les nombreux protes'* tants de Yernier et des hameaux voisins, souvent privés du culte public par l'éloigoement où ils se trouvaient de tout tem-
jet, fort diversement apprécié par les Genevois (voir Rilliet , Hist. de la Restaur. de la RépubL de Genève, p. 89 et suiv.), causa les plus vives •alarmes aux curés du pays de Gex, qui appréhendèrent, s'il était adopté, la chute presque immédiate du catholicisme dans le territoire dont on proposait la cession à la Rome protestante. M. Rouph de Varicourt, curé de Gex, descendant d'une ancienne famille réformée du bailliage, rédigea et fit signer par ses confrères une adresse à la duchesse d'Angoulème, dans laquelle cette princesse était suppliée d'engager Louis XVUI à re- . pousser le projet en question. (Voir Pièces justifie, n^ XXXVIIl.)
pie. H. Naville, en deaiandaDt ï TEtat rantorisation néeessaîre pour l'éreclioD de cetle chapelle » offrail de la desservir gratuitemeot dorant toute sa vie, et, eu outre, de céder* gratuitement aussi, le terrain sur lequel elle serait construite. Ces offres généreuses furent acceptées» et l'empressement des souscripteurs genevois, jaloux de rivaliser avec le dévouement chrétien de M* Naville, permit de voir bientôt s'élever le nouveau sanctuaire. L'inauguration de cet édiBce, qui allie II toute la simpli* cité réclamée par le protestantisme pour ses lieux de culte une architecture des plus élégantes, eut lieu le 30 avril 1837. Le discours de consécration fut prononcé par H. Humbert, pasteur de la paroisse de Satigny, dont relève, comme annexe , la petite communauté réformée de Yernier *•
Enfin, le 14 mai 1852, une école évangélique a été ouverte dans le village de Pregny. Cette école, dont la fondation est due k la générosité de deux propriétaires de la commune, rend de précieux services it la population réformée des environs. Un culte pour la jeunesse y est célébré chaque semaine par Tinstituteur qui la dirige, et quelquefois par le pasteur de Genthod.
Au moment où nous écrivons, cent soixante et dix ans se sont écoulés depuis I époque où la révocation de Tédit de Nantes proscrivit le proleslanlisme du pays de Ges, et renversa les deux derniers temples de cette contrée. Le chiffre actuel de la population protestante de Tancien bailliage, comprenant, soit les réformés de Tarrondissement de Gex, soit ceux des communes réunies au canton de Genève, est de 1500 à 1600 âmes. En dépit des efforts de François de Sales, de Jean d'Âranthon et de Louis XIY, le culte évangélique se célèbre, au
* G*est M. le pasteur Eugène Picot qui , depuis la mort de M. Naville, son beau - père , lui a succédé dans la direction du culte que leur zèle commun était parvenu à fonder. — Voir Protestant de Genève, t. VIII, p. 22; t. Xn, p. 265.— Jubilé de la Réform. de Genève (Historique et Conférences), p. 129. Genève, 1835.
dîx-neQvièfne siècle, dans six localilés où le célébraicDt autrefois les protestants da dix-septième. Une ère de tolérance a reaiplacé les jours néfastes de la persécution; aux haines religieuses ont succédé des rapports bienveillants et affectueux entre les habitants des deux communions, et aujourd'hui les réformés domiciliés sur le sol de l'ancien bailliage y rendent en paix au Seigneur ce même culte d'esprit et de vérité que leurs ancêtres en la foi ne pouvaient lui offrir qu'au prix de tant de sacrifices, de dangers et de souffrances. < La bonté de TEternel pour ceux « qui le craignent subsiste à jamais, dit TEcriture, et sa misé- « ricorde s'étend aux enfants de leurs enfants.»
Nous sommes parvenus au terme de la t&che que nous nous étions prescrite. Bien souvent, dans le cours de ce récit, nous avons eu k déplorer les malheurs de nos Eglises ; bien souvent nous avons dû protester, au nom de la justice et de Thumanité, contre le zèle amer et fanatique de leurs persécuteurs. Mais jamais, en traçant ces lignes, nous n'avons eu d'autre pensée que celle de faire connaître à nos frères des faits que le temps efface chaque jour, et dont il est utile pourtant de conserver la mémoire; jamais le désir de soulever une polémique irritante n'est entré dans notre esprit. Nous nous plaisons même k le déclarer, nous nous sommes trouvé heureux de rencontrer parmi nos adversaires quelques-unes de ces nobles figures dont on aime k retracer le caractère , tout en déplorant l'emploi, trop souvent fatal, de leurs talents et de leurs vertus.
Et maintenant, la pensée qui se présente k nous, ce n'est pas une pensée de haine ou de réprobation pour le parti victorieux , c'est une pensée de commisération pour le faible, de sympathie pour l'opprimé, de réconciliation , de paix et de fraternité pour tous. Le cri qui nous échappe en terminant, ce n'est pas un anathème, c'est une plainte, mais une plainte éclairée par un rayon d'espérance. Après avoir gémi avec le psalmiste sur les infortunes de Jérusalem, nous nous écrions avec lui :
loi, ô Ejbamd, ta sdsisiens loujoors, et Ton se soac vieadn ^ loi de géaénû» ca génération. Lève-toi, prends « pillé ée Siom ; le taips de ta aiiséricorde, le temps fixé est « arrné; tes senkevs sooc affectioDoés II ses masures, et ils
PIÈCES JUSTIFICATIVES
PIÈCES JUSTIFICATIVES
Lettre des hommes de Chalex pour ee recommander à la
Seigneurie de Genàve.
(Arohites de GenÔTe, Pièces histor., n« 1171.)
31 Janvier 1537.
Nous à vous obeyssants.
Seigneurs de la ville et noble Cité de Genève tant humilliement et très humblement que fere povons à voire bonne grâce nous recommandons. Il est vray que avons entendu que vous et Mess** de Berne tenés ce pays de la terre de Gex et que allés de ville en ville comme à Rencontre de tieulx qui ont fait contre vous damnation et domage. Ce que n^avons jamais fait ne pensé de fere. Pourquoy nous vous prions votre domination et seigneurie qui vous plaise nous avoir pour recommandés. Et sachez que nos tyrans et larrons de Pigney et d'ailleurs nous ont faict beaucop de mal et adversité (disant que nous étions tyeulx que vous, ce qui est vray). Et pour ce^ nous [no$\ seigneurs et maistres» à vous nous rendons et somes tieulx que vous, priant Dieu qu'il luy volie plaire vous maintenir tousiours en bonne prospérité.
De Cballez ce dernier de Janvier, pour les tous votre
humble serviteur et subject à faire ce qui vous plaira nous commander.
Lbs hobdies de Challbz.
Lettre de Henri IV aux Cantons Ëvangélicniea an sujet du rétablissement dn libre exercice de la religion romaine dans le pays de Gex.
(ArchÎTes de Berne, Frankreich-Bnch N. — • Copie.)
Henry, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre.
Très chers et grands Amya, Alliez et Confederez, Encore que nous lacions response à part au Canton de Berne sur la lettre que vous nous avez escripte en commun touchant le baillage de GeZ| toutesfois nous vous avons bien voulu faire cestecy pour vous dire que le dit baillage de Gex estant maintenant soubs nostre obéissance par l'occasion qui nous en a esté faite par le Duc de Sauojei Il est raisonnable que les habitans dudit pays qui sont maintenant nos subiects vivent soubs mesme police loixet ordonnances que les autres ausquels nous promettons l'exercice libre de leur religion. Vous vouilans toutes fois bien dire que nous estimons que ceulx des deux religions dudit baillage se comporteront si doucement les uns auec les autres, que ceste liberté n'apportera aucune altération au gouvernement d'iceluy. Nous remettans à nostre très cher cousin le duc de Biron gouverneur dudit bailliage de Gex et aux S^* de Sillery et de Vie nos ambassadeurs à vous dire plus amplement les raisons pour lesquelles nous auons désiré faire iouyr nos subiects dudit bailliage du bénéfice de nos dits edicts et ordonances qui sont obseruees aux autres prouinces de nostre Royaume et a tous déclarer que nous serons tousjours très aises de vous faire paroistre les effects de nostre bonne volonté aux occasions qui se présenteront. Et sur ce nous prions Dieu, Très chers et grands aroys alliez et Confederez, qu'il vous ait en sa sainte et digne garde. Escripta Paris, le 18* jour de Janvier 1602.
Henby-
De Nxhfvilix.
A Nos très chers et grands Amys, Alliez et Confed^rex, les Bourguemaistres , Aduoyers et Conseil des villes et Cantons de Zurie, Berne, Basle et Sckaffusen.
Lettres da Doc de Bellegarde à la Seignearie de Genève au sujet du rétablissement de la messe à Chalex et à Divonne.
(ArchÎT. de Genàye, Pièces hist, n» 2443.)
Messieurs,
L'establissement que j'ai fait de la Religion catholique apostolique et romaine à Cbâiex comme à Divonne a esté sur les requestes qui m'en ont esté présentées et en vertu du m&me arrest du Conseil du Roy par lequel M. de Lux l'a mise aux villages de Cessy et de Peron ; c'est pourquoi ayant cela de mon costé et sachant bien ce qui est de l'intention de Leurs Majestés, je ne dois rendre compte de cette action à qui que ce soit, mesme demeurant aux termes de l'Edit qui donne la liberté aux uns et aux autres de demeurer en leur religion comme jel'ay fait entendre aux habitants dudit Chalex les ayants admonestés de vivre tous ensemble en bonne union sans avoir usé d'aulcune force ni contrainte en leur endroict. Je ne puis pour cestheure vous repondre sur la qualité que vous vous attribuez sur une partie des habitants dudit lieu et me contenteray de vous dire que nul des subjects et des voisins de Leurs Majestés n'ont tant d'interest à Tobservation de l'Edit de Nantes que vous. Messieurs, à qui Leurdits Majestés et moy par leur commandement ont assez tesmoigné les effects de leur bonne volonté en ces diverses occasions dont les obligations ne doibvent point estre si tost écoulées de vostre mémoire, et croy que vous estes si prudents que vous ne vouldrez pas vous opposer à ce que j'ai exécuté suivant leurs ordonnances en ce qui despend de ma charge (en quoy vous n'avez nul interest) ne vous celant point qu'il me seroit impossible de le souffrir. Et en toutes autres occasions ou j'auray moyen de vous servir je m'y emploierai de la mesme affection dont je prie Dieu, Messieurs, qu'il vous donne heureuse et longue vye.
De Goulonges ce 20 may 1611.
Vostre bien humble à vous faire service,
Roger dk Beuegardk.
.Quant ao sobject dont tous m'av^i escril, von
saurez de Messieurs Led et de la Msîsonnenfre ce quenous en avons disconm, et moy je toqs diray encore qoe l'establisseineBt que j'ay mis de la messe à Chalex en verto d'un arrest du Conseil ne vous importe ni ne vous peat importer nullement et qoe je n'ay fait aolcune nouveauté ni altération qui vous puisse concerner en rien ni en quoi vous puissiez prendre préjudice. Ce que je vous prie de croire et qoe je serai toujours soigneux d'observer l'intention de Leurs Majestés et n'est celle-ci pour un antre sujet. Je prierai Dieui Messieurs» etc.
De Cessel, 23 May.
lY
Extrait des Registres du Conseil de Genève, renfermant Texposé des droits de cette République sur les biens d'Eglise du pays de 6ez provenant du Prieuré de Saint- Victor et du Chapitre de Saint-Pierre.
Do 24 novembre 1612.
Lettre de Mons' Anjorrant du 14/24 novembre avec copie de la requête présentée au priué Conseil par TEuesque de Sales , Arrest de communication et commission sur icelle^ et des protestes faites au contraire par ledit S' Anjorrant. Outre lesquelles il dit s'estre plaint de la fausse qualité que prend ledit Euesque^ et auoir déclaré de bouche nos droits contre ses prétentions
Là dessus a esté arresté d'escrire à la Royne» à Mons' le Chancel* lier, à M' le Duc de Bouillon et à M^ de Yilleroy : Et se plaindre de ce que la susdite requeste a esté rapportée et receuë au priué Conseil : Leur remonstrer que depuis qu'il a pieu à Dieu establir cet Estât en la forme qu'il est à présent, il n'y a point eu en toutes ses terres exercice d'autre religion que de la nostre : Qu'au fait de la religion, nous ne recognoissons aucun supérieur es terres de St- Yictor et Chapitre: Qoe ces droits nous sont attribuez par les ao-
Giens traitiez faits auec Mess^^' de Beroe qui tenoyent alors le balliage de Gex que leRoy tieota pre&eut: par lesquels traitiez les reuenus desdites terrés nous sont faits domaniaux et na sont plus ecclésiastiques, que nous en avons ainsj iony paysiblemenl depuis ce temps : Qu'estant en ce droit et possession» nous sommes entrez pour nostre ville et terres en Talliance d'aucuns Cantons de Suisse, El mesmes au trailté de Soleurre , lequel est aussy compris au trailté d'alliance perpétuelle d'entre la France et la Suisse: Que Doos en avons consequemment iouy soubz la tenue des Ducs de Sauoye» et spécialement ces droits nous sont confirmez par le traitté de Sl-Julien : Que cest Euesque ne nous moleste point pour ce regard en Sauoye sachant bien qu'il y seroit mal fondé : Qu'il le peut auec moins de raison en France , veu que nous auons conquis ce balliage à la dite Couronne à nos grands frais et par le sang de nos citoyens. Et que le feu Roy nous a confirmé tous nos droits et privilèges ainsy que nous en iouyssions avant l'an 1589. Partant nous les supplions vouloir refuser audience à telles demandes lesquelles tons les Princes et Estais iugeront bien concerner plustost l'Estat que la Religion, etn'estre qu'un commencement pour prendre pied sur nostre Estât, qui ne peut eslre séparé d'auec la Religion.
Lettre du Pasteur César Rey à la Compagnie des Pasteurs
de Genève.
(Bibliothèque publique de Genèye.)
A Bossi ce 22 Février 1661.
Messieurs et 1res honorés pères et frères,
L'Eglise de Yersoex que Dieu a consolé depuis quelques années par mon ministère gémit sans cesse après son entière restauration qu'elle ne peut espérer qu'elle ne voye le lieu où elle avoit le bien d^ouir la prédication danç son premier estât. Vous sçavez combien nous avons eu de peine pour nous mettre à couvert pendant nos services, et encore a présent nous les faisons dans une maison a loage dont nous payons tous les ans 20 ff de vostre monnpye. Et n'ayants aucun fonds sommes obligés d'espuiser tout ce que les bonnes âmes donnent k la boête de nos poures au lieu da les conserver
pour quelques passants nécessiteux auxquels par ce défaut ne pou* vant rien ou peu donner il semble que nous veuillioas violer cesta hospitalité charitable qui est tant recomniandée, J'ay regardé (Messieurs et «très honorés pères et frères) assez exactement par quels moyens nous pourrions establir quelque chose de plus certain et de plus de durée^ et n'ay rien trouvé qui nous donne plus d'espérance de quelque repos que de reparer les ruines de nostre temple qui a esté possédé autrefois longues années en paix. Nous desirons de travailler à celle avec toute la conduite et circonspection qui nous
sera possible
Si vous nous assistez comme nous l'attendons de vostrezele^ avec quelque au Ire subvention de nos. voisins, nous croyons avec toute certitude que celui qui a rallumé le flambeau de sa parole en ce lieu ou il l'avoit esteint en sa colère l'espace de vingt ans nous donnera ceste consolation de voir relevé un lieu si nécessaire qui réchauffera le zèle de nos peuples et leur donnera ample sujet de bénir Dieu de tant de tesmoignages de sa bonté et de se montrer recognoissaats du bien que vous leur aurez fait
Rey» past. de Yersoex.
Vî
Lettre de César Rey^ Député des Eglises Réformées du liage de Gex, aux Pasteurs et aux Anciens du Consistoire de Lyon.
(Archives de Zurich, GestcD VI, 07.^ Copie.)
(A Paris, le 26 Janvier f 662.)
Messieurs et très honorés Frères^
Je scai bien que j'^uroi esté obligé de vous tesmoigoer en passant dans vostre ville combien nos Eglises vous ont d'obligation ; elles vous ont (ait cognoistre par une lettre que iaj remise à M.Mussard, que si elles sont obligées de prier Dieu pour le maintien de toutes celles du Royaume, elles doyvent commencer par la vostre, qui nous a embrassé avec une compassion singulière, a veu nos maux avec douleur sensible, et a respondu favorablement à neutre demande par un efTect de sa charité que iayreceu à Lyon en papiers et à Paris en réalité par les mains de M. Estrang ou M. Roch pour
moyS qui est la roesme chose, puisque nous sommes envoyés tous deux pour trayailler d'une commune main au sanctuaire: ceste offrande volontaire vous sera rendue en son temps et celui qui tient en sa main la rémunération et qui est fidèle vous le rendra sans doubte et cependant je vous en présente des très humbles remerciements et vous supplie, Mess, et très h. Fr., de considérer que nous ne vous avons importuné sans un extrâme besoing, ce que Jauroi représenté à vostre Consistoire si j'eusse eu plus de temps. Nos pauvres trouppeaux qui n'ont aucun fonds ne peuvent fournir que très peu : encore avons nous eu mille peines de pouvoir exiger une médiocre contribution à laquelle nous les avons exhorté: et le puis dire avec vérité que ie n'ay pu en 3 mois retirer de mon Eglise que 3 pistoles ayant esté contraint d'avancer le reste pour les frais de mon voyage, à cause de l'extrôme pauvreté à laquelle une saison qui a plus produit d'ivroje que de bon grain les a réduit : Espreuve bien grande puisque Dieu retire dans une mes^me année la nourriture ordinaire et celle de Fftme. Ces considérations vous ont meu, sans doubte, à nous consoler, comme vous avez fait; puisque nous ne pouuions auoir du secours de ceux a qui ceste visite touche le plus près et que nous ne pouuions pas receuoir celuy de nos frères qui sont plus éloignés, vous nous avez accordé le vostre avec une promptitude chrétienne. Je souhaiterois bien. Messieurs, que cela peut sufBre, et que nous ne fussions plus obligés de vous importuner, mais jay trouvé M. Roch depourveu d'argent et pressé de payer les frais d'un arrest rendu sur les 2 requestes présentées au Conseil : une de nostre part et l'autre de celle des curés de *. Il faut
de nécessité faire imprimer un factum de grande teneur pour instruire entièrement nos Juges de nostre Procès. Il est aussi de toute nécessité que ie face despense plus qu'ordinaire pour me présenter devant ceux qui nous peuuent servir : et ainsi ce que iay apporté ou receu de vostre libéralité sera employé à cest usage. Nous escrivons véritablement à nos Mess, de pourvoir à nos besoings, mais ce ne pourra estre assez tost, qui est la cause que ie prens la liberté d'implorer une seconde fois vostre assistence pour un'œnvre si importante. Si le Seigneur nous donne en sa grftce quelque succès, nous en deurons la meilleure partie a vostre charité, le prierons qu'il vous enflamme de ce sainct zèle qu'il mnltiptie vos facultés pour en eslargir à ceux qui en ont besoing comme nous, que votre tronc
^ Il faut lire : Pour M. Roek ou pour moi.
> Mot illisible.
soit canmtâ la erudifi ou la phiole de la veffe de Sarepta^ qu'il y aje pv la benediclioa lu (Hel de Thaile et de la &rine en tout temps pour la QQurriturQ de» membres de Chrâl et que nos troupeaux recevant de cesle abondance reeanaoiaBent d*oà leur Tient le bien pour «1 rendre grâces a celui qui est f aatheiir de tonte bonne donation et pour VQOS en r emef cier. Cest ce que dirons cependant nos fterv 1» Fteteim et Anciens en lesprîc? desqeeb paroistra toute la recomtoiannce dont ile seront capable eC en moy particulièrement qni vous supplie (h croire que ïb sois Xas^em^ ei très honorée frer»»
Tostre tr. b. ai troe obetse. servit, et fr. en soslre Seigneur,
Logé au fausb. Sw Gtînn^in« me Sw Marguerite cbea Xadaflae F^ramier a '/an^igne iu Roy de Soède.
Wttn (iei( Fastnn at éas
dfi Gaoc wm Ptetaucs èa l'Sgiîss éa Inieh^.
BLdVdHiirdi aùmuàuin ab^tSTranài Viri ei Charissiflù in Christo
QuQd iiKtJ ^'tjaLUin iuao^ ita:i:ino Dei beneftcio et firatrum Testrarum Jucn r^.^ou ou:? :^^ :l.u\:l E'an^lii lumen» pornm nobis aacieaus u ter variai CoimiiQi um nsutaciaoee et iadè ortos motas Dei 0. M. ^ai:a 3tiruj<ia$iL S^Jiiiuin Jc^jt Pontiâciocum in nostros adium crever t a iies, «i V;mÔi Di^rui faeem ipsis erromm tenebris et ama.g)snarim persecuuuauin iaiiciiis dxliii guère cooati sint» et quamvis asi^îrais ai :.ampuraiibus omnibus sobsidiis» IXîo se to- Ififliâ, ienam i muiti^ anui;? itfêiUua ruer mus. Sed tandem ipeios popail Oei pecciLis prjcui iuûiu aesa ^ paiera l ^uminis padentia, A iccanirft psiuâ j'u pacâoi exienam ^abii» LurgiUm» spiritoaie tamen Seiiçoai lo^ne belium ludici pennj;;2it» at nos Eifictoram lesçixmaiift iiiram Evang^iili BjàtQrmaaoQem ab isto Galliae angvlo peae proserheniiiim^ -st «en ^uercitia^. TampLa « qoietem, &mam, £iail-
i Ta îonble le ^xcte !eftre, reni'ennant yiietqaes légères f aiiautea» tat minasé SIX pKtenzs >ie 'jrhAiTTwiniw* ; S» M. Cttïttec j publié cette pîèmiMtf le .ShrfErfiM ie a SoeieU te /ktât. -iu protmL .'renpaM^ t. l» p. 4/^
taies, ipsam aliquatenus vitam nobis eripientium tonitruis et sonitJbusbodiè minatur et ad poeoitentiam vocat. la ipso soloque Deo tota conservalioDis nostrsB spes sita est, et sola extern a média ia Régis nostri animo, et Supremi ipsius Consilii Judicio supersunt. Hoc nonnisi difliculter à religioais nostri hominibus sBquum obtineripotest, via looga est et ardua, periculum praBseos, viresque nobis sunt impares. Jam antea Vectigalibus, Exactionibus, Miliiibus, Debitis, et multis circà ipsam Religionem exhausti sumus. Quicquid nobis et virium supererat et pecuniae exigeudsB spei, totum in maximse hujus litis primis sumptibus jam periit, insumiturque etiamnum. Idcirco et consiliorum et seris inopes , ad fratrum nostrorum, eoruns prsesertim quibus Pater Summus paeem politicam et ecclesiaslicam dédit, charitatem recorrere, quamvis invili et renitentes, cogimur. Samuelem Bernardum qaem uni Ecclesiarum nostrarum Vestra Geneva Pastorem dédit illum in finem ad vos miltimus. Ei afilictissimura et periculosissimum statum nostrum, quem optimà novit, vobis enarrataro fidem habeatis precamur , eum consiliis vestris, ope et auxiliis adjuvetis et pro eo nobisque apud Potentissimos et Illustrissimos Viros Clarissima Vestrae Reipublicse Dominos intercedatis, oramus^ ut nostri misereanlur, et Religioni nostrae, quae fratrum vestrorum opus fuit, pro zelo quo ad gloriam Dei fervent et charitate ipsorum ergà omn es Reforma tos, et prassertim nobis vicinamGenevam notâ,quftsuntipsiprudentiâetviribu8, quibuscunque libnerit mediis succurrant et opitulentur, nobisque jam sub ipso fucat» persecutionis pondère succumbentibus, fraternam manum porrigant. Hoc ab ipsis Potentissimis Dominis, vobisque Yiris longé celeberrimis uti utrumque speramus, ita suspiriis, gemitibus ad Deum tendimus et ab imo pectore indesinenter pro totius lUustrissimaB VeslrsB Reipublicae et omnium sanctarum Vestrarum Ecclesiarum pace et sainte votafundimus. Valete, Yiriin Christo admodùm observandi^ et nobis prosolitâ benevolentiâ et charitate vestrâ succurrite.
Reverentiarum Vestrarum plurimùm observandarum Humillimi, obsequentissimi et observantissimi Servi Ecclesiarum Gayensium PastoresetSeniores et pro omnibus Earumdem Delegatiet Procuratores.