‹ Histoire des embaumements et de la préparation des pièces d'anatomie normale, d'anatomie pathologique et d'histoire naturelle, suivie de procédés nouveaux (volume 2)Chapitre 11 sur 24 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

J’avais termine mes premières recherches sur la conservation des matières animales , et je me proposais de les rendre publiques : mes notes étaient réunies , et mon travail préparé , lorsque la pensée me vint qu’au lieu de me borner à l’exposition des résultats que j’avais obtenus , je pourrais, à l 'avantage de la science , présenter une histoire de l’art des embaumements , depuis la plus haute antiquité jusqu’à nos jours, et rapprocher de mes procédés , les procédés en usage pour la conservation des pièces d’anatomie normale , d’anatomie pathologique et d’histoire naturelle.

Cette considération m’a déterminé à publier un volume , au lieu d’une brochure d’une cinquantaine de pages.

Je n’avais pas de modèle a suivre ; car aucun

auteur n’a réuni dans un meme livre les éléments dont je voulais que celui-ci fût composé.

Je me suis donc efforcé de rassembler dans les pages qui suivent tous les matériaux répandus dans une foule d’ouvrages.

Pour les embaumements, Plutarque , Hérodote, Diodore de Sicile, Stace, Pline, Cicéron, Porphyre, Prosper Alpin, Cassien, Clauderus, Pénicher, Bariccl , Rodiginus, Corippus , Gryphius , Crollius, les révérends pères Kircher et Ménestrier, de Maillet, Volney , Rouelle, le comte de Caylus, MM. Pariset, Rouyer, Rony de Saint- Vincent, et une foule d’autres auteurs, m’ont fourni des renseignements et des matériaux que je me suis efforcé de mettre en ordre et de faire passer sous les yeux du lecteur, de manière à lui présenter uue lecture utile, et en quelque sorte préparatoire à mes propres idées. Comme mon point de départ était la donnée scientifique , les opinions et les faits ont pris place selon les besoins du récit, et, grâce a cette idée qui ne m’a pas abandonné un instant, les nombreux matériaux dont, en corn-

mençajit , je craignais le désordre et la confusion^ sont venus , comme d’eux-mêmes , se disposer en ordre; tant est grande la puissance d’une idée générale pour coordonner les faits!

Je crois avoir ramené à ses proportions exactes l’art des embau mements chez les différents peuples. Mes devanciers avaient fait la part de la nature trop faible , celle de l’homme trop forte , dans l’apprécia tion des e mbaumements égyptiens; ils n’avaient pas assez fait ressortir les difficultés de la même pratique chez les peuples moins favorisés du ciel. Les faits repris et interrogés avec le secours des lumières que donnent les progrès récents de la physique et de la chimie, nous ont fourni des conséquences qui résultent naturellement de leur examen attentif.

L orsqu’on suit pas à pas l’histoire d’un art, comme nous avons fait pour celui des embaume-

ments, on est étonné d’un fait psychologique qui se reproduit pour tous : on voit combien est paresseux et routinier l’esprit humain, et combien peu lui est naturelle l’activité spontanée.

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1. imitation grossière cl irréfléchie des procédés égyptiens pendant une longue suite de siècles est un des exemples les plus remarquables de cette disposition.

Des essais dirigés dans un esprit d’analyse et d’examen critique m’ont permis de substituer à des opérations multipliées , à des préparations longues, dilliciies, dispendieuses, et le plus souvent inefficaces, un moyen simple, d’une action bien déterminée , et soumis depuis plusieurs années à l’étude de commissions prises au sein de l’Académie des Sciences et de l’Académie de Médecine.

Pour tracer l’histoire de la conservation des pièces d’anatomie et des objets d’histoire naturelle , je n’ai pas eu besoin de remonter à une époque éloignée de nous; car cette science est toute nouvelle. En dehors des découvertes de Chaussier sur les propriétés conservatrices du deuto- chlorure de mercure, des travaux de MM. Duméril, Cloquet et Breschet, il existe peu de chose sur cette matière. Aussi ai-je pensé qu’a-

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près un exposé complet des moyens de conservation donnés par ces auteurs, il ne me restait plus qu’à proposer les substances conservatrices qui , après de nombreuses expériences, m’ont paru préférables à celles qu’ils ont recommandées.

Elles ont, pour la formation des Cabinets d’ïlistoire naturelle, un mérite particulier : celui de diminuer les dépenses au moins des neuf dixièmes.

Je me suis fait un devoir de consigner ici la composition des liquides employés, soit en bains, soit en injections, par le médecin et le naturaliste: l’intérêt de la science m’en imposait l’obligation. Mais, pour les embaumements, je n’avais pas le même motif; aussi me suis -je abstenu de donner l’ensemble des moyens que je mets en pratique dans cette opération, me réservant le soin de la pratiquer sur la demande des familles ou des médecins.

J’ai fait bien des tentatives infructueuses avant d’arriver à découvrir une méthode capable d'assurer la conservation indéfinie des corps déposés dans la terre. Mille difficultés imprévues nais-

«aient sous mes pas, et, pour n’en citer qu’une, le développement, au bout de huit ou neuf mois de conservation, d’une production végétale, connue en botanique sous le nom de byssus, m’a longtemps arrêté; il m’a fallu tenter une foule de moyens, avant d’en trouver un qui pût eu empêcher la formation.

À u point où j’ai amené l’art des embaumements, il laisse peu à désirer, et je suis aujourd’hui si convaincu de l’cflicacité des procédés que j’emploie, que je serai toujours prêt, sur la demande de l’autorité ou des familles, à tenter l’exhumation des corps que j’ai embaumés en grand nombre déjà, à quelque époque qu’on la réclame.

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